-Rose ! Rose ! Albus courait dans les couloirs, poursuivant l'imposante chevelure rousse et désordonnée de son amie. "Rose attend moi ! " Il arrivait enfin à ses côtés. "Où vas-tu ?"

-A la bibliothèque. Je dois travailler.

-Encore ? Tu as déjà lu tous les bouquins avant même la rentrée... Repose-toi un peu, tant qu'on a pas trop de devoirs encore...

-Oh mais tu ne comprends pas Albus ! (sa figure était toute rouge). Ma mère était une si, si bonne élève ! Tout le temps, partout, toujours la meilleure... Tous les professeurs s'en souviennent. Je DOIS travailler. Là j'ai échoué en potions. Je n'étais pas la meilleure... Je vais rattraper mon retard. (elle étouffa un sanglot). Je... je veux qu'elle soit fière de moi.

Albus serra dans ses bras sa cousine, sa compagne de jeu depuis si longtemps, sa confidente depuis l'enfance, sa meilleure amie, sa presque âme sœur... Que pouvait-il bien dire ? "Bien sur qu'elle est fière de toi" ? "Tu es la meilleure, ne t'en fais pas" ? "Le fils Malfoy a du tricher pour aller aussi vite" (après tout, c'est ce que tout le monde pensait...) ?

La serrer fort, le plus fort qu'il pouvait, c'était tout ce qu'il avait toujours su faire. La seule chose qu'il pouvait faire. Il n'avait ni l'éloquence de son frère, ni le tact de féminin de sa petite sœur Lily, ni l'intelligence fine de la fillette qui sanglotait sur son épaule. A ce moment précis, il se sentait le garçon le plus inutile du monde.

La rouquine s'écarta de son étreinte, essuyant ses joues ruisselantes. Elle s'apprêtait à dire quelque chose quand une voix claire, mais étranglée par ce qui semblait de la détresse, se fit entendre dans le couloir voisin, celui qui menait à la salle commune des Gryffonfors :

"Arrêtez, laissez-moi !"

Le sang Weasley ne fit qu'un tour dans les veines des jeunes amis, et, courage comme curiosité, ils ne purent s'empêcher de suivre l'écho jusqu'à son origine.