Salut à tous ! Comment allez-vous ?
Je suis hyper crevée donc je ne ferai pas de long discours sur ma vie ô combien pas passionnante mais sachez juste que je publierai le samedi soir car c'est le jour où j'ai le plus le temps de le faire.
Sinon, le chat de ma voisine a eu des chatons et oh mon dieu ! J'avais oublié à quel point c'est mignon ces petites crottes ! Bref, j'ai passé mon après-midi à les contempler...
Bonne lecture ! :)
Ah oui ! Petit avertissement ! Violence dans ce chapitre... Voilà.
Chapitre 2
Représailles
S'il était une qualité que Charlie ne possédait pas et assumait pleinement, c'était le courage. Ce n'était pas pour rien que le Choixpeau l'avait répartie à Serdaigle et non Gryffondor. Son cerveau avait la fâcheuse tendance à assimiler le mot courage avec stupidité. Or la stupidité ne faisait pas partie de ses codes. Elle n'était certes, pas la plus brillante des élèves de sa promotion, Evans, Rogue ou encore Potter et Black la devançaient chacun à leur manière. Evans parce qu'elle était tout simplement douée et intelligente, Rogue parce qu'il était surdoué, quant à Potter et Black c'était un mystère mais ils parvenaient tout les deux à aligner des notes plus que respectables sans jamais ouvrir un seul livre. Néanmoins, Charlie avait toujours réussi à se maintenir dans la tête de liste, travaillant avec sérieux chacune de ses matières. Ce qui ne l'empêchait pas d'être lâche. Non pas qu'être lâche signifie pour elle faire preuve d'intelligence, mais disons que cela démontrait un certain instinct de survie qui selon elle, faisait cruellement défaut aux Gryffondors. Ça et le sens de la modestie...
Elle s'acharnait donc depuis son coup d'éclat de la vieille face aux Maraudeurs, avec le plus grand soin et non sans succès, à éviter tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un Gryffondor et plus spécifiquement à Black. Elle avait sauté les repas dans la Grand Salle, se contentant de quelques gâteaux et d'une pomme et faisait des détours à chaque fois qu'entraient dans son champ de vision les couleurs rouge et or.
Alors qu'elle grignotait sa pomme devant la salle de Défense contre les Forces du Mal tout en relisant ses notes, elle prit conscience d'un regard posé sur elle. Relevant la tête, elle soupira de soulagement en constatant qu'il ne s'agissait que de Lupin. Non pas qu'elle soit ravie de le voir mais sa présence ne la dérangeait pas. Il était, dans son groupe d'amis, le seul à posséder un cerveau ou du moins à savoir s'en servir convenablement, selon elle et ce qu'elle avait pu constater.
- Salut, marmonna-t-elle ne sachant pas trop quoi dire.
Lupin lui adressa un petit sourire et vint prendre place à côté d'elle, s'asseyant par terre.
- Je voulais m'assurer que tu allais bien après hier, se justifia le préfet. Après ce qui s'est passé avec Sirius... Je veux dire, je comprends parfaitement pourquoi tu t'es emportée face à lui, Sirius n'avait pas à se comporter de la sorte vis-à-vis de toi mais...
- Un jour, mon père m'a dit que quand quelqu'un disait mais dans une phrase, tout ce qu'il y avait avant ne comptait pas, le coupa doucement la jeune femme.
Le sourire de Lupin se teinta d'un voile de tristesse alors qu'il continuait.
- Mais, j'ai comme l'impression que ce n'était pas seulement contre Sirius que tu en avais, je me trompe ?
Soupirant, Charlie croqua dans sa pomme, histoire de se donner une contenance et surtout de se donner le temps de trouver une réponse.
- T'es vraiment intelligent Lupin, tu sais. Enfin je veux dire par rapport à tes copains. En tout cas t'es perspicace... consentit-elle à lâcher au bout d'un moment.
- Tu ne comptes pas me dire pourquoi tu étais en colère, comprit celui-ci.
- Vraiment très perspicace.
- Pourquoi ?
Charlie ouvrit la bouche pour lui répondre mais s'aperçut qu'elle n'avait aucune raison sensée à lui donner. Lupin était gentil, sincère et semblait être digne de confiance. Par ailleurs, il faisait preuve à son égard d'une forme de bienveillance qui lui était inconnue et inexpliquée mais qu'elle trouvait fort agréable. Le seul point négatif résidait dans ses fréquentations mais elle ne pouvait décemment pas lui en tenir rigueur. On ne choisissait pas ses amis, quand on en avait, ce qui n'était pas son cas.
- On n'est même pas amis, souffla-t-elle d'une voix basse et elle fut surprise de constater que le Gryffondor l'avait entendue.
- Non, admit-il, mais on peut le devenir, ajouta-t-il d'une voix très sérieuse.
- Je sais pas, fit-elle songeuse, tu es toujours avec les Maraudeurs et eux, ils sont toujours avec les ennuis...
Lupin pouffa et hocha la tête.
- Tu sais, il y a certaines formes de problèmes qui sont assez excitants et drôles, qui pimentent ta vie et te font l'apprécier à sa juste valeur.
- Définitivement pas les miens alors, railla-t-elle.
- Tu as des problèmes ?
- Non, non... pas vraiment. C'est juste... une relation père-fille habituelle.
À dire vrai, oui, elle avait des soucis avec son père mais rien qui nécessiterait qu'elle s'allonge sur un divan, confiant ses doutes et incertitudes au premier inconnu qui passerait. C'était un peu trop personnel pour elle et il lui paraissait déjà suffisant de se trouver assise à moins de deux mètres d'une autre personne.
- Pourquoi tu es ami avec eux ? demanda-t-elle, désireuse de changer de sujet. Avec les Maraudeurs, je veux dire.
- Je suppose que c'est parce que malgré tous mes problèmes de santé, quand je suis avec eux, j'ai la sensation d'être une personne tout ce qu'il y a de plus normale. Ils m'acceptent comme je suis et pour cela, je leur en suis reconnaissant.
- Ouah, dis comme ça, on pourrait presque penser que tu parles de personnes tout à fait matures.
Lupin éclata de rire et Charlie sentit, en le regardant rigoler, les coins de sa bouche remonter doucement vers le haut. C'était agréable, de partager des moments avec quelqu'un, de ne plus être seule. Elle pouvait définitivement s'y habituer.
Alors qu'ils continuaient de parler ensemble, Lupin se renseignant sur Fantôme, son chat, le reste de la classe arriva, ainsi que le professeur, sonnant le début du cours et la fin de leur conversation.
Presqu'à regret, Charlie se dirigea vers sa place.
.
Le cours suivant avait lieu dans les cachots. Il s'agissait des Potions, avec le Professeur Slughorn, un homme qui ressemblait à un morse avec un sourire d'auto-satisfaction perpétuelle sur le visage. Charlie se plaça à sa place habituelle, commençant à sortir ses affaires dans l'attitude studieuse qui la caractérisait.
- Bien, bien, bien, annonça le maître des Potions en entrant dans sa classe avec sa bonne humeur habituelle. Aujourd'hui, nous allons nous amuser. Je vais vous répartir par groupes de deux, groupes équilibrés bien sûr, et vous devrez essayer de me préparer la potion de Felix Felicis. Les deux qui auront réalisé la meilleure potion auront le droit à une récompense ! Alors voyons voir, Lemon et...Rosier.
Charlie parvint à retenir son cri de désespoir juste avant qu'il ne franchisse ses lèvres. Lupin se tourna vers elle d'un air inquiet mais elle lui adressa un sourire qui se voulait rassurant. De son humble avis, il tenait plus de la grimace. Elle rassembla ses affaires et se dirigea vers la paillasse de Rosier, d'un pas qui lui semblait étrangement similaire à celui d'un condamné marchant vers son échafaud. Une fois à sa place, elle se décida pour une technique qui avait fait ses preuves de nombreuses fois, à savoir ignorer son voisin.
Mais c'était sans compter sur ce dernier qui avait visiblement dans l'optique de reprendre là où ils s'étaient arrêtés la veille, avant d'être interrompus par les Maraudeurs.
- Alors Lemon, on n'est pas contente d'être avec moi ?
Charlie lui adressa un sourire contrit avant de sortir ses affaires de son sac. Elle pouvait deviner Lupin faire de même dans son dos, sans pour autant qu'il la lâche du regard.
- Ton ami n'a pas l'air de m'apprécier, commenta Rosier qui lui aussi, avait remarqué le regard doré du Gryffondor posé sur eux.
- C'est pas mon ami, lâcha Charlie.
En disant ses mots, elle prit soudain conscience du ton qu'elle avait employé. Empli de regret. Parce qu'elle aurait souhaité que ce soit le cas, qu'elle ait des amis et que Lupin en fasse partie. Espérant que son tortionnaire n'ait pas remarqué son malaise, elle commença à couper les ingrédients nécessaires à la potion, focalisant toute son attention sur sa tâche. Malheureusement, Rosier se plaça de manière à pouvoir l'observer, de sorte qu'elle ne puisse le sortir de son champ de vision. Il avait ce petit sourire en coin malsain qui la terrifiait et lui faisait envisager le pire, alors qu'il croisait d'un air détendu ses jambes.
- C'est drôle quand on y pense, répondit celui-ci son sourire s'agrandissant, comme nous, pauvres mortels, sommes condamnés à reproduire les erreurs de nos parents.
Ses paroles semblèrent avoir l'effet escompté sur elle car il afficha un air satisfait en notant qu'elle avait interrompu son geste.
- Développe un peu Rosier parce que là, je ne vois pas très bien où tu veux en venir.
- Qui aurait cru que les Serdaigles seraient aussi longs à la détente ? Je vais le faire mais c'est bien parce que c'est toi, ironisa le Serpentard.
- Tu as toute mon attention, répondit la jeune fille sur le même ton.
- Et bien, tu vois j'ai l'impression que tout comme ta mère, tu choisis le mauvais camp Lemon, continua ce dernier sans se formaliser de la réplique sarcastique de sa camarade.
- Le mauvais camp ?
- Disons celui des perdants, si tu préfères.
- Et dans ce cas, quel est le camps des « gagnants », murmura-t-elle d'un ton étrangement calme, bien qu'elle connaisse déjà la réponse.
- Tu sais très bien : les Mangemorts, Tu-Sais-Qui, ça te dit quelque chose ? fit-il d'un ton léger qui ne collait pas à ses propose.
Charlie ne put s'empêcher d'éclater d'un rire qui lui sembla étrangement faux, un peu trop...nerveux peut-être, car la conversation prenait décidément une tournure qu'elle n'aimait pas trop.
- Ne me dis pas, que toi Rosier, tu envisages sérieusement de te joindre à ces gens ? demanda-t-elle en sachant pertinemment qu'elle risquait fort de faire dégénérer la conversation par cette simple question.
- Ces gens, comme tu dis, servent la cause des sorciers, s'énerva en effet Rosier, et tu devrais être fière que je te propose d'en faire partie ! Tu pourrais réparer les fautes de ta mère, le Seigneur des Ténèbres t'accueillerait à bras ouverts !
- Permets-moi d'en douter ! Et ne parle pas de ma mère, tu ne la connaissais pas !
- Mais voyons Lemon, reprit Rosier d'un ton dangereusement doucereux, tout le monde connaît ta mère, la fameuse Catelyn Fawley, qui a abandonné sa famille pour l'amour d'un stupide Sang-de-Bourbe...
- TAIS-TOI !
C'est à ce moment que Charlie prit conscience de ses mains qui tremblaient et des regards tournés vers elle. L'incompréhension et le choc se lisaient sur tous les visages. Le Professeur Slughorn s'avança dans leur direction, dans une tentative pour la calmer et savoir ce qu'il venait de se passer dans sa classe sans qu'il ne s'en aperçoive.
- Allons, allons... Miss Lemon calmez-vous voyons, vous tremblez ! Il semblerait que vous mettre avec Rosier ne soit pas une bonne idée ! Alors, voilà, pourquoi ne pas échanger de place avec...
- Je vous demande pardon, le coupa cette dernière, mais je ne me sens pas bien...
- Bien sûr, bien sûr, dans ce cas allez à l'infirmerie et je grefferai Rosier à un autre groupe...
- Merci monsieur.
Elle ramassa ses affaires en vitesse et se précipita vers la sortie. Pour autant, elle ne se dirigea pas vers l'infirmerie. À quoi bon ? Elle se sentait mal mais cela n'avait rien à voir avec son état de santé. Non, c'était en rapport avec sa mère. Il savait, Rosier savait le nom de sa mère et le ton qu'il avait employé laissait amplement supposer qu'il connaissait bien plus que son simple prénom. Avec amertume, elle songea qu'il en savait certainement plus qu'elle au sujet de la femme qui l'avait mise au monde.
Charlie allait avoir seize ans cette année mais aussi surprenant que cela puisse paraître, elle n'avait aucune idée de ce à quoi ressemblait sa mère. Elle vivait dans son absence. Son père avait retiré toute photo d'elle, peu de temps après sa mort, si bien que Charlie n'en avait aucun souvenir. Il n'en parlait jamais non plus. Ce sujet était tabou. Au début, Charlie avait laissé faire. Elle avait bêtement pensé que parce qu'elle devait être le portrait craché de sa mère – ceci n'était qu'une vague supposition étant donné qu'elle ne partageait aucun trait commun avec son père – la situation n'était pas forcément évidente pour lui. Elle lui avait laissé du temps. Dix ans pour être exacte. Mais elle en était arrivée à un point où il était devenu vital pour elle de savoir. Pour se construire, connaître sa mère, savoir quel genre de femme elle avait été. Plus encore maintenant qu'elle savait que Rosier connaissait sa mère.
Montant quatre à quatre les marches menant à son dortoir, elle se laissa tomber sur son lit. D'ici quelques semaines, elle rentrerait chez elle pour Noël et aurait tout le loisir de questionner son père. En attendant, elle allait prendre son mal en patience et surtout, éviter Rosier.
.
Lorsqu'elle se réveilla, deux certitudes l'assaillirent. La première, était qu'elle mourait de faim. La deuxième, c'est qu'à en juger par la couleur du ciel et ses camarades de dortoir qui dormaient, il était tard. Un coup d'œil à sa montre lui indiqua qu'elle avait vu juste. D'ici quelques minutes, il serait minuit. Son estomac se rappela à elle par un grognement sourd. Souhaitant éviter à tout prix de réveiller ses camarades, Charlie sortit de son lit. Elle était encore tout habillée, preuve qu'elle s'était endormie assez vite, et elle traversa la Salle Commune pour se rendre aux Cuisines.
Elle n'était pas vraiment rassurée, ce faisant. Elle n'avait jamais vraiment fait de virées nocturnes comme la plupart des élèves, et la maladresse et la discrétion n'étaient pas deux choses qu'elle maîtrisait beaucoup. Enfin, disons qu'elle ne savait pas tomber discrètement. Nerveuse, elle l'était aussi à l'idée de croiser ou Rusard ou Peeves au détour d'un couloir.
Poudlard était calme, tout endormi qu'il était. La nuit était plutôt claire, éclairée par la pleine lune qui filtrait de sa lueur blanchâtre au travers des fenêtres. Un hurlement lui parvint du parc et Charlie frissonna. Vivement qu'elle retourne au chaud dans son lit. Elle pressa imperceptiblement le pas, toujours en direction des Cuisines. Elle s'immobilisa subitement en prenant conscience d'un bruit de pas qui venait dans sa direction. Terrorisée à l'idée de se faire surprendre en pleine infraction du règlement, elle se précipita dans la cachette la plus proche qui s'avérait être un placard à balais. Elle referma la porte sur elle juste à temps, laissant une fine fente de manière à pouvoir tout de même respirer.
Elle entendit les pas s'arrêter au niveau du placard, puis une voix masculine chuchota dans un souffle :
- Je pense que ce mur fera l'affaire, les gars, vous savez ce qu'il vous reste à faire !
La voix lui parut étrangement familière mais elle ne s'attarda pas dessus, percevant le mouvement de plusieurs personnes, s'affairant avec application à une tâche inconnue. Mue par une soudaine curiosité, elle se pencha délicatement vers la fente. Ce qu'elle vit lui glaça le sang. À l'endroit où elle s'était tenue quelques instants auparavant, se trouvaient désormais cinq silhouettes encapuchonnées de noir. Elle plaqua sa main sur sa bouche, étouffant son propre cri. Des larmes perlaient à ses yeux alors qu'elle se rappelait des unes de la Gazette du Sorcier, toutes assez semblables en ce moment, malheureusement. Les gros titres défilaient devant ses yeux : Meurtres sanglants de Moldus, Attentats meurtriers chez les sorciers : les Nés-Moldus pris pour cibles ! , Bain de sang au Ministère, Disparus et assassinats : toujours plus nombreux !. Les articles étaient souvent accompagnés d'images représentant une tête de mort verdâtre, illuminant le ciel et recrachant un gigantesque serpent ou de silhouettes effroyablement semblables à celles dans le couloir. Mais c'était impossible ! Jamais des Mangemorts n'auraient pu entrer à Poudlard, le château était protégé n'est-ce pas ?
Charlie se força à respirer afin de se calmer. Tout allait bien, ils ne savaient pas qu'elle était là. Ils allaient partir, et elle, elle allait se dépêcher de filer dans son lit et demain, elle dirait tout à Dumbledore. Dit comme ça, ça sonnait plutôt bien dans sa tête. Elle recula doucement, histoire de se cacher le plus possible et de se soustraire à la vue qui la pétrifiait de terreur. Malheureusement, son pied buta dans un seau métallique, qui tomba dans un fracas qui lui parut assourdissant. Elle s'immobilisa, guettant la réaction des individus dans le couloir. Seul le silence lui répondit.
- Qu'est-ce que...
- Sûrement un chat coincé dans le placard, le coupa la même voix que toute à l'heure.
Voix que cette fois-ci elle reconnut. Rosier, évidemment.
- Allez venez, reprit celui-ci, faut pas traîner dans les couloirs. On sait jamais, on ne voudrait pas être surpris...
Comme pour approuver ses dires, les pas commencèrent à s'éloigner et Charlie soupira intérieurement de soulagement. Elle attendit encore quelques minutes supplémentaires, histoire d'être certaine qu'aucun Serpentard – il n'y avait plus vraiment de suspens quand à l'identité des silhouettes désormais – ne soit pris d'un doute et revienne vérifier s'il s'agissait bien d'un chat dans le placard. Quand elle fut satisfaite, elle entrouvrit doucement la porte du placard et sortit de sa cachette sur la pointe des pieds.
Elle hésita un instant mais sa curiosité prit de nouveau possession de son corps et elle se retourna, bien décidée à savoir ce qui avait pu être marqué sur le mur. Une nouvelle fois, la vue qui s'offrait à elle était digne d'un cauchemar. Non pas que le message écrit sur le mur soit à ce point horrible. Elle ne l'avait même pas lu même si les grosses lettres rouge écarlate et dégoulinantes lui faisaient penser à du sang. Non, ce qui lui faisait peur, c'était Rosier, adossé au mur en face d'elle qui la fixait de son regard gris, un sourire moqueur sur ses lèvres, jouant d'un air détendu avec sa baguette.
- Je me disais aussi que c'était trop gros pour être un chat caché dans ce placard, commenta-t-il sarcastique, mais je n'en espérais pas tant !
Charlie ne trouva rien à lui dire. Sa voix semblait coincée dans sa gorge et si sa première idée avait été de crier très fort, elle en avait conclu que ce n'était pas forcément la plus brillante des alternatives qui s'offraient à elle, surtout avec une bande d'apprentis Mangemorts dans le coin. Instinctivement, elle recula de quelques pas, prête à s'enfuir dès qu'elle en aurait l'opportunité. Cependant, Rosier sembla lire dans ses pensées car il secoua la tête d'un air faussement contrit.
- Tu comptais déjà partir ? fit-il semblant de s'étonner. Alors qu'on vient tout juste de commencer ?
Puis subitement, son visage se durcit.
- Ne pense même pas à partir, siffla-t-il. Je te jure que si tu tentes quoique se soit pour t'enfuir, tu le regretteras Lemon...
Il laissa sa phrase en suspens, de manière à ce qu'elle saisisse bien la menace sous-jacente. Ils restèrent quelques secondes ainsi, se fixant du regard, testant l'autre afin de savoir qui serait le premier à lâcher prise. Charlie sentait ses yeux la piquer mais elle se refusait à abandonner. Tout plutôt que de céder à son persécuteur. Encore une fois, elle eut la sensation que Rosier lisait dans son esprit car au moment où elle pensait ces mots, son sourire s'agrandit d'un air mauvais. Doucement, presque comme un félin, il s'approcha d'elle, pas à pas. Au fur et à mesure qu'il s'avançait, Charlie reculait, priant intérieurement pour que le mur derrière elle se trouve le plus loin possible. Quand son dos toucha la surface dure et froide, elle se fit remarquer qu'elle n'avait sûrement pas dû prier suffisamment fort. Une vision s'imposa à elle à cet instant, celle de Fantôme lorsqu'il lui rapportait une souris blessée et s'amusait à jouer avec elle jusqu'à ce que mort s'ensuive. Elle se sentait vraiment souris face à Rosier. Il se rapprocha encore jusqu'à ce que son souffle chaud effleure son visage. Elle ferma les yeux, désirant plus que tout s'extraire de ce cauchemar. Elle sentit Rosier poser sa main sur sa joue. Presque timidement, elle rouvrit les yeux, expirant profondément. Son autre main était appuyée au mur, l'emprisonnant dans son étreinte mortelle. Il lui souriait, toujours de ce même sourire en coin, malsain et flippant. Elle pouvait sentir les cheveux sur sa nuque se dresser au fur et à mesure que des frissons se propageaient le long de son dos.
- Il y a tellement de potentiel en toi Lemon, si tu m'écoutais ne serait-ce qu'une fois, tu comprendrais, murmura Rosier de sa voix grave tout en continuant à lui caresser la joue, ses lèvres contre son oreille.
- Je... je ne veux peut-être pas comprendre, lui répondit Charlie dans une piètre tentative de dissimuler la peur qui s'emparait de chacun de ses membres et la paralysait.
La main de Rosier délaissa sa joue pour venir jouer avec l'une de ses boucles cuivrées en même temps qu'il éclatait de rire à l'entente de sa réponse.
- Je crois surtout que tu fais semblant de ne pas comprendre Lemon, parce que tu as peur. Je me trompe ?
Devant son manque de réponse, il continua :
- Évidemment que je ne me trompe pas. Laisse moi te dire une chose, dehors c'est la guerre, tu le sais, tout le monde le sait. Tu es intelligente Lemon, j'en suis convaincu, tu ne serais pas à Serdaigle sinon, alors tu te doutes bien qu'une fois hors de Poudlard, il n'y aura plus grand chose pour te protéger. Ton père sûrement, mais il ne fera pas long feu et puis ce n'est pas comme si tu avais des amis pour veiller sur toi... Que deviendras-tu une fois ton cher papa Sang-de-Bourbe mort ?
Pour toute réponse, Charlie balaya sa main d'un revers de paume, se dégageant de son emprise. Elle essaya de le repousser, dans ce qui ressemblait à une vaine tentative de fuite. Hélas pour elle, elle n'eut pas vraiment le loisir d'aller bien loin. La main de Rosier se referma sur sa gorge, tenaille de fer l'empêchant de respirer. L'emprise du Serpentard était telle qu'elle se retrouva surélevée, ses pieds ne touchant désormais plus le sol. Il la secoua, cognant l'arrière de son crâne et son dos contre le mur, lui arrachant un gémissement de douleur qui mourut avant qu'il ne franchisse la barrière de ses lèvres.
- Réponds ! la somma-t-il en accentuant ses secousses.
Charlie tenta de desserrer sa main qui se faisait de plus pressante. Elle suffoquait mais ne parvenait pas à l'obliger à la lâcher. Pourtant elle griffait, donnait des coups de pieds faiblards mais Rosier était trop fort. Elle ferma les yeux pour dissimuler les larmes qui menaçaient de tomber. Tout plutôt que de lui donner cette satisfaction.
- J'ai dit : RÉPONDS ! grogna Rosier en la secouant une nouvelle fois.
Cette fois-ci, le secousse fut tellement forte qu'elle sentit ses dents s'entrechoquer et le goût de ferraille caractéristique du sang envahir sa bouche.
- Je... Je mourrais, consentit-elle à bégayer.
Sa voix lui parut horriblement rauque comme si ce n'était pas elle qui parlait, qui se trouvait là, dans ce couloir, seule, en train de se faire menacer.
- Exact, murmura Rosier satisfait tout en desserrant sa main sans pour autant l'enlever, son sourire sarcastique revenu sur ses lèvres. Sauf si tu choisis le bon camp. On prendrait soin de toi Lemon, il ne t'arriverait rien. Nous serions ravis de t'accueillir.
La jeune femme ne put s'empêcher de lâcher un petit rire incrédule au son de ses paroles.
- Même toi ?
- Si tu savais, lui murmura Rosier pour toute réponse, en promenant un doigt sur les lèvres mordues de la jeune fille. Un tel gâchis serait tellement dommage. Fais le bon choix Lemon. Fais moi confiance. Les choses sont en train de changer, dehors. Il y a du mouvement. Tout ce que tu connaissais va être modifié. Rien ne sera comme avant. Et ça bouge vite, très vite. Rien ne peut nous arrêter ! Nous sommes partout ! Nous sommes nombreux ! Je t'offre une porte de sortie, une garantie. Ne me dis pas non, tu le regretterais...
Que pouvait-elle répondre à ça ? Elle n'avait pas vraiment le choix : si la réponse ne plaisait pas à Rosier, il le lui ferait payer. Un silence suivit durant lequel Charlie pesait le pour et le contre de chacune des options qui se présentaient à elle. Finalement, elle finit par dire d'un ton qu'elle voulait le plus convaincant possible :
- Je ne dirai rien. Je te le promets, je ne dirai pas que je vous ai vus dans le couloir.
Pour toute réponse, Rosier secoua la tête d'un air désolé.
- Lemon, Lemon qui cherches-tu à convaincre ainsi ?
- Je...
- Tttttt. C'est à mon tour de parler. Je n'ai pas besoin de tes promesses pour savoir que tu ne parleras pas. Comme je l'ai déjà dit, tu n'es pas stupide mais j'ai le sentiment que toi, par contre, tu me prends pour un idiot. Je peux comprendre que c'est un choix difficile que je te demande de faire mais n'essaye pas de me rouler. N'oublie pas que le Serpentard ici, c'est moi !
- Je ne... Rosier laisse-moi partir, s'il te plaît, je...
- Peut-être que tu as besoin d'arguments, marmonna ce dernier plus pour lui-même que pour Charlie, oui, certainement, tu as besoin d'arguments plus... percutants !
À ces mots, il envoya son poing dans le ventre de Charlie qui s'effondra, le souffle coupé, les larmes aux yeux. Elle tenta de se relever mais déjà, un deuxième coup la frappa, cette fois-ci à la mâchoire. Le goût du sang envahit sa bouche, et, sonnée par le choc, elle tomba par terre, allongée. Rosier continuait à la ruer de coups, alternant coups de pieds et coups de poings. Sous les assauts, sa baguette magique tomba de sa poche. Charlie tendit la main pour s'en saisir mais elle fut stoppée par le pied qu'abattit Rosier sur sa main. Elle qui s'était appliquée à ne pas crier jusqu'ici ne put se retenir et éclata en sanglots, le suppliant d'arrêter. Elle se sentit soulevée de terre par le col de sa chemise, puis Rosier la traîna jusqu'à se qu'elle se retrouve dos à l'escalier qui descendait vers le Hall d'entrée. Elle saisit immédiatement ce que Rosier s'apprêtait à faire. Elle chercha son regard, affolée mais tout ce qu'elle put y voir fut une farouche détermination. Elle se débattit, essaya de se raccrocher à lui, de crier mais elle avait bien trop peur et il était bien trop grand et trop fort. Il finit par la pousser et Charlie se sentit tomber. Le choc fut brutal et elle roula jusqu'au sol. Sa joue la brûlait et en passant sa main dans ses cheveux elle remarqua qu'elle saignait. Elle voulut se relever, partir en courant mais elle avait trop mal. Elle entendait Rosier qui se rapprochait d'elle, il n'en avait toujours pas fini avec elle. Elle gémit, essayant de s'échapper en rampant, ce qu'il le fit rire :
- Pitoyable ! Tu es pitoyable, Lemon ! Et crois-moi, si jamais tu en parles à qui que se soit, ce sera mille fois pire !
Et sur ces sages paroles, il la laissa là, seule, blessée. La jeune fille avait mal, tellement mal, elle sentait ses yeux se fermer. Entre ses paupières mi-closes, il lui sembla voir une forme courir vers elle, ou plutôt un chien, un très gros chien noir mais c'était absurde, non ? Il n'y avait pas de chien à Poudlard ! Sûrement la douleur qui la faisait délirer, alors elle ferma les yeux et sombra dans l'inconscient.
J'espère que vous avez apprécié. Un grand merci à Lumerotte, Amelga et Faaan'Taaas'Tiiique pour avoir pris le temps de laisser une petite review, ça fait super plaisir ! :) Si vous ne savez pas quoi faire, vous pouvez toujours suivre leur exemple ! ;)
A très bientôt et pour ceux/celles qui suivent Un aigle, un blaireaux et deux crétins, à très vite ! :)
