J'ai enfin réussi à me reconnecter à internet 8D ! Voici donc le 2e chapitre^^, introduisant Pays de Galles (Mervin) et Irlande (Kieran). Cela se passe à peu près 10 ans après la fin du 1er chapitre.
Bonne lecture !
« Francis, tu es là ? » demanda un jeune homme qui ressemblait beaucoup à Arthur, seul ses cheveux aubruns et ses yeux d'un vert plus foncé permettaient de les différencier.
Pays de Galles balaya la salle du regard et soupira de soulagement en voyant son ami assoupi sur le canapé. Il s'était inquiété pour lui après avoir entendu son petit frère le maudire tout en donnant un grand coup de pied dans son bureau. La nation s'approcha du Français et le secoua gentiment, celui-ci ouvrit les yeux quelques secondes plus tard et sourit en le reconnaissant.
- Bonjour, Mervin ! » dit-il d'un ton enjoué. « Ça faisait un moment que je ne t'avais pas vu. Comment vas-tu ? »
- Bien, merci. » répondit le Gallois avec un gentil sourire, qu'il réservait à ses proches. « Et toi, comment te portes-tu depuis la dernière fois ? Il ne t'est rien arrivé de grave ? »
Francis savait que son ami faisait allusion à la situation de son peuple. Même s'il s'était résigné, beaucoup de Français rechignaient à apprendre à parler Anglais et cherchaient à embêter par tous les moyens possibles de nuire à leur envahisseur (à l'image de leur nation). Cela avait mené à des répressions, évidemment. Son corps en avait souffert, et il avait dû garder le lit pendant deux jours, quelques mois plus tôt. Son « mari » l'avait veillé et lui avait demandé pardon de façon implicite au cours de son rétablissement. Encore aujourd'hui, il essayait de faire en sorte que le peuple de son époux cesse de se sentir oppressé, et cela lui faisait plaisir malgré tout.
- Je vais beaucoup mieux. » assura le blond. « D'ailleurs, comment vont tes autres frères ? J'ai appris que Kieran avait fini par capituler… »
- On fait aller. » finit par répondre Mervin après un court silence. « Il digère assez mal le fait que lui, l'aîné, ait plié face au petit dernier de la famille… mais ça lui passera, tout comme à Logan. » il fit une pause et ajouta en riant : « Ils boudent à qui mieux mieux, mais cette alliance les arrange bien au final, c'est ça ce qui les contrarient le plus sans doute ! »
Les deux rirent un instant. Francis ne put s'empêcher d'admirer la sérénité de son cadet. De ce qu'il avait entendu dire par son père, Rome, il devait avoir beaucoup pris du côté de sa mère, Britannia, qui était d'un calme et d'une sagesse exemplaire, apparemment. Mervin avait toujours été le plus calme de la fraternité, son tempérament avait fait de lui le plus proche d'Arthur et des créatures magiques qu'ils étaient capables de voir. Même s'il n'avait pas apprécié que le peuple de ce dernier vienne l'envahir lorsqu'ils étaient encore jeunes, il ne l'avait jamais persécuté contrairement à ses aînés, se contentant de rester distant. Bien qu'aujourd'hui sa relation avec son petit frère reste assez tendue, ils pouvaient discuter sans que cela finisse en combat de gladiateur.
- Au fait, je peux savoir pourquoi ton 'cher et tendre' avait l'air furieux après toi, au point de te consigner ici et de continuer à s'énerver tout seul comme un imbécile ? » demanda subitement le Gallois.
- Aaah, ça ! » ricana le pays aux yeux bleus. « Et bien, tout à l'heure, il m'avait fait venir dans son bureau. Je croyais qu'il allait me demander de l'aide, me donner enfin quelque chose à faire… mais non. Il m'a laissé planter comme un idiot, m'obligeant à le regarder travailler sans rien m'adresser la parole pendant près de deux heures! Alors pour me venger, j'ai attendu qu'il ait fini de classer une pile de document de je ne sais quoi, et quand il est passé devant moi, je lui ai fait un croche pied… il s'est étalé de tout son long, et ses documents étaient bien foutus en l'air ! » annonça-t-il d'un ton triomphant avant de se remettre à rire.
Son ami le regarda un moment sans rien dire, les yeux légèrement plissés.
- Oui, je sais, c'est très gamin ! » s'agaça le Français. « Mais ça fait du bien ! »
- Je n'ai rien dit ! » se défendit Mervin.
- Ton regard parle à ta place. » fit-il remarquer, faisant rougir son interlocuteur d'embarras.
- E… excuse-moi. Mais à vrai dire, je croyais que ça s'était un peu arrangé entre vous, et si tu agis comme ça, tu vas en subir les conséquences.
- Bof, il ne peut rien faire de pire que ce qu'il m'a déjà fait… j'ai fini par m'habituer.
Le Gallois s'éclaircit la gorge, gêné par la tournure de la conversation. Il savait bien ce que Francis vivait au moins un soir sur deux, voire tous les soirs, depuis qu'il était devenu une province de l'Empire Britannique.
- Je pensais plutôt à ce qu'il ferait à ton peuple ou à toi en tant que « territoire ». On ne sait jamais avec lui…
- S'il faisait ça, il passerait pour un tyran aux yeux de mon peuple, ce qu'il cherche à éviter depuis l'autre fois, et un gamin colérique aux miens. Or, je doute qu'il veuille me donner une autre occasion de le critiquer.
Face à ces arguments, Mervin dut abdiquer. Il espéra tout de même que Francis ne pousse pas le bouchon trop loin et que son frère ne ferait rien d'irrémédiable.
Lorsque le nouvel empire entra dans sa chambre, une bougie à la main, son époux dormait déjà. Arthur savait toujours si ce dernier faisait semblant, il fut tenté de le réveiller à grandes eaux glacées pour lui faire payer le coup du croche-pied, mais il était trop fatigué et n'aurait ni la force, ni la volonté de lutter face à Francis déchaîné (au sens propre comme au figuré). Il poussa un léger soupir et se déshabilla, passa rapidement sa chemise de nuit avant de s'allonger aux côtés de son ancien adversaire. Il sourit et souffla un « bonne nuit » à la petite fée du feu qui l'avait suivit jusque là avant d'éteindre la bougie.
Le pays insulaire hésita à se serrer contre celui avec qui il partageait son lit. Bien que cela lui en coûte de l'admettre, il aimait beaucoup les soirs ou le Français lui ouvrait ses bras, l'invitant à s'y réfugier après une longue journée de travail. C'était devenu une sorte de rituel, les soirs ou l'Anglais décidait de laisser la ceinture de chasteté de son mari là ou elle était, ils se contentaient d'une simple étreinte. C'était d'une certaine manière leur façon de s'excuser pour les mauvais tours joués l'un à l'autre au cours de la journée, et de montrer l'affection qu'ils se portaient malgré leur situation. Arthur céda et prit doucement son conjoint dans ses bras, nichant sa tête dans son cou. Il sourit en sentant les bras de l'autre blond se refermer lentement sur lui, cela lui rappelait tant de choses…
Francis avait toujours eu une place spéciale dans son cœur, il avait été un des premiers à le traiter gentiment et à lui donner un amour désintéressé. Les moments passés avec lui à cette époque faisaient partie des meilleurs souvenirs de sa longue vie. Aujourd'hui, il regrettait un peu le fait que le jeune homme ne lui montre plus autant d'affection, mais en même temps… A sa place, il n'aurait pas aimé non plus d'être à nouveau sous la coupe d'une autre nation. Néanmoins, il espérait vraiment que son époux réaliserait bientôt que cette union était la meilleure chose qu'il pouvait arriver à leur peuple respectif, et que faire partie de l'Empire qu'il allait sans doute devenir deviendra le comble de l'honneur.
Il sursauta légèrement en sentant des lèvres embrasser doucement son front avant d'être serré plus fortement contre le blond aux yeux bleus. Un sourire se dessina sur son visage et il s'endormit peu après.
Quelques semaines plus tard…
Francis lisait assis dans un coin de la bibliothèque, mais il n'arrivait pas à se concentrer sur sa lecture. Il se sentait mal depuis quelques temps, il savait que son peuple allait mal, mais il ignorait pourquoi. Le Britannique ne le laissait presque pas sortir, quand il le pouvait, il était surveillé de près. Mais le pire était qu'il ne savait quasiment rien de ce qu'il se passait en dehors des murs de la demeure qui était à la fois sa prison et son « foyer ». Il n'était retourné chez lui depuis la fin de la guerre, n'avait eu aucune nouvelle d'Antonio depuis au moins 5 mois, ignorait ce que devenaient les deux petits Italies : Feliciano et Lovino… Il n'avait droit qu'à des échos, était parmi les derniers au courant, voire le dernier. Bien qu'il n'ait jamais perdu son affection pour Arthur, beaucoup de choses dans son attitudes envers lui l'empêchaient de se plier complètement et de se montrer constamment docile…
Il referma le livre qu'il tenait et le rangea. Il réfléchit un moment, se demandant s'il devait voir son tendre rival pour lui demander s'il était arrivé quelque chose en France dernièrement, ou lui dire de but en blanc ce qu'il ressentait. Peut-être que l'Anglais n'y était pour rien et qu'il valait mieux le prévenir qu'une partie de son désormais peuple n'allait pas très bien, on ne savait jamais. Prenant une grande inspiration, il se leva dans l'intention de sortir. Il n'eut même pas le temps de saisir la poignée que la porte s'ouvrit, il tomba alors nez à nez avec Irlande.
Irlande était l'aîné de la famille d'Outre-manche. Il était très grand, assez imposant comparé à ses frères, avait les cheveux roux vifs (comme Ecosse), des yeux bruns foncés surmontés d'épais sourcils (comme toute la famille) et ses joues étaient parsemées de quelques tâches de rousseur. Il était assez rustre, parfois violent, dans ses manières, mais il pouvait être un joyeux luron quand il le voulait, et c'était quelqu'un qu'il valait mieux avoir pour allié. Il tenait plus du côté celtique de son père que de sa mère, son nom pouvait signifier « combattant » après tout.
- Tiens, bonjour Kieran. » le salua-t-il en forçant un sourire, pas qu'il soit mécontent de le voir, mais il n'était vraiment pas en état de discuter.
-Hé, Francis. T'es tout pâle… » répondit le roux. « Enfin, j'comprends, vu c'qui s'trame chez toi. »
- Pardon ? » s'exclama Francis en se tendant brusquement.
- Ben ouais, avec c't'monument qu'va être construit à Rouen, tu sais. » expliqua l'Irlandais en lui tendant un croquis.
Le blond lui arracha des mains, surprenant son ami, et devint blanc comme un linge en le regardant.
- Euh, j'ai mis les pieds dans l'plat, c'est ça ? » dit Kieran avec un sourire nerveux tout en se frottant l'arrière de la tête. « D'solé, j'croyais qu't'étais au courant… »
- Arthur a donné sa permission pour que cette… CETTE CHOSE soit érigée ? » coupa l'autre d'une voix à la fois tremblante et tranchante, les mains crispées sur le document.
- Bin, j'suis pas sûr, d'toute façon, ton peuple a pas l'air plus enchanté qu'toi alors il va p't'être demander à c'qu'on arrête sa construction… Mais comme c'est son roi qui…
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que son interlocuteur s'était changé en courant d'air.
« Moi et ma grande gueule ! » murmura-t-il pour lui-même.
Le combattant se fichait bien que son plus jeune frère se prenne un pain dans la figure, mais il appréciait beaucoup Francis, et il n'avait pas voulu le blesser. Or, il venait de toucher un point encore très sensible. Il se hâta à la suite de son ami en espérant qu'il ne ferait pas de trop gros dégâts, ils risquaient tous gros sur ce coup.
Le Français ne s'était pas senti aussi en colère depuis sa « nuit de noces ». Il avait l'impression de ne plus voir que du rouge, littéralement. D'un pas rapide et rageur, la feuille honnie toujours en main, il se précipita vers le bureau d'Arthur et l'ouvrit à grand coup de pied. Son époux était seul, du moins de ce qu'il voyait lui, et le regardait les yeux ronds, une main posée sur son cœur comme pour l'empêcher de sortir de sa poitrine. Cela l'aurait fait rire dans d'autres circonstances, mais pas là. Il s'approcha en le regardant droit dans les yeux et lui mit le croquis sous les yeux en sifflant :
« Explique-toi…! »
Arthur s'ennuyait un peu, il était fatigué de toute cette paperasse. Une petite main lui tira une mèche de cheveux, recherchant son attention. Ses compagnons préférés, une petite fée bleue et une sorte de lapin vert ailé, l'avaient rejoint après une longue semaine d'absence. Il caressa affectueusement la tête du petit animal magique et invita la fée, qu'il avait baptisée Evelynn, à s'installer dans le creux de son autre main. Ses amis venaient de lui demander comment il allait quand la porte s'ouvrit dans un grand fracas, les faisant tous sursauter. Par réflexe, l'Anglais serra ses compagnons apeurés contre sa poitrine, essayant de les rassurer mais aussi pour calmer les battements de son propre cœur.
Il fut surpris de voir qu'il s'agissait de son époux, il s'était plutôt attendu à voir Irlande (avec une telle entrée). Il fut pétrifié en voyant le regard glacial de l'autre blond, qu'est-ce qui lui prenait, tout à coup ? Ce dernier s'avança en le fixant de ses yeux assombris de colère et… de haine ? Sa vue fut soudainement voilée par une feuille dont il n'arrivait pas à distinguer le contenu, étant trop proche de ses yeux.
« Explique-toi…! » siffla le Français.
Agacé, il recula en fronçant les sourcils et saisit la feuille.
« Are you mad, or something? What's all that mess ab... »
Sa voix mourut dans sa gorge en reconnaissant le dessin. Son roi avait absolument tenu à ériger un monument en l'honneur de la victoire de l'Angleterre à Rouen. Arthur n'avait pas refusé, il était toujours très fier de sa victoire après tout. Seulement, la construction avait commencé sans même qu'il ne sache à quoi il allait ressembler. Plusieurs croquis lui avait été envoyé, et même s'il avait fait part à son régent qu'il désapprouvait une telle représentation, cela ne l'avait pas stoppé. Il avait espéré que Francis n'en saurait rien avant un bon bout de temps et il avait fini par oublier, trop occupé par ses conquêtes et explorations en préparation.
Le monument représentait le roi d'Angleterre, debout et triomphant, une épée dans la main droite et une torche dans l'autre, piétinant feu Charles VII, Jeanne d'Arc à sa gauche, les flammes commençant à embraser ses jambes.
Le Britannique n'arrivait pas à retrouver sa voix, il ne s'attendait pas à une telle tournure des choses. Et quand bien même, il ne savait pas quoi dire. Il releva les yeux sur son conjoint et se tendit encore plus. Les yeux de se dernier étaient remplis de larmes, les poings serrés, il tremblait et se mordait la lèvre inférieure, la colère toujours présente dans son regard et sa posture.
- Tu trouves ça amusant ? » dit-il d'une voix tremblante. « Tu savoures bien ta victoire, j'espère ! Et ce que mon peuple ressentirait, tu y as pensé ? Et à moi ? Je croyais que tu… essayais de… te montrer courtois ! » quelques larmes roulèrent sur ses joues.
- Francis, je te promets que je n'y suis pour rien ! J'ai essayé de dissuader mon roi de…
- MENTEUR ! » cria l'interpelé. « Si tu avais vraiment voulu, tu aurais fait arrêter la construction de cette ignominie depuis longtemps ! As-tu oublié que nous ressentons la souffrance de nos peuples jusque dans notre chair ? Depuis le temps que je le ressens… »
- Et toi, tu oublies que nous devons allégeance à nos souverains comme le font nos peuples ! » s'énerva le blond hirsute. « Enfin, ce n'est pas comme si tu pouvais encore le comprendre ! »
Arthur regretta ses paroles immédiatement après les avoir prononcées. Francis s'était littéralement pétrifié, et le regardait avec de grands yeux, des larmes coulant telles des cascades le long de ses joues. Il semblait avoir du mal à respirer.
« F… Francis, I'm… »
Il reçu un coup de poing magistral dans la mâchoire. Le Français y avait mit tant de force qu'il tomba en arrière, basculant par-dessus sa chaise.
« ARTHUR, JE TE HAIS ! CREVE ! DISPARAIS ! J'AIMERAIS NE JAMAIS T'AVOIR RENCONTRE ! DISPARAIIIIS ! »
Chaque mot que la nation aux yeux bleus hurlait transperçait le cœur de l'Anglais. Lorsqu'il réussit à se relever, Evelynn lui criait affolée que son époux était parti en courant. Il voulut se lancer à sa poursuite, mais un objet brillant sur le sol capta son attention. Doucement, il le prit et sentit son cœur se serrer horriblement dans sa poitrine.
C'était l'alliance de Francis.
J'espère qu ça vous a plu !
Je remercie Dragonna pour sa permission de m'inspirer de son head-canon pour les frères d'Arthur^^.
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