Auteur : Crazyitachi-la-malade-de-Shaka-et-de-Rufus-Shinra / Merci à ma bêta : Effy-chu!
Titre : Que ton masque tombe... voir si j'existe.
Couple : RenjiXByakuya, très certainement parce que je préfère mon perso chouchou en uke :3 Donc YAOI ! Attention
Rating : M, parce que j'adore les agrumes, surtout les citrons et que les citrons c'est bon quand c'est acide ! *regard angélique*
Disclaimer : J'ai tenté de marchander le ginpakukazaharu no truc, mais même ça, on veut pas me le donner... (une âme éclairée m'a fait remarquer que négocier Byakuya est plus intéressant, mais bon... on me le donnera jamais même si je promets d'être saaaage ;_;) Tout est à Tite Kubo u.u Merci également à Wikipédia qui m'a permis de trouver les noms des sorts de Bakudô et de Hadô.
Note : Quel est le nom de famille de Kira ? J'ai trouvé Ijiru sur certains doujins et je croyais dur comme fer que c'était Izuru... Quelqu'un pour m'éclairer? ^^'
Fan : waaa *.* merci d'aimer autant ! bonne lecture en espérant que tu aimeras toujours autant! :D
Pimouss-killer : Tu es re là ! :D ça fait plaisir de voir des reviewers anonymes habitués *nage dans le bonheur XD* Je te remercie de la review et te souhaite une bonne lecture ! ^.^
Encore merci pour les reviews qui m'ont été envoyées! Cela me fait très plaisir ! Mais je vous avoue que je suis très gourmande et vorace et... si y'en avait un peu plus... quoi je vous saoule? XD bon aller! Bonne lecture à tous !
CHAPITRE 2
Alors reviens... Reviens-moi...
Le lendemain matin, Unohana soupirait enfin. Il fallait dire que les deux étaient de sacrés numéros. Renji venait à peine de guérir qu'il retournait à la case départ. Ses draps n'avaient même pas eu le temps de refroidir ! Le point positif, c'était que tout était encore en place pour le soigner. L'affaire de deux ou trois jours, comme la dernière fois, et tout rentrerait plus ou moins dans l'ordre.
Quant à Byakuya, même si son cas était plus complexe à expliquer, il serait en excellente forme dans deux petits jours. Il ne s'était pas nourri depuis qu'il avait été attaqué par ce hollow et c'était tout juste s'il avait assez bu. Le combat qu'il avait mené contre Renji avait poussé son corps à ses limites. Biologiquement parlant.
« Unohana Taicho…
- Isane ? Qu'est-ce qui te préoccupe ?
- Je ne comprends pas comment un hollow a pu se jouer ainsi de Kuchiki Taicho. Il est parmi les plus forts…
- Isane, serais-tu capable d'affronter ta sœur jusqu'à la mort ?
- … Non.
- Dis-toi que dans le cas de Kuchiki, c'est un peu pareil.
- Mais…
- Il y a des questions que l'on peut poser mais qui ne doivent pas avoir de réponse. Souviens-t'en, Isane.
- Hai, Taicho !
- Une autre question ? »
Le vice-capitaine observa les deux hommes allongés dans les lits. Pour plus de discrétion, on les avait mis dans la même chambre.
« Je me demandais… Si la fumée a permis au hollow de 'posséder' Kuchiki Taicho, pourquoi Abarai n'a-t-il rien ?
- … Je ne sais pas. Peut-être parce qu'il a inhalé moins de fumée ?
- Dans ce cas, ne devrions-nous pas le surveiller ?
- Oui, tu as raison, Isane. Mais nous ne devons pas éveiller les soupçons. Garde tout cela secret. Nous nous chargeons de surveiller Abarai, compris ? »
Le jeune fille acquiesça et repartit chercher les médicaments nécessaires aux soins des deux shinigamis. Elle se souvint de la fois où un messager de la 3° était venu en lui disant qu'il fallait envoyer une escouade de soin pour le vice-capitaine de la 6°. Elle avait rétorqué que c'était au capitaine Kuchiki de demander ce genre de choses, et pas au capitaine Ichimaru par son intermédiaire. Mais la réponse avait été tranchante…
Kuchiki Taicho a ordonné qu'on le jette en prison.
Elle n'avait d'abord pas pu y croire. Un capitaine qui laisse son vice-capitaine mourir en prison ? Parce qu'il a décidé d'affronter l'homme qui voulait sauver sa sœur ? Elle ne put en douter quand son capitaine lui annonça que le capitaine Kuchiki avait demandé à ce qu'on démette le fukutaicho Abarai de ses fonctions… Heureusement, cela ne fut pas. Mais bon… Quand elle entendait sa sœur lui parler de sa chère 13° division et de son taicho vénéré, elle trouvait l'écart monstrueusement énorme !
Et cet homme, qui avait manqué de mourir sans l'ordre d'un autre capitaine pour des soins, avait risqué plus que sa vie pour le sauver ? Renji avait de quoi haïr son taicho et… et il franchissait encore la limite entre la vie et la mort pour le sauver ? Pourquoi ?
Isane sortit de ses pensées et reprit sa route. Qu'avait dit son taicho déjà ? On peut poser certaines questions mais ne pas attendre les réponses qui vont avec. Dommage.
Quelques heures plus tard, le capitaine de la 6° division ouvrait les paupières. Il n'entendait rien autour de lui il jugea donc qu'il était seul… ou peut-être pas. Il tourna légèrement la tête et découvrit son vice-capitaine, assommé par il ne savait quel sédatif, couvert de bandages, le visage avec quelques pansements. Mais pourquoi était-il dans cet état déjà ? Ah oui, Senbonzakura. C'était sûr vu le type de blessures, mais le problème était que… qu'il ne se souvenait pas l'avoir attaqué.
Il prit appui sur son bras pour se redresser et grimaça. La blessure de Renji était bien réelle, elle. Byakuya fronça les sourcils. Quel que fut le problème, son vice-capitaine n'avait pas à lever la main sur lui et surtout… pas le droit de toucher sa cible.
L'homme s'assit sur son lit et toisa Renji du regard. Quelque chose clochait, il le savait. Mais quoi ? Il ne le savait pas. Et autant dire qu'il ne demanderait jamais. Ses derniers souvenirs remontaient à… à quand il avait vu Hisana dans les traits du hollow. Il n'avait pas compris pourquoi ni comment, mais… La seconde suivante il serrait la jeune femme contre lui. Et progressivement, sans pouvoir réagir, il sombrait dans une sorte de néant.
« Vous êtes réveillé, Kuchiki Taicho.
- Unohana Taicho. »
La voix de Byakuya ne laissait rien paraître de son questionnement. Son visage non plus. Personne n'aurait pu croire qu'intérieurement, il cherchait furieusement à savoir ce qui lui était arrivé et ce qui était arrivé à son subordonné.
« Je pars, aujourd'hui.
- Il ne me semble pourtant pas vous avoir donné cette autorisation, Kuchiki Taicho.
- Je m'en moque. J'ai des affaires à régler. »
Sur ces mots, l'homme se releva d'un geste et s'avança vers la porte.
« Comptez-vous sortir ainsi vêtu, Kuchiki Taicho ? demanda innocemment Unohana. Ce pourrait être amusant mais de votre part… Je ne pensais pas que vous étiez si… Quel est le mot déjà ? Déprav…
- Il suffit ! »
Byakuya avait haussé la voix. Il s'en gifla mentalement. Oui, il n'avait pas remarqué tout de suite qu'il n'était pas en uniforme de capitaine et était tellement troublé par les évènements –dont il ne savait rien par ailleurs !- qu'il en avait perdu son calme une seconde.
« Je ne vais pas rester ici éternellement vu que je me porte bien maintenant. Rendez-moi mes habits, je m'en vais.
- Ils sont couverts de sang, Kuchiki Taicho, il va falloir attendre un peu. »
Le noble fronça les sourcils légèrement, contrarié. C'était ainsi alors ?
« Pourquoi voulez-vous à tout prix me garder ici ? Abarai m'a attaqué, je dois en référer au Conseil des 46.
- Alors il devra le faire doublement quand il sera rétabli.
- Pardon ?
- Vous ne vous souvenez pas ? Vous l'avez attaqué deux fois et laissé aux frontières de la mort. Trois fois même si je compte la fois où vous vous êtes affrontés et même quatre en y ajoutant celle où vous n'avez pas voulu appeler de soins pour lui. »
Byakuya demeura silencieux un instant. Où son vis-à-vis voulait-il en venir ? Il n'avait de compte à rendre à personne.
« Exprimez-vous plus clairement.
- Vous avez été possédé par le hollow que vous croyiez avoir tué, Kuchiki Taicho.
- … Comment ? C'est impossible, je…
- Vous avez perdu la raison et tenté de tuer votre fukutaicho. Fort heureusement, il a la tête dure et n'a pas lâché le morceau. Nous l'avons sauvé juste à temps.
- …
- A peine guéri, il me demandait de le couvrir pour aller vous sauver de ce hollow.
-… C'est impossible. Abarai aurait tout à gagner à ce que je ne revienne pas !
- Kuchiki Taicho, vous connaissez bien mal vos subordonnés. Ouvrez les yeux de temps en temps.
- Je n'ai pas demandé votre avis.
- … Bien. Sachez seulement que Renji Abarai, votre fukutaicho, vous a couvert quand le Sotaicho a prononcé le mot 'trahison'. Sachez que Renji Abarai a également protégé votre 'honneur' en ne disant rien de la forme que le hollow a prise pour vous faire tomber. Sachez encore que Renji Abarai a berné tous ses amis pour se rétablir plus vite et vous ramener. En somme, sachez que Renji Abarai a failli mourir pour vous sauver alors que vous le méprisez. »
Un lourd silence s'installa. Byakuya ne montrait aucun signe de trouble mais il n'y croyait pas. Il ne pouvait en croire un mot. Pourquoi Renji ferait-il tout cela pour lui ? Pourquoi ? C'était impossible !
Il le regarda lentement. Cet homme, juste devant lui, allongé et recouvrant, il lui devait la vie ?
« Voulez-vous que je vous remémore toutes les marques de respect que vous lui avez témoignées ? Le compte sera rapide, n'ayez crainte, Kuchiki Taicho.
- … Taisez-vous ! Amenez-moi un uniforme et mes affaires, même sales. Je dois y aller. »
Pourquoi en pensant à 'respect', la seule image qui lui était venue à l'esprit était ce moment où il avait déposé sur le corps de son subordonné –qu'il croyait sans vie- sa précieuse écharpe ? Etait-ce réellement la seule marque de respect ? C'était… après tout ce temps ?
Enfin ! Il n'avait pas à respecter quelqu'un qui lui était inférieur ! Pourquoi s'ennuyer à y réfléchir ? Renji était son vice-capitaine et c'était tout !
Pourtant… Quand il avait déposé l'étoffe sur son visage… Il avait comme senti quelque chose de douloureux…
« Mes affaires !
- Bien bien, Kuchiki Taicho, nous allons les chercher. Mais vous êtes officiellement soupçonné de trahison, vous devriez rester discret…
- Mais vous avez dit qu'Abarai…
- Prendriez-vous les paroles de votre fukutaicho pour argent comptant ?
- Non.
- Moi si, mais il se trouve que le Conseil des 46 et le Sotaicho sont de votre avis.
- Alors je dois rester discret le temps qu'il soit rétabli pour que nous nous expliquions.
- Tout à fait. »
Quelques minutes plus tard, Byakuya repartait enfin. Encore plus que troublé de sa conversation avec Unohana, il ne rejoignit pas le manoir principal mais une petite annexe où il y avait moins de monde. Quelque part, il n'avait pas envie d'expliquer maintenant à tout le monde le pourquoi de son comportement.
Possédé par un vulgaire hollow…
Il était tombé très bas.
A son réveil, Renji avait l'impression que quelque chose pesait très lourd dans sa poitrine. Il avait comme un peu de mal à respirer et il sentait qu'il tremblait de froid bien qu'il transpirait. Il était malade ? Après tout ce qu'il venait de subir…
« Abarai, calmez-vous, murmura la voix douce du capitaine de la 4°, tout va bien.
- Kuchiki… Tai… cho… »
La femme hocha la tête, attristée devant tant de dévotion et d'attention à sens unique. Elle posa sa main sur le front du malade et lui sourit :
« Il est parfaitement rétabli. Il se repose pour tout remettre en ordre dans sa tête.
- … C'est… »
Renji ferma les yeux et se mordit la lèvre. Qu'avait-il espéré ? Que son capitaine soit là à son réveil ? Qu'il le remercie simplement ? Mais quel idiot ! Bien sûr que son taicho ne lui parlerait jamais de ça, trop de honte à avoir été faible une fois ! Il sentit quelque chose se nouer dans sa gorge. C'était immuable en fait, Byakuya l'ignorerait et le mépriserait toujours.
Le jeune homme eut comme un hoquet. Il écarquilla les yeux, surpris par la douleur dans sa poitrine et attrapa la manche du capitaine. Quelque chose n'allait pas. De petites larmes naquirent aux coins des yeux du malade qui ouvrit la bouche en un cri muet.
« Abarai ! »
Unohana se redressa d'un bond et se mit à ausculter son malade, mais elle ne trouvait rien d'anormal. Soudain, elle réagit aux paroles d'Isane. Est-ce que Renji suivait le même chemin que son capitaine ? Allait-il se retourner contre eux et les attaquer ? Mais dans ce cas, personne n'hésiterait à donner l'ordre de l'abattre ! Un Kuchiki pose question mais pas Renji !
Le temps qu'elle immobilise le fukutaicho pour mieux y voir, le capitaine de la 4° fut repoussé par une violente explosion et ne put que voir le jeune homme s'échapper, les gouttes de sang le suivant.
Par terre, elle mit un instant à se ressaisir. Il fallait qu'on récupère le fukutaicho avant qu'il ne soit trop tard et… Une seule personne le pouvait sans que cela ne s'ébruite.
« Non.
- Kuchiki !
- Je vous ai dit non, Unohana. Je n'irai pas sauver Renji.
- Mais vous lui devez la vie ! Faites-le au moins pour payer votre dette ! »
Byakuya fronça les sourcils. Devoir la vie à Renji était loin de lui plaire. Et comment ce dernier avait-il pu le 'sauver' alors que lui même en avait été incapable ?
« Faites-le au moins pour avoir des réponses !
- Des réponses… »
Le noble avait murmuré cela pensivement. Il était vrai que son subordonné savait tout de ce qui s'était passé et cela lui éclaircirait sûrement la tête mais…
« … Je ne peux pas faire ça.
- Il est gravement blessé ! Sa survie se compte peut-être en minute, lui donner une heure serait optimiste s'il est possédé comme vous et que le hollow ne le ménage pas !
- Je ne peux pas. »
Unohana serra les poings. Elle avait envie de prendre le plus jeune par les épaules, le secouer un bon coup et lui mettre une tape sur la tête pour lui faire admettre une simple chose : comme tous capitaine, son fukutaicho était indispensable et irremplaçable.
« Kuchiki Byakuya, en quoi admettre que vous tenez à Abarai vous pose-t-il problème ?
- Je ne tiens pas à Renji ! s'exclama le noble.
- Renji ? Vous ne l'appelez plus par son nom ? »
Byakuya se tut et lança un regard noir à son homologue. Il se retint de se pincer l'arête du nez de mécontentement et détourna la tête.
« Renji Abarai est un pion remplaçable.
- Allons, vous ne me la ferez pas à moi, Kuchiki Taicho. Nous savons tous deux à quel point il vous est cher malgré tout.
- Pardon ?
- L'auriez-vous ramené ici si vous pensiez vraiment ce que vous dites ? Auriez-vous pris seulement la peine de le garder tout ce temps si vous pensiez vraiment ce que vous dites ?
- …
- Quand vous avez demandé à ce qu'on le démette de ses fonctions, ce n'était pas pour le punir d'être parti seul, n'est-ce pas ? »
Le capitaine de la 6° baissa les yeux un instant. Il ne savait pas ce qui lui avait pris ce jour-là, mais, en voyant Renji sur la civière et les vice-capitaine Izuru et Hinamori demander des secours, il s'était senti en colère. Comme si on l'avait trahi… Renji était parti seul et avait failli mourir. Et lui ? Son fukutaicho était parti comme ça et avait risqué sa vie pour sa sœur ! Son action résonnait comme s'il l'avait faite pour son supérieur, voyant que ce dernier ne tenterait rien pour sauver Rukia. Mais cela voulait dire que le fukutaicho irait droit dans le danger plusieurs fois encore.
« Kuchiki Taicho ? »
Byakuya avait du mal à l'avouer. S'il avait demandé à ce qu'on enferme Renji et le relève de son poste…
« C'était pour le protéger…
- Pardon ?
- … Où est-il ?
- Je n'en ai pas la moindre idée, Kuchiki Taicho. »
Le noble se mordit discrètement les lèvres et se releva.
« Si un mot sort de votre bouche, Unohana Taicho, soyez certaine que rien ne m'empêchera de vous tuer. Pas même la loi.
- Oh, mais Kuchiki Taicho, je me ferai une joie de vous attendre patiemment avec mon équipe de soin. »
Il toisa la femme du regard, sachant pertinemment que sa menace n'était faite que de vent. Il attrapa Senbonzakura et ajusta son haori.
« Vous me couvrez. Ce soir, je vous ramène Renji.
- Hai. J'attendrai. »
Unohana regarda l'homme partir et sourit une fois seule. Elle ne s'était pas trompée. Ces deux-là étaient bien partis pour devenir inséparables. La preuve, Byakuya ne s'était même pas dit qu'il lui suffirait de tuer Renji pendant un combat pour s'en débarrasser.
Le capitaine Kuchiki n'eut pas grande difficulté à retrouver son vice-capitaine. Tout d'abord, son reiatsu lui était parfaitement identifiable et repérable et, plus pragmatiquement, il lui suffisait de suivre les traces de sang… Renji avait donc été blessé à ce point ? Byakuya secoua la tête. Mais comment n'avait-il pu rien faire ? Comment avait-il pu se laisser faire justement ?
Tout en se déplaçant à grande enjambée de shunpo vers le lieu en question : la grotte où tout avait commencé, Byakuya se posait trop de questions à son goût, et aucune n'avait de solution. Quand il s'approcha du Rukongai, il cacha son reiatsu, histoire de profiter d'un semblant d'effet de surprise, surtout sachant que dégainer signifierait tuer Renji et ça… étrangement il ne le voulait pas. La simple idée de le faire lui traversait difficilement l'esprit.
Arrivé devant la grotte, le reiatsu de son fukutaicho ne faisait plus de doute. Il était bien là mais, ce qu'il trouvait intrigant, c'était qu'il était bien trop fort pour quelqu'un à l'article de la mort. Soit Unohana lui avait fait peur pour le motiver soit le hollow n'avait cure de pousser le corps dans ses derniers retranchements. La preuve, lui, il n'avait pas mangé et presque pas bu.
La deuxième option s'imposa lorsqu'il distingua la silhouette de Renji dans la pénombre.
Il faisait réellement peine à voir. Il était à moitié dévêtu : le haut de son shihaikusho tombait en lambeaux, laissant voir son torse où les tatouages noirs se confondaient avec le sang séché et les restes de bandages. Ses cheveux tombaient lourdement sur son visage et certaines mèches étaient collées à cause du sang coagulé. Byakuya aurait préféré ne pas voir ses yeux. Il aurait bien aimé ne pas voir ces yeux vides… vides mais débordant de larmes. Renji suait à grosses gouttes et tremblait de froid.
Alors si on résumait, Renji était à moitié mort à cause de lui, il avait de la fièvre, un corps poussé à ses limites et ? Quel était le dernier détail qui parachèverait ce tableau sanguinolent ?
Byakuya s'avança à l'intérieur et fit face à Renji qui se redressa, en garde devant lui. Comment pouvait-il tenir debout ?
« Mon état vous fait pitié, Taicho, hein ? »
Byakuya écarquilla les yeux et fixa son subordonné. Il venait de parler mais… Renji ne parlait pas comme ça. Le hollow se jouait de lui.
« Quitte ce corps, Hollow.
- Il m'a dit la même chose… Mais cette fois, je ne me tromperai pas. J'ai pris entièrement possession de son corps ! Contrairement à toi que je ne faisais que manipuler à moitié ! »
Le capitaine retint ces mots et en déduisit que, s'il voulait ramener Renji, il devrait user de la même technique que ce dernier en seulement plus poussée. Seul détail… Quelle était cette technique ?
« Pourquoi posséder un pion si facilement remplaçable que lui ?
- Oh, quelle cruauté ! Tu entends ça, Renji ? Celui que tu as sauvé au péril de ta vie n'a rien à foutre de la tienne ! »
La bouche de Renji se tut quand une lame vint caresser sa jugulaire.
« Répète encore une fois ce genre de chose par l'intermédiaire de mon fukutaicho, et je t'éradique.
- Mais… Kuchiki Taicho, si vous faites cela, le petit fukutaicho mourra aussi… »
Byakuya s'écarta d'un bond. Dire qu'en temps normal, il lui aurait fallu deux secondes pour le tuer. Mais comment tuer son vice-capitaine ? Quelques mois plus tôt, il n'aurait sans doute pas eu de pitié, mais là…
« Hésitant ? Très bien ! Je commence ! Zabimaru ! »
L'épée se transforma et s'allongea, Byakuya esquiva et rengaina Senbonzakura. Il devait user d'une autre méthode. Le jeune homme s'élança vers son supérieur et lui asséna un nouveau coup qui fut bloqué d'une manière peu courante.
« Bakudo no roku : Seki ! »
Une sorte de mini bouclier lumineux apparut devant Byakuya et repoussa Renji à l'autre bout de la grotte. La réception sembla dure, mais le possédé se releva d'un bond et reprit son assaut.
« Bakudo no ichi : Sai ! »
Le plus jeune tomba à terre, ligoté. Byakuya s'approcha et fixa Renji dans les yeux.
« Tu ne m'as pas répondu, pourquoi user d'un pion pour attaquer une armée ? »
Byakuya fronça les sourcils, il avait l'impression que les larmes coulant des yeux de son fukutaicho étaient plus abondantes. Et si… Si Renji l'entendait ?
« J'attends. »
Le jeune homme concentra son reiatsu dangereusement et fit exploser les liens qui le retenaient, il sauta sur l'homme près de lui et tenta un coup qui fut une fois de plus paré.
« Tout simplement parce que tu es incapable de le tuer ! »
Byakuya, pour une fois, n'esquiva pas, mais bloqua en brûlant plus de reiatsu que l'attaque. Cette technique renvoya une partie du coup à Renji.
« Pour le moment, c'est toi qui le tue.
- Tu ne démens même pas ? »
S'ensuivit un nouveau jeu d'attaque et d'esquive auquel Byakuya mit de nouveau fin à l'aide d'un bakudo, cette fois-ci, ce fut avec le numéro 4 : Hainawa. Ligoté à l'aide d'une corde d'énergie spirituelle, le fukutaicho ne pouvait pas bouger.
« Alors Hollow, tu vas m'expliquer comment tu comptes me battre avec un pion que je ne peux tuer et qui ne peut m'atteindre. Je serais curieux d'entendre ta réponse. »
Le possédé eut un instant d'immobilité. Il se mit tout à coup à sourire comme un dément.
« Tu ris ? Mais ton pion est mourant.
- Grâce à qui ? »
Le noble esquissa une moue de mécontentement. Il relâcha sa corde, voyant que cela blessait son fukutaicho un peu trop et déclara :
« Bakudo no kyû : Geki. »
Un champ de force se matérialisa tout autour du fukutaicho, l'empêchant de s'enfuir comme l'empêchant de frapper.
« Je ne suis pas responsable de son état. C'est à cause de toi.
- De moi ? Mais qui a été trop faible pour résister à une pâle copie de sa défunte femme ? »
Le capitaine de la 6° fronça les sourcils. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait déjà égorgé ce hollow depuis longtemps. Au lieu de cela, il misa sur le fait que Renji pouvait entendre et lança :
« J'ai été faible une fois, mon fukutaicho m'a sauvé. Je paierai ma dette et le sauverai à mon tour. »
Le hollow garda le silence. Byakuya n'était pas censé parler ainsi ! Il était trop froid, trop distant ! Il n'aimait personne et… S'il en disait plus, il était certain que son contrôle sur l'âme en peine de Renji s'affaiblirait et…
« Pour la énième fois, quitte ce corps, Hollow. »
Il ne comptait pas perdre ainsi… Il lui fallait réfléchir, comment s'en sortir ? Tout d'abord, il fallait soigner son hôte avant que son corps ne meure définitivement. Et pour ce faire, il avait une méthode infaillible qui, à coup sûr, choquerait son vis-à-vis. Mais premièrement, il fallait sortir de cette prison. Le hollow eut une idée.
« Si vous ne me laissez pas sortir, Taicho, je me tranche la gorge. »
Byakuya leva un sourcil et ne cilla pas en voyant Renji poser Zabimaru contre sa jugulaire.
« Si tu fais ça, tu te tues en même temps. Crois-tu que je raterais cette occasion ? »
Le corps de Renji trembla, les larmes coulèrent plus abondamment encore. Le noble eut un pincement au cœur. Renji croyait ses mots ? Il ne disait ça que pour faire douter le hollow, pas son subordonné… Avait-il été si cruel pour avoir si peu de confiance de la part du fukutaicho ?
« Taicho, je ne bluffe pas.
- Cesse de m'appeler 'Taicho', Hollow. C'est insultant.
- Et cette lame sur ma gorge ?
- Essaye pour voir.
- Vous me laisseriez mourir ?
- Qui sait.
- Taicho, vous êtes si cruel envers ce pauvre Renji… Lui qui vous admire tant. »
Byakuya demeura de marbre. La phrase l'avait fait tiquer. Renji l'admirait ? Mais, pourquoi ? Parce qu'il était fort ? Un filet de sang perla du cou de Renji. Byakuya se retint de briser le sort et tenta de faire craquer le maître chanteur.
« Sans Renji, tu n'as plus aucun moyen de pression. »
Byakuya se mordit la lèvre. Cette phrase qu'il venait de prononcer. Il avouait qu'il tenait à Renji et prouvait au hollow que le tuer serait idiot. Ce n'était plus qu'une question de nerf. La lame s'enfonça près de la jugulaire, Byakuya fronça un sourcil. Il ne pouvait prendre plus de risques. Il brisa la barrière et serra les poings. Il devait à tout prix réveiller son fukutaicho.
Tout à coup, l'utilisation d'un shunpo bien maîtrisé par Renji l'arracha à ses pensées. Le plus jeune s'était échappé vers le fond de la grotte. Byakuya l'avait suivi, cela allait sans dire, mais pourquoi fuir vers le fond ?
En voyant deux ou trois âmes attachées, le capitaine fronça un sourcil, n'osant penser à ce que, justement, il pensait. Il avait écarquillé les yeux en voyant son fukutaicho se pencher vers une âme et, ne sachant pas encore comment, il l'avait transformé en une espèce de fumée plus ou moins dense qu'il avait avalée.
« Que… »
Le capitaine avait eu du mal à y croire quand les blessures de son fukutaicho se régénérèrent. Absorber les âmes le guérissait. Point positif, Renji n'était plus mourant point négatif, Renji en devenait un monstre. Byakuya serra les dents et les poings.
« Ne refais plus jamais ça, Hollow ! Je t'interdis d'utiliser mon fukutaicho pour ça ! »
L'homme tendit sa main et réitéra avec ses sorts de bakudo.
« Bakudo no roku jû ichi : Rikujôkôrô ! »
Six branches de lumière vinrent enserrer Renji qui s'arrêta dans ses gestes. Byakuya libéra prestement les deux autres âmes et leur ordonna de s'enfuir. Une fois de nouveau seuls, le capitaine réfléchissait à comment finir ce combat. Le jeune homme aux cheveux rouges n'était que moins blessé, pas guéri entièrement.
« Qu'attends-tu, Hollow ?
- Ce que j'attends ?
- Que veux-tu me voir faire ?
- Me tuer ?
- Je ne lèverai pas la main sur mon fukutaicho. »
Les larmes de Renji semblèrent presque se tarir. Alors c'était ça, se murmura Byakuya. Si Renji en était là, c'était à cause de lui et de sa froideur. Son subordonné en était triste à pleurer. Pas étonnant… En y réfléchissant, l'avait-il seulement remercié de l'avoir sauvé ?
« Renji ! »
Pour la première fois, Byakuya s'était adressé au possédé.
« Renji ! Réveille-toi ! »
L'ordre était sans appel.
« Allons allons, Taicho, ce n'est pas comme ça que je vais me réveiller.
- Tu sous-entends donc qu'il y a une méthode pour.
- Qu…
- Renji ! Il a dit que tu m'admirais. Dis-moi pourquoi. Réveille-toi. »
Le hollow sembla se raidir. Byakuya irait jusqu'à dire ce qu'il avait sur le cœur pour faire revenir son fukutaicho ? Mais… Il lisait en Renji et savait pertinemment que cela ne se pouvait. A moins que… Renji ne se soit trompé sur le compte de son capitaine ?
« Tu as l'air passablement ébranlé. Renji me voit comme quelqu'un de cruel… Je n'ai pas eu besoin de toi pour m'en rendre compte. Renji ! C'est à toi que je parle. Je te remercie de m'avoir sauvé la vie. C'est pour cela que je promets de sauver la tienne. »
Ces paroles ne ressemblaient en rien au capitaine Kuchiki. Pourtant, dites avec son assurance et son regard déterminé, cela passait curieusement. Le hollow sentait que la fin était proche. Mais il ne voulait pas perdre. Il força sur le corps de Renji pour franchir la barrière du rikujôkôrô et s'élança, Zabimaru libéré, droit vers Byakuya.
L'homme aux cheveux noirs réagit en moins d'une seconde. Le dernier coup. Il fallait trouver la parade et… tout à coup une discussion lui revint. Il l'avait comparé à un singe voulant attraper la lune. Il s'en souvenait parfaitement. Mais il lui avait aussi parlé de ses crocs qui ne pourraient jamais l'effleurer. Pourtant, à la fin de leur combat, ce dernier l'avait touché, s'il avait été en meilleur état, il aurait même peut-être pu le tuer.
Tes crocs m'ont atteint.
Cette phrase… Elle semblait avoir beaucoup de valeur pour Renji. Byakuya n'avait jamais oublié ce combat où ils s'étaient affrontés sans ménagement et, il ne l'avait jamais avoué, mais… C'était lors de ce combat, quand il déposa la précieuse étoffe sur le corps de Renji, qu'il avait compris qu'il n'était pas un fukutaicho, mais son fukutaicho.
Byakuya fixa Renji dans les yeux et comprit que ce dernier comptait frapper dans le ventre, ou plutôt, comptait le transpercer. Le capitaine concentra son reiatsu sur ce point et tendit ses muscles pour rendre le choc moins douloureux.
En l'espace de deux secondes, il avait décidé de se laisser transpercer par Zabimaru et, en forme shikai, cela relevait du masochisme pur. Mais le noble n'était pas adepte de ce penchant. Il ignora le zanpakuto qui le déchirait impitoyablement et attrapa Renji par les épaules pour le rapprocher de lui. Il se débattait légèrement mais sa poigne était encore la plus forte. Plus pour longtemps mais… Il se pencha vers l'oreille de son fukutaicho et lui murmura difficilement :
« Cette fois… Tes crocs m'ont réellement atteint… Renji… Alors reviens… Reviens-moi… »
Quelque chose sembla se briser. Renji se détendit tout à coup et inspira une grande bouffée d'air. Une fumée s'échappa de son corps et disparut purement et simplement dans l'air. Byakuya comprit que le hollow était enfin mort et cracha, malgré lui, un peu de sang. Il se retenait à son fukutaicho, n'ayant pas la force de tenir debout seul. Ce dernier semblait par ailleurs passablement affolé. Son regard posait énormément de question. Parmi elles, les 'Où suis-je ?' 'Que m'arrive-t-il' étaient les plus évidentes. Une par contre blessa légèrement Byakuya. C'était celle muette du 'Pourquoi Taicho m'a sauvé ?'.
« Kuchiki Taicho ! Taicho que se passe-t-il ? Je… Taicho, je ne comprends pas, je… »
Byakuya esquissa un sourire et murmura :
« Revoilà mon bavard de fukutaicho…
- Taicho ? Je…
- Le hollow est mort. Tu es sauvé. »
Le capitaine sentit que la prise autour de lui se relâchait. Ensuite, Renji vacilla. Byakuya ne pouvait les porter tous les deux. Il ne put rien faire que se laisser entraîner par Renji qui tombait sur le sol, évanoui.
Le noble soupira, allongé sur le dos, son vice-capitaine à peine écrasé sur lui et Zabimaru dans le ventre. Un tableau magnifique… Il cracha encore du sang, mais cette fois-ci, de manière plus inquiétante. Voilà de quoi stopper son élan d'ironie. Un point positif, Zabimaru avait quitté sa forme shikai et c'était infiniment moins douloureux. Mais depuis quand était-il optimiste à ce point ? Chercher le bon côté des choses ? C'était ridicule.
Il crispa les yeux. Il commençait à transpirer et à sentir sa tête exploser. S'il ne faisait rien, il allait mourir à coup sûr. Sauver Renji et mourir ? Il en était hors de question. Il réunit ses dernières forces et appela un papillon de l'enfer qu'il envoya directement à Unohana.
Ensuite, sentant qu'il sombrait dans l'inconscience, il jugea que son honneur n'avait plus grand chose à perdre sur le coup. Il laissa sa tête reposer tout contre celle de son fukutaicho et respira son odeur avec une seule pensée à l'esprit.
Au moins, ils ne mourraient pas.
Vous connaissez la poubelle du parc Astérix? Celle qui fait "du papier ! grouuuu j'ai très faim!" Bah moi c'est pareil, mais avec des reviews :3
J'attends vos impressions et vos avis avec appétit ! :D à plus !
