Voilà le troisième et dernier chapitre de cette mini-fic. J'espère qu'il vous plaira :)
La curiosité d'Hermione fut piquée au vif lorsque Drago se leva et lui fit signe de le suivre, l'air mystérieux. Ils traversèrent quelques couloirs sombres, puis pénétrèrent dans un des nombreux bureaux du manoir, une pièce austère malgré l'imposant rayonnage de livre qui s'y trouvait.
- Approche.
Drago ouvrit la porte d'une armoire, et en sortit une pensine. Hermione plongea son regard dans les méandres argentées de l'objet, et vit le reflet de Drago sortir un flacon contenant une substance filandreuse qu'elle identifia facilement comme des souvenirs. Il la versa avec délicatesse dans le liquide, qui frissonna et se brouilla pour former peu à peu une image. Poudlard, la nuit. Elle fronça les sourcils.
- Qu'est ce que...
Le blond posa un doigt sur ses lèvres et de l'autre main désigna la pensine.
- Chut... Contente toi de regarder.
Hermione se pencha alors jusqu'à effleurer la surface, et sentit soudain une forte sensation de chute. En un tourbillon, elle fut transportée en un autre lieu. Un lieu si familier que les larmes lui montèrent aux yeux presque immédiatement lorsqu'elle regarda tout autour d'elle. Une émotion indescriptible la prit soudainement, alors qu'elle dévorait du regard les murs de pierre, le couloir faiblement éclairé par quelques torches, les tableaux dont les occupants endormis ronflaient dans leur sommeil... Elle se rendait compte à présent à quel point Poudlard lui avait manqué.
Un bruit la sortit de sa contemplation, et elle se vit alors elle-même plus jeune de quelques années, accompagnée de Drago, arriver lentement. C'étaient l'époque où ils devaient faire des rondes ensemble et Hermione se rappelait bien que c'était durant ces heures à marcher dans le noir qu'ils avaient appris à se connaître, jusqu'à devenir amis. Mais laquelle de ses rondes Drago avait-il choisi de lui montrer ?
Le couple s'approcha et en entendant la conversation houleuse, elle comprit. C'était le soir de leur premier baiser... Elle prêta attention aux mots échangés, le souffle court.
- Je n'arrive pas à croire que tu ais fait ça, criait son double.
- Je devais le faire ! Tu te rends compte que Weasmoche allait t'embrasser ?
- Et c'était une raison pour lui faire pousser toutes ces pustules purulentes sur le visage ?
- Ne fait pas l'innocente, après ce que tu as infligé à Marietta en cinquième année...
- C'était une traitresse, se défendit Hermione, les joues un peu rouges. Elle l'avait mérité.
- Poil de carotte le méritait aussi. Et puis tu m'as dit toi même que tu ne voulais pas sortir avec lui, alors je t'ai évité la lourde tâche de l'envoyer balader. Tu devrais me remercier au lieu de m'engueuler !
- Et puis quoi encore !
La Gryffondor leva les yeux au ciel mais un sourire étirait ses lèvres sans qu'elle ne puisse s'en empêcher. Malefoy la faisait rire... Si on lui avait dit cela il n'y a pas moins d'un an elle aurait crié au mensonge, mais à présent elle se surprenait à vraiment apprécier cet être lunatique et différent, surtout depuis qu'il lui avait avoué que son sang ne comptait absolument pas à ses yeux, car "il fallait être stupide pour penser qu'Hermione Granger appartienne à une race inférieure".
Le chemin de leur ronde continuait à l'extérieur du château, et le froid les accueillit violemment lorsqu'ils sortirent. La préfète resserra les pans de sa cape autour d'elle mais le vent s'engouffrait dans l'encolure, la faisant frissonner. Ce fut alors avec un plaisir teinté d'étonnement qu'elle sentit que Drago entourait délicatement son cou avec son écharpe émeraude.
- Merci, chuchota Hermione, le souffle un peu court.
Il avait les mains douces... Elle inspira profondément, mais bien mal lui en prit car le parfum envoutant du Serpentard lui monta à la tête, l'étourdissant un peu. Pour reprendre ses esprits elle accéléra, brisant le contact avec la main que Drago avait laissé sur son épaule.
- Granger, pourquoi tu cours ?
Il la rattrapa aisément et lui bloqua le passage, scrutant son visage.
- Tu es troublée ? demanda t-il d'une voix basse.
- Pas du tout.
Elle tenta de se dégager mais il lui attrapa le bras, annihilant tout espoir de fuite.
- Écoute, dit-il en la regardant fixement, je sais que tu n'as dit à personne que l'on était... que l'on s'appréciait plus et que tu ne veux pas que cela se sache. Je comprends et cela me convient aussi, mais personne ne nous voit ici, alors pourquoi me fuis-tu ?
- Je ne te fuis pas, tu es mon ami, je n'ai aucune raison de te fuir.
Drago laissa passer un temps, encaissant ce qu'elle venait de lui dire.
- Je suis ton ami ?
Il semblait étonné mais une lueur de joie brillait au fond de l'acier de ses yeux.
- Bien que ton comportement m'énerve de temps en temps, pour ne pas dire souvent, oui, je te considère comme mon ami. Mais personne ne doit rien avoir, ils ne comprendraient pas, surtout Harry et Ron...
Son débit de parole s'accéléra.
- Nos seuls contacts doivent être limités à quelques regards, et encore...
Il s'approcha alors plus près d'elle, et son regard changea. Il glissa lentement son doigt sur la joue d'Hermione, qui n'osa bouger, toujours plongée dans ses yeux.
- Ce soir, ici, il n'y a que toi, moi, et la lune. Alors pourquoi ne pas faire une petite entorse à cette règle ?
Avant qu'elle n'ai le temps de répondre, il avait franchi la distance les séparant et embrassé sa bouche entrouverte, profitant de la surprise pour glisser sa langue dans l'interstice. D'abord elle ne répondit pas, figée par la stupeur, mais ses sens s'éveillèrent et son corps se laissa peu à peu aller, appréciant la douceur du baiser, la façon dont la langue de Drago caressait la sienne...
Après un temps qui lui parut bien trop court, ils se séparèrent, s'examinant mutuellement. Et puis d'un même mouvement, ils unirent à nouveau leurs lèvres, mais d'une manière plus sauvage, plus fougueuse, se combattant, se mordant presque.
Et puis le souvenir changea.
Elle se trouvait seule, dans le dortoir des Gryffondors, et lisait une lettre. Son cœur s'emballa au fur et à mesure que les mots défilèrent.
Hermione,
C'est la St Valentin aujourd'hui, et bien que je trouve cette fête incroyablement stupide et ridicule, je sais que cette date est importante pour toi.
Aussi je t'écris cette lettre pour te demander de me rejoindre ce soir devant la salle sur Demande, à minuit.
Porte quelque chose de léger.
Drago
Un nouveau tourbillon, et elle avait rejoint le Serpentard, qui la regarda en souriant avant d'ouvrir la porte de la salle magique. Il avait fait apparaître une chaleureuse pièce, baignée d'une lumière tamisée et au centre trônait une table pour deux, avec le couvert prêt et des bougies décoratives. Il y régnait une douce chaleur, et Hermione put alors enlever son manteau, dévoilant la superbe robe bleue à bretelles qu'elle avait emprunté, ou plutôt volé provisoirement à Ginny. Elle fut fière de son petit effet lorsqu'elle vit du coin de l'œil que la mâchoire de Drago semblait prête à tomber devant le spectacle qu'elle offrait. Elle referma alors la porte derrière elle et passa ses bras autour du cou du blond pour lui offrir un long baiser.
Elle s'éloigna ensuite, l'air coquin, et ils se dirigèrent vers la table.
- Asseyez-vous, mademoiselle, fit Drago en lui tirant la chaise, en parfait gentleman.
La Hermione du présent se rappelait avec précision de cette nuit là. LA nuit. Elle rougit en se demandant si Drago avait choisit de lui la scène... assez chaude qui allait suivre le repas mais le souvenir changea avant que la température ne monte trop follement.
Ils se trouvaient à présent en haut de la tour d'Astronomie, une nuit de printemps. Le Serpentard attendait la lionne, les cheveux dans le vent, le regard dans la nuit. Hermione arriva justement en courant, quelque peu échevelée.
- Drago ? Pourquoi m'as-tu demandé de venir avec cette insistance ? Je me suis inquiétée...
Il se précipita vers elle pour plaquer ses lèvres sur les siennes avec fougue et la fit reculer jusqu'au muret qui les séparait du vide, la serrant contre lui de toutes ses forces.
- Tu m'as tellement manqué, lui souffla t-il au creux de l'oreille. Depuis que tu as avoué à Harry pour nous deux tu es encore plus distante en public, et ça me mine... Je suis constamment en train de te chercher du regard, c'est plus fort que moi.
Il l'embrassa à nouveau et Hermione sentit tout son être s'enflammer. Oh, elle comprenait si bien ce qu'il disait, elle ressentait la même chose chaque minute, chaque seconde qu'elle passait loin de lui.
- Je t'aime Hermione, je n'aurais jamais imaginé dire ça un jour mais je t'aime tant...
La Gryffondor était sur un petit nuage, les bras de celui qui l'aimaient autour d'elle et ses paroles la comblaient de bonheur. La joie l'envahissait tellement qu'un sourire béat refusait de quitter son visage. Pourtant une ombre vient obscurcir ses pensées.
- Drago... Que va t-on faire à la fin de l'année ? Nous ne sommes pas dans le même camp, et la guerre est loin d'être terminée.
Elle leva un regard inquiet vers lui.
- Alors nous nous enfuirons ! Nous partirons loin d'ici, dans un pays chaud et personne ne nous trouveras jamais, s'enflamma t-il.
- On aura une immense maison, rêvassa Hermione.
- Au bord de la mer, sur une île déserte...
- On se nourrira de noix de cocos...
- Et on fera l'amour tout le temps...
- Arrête, sourit la lionne mais en se serrant tout de même plus fort contre lui.
- Rien ne pourra nous atteindre, jamais, murmura t-il, les yeux perdus dans le lointain. Pas tant que nous sommes ensemble.
xxx
Hermione fut projetée hors de la pensine, les images qu'elle venait de voir encore vives dans sa tête. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, d'incontrôlables sanglots montèrent dans sa gorge et elle se réfugia dans les bras du Drago actuel, ne pouvant s'arrêter de pleurer.
- Tu m'as tellement manqué... Je ne sais pas comment j'ai pu vivre sans ces moments partagés avec toi... Je ne veux plus qu'on se sépare, jamais. Tant pis pour Ron, pour tout le monde, je ne peux pas m'imaginer une vie sans toi.
- Je t'aime, Hermione.
Drago sourit, enfin heureux. Ils avaient toute une vie à construire.
Une petite review pour me dire ce que vous avez pensé du chapitre ? De la fiction ?
Bisous,
Green-serpentine
