Pour le bon déroulement de cette fiction, disons qu'une année humaine/moldu en représente dix pour les elfes (1 ans = 10 ans) ! Donc le père de Harry serait mort environ 130 années plus tôt. Ce qui équivaut à beaucoup d'années (un peu plus d'un siècle enfait) mdr

Disons que Harry a 130 ans et demi (soit 10 x 13 années + 5 ans) au début de cette histoire (chapitre 1). Le roi recrute Harry à sa 131 ème année (+ 5 ans). La majorité elfique est à 140 ans (14 x 10 ans). Je sais c'est long, les pauvre -' lol


« -Et c'est parti ! »

Le cri de joie qui avait suivi cette phrase ne l'avait pas le moins du monde surpris. Son frère ne tenait pas en place et ne s'arrêtait tout simplement jamais. Et à en croire les 'Youhou' provenant du ciel, il s'amusait réellement. Le dragon, lui, n'avait vraisemblablement pas apprécié son réveil et ruait plusieurs mètres au-dessus du sol. Son frère était fou, mais il s'y était habitué. Il ne pouvait, pourtant, pas s'empêcher de s'inquiéter, à la vue des flammes que le dragon, grâce à son long cou, parvenait à projeter dans son dos. S'il rentrait avec des brulures, son père ferait une syncope ! Surtout que lui, n'aurait rien.

L'autre appelait ça, ses trophées. Drago, lui, n'y voyait que les vestiges de son imprudence. Secrètement il l'admirait. Il l'avait toujours trouvé courageux, mais en vieillissant, il avait compris que plus que ça, le brun ne craignait ni la souffrance, ni la peur, c'était tout bonnement de l'inconscience pure et dure. Le blond avait compris qu'il ne serait jamais comme lui, mais il s'acharnait comme même, à suivre ses entraînements. Après tout rien ne le forçait à atteindre le niveau de bêtise comme de talent du brun, il était déjà redoutable à sa façon.

Il n'avait pas la moindre idée du temps ayant déjà passé. Il était resté assis là, à regarder son frère jouer sur le dos d'un dragon de fort mauvaise humeur. Mais une fois que le soleil eu passé la ligne de l'horizon, Harry avait sauté du dos de l'énorme bête épuisée, pour atterrir souplement malgré la chute vertigineuse de plusieurs mètres de hauteur. Et à en voir l'état dans lequel il comptait rentrer, la soirée, allait être longue.

« -Père va te tuer.

-C'est ce que tu dis toujours. Et il ne se passe jamais grand-chose.

-Sérieusement tu vas finir par rendre père fou.

-Ne t'inquiète pas pour ça, je m'occupe de ton père.

-Comment ça ?

-Tu verras. »

« -Par notre mère, qu'as-tu encore fait, Harry ?

-Rien.

-Drago ?

-Il est monté sur un dragon, et l'a réveillé avec un sort d'eau.

-Harry !

-Faux frère.

-Quand vas-tu arrêter de risquer ta vie bêtement ? Viens par-là, il faut soigner tout ça.

-Je te l'avais dit … pas grand-chose. »

Le sourire goguenard qu'il arborait en quittant le salon à la suite de Lucius agaçait toujours autant Drago. C'était le même que le jour de son arriver. Celui qui voulait dire, tu ne peux rien y faire, Drago. Il en va ainsi, c'est la vie. Sale môme ! Le blond avait beau l'aimer comme un frère, il l'agaçait et sans trop se forcer qui plus est. Soupirant deux ou trois fois, il s'était rendu compte du ridicule de son comportement. Pourquoi se vexer pour si peu, avec les années il aurait déjà dû s'y habituer.


De son côté Lucius désespérait de voir un jour son protéger rentrer sans la moindre petite égratignure. Imbibant un linge d'une concoction curative, il avait fait face au sale gamin brûlé au troisième degré. Il avait par habitude déjà retiré son chandail, évidement troué de partout, et irréparable, tout en attendant docilement que Lucius le soigne.

Le plus âgé était exaspéré, et réellement déprimé à l'idée du peu d'importance que le jeune homme accordait à sa vie. Certes, pour le coup il en profitait, mais à quel prix et jusqu'à quand ? Frustré, il appliquait le tissu sur la peau rougie et calcinée. La gamin allait encore compter de nouvelles cicatrices, et les exhiberait sans honte, ni quoi que ce soit d'autre. Il s'était toujours affiché tel qu'il était, et pour ça, Lucius l'avait toujours secrètement admiré.

« -Vous êtes en colère ?

-Oui.

-Alors pourquoi ne dites-vous rien ?

-M'écouteras-tu plus aujourd'hui que tu ne l'as déjà fait hier ?

-Non.

-Tu as ta réponse. »

Le grand blond, se concentrait pour ne pas perdre son sang-froid. De quel droit lui demandait-il d'exprimer sa rage ? A chaque fois, qu'il rentrait dans des états pas possible, il se répétait qu'un jour, il l'attendrait et que seul Drago arriverait. La manifestation du roi, ne faisait qu'accentuer cette peur de perdre le garçon. Un jour, il partirait. Un jour, et il en était convaincu, il se vengerait. Et un jour, plus proche qu'il ne le voudrait jamais, le brun trépasserait. Et il savait qu'il ne pouvait rien y faire. Alors il le soignait, tous les jours que mère nature faisait, il réparait celui qu'il avait pris pour habitude de surnommer le survivant.

« -Pourquoi êtes-vous si inquiet ?

-Je ne le suis pas.

-Vous l'êtes. J'ai hérité des dons de ma mère et je ressens votre peur.

-Je ne veux pas perdre mon fils.

-Drago va et ira très bien.

-Tu sais parfaitement que je ne parle pas de lui.

-Je ne suis pas votre fils, et vous ne m'aimez pas comme vous aimez Drago.

-Où veux-tu en venir, Harry ?

-Pourquoi être si inquiet à mon sujet ?

-Je tiens à toi Harry, que tu le veuilles ou non. Drago tiens à toi. Mais tu ne prends jamais en considération ce que nous ressentons.

-Bien sûr que si. Pourquoi selon vous, n'ai-je pas encore assouvie ma vengeance ?

-Tu ne te sens peut-être pas prêt ?

-Je le suis depuis bien longtemps déjà. Et vous en êtes conscient. Alors, pourquoi ? D'après vous … Pourquoi suis-je encore ici, à suivre un entraînement qui ne fait qu'entretenir ce que je possède déjà ?

-Tu … C'est, pour nous protéger moi et Drago. Tu attends d'obtenir ton poste, pour être responsable de tes actes, et qu'il n'y ait aucune répercussion sur lui ou sur moi.

-Vous voyez que je prends en considération votre bien être.

-Mais pas nos sentiments, Harry. Ce sont deux choses bien différentes.

-Vous n'étiez pas censés vous attachez autant à moi. Vous n'avez aucune raison, de vous faire un sang d'encre à mon sujet.

-On ne choisit pas d'aimer ou non les gens, Harry.

-Très bien, alors pourquoi m'aimez-vous ? Pour Drago, je suis le frère, l'ami, le confident, l'objectif à atteindre qu'il n'a jamais eu. Mais pour vous, que suis-je exactement ? Vous ne m'avez jamais regardé comme un fils. Alors qu'est-ce que je représente à vos yeux ? Qui suis-je et quelle place est-ce que j'occupe dans votre cœur ?

-Je … je ne suis pas obligé de te répondre.

-C'est exact, mais il vous le faudra le faire un jour. J'espère que vous le ferez avant mon départ.

-Départ ?

-Vous savez comme moi, que le roi va m'affecter à mes propres appartements dans moins de deux ans. Je serais chef des armées et j'assouvirais ma vengeance. Si je ne suis pas tué avant, je finirais en cavale ou tout simplement emprisonné.

-Mais, rien ne t'y oblige.

-Je ne veux pas qu'il vous arrive quoi que ce soit à vous et Drago. Tout comme à notre peuple. Et notre roi actuel est trop instable pour régner. Il est mégalomane et totalement fou, son sadisme vaut celui des vampires et son impulsivité celle des garous. Nous étions reconnus pour notre pondération, pas notre soif de sang. En me vengeant, j'offrirais à notre peuple, un roi digne de ce nom. Une pierre deux coups. Je compte d'ailleurs sur vous, pour mener à bien le règne qui suivra. Vous avez l'étoffe d'un souverain, Lucius, ne suivez pas les pas de votre père.

-Harry, tu …

-Je suis fatigué, que notre mère garde votre soirée Lucius.

-Et qu'elle protège tes songes, Harry. »


Il l'avait regardé disposer, la démarche sûre d'elle, le regard fixe et les muscles bandés. Cette conversation le touchait autant que lui. Elle leur faisait autant de mal à l'un comme à l'autre. Une larme avait dévalée sa joue, alors même que la question du jeune elfe lui revenait en mémoire. Comme un écho sans fin, l'accablant avec acharnement : 'Alors qu'est-ce que je représente à vos yeux ? Qui suis-je et quelle place est-ce que j'occupe dans votre cœur ?'

« -Vous l'aimez n'est-ce pas, père ?

-Drago ? Bien sûr que je l'aime. Toi aussi, tu l'aimes.

-Je ne vous parle pas de ça. Bien sûr que j'aime Harry. Et rien ne le remplacera dans mon cœur. Mais la place qu'il occupe dans le vôtre est aussi importante si ce n'est plus que la mienne, aujourd'hui.

-Que dis-tu là, Drago ? Tu n'as …

-Père, il faut que vous ouvriez les yeux. Je ne jalouse en rien l'amour que vous lui porter. Vous êtes en droit de refaire votre vie. Maman n'est plus et vous n'êtes pas heureux.

-Je le suis. Je le suis vraiment.

-Depuis son arrivée n'est-ce pas ? Vous ne le lâcher jamais des yeux, comme si vous craignez qu'il ne disparaisse. Si vous ne voulez pas qu'il parte, si vous ne voulez pas le perdre … Faite en sorte de le gardez à vos côtés.

-Je ne peux pas Drago. Je ne peux rien contre mon père et tu le sais. Au moindre geste de travers, je risque ta vie. Personne ne sait que tu existes entant qu'héritier du trône si ce n'est le roi et Harry. Il n'y aurait pas beaucoup d'obstacle devant lui et ses chiens pour te faire disparaître.

-Mais nous parlons d'Harry. Si nous n'agissons pas, nous allons le perdre.

-Je sais Drago. Je sais …

-Reconnaissez le père. Au moins ça. Vous l'aimez, comme on aime un homme, un amant, un partenaire. Vous l'aimez et le reconnaitre vous effraie. Mais vous savez … Harry respecte et admire l'homme qui affronte sa peur, plus que celui qui réfléchit avant d'agir.

-Il a toujours manqué de logique.

-Je m'échine à le lui dire, tous les jours, père.

-Continu ainsi, Drago. Je suis fier de t'avoir pour fils.

-Et moi, de vous avoir pour père.

-Que notre mère te garde, fils.

-Vous également, père. »


Il avait longtemps réfléchi suite à cette conversation. A tel point, qu'il n'en avait pas dormi. Ainsi il aimait le jeune homme. Mais rien ne jouait en leur faveur … Il avait 326 ans, lui n'en avait que 16 pour le moment, il était l'héritier du trône, Harry un illustre inconnu, il était le fils du roi, souverain que le brun projetait d'assassiner, etc…

Il n'avait jamais aimé son père, mais ne tiendrait-il pas ne serait-ce qu'un peu rancune, de son meurtre ? Comment combler la différence d'âge ? S'entendraient-ils réellement dans le cadre d'une relation de couple ? Le peuple accepterait-il que le jeune homme siège à sa droite ? Harry n'était-il pas attiré par les femmes ? Et lui, ne l'était-il pas aussi, d'ailleurs ? Comment faire face au jeune elfe en ce jour, avec de telles pensées parasitant son esprit ? Mais allait-il accepter qu'il parte ? Qu'il s'éloigne ? De le perdre ?

Et Drago qui … qui lui avait donné sa bénédiction …

Lucius était perdu et c'était un euphémisme. Tomber amoureux d'un gosse mature pour son âge certes, mais un gosse tout de même. Et envisager la possibilité de le lui révéler. Il devenait fou, perdait totalement la tête depuis quelques temps. Non … depuis trois ans, pour être exacte.

Il avait obéit aux ordres et accueilli un enfant dans son foyer. Alors même qu'il venait de tuer six hommes sous ses yeux. Il l'avait laissé approcher son fils et avait même fait en sorte qu'il l'influence. Il avait tout de suite été intrigué par ce petit bout d'homme. Il adorait converser avec lui, dans la mesure où il maîtrisait l'art de la conversation sur le bout des doigts. Et qu'elle n'avait pas été sa joie, de constater qu'il adorait apprendre.

Les seules difficultés qu'avait jamais rencontré Harry c'était dans les bases même de l'apprentissage. Il était arrivé et ne savait qu'à peine lire et écrire. Sa mère avait fait son possible, mais entant qu'esclave, on avait rarement une minute pour soi. Les livres subjuguaient littéralement le garçon, et Lucius avait passé des heures dans la bibliothèque avec lui la première année. Et c'était sans parler des réserves magiques quasi inépuisable du gamin. Il était heureux de l'avoir éduqué sur tous les plans, ainsi son fils à l'origine peu emballé, avait énormément progressé. Il était même vraiment doué pour son âge !

Drago avait, d'ailleurs, au fur et à mesure pris de la place, peut-être même trop à ses yeux, dans le cœur du petit brun. Ils étaient désormais deux à importer réellement aux yeux de l'enfant. Et il reconnaissait l'amertume et la jalousie qu'il avait ressentie à ce moment-là. Jalouser son fils était bien bas et trop puérile pour son âge. Il se désespérait c'était à pleurer.

Où tout ceci allait bien pouvoir le mener ? Qu'allait-il advenir de lui et son fils ? Ils tenaient tous deux beaucoup trop au brun, pour le laisser risquer sa vie. Il savait déjà, que suite à cette nuit, il ne le laisserait pas mener son combat seul. Et Drago, maintenant qu'il y pensait, par son intervention la veille, lui avait signifié sa future implication dans les projets du jeune Potter. Ils allaient au-devant de problèmes, plus risqués qu'ils ne l'imagineront jamais. Mais ils seraient ensemble. Et c'était à cet instant ce qui importait le plus aux yeux de Lucius.