Disclaimers: Toujours pas à moi, y'a rien à faire, j'y arrive pas… Mais quand je gagne au loto, je me les achète! Mais faudrait peut-être commencer par jouer pour gagner, ça aide… Mémo à moi-même: penser à jouer au loto!

Titre: Liens de sang

Auteur: Ephemeris

Résumé: Alors que la fin de la guerre avait séparé Heero et Duo, le conflit avec Mariemeia les fait se retrouver. Evidemment, ils ne peuvent se passer l'un de l'autre, mais plusieurs années après, un incident vient perturber leur bonheur.

Couples: 1x2x1, 2xH

Genre: J'ai bien peur d'avoir déjà exploité ce thème, mais j'espère que ce ne sera pas trop redondant…

Rating: T

Warnings: Yaoi! Cette histoire commence entre la guerre et l'affaire Mariemeia. J'ai changé la façon dont les pilotes sont entrés dans ce deuxième conflit en occultant le fait qu'ils avaient décidé de détruire les Gundams en les envoyant vers le soleil.


Liens de sang

Chapitre 3

Le texte en italique indique qu'il s'agit d'un flashback…


La petite fille s'amusait dans le sable du terrain de jeux avec beaucoup de joie. Sa mère la regardait avec tendresse, assise sur un banc à deux mètres derrière elle, tenant à la main un livre qu'elle ne lisait pas vraiment.

Souvent, elle se laissait surprendre par la vitesse à laquelle le temps passait. Sa fille grandissait à une allure qu'elle avait du mal à suivre et il lui semblait que l'époque où elle vivait encore avec celui qu'elle aimait n'était pas si éloignée que cela. Mais Hélène avait déjà quatre années complètes derrière elle.

La petite regardait de loin d'autres enfants jouer, mais elle ne voulait pas les rejoindre pour le moment, elle ne faisait que les observer. L'un d'entre eux, concentré sur ce qu'il faisait, releva la tête un instant et un grand sourire s'afficha sur son visage à l'approche d'un homme vers qui il courut.

«Papa!» s'écria-t-il en se jetant dans les bras de l'homme.

Hélène était perplexe. Sans lâcher des yeux la voiture qu'elle faisait rouler sur le sable, elle demanda:

«Dis Maman, est-ce que tout le monde a un papa et une maman?»

«Bien sûr ma chérie, tout le monde a des parents.»

«Moi aussi, j'ai un papa?»

Hilde prit une profonde respiration, elle n'aimait pas penser à cela, mais elle répondit tout de même.

«Oui, toi aussi, tu as un papa.»

Hélène se retourna alors vivement, fixant un regard empreint de curiosité sur sa mère.

«Alors, il est où Papa?»

Hilde sentit un petit sourire pointer au coin de ses lèvres.

«Il est avec Heero Yuy.»

La petite fille sembla réfléchir un moment, regardant à nouveau le père du garçon qui était arrivé, puis se retourna vers sa mère.

«Et il est où Heero Yuy?»

Hilde eut un serrement au niveau de la poitrine. Elle aurait tant aimé le savoir, elle aurait tant aimé qu'il soit avec elle.

«Je ne sais pas mon cœur, je ne sais pas.»

Hélène avait les deux yeux fixés sur Heero, plus qu'étonnée de ce qu'elle venait d'entendre. Au début, la surprise avait pris le contrôle de son corps, l'empêchant de dire quoi que ce soit, mais elle n'allait pas se laisser faire ainsi.

«Il est hors de question que je reste avec vous, avec lui. Je repars immédiatement.»

Elle se leva et prit la direction de la sortie, mais elle n'avait pas pensé que Heero ne la laisserait pas partir aussi facilement. Elle ne connaissait pas Heero Yuy. Ce dernier, lorsque Hélène arriva à son niveau, lui saisit le bras pour la retenir.

«Non, j'ai dit que tu resterais, alors tu vas rester.»

«Tu n'as pas le droit de me forcer à rester ici. Je fais ce que je veux.»

«Justement, tu ne fais pas ce que tu veux. Tu es mineure et la seule famille qui te reste, c'est nous, si tu me permets de me considérer comme faisant partie de ta famille.»

Sur le coup, Hélène fut choquée par ces paroles. Comment cet homme qui, visiblement, était la raison pour laquelle son père n'était pas resté avec sa mère, se permettait-il de s'inclure dans sa famille alors qu'ils ne se connaissaient même pas?

«Heero,» intervint alors Duo, toujours un peu choqué. «Tu penses vraiment que c'est ce qu'il faut faire?»

Sous le regard d'Hélène qui s'était retournée au son de la voix de son père, ce dernier releva des yeux soucieux vers son amant qui lui répondit d'un simple hochement de tête affirmatif. Après ce signe, Duo sembla réfléchir quelques secondes avant de se lever et de revenir vers Hélène dont le bras était toujours prisonnier de la main de Heero.

Duo tendit la main vers elle, mais Hélène perçut de l'hésitation dans son geste. Il finit par lui prendre le bras au-dessus de l'endroit où la tenait Heero et la tira vers le canapé. Heero lâcha sa poigne juste au moment où la main de Duo tenait bien le bras de sa fille, détail que remarqua Hélène. Elle avait l'impression que tout ce qu'ils faisaient était synchronisé, comme en parfaite harmonie. Cette découverte la troubla et elle se laissa tirer par Duo.

«Oui, c'est mieux que tu restes ici. Je n'ai pas le droit de te laisser seule et sans ressources dehors. Le monde est cruel, tu sais.»

«Je le sais sans doute plus que toi,» cracha-t-elle en se dégageant fermement pour s'asseoir sur le canapé. «Et ne parle pas de droits, tu me dégoûtes.»

Duo la fixa un moment, puis se tourna avec de grands yeux ronds vers Heero qui n'avait pas bougé de sa place. Hélène, du coin de l'œil, suivit ses réactions et alors qu'elle s'attendait à entendre les paroles outrées de son père par rapport à ce qu'elle venait de dire, elle fut surprise de le voir simplement détourner le regard de son amant et de s'asseoir dans le fauteuil en face du canapé avant de s'adresser à elle sans la regarder.

«Dis, tu veux bien me parler de Hilde?»

Hélène sentit une vague de colère monter en elle, mais toute animosité disparut de son corps lorsqu'elle croisa le regard peiné de son père qui avait relevé la tête vers elle.

«S'il te plaît.»

A l'évocation sérieuse et concernée de sa mère par son père, la jeune fille sentit les larmes lui monter aux yeux. Mais elle ravala sa tristesse et reprit contenance pour demander:

«Qu'est-ce que tu veux savoir?»

Ce fut au tour de Duo d'être troublé, ce qu'il voulait dire lui semblant tellement absurde.

«Je… Tu as dit qu'elle était morte, mais… Comment c'est possible?»

Ces paroles firent apparaître dans l'esprit de la jeune fille des images que Hélène aurait préféré avoir enterré pour toujours. Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues et elle baissa la tête.

«Elle n'aurait pas dû mourir, elle n'aurait jamais dû mourir. Elle disait qu'elle serait toujours là pour moi, qu'elle ne m'abandonnerait pas. Mais en fait, elle m'avait déjà abandonné…»

Duo fronça les sourcils.

«Qu'est-ce que tu racontes?»

«La vérité!» s'écria Hélène. «C'est vrai qu'elle n'aurait pas dû mourir, mais personne n'est à l'abris d'un chauffard qui a trop bu et qui prend sa voiture. Mais même avant cet accident, elle m'avait déjà abandonné sans me l'avoir dit. Elle ne pensait qu'à toi en fait. Et même au moment de mourir, c'est à toi et pas à moi qu'elle pensait.»

«Maman, dépêche-toi! On va arriver en retard!»

«Attends une minute, j'ai oublié de prendre quelque chose, je retourne à l'épicerie.»

«On reviendra demain, là, on a plus le temps.»

Mais Hilde n'écoutait déjà plus sa fille. Elle avait fait demi-tour, mais alors qu'elle s'engageait sur le passage piéton, une voiture déboula à une vitesse fulgurante. En entendant le bruit infernal que produisait cette voiture qui fonçait droit dans la direction de sa mère, Hélène prit peur et suivit Hilde qui était déjà au milieu de la rue.

«Maman! Attention!»

Mais c'était trop tard, l'homme au volant percuta de plein fouet la jeune femme qui fut propulsée à quelques mètres et qui retomba lourdement sur le sol. La voiture s'était immobilisée, créant une panique générale dans la rue et Hélène se précipita sur sa mère qui n'avait pas bougé depuis sa chute.

«Maman! Maman, tu m'entends! Dis-moi quelque chose!»

Hilde ouvrit les yeux avec difficulté et regarda sa fille en souriant.

«Bien que tu ne lui ressembles pas franchement, tu as quand même des expressions proches des siennes. J'aurai tant aimé le revoir avant de…»

Hélène ne disait rien, ne voulant pas comprendre, ne voulant pas accepter ce qui était en train de se produire, ce qu'elle allait perdre d'un instant à l'autre. Les yeux de sa mère se fermèrent et une larme s'en échappa avant qu'elle ne les ouvre de nouveau en regardant le ciel.

«Duo…»

Puis plus rien. La bouche entrouverte, les yeux perdus dans le ciel et la poitrine qui n'était plus soulevée par l'air qui, normalement, entrait et sortait de ses poumons, Hilde s'était éteinte sous le regard de sa fille qui la fixait avec de grands yeux, choquée.

Duo avait écouté le récit d'une oreille attentive, choqué lui aussi par une fin aussi triste. Au fur et à mesure qu'Hélène racontait ce qui s'était passé, elle avait pu le voir courber de plus en plus le dos et rentrer sa tête dans ses épaules.

Heero s'était rapproché de lui en le voyant réagir ainsi et lui avait posé la main sur l'épaule pour tenter de lui redonner courage. Mais Duo était atterré, cela se voyait et Hélène elle-même en était touchée.

«Alors… Alors elle m'aimait comme ça et elle ne m'a jamais oublié… Quelle idiote…»

En prononçant ces derniers mots qui choquèrent Hélène, il baissa la tête et se cacha les yeux d'une main pour tenter de contenir ses émotions.

«Elle aurait dû me le dire au lieu de me laisser partir. Je ne comprends pas.»

Il releva les yeux et regarda Heero.

«Les derniers mots qu'elle m'a dits étaient «Sois heureux, tu le mérites.» Est-ce qu'elle savait déjà à ce moment-là qu'elle était enceinte?»

«Je crois que même si elle l'avait su, elle n'aurait rien dit.»

Hélène fut intriguée par une telle réflexion et regarda Heero avec un air curieux.

«Mais pourquoi?»

Heero tourna la tête vers la jeune fille avant de lui répondre.

«Parce qu'elle savait qu'on ne pouvait pas vivre séparément, Duo et moi. Elle le savait. C'est sans doute pourça qu'elle t'a quitté Duo,» termina-t-il en regardant le jeune homme tout en lui caressant les cheveux.

Cette phrase fit un choc à Hélène qui s'exclama :

«Quoi! C'est ma mère qui t'a quitté?»

Duo posa un regard froid sur sa fille qui en eut un frisson et répondit:

«Je ne suis pas le salaud que tu as imaginé.»

Puis, il se leva et partit vers la chambre où il s'enferma. Il avait besoin d'être seul, de s'isoler un peu. Heero resta donc dans le salon avec Hélène qui revenait petit à petit de sa surprise.

«C'est pas possible. Pourquoi elle aurait fait ça?»

«Parce qu'elle l'aimait et qu'elle voulait son bonheur.»

La jeune fille sentit les larmes lui monter aux yeux en entendant cela.

«Elle voulait son bonheur au détriment du sien? Elle préférait vivre dans le passé plutôt que d'aller de l'avant?»

Heero la fixa un moment, essayant de comprendre ses angoisses. Connaissant un peu Hilde et sa façon de penser qui, en fin de compte, étaient assez semblables à celle de Duo, il arriva à une conclusion qui lui sembla plutôt acceptable.

«Tu sais, je ne crois pas qu'elle savait qu'elle était enceinte lorsqu'elle a dit à Duo de partir. A ce moment-là, elle a occulté le fait qu'elle allait se sentir seule et qu'il allait lui manquer atrocement. Mais lorsqu'elle a su que tu allais naître, ça a dû la soulager profondément.»

Hélène tourna des yeux humides vers Heero et demanda:

«Tu crois?»

Heero hocha la tête.

«Et je ne crois pas que c'était parce que tu lui rappelais Duo. Il y avait sûrement un peu de ça, mais elle a dû t'être reconnaissante d'avoir été là pour elle,» ajouta-t-il.

Puis, il se leva et se dirigea vers la chambre où était parti Duo.

«Tu m'excuses un moment.»

Hélène ne dit rien et ne bougea pas, regardant Heero entrer dans la pièce qui n'était visiblement pas éclairée. En effet, Duo s'était réfugié dans le noir et le silence pour faire le vide. Ce qui se passait dans son esprit était trop violent et trop soudain pour qu'il reste calme face à tout cela.

Il était assis sur le lit, le dos courbé, la tête basse. Heero vint s'asseoir à côté de lui sans le toucher et attendit qu'il se décide à parler. La tête toujours baissée, la voix de Duo s'éleva doucement, dans un murmure.

«Avoir des enfants, je n'y ai jamais pensé. Ca ne m'a jamais effleuré l'esprit en fait. Quand j'étais petit, je ne me voyais pas d'avenir. Je me disais que j'allais finir tout seul étant donné que tous ceux qui étaient dans mon entourage finissaient par mourir. Et puis, je me suis engagé dans cette guerre et on s'est tous rencontrés. Là, j'ai commencé à voir les choses sous un autre angle.»

Duo releva la tête et plongea son regard dans celui de Heero qui écoutait attentivement. Il continua.

«Quand je pensais à mon avenir, je ne voyais que toi. Et même maintenant qu'on vit ensemble depuis plus de quinze ans, j'ai toujours cette grande image de toi devant les yeux. Et le fait de devoir me détourner de ton image me fait horriblement peur.»

Heero fut touché des paroles de Duo. Doucement, il prit une des mains de son amant dans la sienne et la serra tendrement.

«Mais tu n'es pas obligé de détourner les yeux. Tu n'as qu'à superposer la petite image qui vient d'arriver sur la mienne. Comme ça, tu pourras regarder ta fille sans me perdre de vue.»

Duo sembla réfléchir un moment après que Heero ait prononcé ces mots, puis il sourit, sourire honnête et presque heureux qui avait disparu depuis l'apparition soudaine d'Hélène.

«Tu as raison Heero, je peux parfaitement m'occuper d'elle tout en pensant à toi. Je vais faire des efforts pour essayer de mieux la connaître et créer des liens.»

«J'en suis heureux. Viens, elle nous attend dans le salon.»

Ils se levèrent et retournèrent dans la pièce principale que Hélène, en l'absence des deux hommes, avait commencé à explorer. De ce qu'elle avait pu en voir, l'appartement dans lequel son père vivait était assez sobre. Le salon ne comportait pas beaucoup de meubles, rien qu'une table basse, un canapé, un fauteuil en face de celui-ci et un buffet à côté de la fenêtre.

C'était ce buffet qui avait retenu son attention en premier. Elle s'était levée et s'était plantée devant le meuble, regardant les quelques objets qui y étaient disposés. A sa droite trônait un compotier dans lequel avaient été déposées quelques pommes. Instinctivement, elle en prit une qu'elle porta à sa bouche sans pour autant la croquer.

A côté du compotier se tenait une petite boîte en bois qui contenait des chocolats variés. Ayant elle-même une faiblesse pour le chocolat, elle se sentit sourire à cette vision. Puis, son regard migra vers le coin du buffet qui était du côté de la fenêtre et elle s'arrêta sur une photo où elle reconnut parfaitement les deux personnes qui y étaient représentées.

Ces deux personnes arrivèrent alors dans le salon et l'observèrent un moment avant de s'approcher et de découvrir ce qu'elle regardait si passionnément.

«Elle date un peu cette photo,» dit doucement Duo. «Si je me rappelle bien, ça devait être juste après la proclamation de la paix. Après Mariemeia.»

Heero acquiesça, Hélène ne se retourna pas, continuant de fixer la photo. Les deux garçons se regardèrent, perplexes. Heero prit la parole à son tour.

«Je me rappelle qu'il faisait très beau sur terre ce jour-là. Ca nous avait fait du bien de voir un si beau soleil après un si long séjour dans l'espace.»

«Mais tu me fais beaucoup rire sur cette photo. Avec ton regard détourné comme ça, j'ai trop l'impression que tu vérifies que Relena n'est pas dans les parages.»

«Tais-toi, imbécile. Je déteste me faire prendre en photo.»

En effet, la photo représentait Heero et Duo, ce dernier tenant le premier par les épaules et tentant de lui faire regarder l'objectif, mission dont il n'avait pas pu s'acquitter, le photographe ayant perdu patience face à l'obstination de Heero à ne pas le regarder. Hélène regardait toujours fixement la photo et leva une main pour toucher le visage de son père représenté. Ce fut alors qu'elle ouvrit la bouche.

«La guerre, l'espace, Mariemeia, Relena… Pourquoi j'ai l'impression quand vous parlez que vous avez connus la guerre plus que n'importe qui?»

Elle tourna la tête vers eux, les regardant de façon perplexe.

«Pourquoi j'ai l'impression que vous avez joué un rôle dans cette guerre que je n'ai pas connue?»

Mais avant que l'un d'eux n'ait pu répondre, Hélène avait déjà retourné la tête vers le meuble.

«Est-ce que je pourrais voir des photos de vousdeux? Des photos de la guerre si vous avez, ou de juste après?»

Duo et Heero se regardèrent un moment, puis ce dernier s'approcha du buffet et ouvrit une des portes du bas pour en sortir un album de photos.

«Va t'asseoir,» dit-il à la jeune fille en faisant un signe de tête à Duo de faire de même.

Ils se retrouvèrent tous les trois assis sur le canapé, Hélène entre les deux hommes. Heero avait posé l'album sur les genoux de la jeune fille qui l'ouvrit lentement, comme si elle allait découvrir un trésor. Duo commenta les photos qui apparaissaient au fur et à mesure.

«Ouf, ça fait un bail qu'on a pas ouvert ce truc! Je ne me rappelle même plus ce qu'on a mis dedans… Enfin, alors ça, comme tu peux le voir, c'est Heero et moi juste après la fin de la guerre. On était vachement jeune, on devait avoir ton âge. Ce qu'on a pu changer en quinze ans tout de même. Remarque, avec la façon que tu avais de te fringuer Heero, c'est pas plus mal comme ça. C'est J qui d'habillait ou quoi?»

«Duo, épargne-moi tes commentaires sur mes vêtements je te prie.»

«Oui chéri, excuse-moi,» répondit Duo, faussement énervé de se faire réprimander par son amant. «Ah, celle-là, c'est une photo où on était tous les cinq, Quatre, Trowa, Wufei et nous deux. Tu vois, pendant la guerre, on travaillait tous ensemble. Au début, on voulait pas trop, mais on n'a pas eu le choix et finalement, on s'entendait plutôt bien.»

«Et vous avez gardé contact?» demanda Hélène qui s'intéressait beaucoup à ce que son père lui racontait.

«Au début oui, mais étant donné qu'après, on s'est séparé pour se reconstruire une vie, on a fini par se perdre un peu de vue. On reçoit encore parfois des nouvelles des autres, mais c'est assez rare.»

Hélène acquiesça et tourna la page. Duo poussa alors un cri qui fit sursauter les deux autres.

«Heero, qu'est-ce que c'est que cette horreur?»

Le garçon fronça les sourcils et se pencha vers l'album pour mieux voir de quoi parlait Duo, mais releva les yeux vers ce dernier, ne comprenant pas.

«Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?»

«Ce qu'il y a? Il y a que tu as foutu une photo de Relena dans notre album et que j'ai failli avoir une attaque tellement j'ai eu peur! Si tu veux me tuer, essaie l'arsenic plutôt que ça. C'est une mort trop cruelle!»

Hélène fut tellement surprise du ton plaisantin de son père et de ses paroles qu'elle éclata de rire. Cet éclat de rire fit plaisir à Heero et Duo qui l'entendirent rire pour la première fois depuis son arrivée chez eux.

«Vous êtes vraiment trop drôle tous les deux!» s'exclama-t-elle. «Vous êtes tout le temps comme ça?»

«Pourquoi? Qu'est-ce que j'ai dit?» demanda bêtement Duo. «Je suis sérieux pour cette photo. Il faut la brûler.»

«Et pourquoi donc?» ajouta alors Heero.

Duo se renfrogna, toujours dans son personnage, et enleva la photo de l'album.

«Parce que j'ai pas envie qu'il y ait des filles qui étaient amoureuses de toi dans notre album.»

«Alors il faut enlever les photos de filles qui étaient amoureuses de toi aussi.»

Alors que Heero terminait sa phrase, Hélène, le sourire aux lèvres, tourna la page et rata un battement de cœur à la vision de la photo suivante. Les regards curieux de Heero et Duo se tournèrent vers l'album en quête d'inspiration pour leur joute verbale, mais ils perdirent tous les deux l'envie de plaisanter.

«Maman…» murmura Hélène, regardant l'image de Hilde dans sa jeunesse, le bras d'un Duo tout sourire autour des épaules.

La photo de Relena que Duo tenait toujours dans sa main tomba au sol alors que le garçon sentait toute sa joie de vivre quitter son corps au souvenir de cette femme qui s'était sacrifiée pour son bonheur à lui. Hélène, elle, sans pouvoir se contrôler, laissa ses larmes inonder ses joues. Heero, témoin de la scène, passa un bras autour des épaules d'Hélène et la serra contre lui pour la réconforter. Une fois contre sa poitrine, elle éclata en sanglots et s'accrocha à lui de toutes ses forces.


A suivre…


Note de l'auteur: Bonjour à tous. Je suis désolée d'avoir tant tardé à écrire ce chapitre, mais les derniers mois ont été infernaux pour moi. Entre la fac, le boulot et le manque de sommeil chronique, ça n'a pas été facile. Mais j'ai fini par y arriver. Voici donc un troisième chapitre qui passe par toutes sortes d'émotions, de la colère aux larmes, en passant par des éclats de rire. J'espère que ce chapitre aura valu l'attente occasionnée et qu'il vous aura plu. Merci de suivre mes fics et à dans pas trop longtemps j'espère.

-Ephemeris-