Bonjour, bonsoir tout le monde.

Ca y est, on entre dans le vif du sujet et j'arrive à faire des chapitres d'une taille convenable – c'est mieux pour l'intrigue à mon avis. D'ailleurs le 4 est terminé et il est encore plus long ( ̄_ ̄)・・・

RaR :

Emelynn21 : merci de t'être manifestée ^^ je peux comprendre que tu trouves cette histoire étrange, oui d'une certaine manière elle l'est. Ah mais Kuroko sera au centre de l'attention de « tout le monde »… Merci pour tes encouragements, j'espère que la suite te plaira.

Deydeykagamine : merci pour ta review ^^ oui la version anime s'appelle bien Sex Pistol, j'ai pris l'autre appellation mais ça revient au même je pense. En fait avant de commencer ce cross-over je ne connaissais pas les Omegaverses, pourtant j'en ai lu un ou deux. C'est compliqué oui et non car je me base essentiellement sur « l'aura » animale des personnages. Après effectivement avec les gros, petits gabarits on rejoint le parallèle Alpha, Beta, Omega.

Je n'ai pas encore bien réfléchi au problème d'Alexandra, MDR (super pour une auteur), elle va réapparaître mais comme j'aime que dans mes UA ça tienne la route, je ferais en sorte d'être raccord avec le reste. Mais Kuroko c'est la PURETE, il ne pense pas aux préservatifs ;) Pardon du pavé-réponse, j'en fais toujours, bises !

[Je sais que ça ne se fait pas mais je n'ai aucun moyen de remercier Sans dc et Ellie27 pour leurs reviews sur mon dernier OS. Merci beaucoup, ça m'a fait super plaisir de voir que petit Daiki et Taiga ainsi que petit Akashi avaient plu]

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Merci aux lectrices/teurs (?) qui suivent ma fanfic, je me doute que le sujet de l'Omegaverse à la sauce Love Pistols ne doit pas être facile à suivre où à apprécier. Cependant, ça vaut le coup (en toute objectivité bien sûr ^^).

Sur ce, je vous laisse lire ce chapitre.

Bonne lecture,

Perigrin.


Chapitre 3

Un jour particulier

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Tetsuya dormait à poings fermés, bercé par des rêves matinaux étranges surtout lorsque la sonnerie de son réveil le sortit de son sommeil. A moitié entre la conscience et l'inconscience, il se vit attaché une laisse autour du cou, enfermé dans une cage. Des gens tout autour le dévisageaient, parlaient entre eux mais personne ne venait le délivrer. Il avait beau hurler « au secours », taper contre les barreaux rien n'y faisait. Il avait l'impression d'être une bête de foire, exposé ainsi. Et pour quelle raison en plus, là résidait tout le mystère ? Quelqu'un tenait sa chaîne qui sortait de la cage mais il ne pouvait distinguer la main de « son propriétaire ». Il se sentait de plus en plus oppressé à l'intérieur. Plus il criait, plus sa voix s'étouffait pour ne laisser place qu'à des jappements. En fait il ne se faisait pas comprendre des autres. Sa détresse s'amplifiait à mesure que ses jambes devenaient douloureuses de par les crampes qu'il avait. Et personne ne prêtait attention à lui. Quand tout à coup il vit son Nigou s'assoir devant sa cage, son maillot de basket sur le dos. Tetsuya voulut l'appeler mais le chien ouvrit sa bouche et là… Là un bruit de sirène tonitruante en sortit, ce qui réveilla complètement l'adolescent.

Il ouvrit un œil, passa sa main dans ses cheveux et s'assit dans son lit. Machinalement il se tâta de partout pour vérifier qu'il possédait bien ses membres humains. D'autres alertes résonnèrent dans la chambre. Tetsuya se leva et se dirigea vers son téléphone pour constater que plusieurs messages clignotaient à l'écran. En les lisant il constata avec surprise que ses anciens coéquipiers de Taiko avaient pensé à lui souhaiter son anniversaire. Emu, un sourire se dessina sur les lèvres d'ordinaire stoïques.

Le premier bizarrement provenait de Shintaro, son éternel ton ampoulé ressortait parfaitement.

« En ce jour de janvier, je te souhaite un excellent anniversaire. Passe une bonne journée entouré de toute ta famille. N'oublie pas : ton porte bonheur du jour est un tanuki(1) en bois. Qu'il t'apporte prospérité ».

Le deuxième venait de Kise, il était difficile de le déchiffrer avec toute la ribambelle d'émoticones qui se déversait dans le message.

« Kurokocchi, je pense beaucoup à toi, j'ai hâte de te revoir (* ^ ω ^). Je te souhaite un bon anniversaire ! ! ! ! \( .ω .)/ Tu ne m'oublies pas hein ? Si j'ai le temps je passerai te voir ce soir à la fin des cours. ヽ( ̄ω ̄(。。 )ゝ

Bisous ! ! ! (づ ̄ ³ ̄)づ(づ ̄ ³ ̄)づ ».

Le troisième plus concis était de Daiki, on voyait qu'il avait du mal mais que l'intention était là.

« Salut Tetsu ! Bon, je te souhaite un bon anniversaire, à + ».

Le quatrième provenait d'Atsuchi, même lui y avait pensé, ce qui toucha notre héros.

« Coucou Kuro-chin, bon anniversaire ! J'espère que tu seras gâté et que tu auras un super bon gâteau pour ta fête. C'est dommage que je ne sois pas là, sinon je serais venu le manger avec toi. Bises :3 ».

Forcément le dernier ne pouvait être que Seijuro le destinataire. Le garçon le lut avec une pointe d'appréhension logée au fond de lui. Avec son ex-capitaine, impossible de déchiffrer ses réelles intentions…

« Bonjour Tetsu, je te souhaite un bon anniversaire. Tous mes vœux de bonheur, de prospérité et de réussite. Profite de ce jour comme il se le doit, à très vite.

PS : donne le bonjour à tes parents, merci ».

Soulagé, il s'aperçut entre temps qu'un nouveau SMS venait d'arriver dans sa boîte de réception. Celui-ci venait de Taiga.

« Salut Kuroko ! Bon anniversaire, à toute en cours ».

Aussi sobre que celui d'Aomine, ces deux là se ressemblaient sur bien des points.


Lavé, rassasié et habillé, Tetsuya alla au lycée de bonne humeur, malgré les moultes recommandations de sa mère en ce jour spécial. Il arriva dans son établissement en lisant une ligth-novel, sans lever le nez de son bouquin. Comme tous les jours il s'assit à son bureau, devant son partenaire. Ce dernier discutait au fond de la salle avec deux camarades en parlant fort et en gesticulant – sûrement de la retransmission de la veille d'un match de basket. Kagami possédait pratiquement toutes les chaînes sportives du câble.

Tetsuya se sentait un peu incommodé mais il n'aurait su dire par quoi… Il se grattait le nez, reniflait. Quelque chose le dérangeait, bêtement il pensa au pollen. Mais en hiver pas de risque d'en trouver. Peut être les acariens alors ? Il se résolut à ranger son livre et sortir ses affaires scolaires. Une masse imposante lui gâcha la vue. Taiga venait de s'assoir, retourné vers lui, les coudes posés sur le dossier de sa chaise.

— Hey salut mon pote ! Comment…

Puis le blanc. Un blanc inquiétant. Un blanc comme jamais personne n'en avait vu de la bouche béante de Kagami.

Lorsque Kuroko leva la tête en sa direction, il eut un choc. Son ami le regardait les yeux exorbités, la bouche grande ouverte, les pupilles dilatées au maximum et le teint aussi pâle qu'un cierge de Pâques. Aussitôt le garçon aux cheveux bleus s'inquiéta.

— Ca ne va pas Kagami, tu es malade ?

— Euh… euh… euh…

Furent les seuls sons prononcés de sa part.

Le plus petit tendit sa main pour vérifier qu'il n'avait pas de fièvre mais l'autre se leva d'un bond.

— Mais qu'est-ce que tu as à la fin ? Si tu n'es pas bien je peux t'accompagner à l'infirmerie.

Pour appuyer ses dires, l'ombre de Seirin se leva également. Ce qui eut pour effet de faire reculer Taiga.

— Te moque pas de moi Kagami je n'aime pas ça.

— Je ne me moque pas de toi mais… Reste là, ça va aller, je vais y aller tout seul, hein, t'en fais pas !

Le grand roux se carapata plus vite qu'un lapin pourchassé par un chasseur.

Tout à coup cette sensation désagréable quitta l'atmosphère, l'adolescent put suivre le cours normalement. Une heure plus tard, le malade revint toujours aussi livide. Il jeta un coup d'œil furtif vers son acolyte et mit sa main devant son visage comme pour se protéger. Avec cette technique imparable, sûr que Tetsuya ne le verrait pas.

Le pauvre ne comprenait pas l'attitude de l'Américain, il mit ça sur le compte d'une crise de foie. Avec son appétit d'ogre, probablement qu'il avait une indigestion de hamburgers. Seulement, cet inconfort s'insinua à nouveau dans l'air… Tetsuya se sentait oppressé, avec un début de nausée. Rien de particulier ne flottait dans la pièce mais un parfum étrange le titillait. Une note lourde, musquée. Plus les minutes passaient, plus une chaleur étouffante l'envahissait. Cette fois-ci sûr et certain : il allait vomir sur le carrelage !

Il se précipita hors de la classe en trombe et courut jusqu'aux toilettes. De justesse il déversa son petit-déjeuner dans la cuvette. En se rafraichissant le visage, il tomba sur une vision inattendue. Son reflet renvoyait son image mais avec des oreilles blanches au dessus de sa tête ! De sa tête ! Des oreilles !

Tetsuya avala sa salive comme si elle était chargée d'acide, puis écarquilla ses yeux en grands. Non. Pas là. Pas çà. Pas maintenant. Enfer et damnation ! Il avala une grande goulée d'air afin de se purger les poumons un bon coup.

Oui, aujourd'hui, vendredi trente et un janvier était date de son anniversaire mais aussi de son chamboulement hormonal. En d'autres termes, il venait d'entrer d'une façon fracassante dans le joyeux monde des thérianthropes ou le bonheur de la domination affecte les plus faibles – smile ! Suivant son raisonnement désordonné, son haut-le-cœur de tantôt avait été provoqué par des phéromones, mais de qui ? Quelqu'un d'autre dans sa classe appartenait aux sang-mêlé ?

Son professeur inquiet, envoya le délégué pour l'accompagner le reste de la matinée à l'infirmerie. Reposé, l'adolescent allait mieux.


A la pause-déjeuner il ne vit pas de touffe rousse dans les parages. Il se résolut à manger avec les deux autres rookies de l'équipe. Décidément, il y avait une épidémie au lycée, impossible autrement. A la fin des cours, il tenta d'intercepter le fugitif mais trop tard, Kagami courait plus vite avec ses jambes à propulsion. Pourquoi l'évitait-il comme ça ?

Dépité, Tetsuya sortit dans la rue quand soudain quelqu'un l'interpella. Cette voix féminine appartenait à Momoi. Elle arriva près de lui essoufflée, appuyant ses mains sur ses genoux.

— Tetsu-chan !

Elle lui sauta littéralement au cou.

— Joyeux anniversaire !

— C'est très gentil à toi d'y avoir pensé mais ce n'était pas la peine de venir en personne. Ton lycée n'est pas tout près du mien.

— Tu n'es pas content de me voir ? questionna la jeune fille, une moue boudeuse affichée sur ses traits.

— Si.

— On a si peu l'occasion de se voir… Tu nous manques Tetsu-chan !

— « On » ?

— Bah oui, à Daiki et à moi ! Et les autres aussi bien sûr.

Pour seule réponse, elle obtint une mine impassible ornementée de deux billes azures qui ne reflétaient rien. Absolument rien. Elle pencha sa tête de côté, mais sonder les yeux du fantôme se manifestait impossible.

— D'ailleurs il voulait venir mais il n'a pas pu, mentit-elle. Allez viens, je t'emmène boire un coup, tu me raconteras ta vie au lycée Seirin. En plus j'ai un cadeau pour toi !

— C'est gentil mais il ne fallait pas.

Elle rit et passa son bras par-dessus celui adverse. Ils partirent du quartier pour se diriger au Magi Burger, lieu de villégiature de tout ado qui se respectait. Ils commandèrent des milk-shakes et Momoi put offrir son présent, qui se trouvait être un porte-clefs en forme de chien ainsi qu'une boîte de chocolats en cœur. Elle ne ratait jamais une occasion pour déclarer son amour inconditionnel à son « petit-ami ». Elle parla et Tetsuya écouta. Elle lui raconta sa vie étudiante, de consultante auprès de l'équipe de Tōō et bien sûr du j'en-foutisme d'Aomine. Le regard du garçon se voilà à cette évocation, ça lui faisait toujours mal quelque part de parler de son ex-lumière. Il se mordit la lèvre inférieure, signe d'un reflux de tristesse.

— Je suis désolée, je ne voulais pas te causer de la peine, murmura-t-elle en lui prenant les mains.

— Non ce n'est pas grave. Seulement… Tu connais ma position sur cette histoire. Je n'aime pas le voir dans cet état, j'aurais voulu l'aider.

— Mais tu l'as aidé !

Les poings de la demoiselle tapèrent sur la table.

— C'est lui qui est trop bête pour voir les mains tendues ! Il se complait dans sa solitude… Enfin ce n'est pas le sujet. Je suis vraiment une idiote, c'est ton anniversaire et je le gâche en te parlant du passé.

— Ne t'inquiète pas, ça m'a fait plaisir de te voir.

— Ah oui vraiment ? Oh je suis contente !

— Il faudra qu'on se revoie à l'occasion.

Ils sortirent de table et se dirigèrent vers la porte quand Kagami entra à son tour pour se ravitailler en victuailles. Tous se trouvèrent interdits, et une fois de plus, l'atout de Seirin détourna le regard en étant tout crispé. On le remarquait aisément à cause de ses épaules contractées et à son dos courbé. Ses lèvres pincées évoquaient une contrariété. Contrariété qu'interpréta immédiatement le passeur. Bien sûr, il ne pouvait en être qu'autrement : Kagami s'éloignait de lui comme les autres. Momoi fit la conversation, seulement le yankee ne semblait pas disposé, les sourcils froncés il leur faussa compagnie et se dirigea vers le comptoir.


En chemin Tetsuya prit sur lui et donna le change, il ne voulait pas affoler son amie. Ils se quittèrent au détour d'une rue et continuèrent chacun de leur côté. En marchant il se posa milles et une question dans sa tête. Kagami l'avait superbement ignoré voire éviter la journée durant, et ce sans raison valable. Avait-il dit ou fait quelque chose qui aurait vexé Taiga ? Pourtant personne ne s'offusquait de son franc parlé, jamais la méchanceté prédominait dans ses paroles. Et puis il en fallait plus pour vexer le rouquin. Décidément, l'adolescent ne voyait pas. Il n'avait même pas embêté sa lumière avec son chien durant ses derniers jours, connaissant la phobie du premier. La seule explication plausible résidait dans le fait que Taiga développait mieux ses talents seul, et que comme Daiki, il n'avait plus besoin de ses passes. Le schéma se répétait sans cesse : malgré tous les efforts de Tetsuya pour perfectionner son basket, ses coéquipiers s'émancipaient de lui. Au final il allait se retrouver seul comme par le passé. Une peur inexpliquée le frappa en plein estomac, d'ici la fin du lycée, il finira seul, exclu de l'équipe. S'il ne servait plus à rien, il ne jouera plus aucun match et restera assis sur le banc de touche.

Il rentra chez lui avec cet état d'esprit qui grignotait sa bonne humeur. Il ne songeait plus qu'aujourd'hui, jour de son anniversaire il aurait dû être heureux. Heureusement, ses parents n'avaient pas prévu de petite fête, elle aurait lieu le lendemain en famille. Il ne se forcerait pas à paraître « content », même si son don pour ne pas laisser entrevoir ses émotions était un atout majeur. Ce soir il n'avait pas le cœur à faire semblant. D'ailleurs il ne mangea presque rien au dîner. La boule dans ses entrailles prenait toute la place, la nourriture ne passait pas. Kuroko se coucha toutes ses pensées tournées vers Kagami sans se rendre compte que ses oreilles pointaient en haut de sa tête et qu'une queue touffue dépassait de son bas de pyjama. Etant un thérianthrope, quand il ressentait une émotion trop dure à gérer, sa nature reprenait le dessus. Enfin, inutile de se bourrer le cerveau avec « ça » en plus. Alexandra lui avait dit que pour dompter son aura, il lui faudrait de la patience. En prime ce n'était pas sa première préoccupation, non, son souci s'appelait Kagami et il possédait un caractère aussi bourru qu'extraverti.

Le samedi fut passé en famille, Kuroko reprit un peu de poil de la bête. Etre entouré de ses proches et de leurs intentions lui fut bénéfique. Il reçut des cadeaux, des câlins de la part de ses petits cousins et cousines. Cela lui permit de s'évader le temps d'une journée de ses tracas. Il passa également du temps avec sa grand-mère qu'il choyait énormément. Pleins de bons conseils, ses devises se vérifiaient quasiment toujours. La veille dame décela cette pointe de mélancolie dans l'attitude de son petit-fils. Elle le réconforta en lui disant qu'il ne fallait jamais se fier aux apparences et qu'à son âge tout était possible. Ses paroles énigmatiques titillèrent la curiosité du jeune homme. Sa grand-mère n'allait jamais trop loin, ne s'insinuant pas dans sa vie privée mais veillait sur lui de loin. En fait, dans la famille Kuroko, on préférait la discrétion à l'intrusion brutale.

Tetsuya se promit de tirer cette situation au clair dès le début de la semaine suivante. Au moins il serait fixé, au lieu de tergiverser dans le vague.

~OoOoO~

Dans le même temps, chez lui, Taiga tournait en rond partout dans les pièces de son appartement. Il se maudissait en se traitant de tous les noms. Ses mains crispées dans ses cheveux bicolores, il faisait les cent pas.

Mais comment est-ce qu'il pouvait être aussi con mes amis ?

Esquiver comme ça son ami, son ombre, celui qui le soutenait sans faiblir. Il fallait être demeuré. Ou con, ah non ça il se l'était déjà dit. Il s'affala dans son canapé en soufflant toute la misère du monde. Et la misère, ça il la connaissait. Depuis la veille il n'avait pas de nouvelles de Kuroko, normal en soit dans la mesure où c'était lui le fuyard.

Pour sa défense l'adolescent aux cheveux de feu ne s'était pas attendu à découvrir son coéquipier aussi « animal ». Comment aurait-il deviné qu'il faisait parti des sang-mêlé ? Impossible, il n'était pas devin. Lui avait appris depuis petit à dissimuler son aura, à la gérer depuis ses cinq ans. Dans la famille Kagami, il se faisait un point d'honneur d'élever leur nom dans les hautes sphères de la société américaine. Etant un notable reconnu, son père ne pouvait prétendre au laisser-aller. Surtout lorsque leur espèce comportait essentiellement des gros gabarits comme eux. La jalousie, l'envie était monnaie courante, il fallait se prémunir des gens malfaisants. Et surtout en imposer, quand l'envie de faire jaillir leur véritable forme leur prenait. Taiga se rappelait encore des crises de colère de son paternel devant des concurrents durant les dîners d'affaire ou les réceptions. Son éternel verre de scotch à la main, dans son costume impeccable, son aura menaçante effaçait aussitôt les imprudents qui lui manquaient de respect. A la maison aussi son caractère dominateur effrayait les employés et même lui petit. Pourtant son père n'était pas tyrannique mais son charisme redoutable affectait chaque membre de sa famille.

Taiga apprit donc jeune l'importance de contrôler sa nature à tout moment de sa vie, pour celui opportun où le fauve pourrait être lâché. Et clouer ainsi tout rival, au sens propre comme au figuré. Le jeune garçon était au fait de tous les mœurs entre espèces, son père maudissant plus particulièrement les Canidés – ennemis naturels aux Félidés. Alors de s'apercevoir que Kuroko appartenait à cette classe le laissa pantois. Surtout lorsqu'il ressentit une vague hormonale se diffuser dans son ventre. L'instinct de reproduction lui dictât de le prendre sur le champ, afin d'assurer sa descendance. Il n'avait pu maîtriser son désir soudain couplé à la culpabilité d'être attiré et par son ami et par un Canidé. Dans une vaine tentative de protéger Tetsuya, il avait fuit. Et maintenant le pauvre ne savait pas comment gérer tout ce bordel. Il se leva de nouveau pour refaire un tour de son appartement et décréta qu'une séance de footing serait le bienvenu pour se détendre.

Il enfila donc une tenue appropriée, brancha son MP4 dernier cri à ses oreilles et fila dehors afin de se décharger de son trop-plein d'émotion. La fin d'après-midi déclinait, le ciel se paraît de ses artifices nocturnes, pour ne laisser qu'une toile bleu-nuit. L'ombre emplissait toute chose de ce monde. Décidément, ce thème ne le quittait pas. A bout de souffle, Taiga s'adossa contre un mur en regardant l'heure : déjà vingt heures passée. Il avait couru longtemps, s'épuisant et puisant dans ses réserves. De vilaines crampes grignotaient ses mollets pour remonter le long de ses cuisses. Il rentra en marchant, satisfait de son escapade sportive.

Revigoré par une bonne douche, il commanda une gigantesque pizza puis prit une décision. Celle de parler à son ami. De toute façon ils n'allaient pas s'éviter le restant de l'année, entre les cours et le club de basket, impossible de ne plus s'adresser la parole. D'ailleurs l'adolescent ne voulait pas couper les ponts, au contraire, il désirait se protéger et protéger Kuroko.

Et bien il n'aurait qu'à redoubler d'efforts pour maîtriser ses pulsions !

Les mains tremblantes, il écrivit un message pour donner rendez-vous au garçon le lendemain, en espérant qu'il accepte… Mieux valait s'expliquer face à face que par téléphone. Il mangea de bon appétit, rien ne gâchait sa faim insatiable.

(suite...)


Note :

(1) Porte bonheur japonais, d'apparence canidé. C'est une figure grotesque du folklore du pays, il est symbole de bonne fortune.

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Prochain chapitre : Ca chauffe pour tout le monde

Le match amical contre l'équipe de Kaijō se disputera, on verra Kise et un Kagami sur les nerfs. Et bien entendu, Kuroko s'expliquera avec sa lumière.