.
Serpentard & Serpentine
Disclamer : Les personnages ainsi que les lieux ne m'appartiennent pas ; ils sont la propriété de J.K Rowling.
Note de l'auteur : Je n'ai pas vraiment grand chose à dire, si ce n'est un grand merci à vous lecteurs !
Sinon, enjoy ! \(n.n)/
Chapitre 2
Déni
Ron descendit les escaliers, passablement énervé. Fixant rageusement le sol, il manqua de percuter violemment Hermione qui venait de rentrer du travail.
« Ça ne va pas toi. »
L'auror ne répondit pas. Il n'y avait rien à répondre. Son irritation était marquée sur son front. « Tu rentres bien tôt aujourd'hui. Il s'est passé quelque chose ? »
« Je voulais être là quand Malfoy se réveillerait »
« Il est déja réveillé. »
«C'est ce que j'ai cru comprendre... Ron j'ai entendu des cris quand je suis rentrée. Tu n'aurais quand même pas - »
« Tu me prends pour qui ? », rétorqua-t-il avec hargne, en s'éloignant sensiblement de la jeune femme, blessé. Il ne portait pas Malfoy dans son cœur et alors ? Ron n'allait certainement pas foutre en l'air sa vie pour une ordure pareille. Il était auror merde ! Il combattait le mal. Il ne le desservait pas !
« Excuse-moi Ron, je voulais pas… »
« Je sais ce que je fais. Je sais me contrôler. »
Même après trois ans de mariage, Ron n'avait jamais pu se défaire de cette image... Celle d'un homme qui n'agissait que par instinct, sans jamais réfléchir ; au courage inébranlable et à la stupidité tenace. Pourtant il avait évolué… muri aussi. Mais Hermione se complaisait dans le passé et ne voyait en lui, que l'adolescent turbulent, excité et fonceur de Poudlard.
« Je sais, Ron. Je sais. Mais il s'agit de Malfoy, là ! Tu n'as jamais pu l'encadrer. », se justifia la jeune femme.
« TOI non plus, je te le rappelle ! Je n'étais pas le seul à me réjouir le jour où ils l'ont attrapé et jeté en prison ! »
Ah ça non… Ron n'avait pas été le seul à exploser de joie le lendemain de l'arrestation de Malfoy, dernier mangemort encore en cavale. Comme la plupart des sorciers ce jour-là, Hermione avait laissé couler des larmes d'émotion et se souvenait même avoir prié pour la première fois. Pour ne plus jamais revoir le visage spectral de la Guerre.
Oublier la douleur. Effacer les peines. Enterrer les morts.
La jeune femme, à ces pensées, baissa les yeux et soupira.
« Excuse-moi… Je… » Hermione se mordit doucement la joue.
L'avocate contourna lentement la table et enlaça son mari dans le dos puis, sur la pointe des pieds, se hissa jusqu'à son cou pour y déposer un doux baiser.
« Excuse-moi, Ron. »
Ron renifla. C'était un peu trop facile… Mais l'étreinte tendre d'Hermione et ses gestes affectueux finirent par apaiser sa colère.
« Alors... Comment est-il ? », demanda-t-elle finalement, impatiente, le nez toujours enfoui dans le T-shirt de son homme.
« Il a des grandes pattes, une queue touffue et une fourrure blanche. »
Desserrant son étreinte, Hermione frappa gentiment la tête de son mari. « Ron, arrête »
L'auror se détacha des bras de sa compagne et alla s'affaler dans l'un des fauteuils en cuir du salon. Il fixa longuement ses mains avant de répondre.
« Il n'est pas… Il n'est plus comme dans mes souvenirs. Il a changé. »
« Tu t'attendais à quoi ? », pouffa-elle, en levant le regard. « Que votre petite gueguerre reprendrait à la seconde où vos regards se seraient croisés ? »
Les yeux de l'auror se firent fuyant. Même s'il ne se voyait pas, Ron pouvait déja sentir son cou rougir.
« Ron, ce qu'a vécu Malfoy, même à mon pire ennemi, je ne le souhaiterais pas. Tu sais très bien que depuis que les détraqueurs ne sont plus là, le ministère… »
« …ne s'occupe plus de la prison et les gardiens font leurs propres lois. Je sais Hermione. Mais, on parle de Malfoy, là ! »
« Malfoy est un être humain ! Il était beaucoup plus fragile qu'il ne le laissait paraître. », indiqua-t-elle en s'asseyant à sur les genoux de son mari. « Avec le temps, tu l'as sans doute mystifié. Mais il ressent la douleur. Il est comme toi et moi. Fais-toi une raison. »
Sans attendre sa réponse, la jeune femme se leva et disparut dans la cuisine.
« Qu'est-ce que l'on mange ? », l'entendit-il demander quelques minutes plus tard.
Ron eut un petit sourire. Lorsqu'Hermione abandonnait si vite, c'était qu'elle voulait passer une soirée tranquille.
XxXxXxX
POV Draco
Draco regarda l'étranger quitter sa chambre pour la troisième fois consécutive. Lorsque la silhouette disparue dans l'entrebâillement de la porte, le blond reporta son attention sur le plateau repas que venait de lui apporter l'homme. Les sandwichs avaient vraiment l'air délicieux… Mais le blond ne céderait pas. Il avait vécu trois ans dans cette prison et jamais il n'avait eu le droit à des mets particuliers : toujours son habituelle soupe à l'eau ainsi qu'un quignon de pain rassis. Ce soudain changement cachait forcément quelque chose : une expérience foireuse, une potion à tester… Dans tous les cas, cela signifiait un besoin évident de cobayes. Or Draco ne voulait pas en être victime. Combien de fois avait-il vu des cadavres, entassés dans un film blanc, sortir de l'infirmerie pour la benne à ordures ? Il avait arrêté de compter depuis fort longtemps…
Ce sentiment d'insécurité lui léchait chaque parcelle de son corps. Malgré tout, Draco choyait cette chambre qui offrait un confort dont il n'avait jamais osé même rêver. Mais son petit bonheur, le prisonnier n'arrivait plus à l'apprécier. Parce que son ventre était toujours noué par la peur et l'angoisse. Parce qu'il tremblait à chaque fois qu'il entendait le moindre bruit. Parce qu'il se demandait quand et comment cette situation allait se finir. Sa tête était remplie de questions auxquelles il ne trouvait malheureusement aucunes réponses. Alors il imaginait. Il imaginait les pires cruautés, les pires tortures et finissait inexorablement par pleurer, en se disant que, peut-être il aurait dû se trancher le poignet avec ce bout verre, la dernière fois.
Draco n'avait plus aucun repère et son ignorance le rendait fou un peu plus chaque jour.
Qu'est-ce qu'il détestait ces moments de lucidité !
Si le premier jour, il n'avait pas eu faim, ses entrailles se tordaient désormais douloureusement. Son corps réclamait la nourriture qui reposait sur le plateau et sa raison l'incitait à manger. Mais sa démence, elle, l'obligeait à rester dans son coin et faire abstraction de sa faim et de la douleur. C'est donc la panse vide depuis plus de deux jours -cinq en réalité- que Draco s'adossa contre la paroi du mur. Recroquevillé sur lui-même, il s'obligea à fermer les yeux afin de s'évader dans un monde meilleur.
Un monde d'enfant.
Fin POV Draco
XxXxXxX
Ron regardait le plateau repas laissé intact avec exaspération. Cela faisait deux jours. Deux jours que Malfoy était chez eux et que celui-ci refusait de se nourrir. L'eau, qu'il prenait soin de changer chaque jour, ne semblait pas avoir caressée les lèvres du prisonnier.
Et il en avait marre ! Marre de Malfoy et sa putain grève de la faim ! Il voulait quoi à la fin ? Faire chier ?
« Et bien bravo. Toutes mes félicitations, c'est réussi ! » cracha-il pensivement.
Il ne savait pas ce qu'il se passait en haut, dans cette chambre et Ron ne voulait d'ailleurs pas savoir. Tout ce qu'il constatait lui, c'est que la bouffe qu'il se pétait le cul à préparer n'était pas appréciée ! Sans doute pas assez fine, trop "prolétaire" pour la bouche raffinée d'un aristocrate !
Ron n'était pas inquiet. Cependant Malfoy ne pouvait pas mourir affamé ni assoiffé. C'était sale et ça risquait de tacher son tapis.
C'est pour cela qu'il se trouvait derrière la porte de la chambre bleue, ce midi-là, un plateau à la main. Aujourd'hui, il était décidé à nourrir Malfoy. Tant pis s'il fallait user de la force.
« Malfoy, tu vas manger ce putain de repas ou je te fais bouffer tes couilles ! », hurla-t-il en envoyant valdinguer l'huis d'un grand coup de pied. « J'en ai marre ! Tu manges ou c'est moi qui te fais manger et crois-moi, tu vas le- »
Sa bouche se tut et ses yeux se froncèrent. La pièce était comme à son habitude, plongée dans la pénombre. Ron posa le plateau sur la commode et se dirigea vers la fenêtre dont il tira les rideaux. L'auror inspecta la chambre du regard et trouva le blond au pied du lit. Ses jambes et une partie de son dos étaient cachées sous le sommier.
« Mais qu'est-ce que tu fous sous le lit ? »
Le rouquin s'approcha de l'ex-mangemort et l'appela pour le réveiller. Plusieurs secondes s'écoulèrent pendant lesquelles le blond ne bougea pas d'un cil. Voyant qu'il ne répondait toujours pas, Ron le prit par l'épaule et le secoua.
« Hey ! Malfoy, réveille-toi »
« Malfoy ! » répéta-t-il.
«Arrête tout de suite ton cinéma, c'est pas drôle ! »
Lentement, au fil des secondes, l'inquiétude naquit. Pourquoi le Serpentard ne réagissait-il pas ?
« Malfoy ? » dit-il soudain nerveux. Hey, Malfoy ! »
Cette fois-ci Ron ne se contenta pas de le secouer, il lui claqua sourdement la joue droite, dans l'espoir que la douleur le fasse réagir.
Mais rien.
« Oh non, ne me dis pas que… »
Fébrilement, Ron posa ses doigts sur la jugulaire du blond.
Le cœur battait. Très faiblement mais il battait encore.
Sans perdre de temps, le rouquin souleva le blond et l'installa dans le lit pour se ruer au rez-de-chaussée pour appeler en urgence un médicomage.
XxXxXxX
5 minutes plus tard, Ron ouvrait au médicomage.
« M. Oberton, je présume, dit-il en lui serrant la main.»
Le médecin était un homme qui ne devait pas avoir bien plus de quarante ans. Son teint était commun, ces yeux aussi. Rien dans son apparence ne dénotait de l'ordinaire si ce n'est sans doute cette longue robe de sorcier étrangère qui cachait son embonpoint et ses bras ronds. Le vêtement était surmonté d'une lourde capuche capitonné en fourrure. Cet homme dégageait pourtant quelque chose qui mettait Ron profondément mal à l'aise.
«Il est en haut. Suivez-moi. »
L'auror l'amena dans la chambre où le blond était allongé. Adossé au mur de la chambre, Ron le regarda jeter de nombreux sorts sur le corps rigide de sa Némésis.
« Vous pouvez le tenir en position assise, s'il vous plaît ? » lui demanda le docteur. Il obéit et se glissa derrière le blond. Il l'enserra par la taille et le maintint collé contre son torse.
« Levez-lui la tête et ouvrez lui la bouche » Comme un automate, l'auror effectua les ordres sans poser de questions. Le médicomage versa lentement - pour ne pas l'étouffer - pas moins de huit potions dans la gorge, toutes plus odorantes les unes que les autres.
« Alors ? » demanda finalement Ron en s'extirpant de Malfoy.
« Carence alimentaire et déshydratation, lui répondit le médicomage en rangeant ses affaires. Je suppose que vous savez ce qu'il faut pour le remettre sur pieds » demanda narquoisement le plus âgé.
Ron se contenta d'hocher simplement la tête.
« Les potions que je lui ai données sont des stabilisateurs. Elles vont alimenter et hydrater son corps pendant 5 jours. Il ne faudra rien lui donner d'ici là. », expliqua sommairement le médicomage en remontant ses ridicules lunettes sur son nez. « Il lui faut du repos… et un apport calorifique conséquent pendant un bon mois. »
« C'est entendu. » fit l'auror, mécaniquement.
« Ça vous fera quarante-huit gallions. »
« A-Adressez la note à la brigade des Aurors, répondit Ron quelque peu décontenancé par la nonchalance du médicomage. Je vous raccompagne ? »
Celui-ci leva dédaigneusement les épaules signifiant clairement que cela lui était égal. Ron suivit le médecin jusqu'à la porte et le salua. Mais avant de fermer la porte celui-ci ajouta :
« Vous savez… Moi aussi, soigner un mangemort me répugne. Si je n'étais pas sous serment, je les aurais déjà tous tuer. En revanche vous, vous pouvez. Seulement, l'affamer, c'est un peu trop voyant, voyez-vous. Il y a d'autres moyens pour tuer quelqu'un. Le poison, par exemple est beaucoup plus rapide, invisible et peut être d'autant plus douloureux. Appelez-moi, si vous changez d'avis.»
L'auror se glaça à ces mots. Comment… Croyait-il qu'il l'avait volontairement affamé ? L'ancien Gryffondor ne prit même pas la peine de répondre et referma la porte.
« Vermine.»
XxXxXxX
Même s'il l'avait de temps en temps formulé à voix haute, Weasley n'avait jamais souhaité la mort de Malfoy. Ce n'était que des paroles en l'air dites sur le coup de la colère. En fait, s'il réfléchissait bien, il n'avait souhaité le décès que de trois « personnes » bien que « erreurs humaines » soit le terme le plus approprié : les araignées, ces enfoirés de mangemorts et leur enculé de leader : Lord Voldemort.
Et puis tuer Malfoy ne lui apporterait rien, si ce n'est la désagréable impression d'avoir perdu son temps.
Toute la communauté sorcière souhaitait sa mort. Personne n'aurait blâmé son exécuteur.
Pas même lui.
C'était pathétique à dire, mais si Malfoy était mort aujourd'hui, il n'y aurait pas eu de changement majeur dans son existence.
Ni dans sa vie professionnelle ni dans sa vie sociale.
Officiellement, on lui reprocherait certainement son manque de professionnalisme et son irresponsabilité dans l'affaire puis il écoperait d'une petite formation bien chiante et un détour chez le psychomage. « Pour faire bonne figure » comme on dit.
Pourtant… Officieusement, on viendrait le remercier d'avoir rayé de la carte une pourriture increvable. On viendrait le féliciter d'avoir eu les couilles de le faire.
Mais Ron savait qu'il en était incapable.
Tuer des gens ne l'effrayait plus depuis la guerre. Il avait poignardé un homme pour se défendre. Aujourd'hui encore, il lui arrivait de lancer un Avada Kadreva entre les deux yeux d'un criminel sans ciller.
C'était lui ou eux. En fait, ça avait toujours été lui ou eux.
Vivre ou mourir. Le choix n'existait même pas.
Mais… ôter la vie pour sa propre satisfaction personnelle, ses intérêts : Jamais. C'était un meurtre. Or il n'était pas un de ces meurtriers qui se réjouissait à la vue de corps ensanglantés, vides et froids. Il n'était pas un de ces hommes qui aimait entendre ses victimes les supplier pour leurs vies et qui les abattaient les unes après les autres, qui se délectait encore une fois de leurs visages criblés par la peur et l'angoisse.
Il n'était pas non plus ce médicomage véreux qui pouvait empoisonner à son insu son entourage ou ses clients « dérangeants ».
Il n'était tout simplement pas un de ces mangemorts qui avait amputé sa famille et le reste de la communauté sorcière.
Il valait mieux que ça…
Ron était assis à la table du salon et sirotait pensivement un thé Earl Grey dans un vieux mug.
Il ne s'était pas rendu compte à quel point la guerre avait anéanti les esprits et les avait rendus haineux et cruels. La réaction du médecin n'était qu'une preuve parmi tant d'autres. Et lui-même, malgré le fait qu'il ait été prouvé que Malfoy était innocent, il n'arrivait pas à dépasser sa haine.
Dès que l'on parlait de la guerre, son esprit n'arrivait plus à réfléchir rationnellement. C'était juste un défilé d'images morbides et de sensations chaotiques. Et puis il y avait cette haine qui finissait toujours par enflammer ses yeux et contracter ses mâchoires.
Ces mangemorts, ces pourritures, ces hommes d'ombres, ces êtres corrompus…
Et voilà qu'il trouvait des ressemblances dans ses semblables, les gens normaux, ceux pour qui tant de sorciers étaient tombés. Des Hommes de Lumière. Des Hommes de Bien.
Il avait retrouvé cette folie meurtrière qui avait allumé les yeux de Bellatrix Lestange dans ceux d'Oberton. Il avait retrouvé cette haine qui avait conduit Tom Riddle à de telles extrémités dans son propre comportement.
En fait… Lui aussi était pourri.
« 'Tain, tu fais chier Malfoy ! » hurla Ron en frappant son poing sur la table, geste qui renversa sa tasse.
Pourquoi, consciemment ou non, Malfoy arrivait-il toujours à foutre le bordel dans sa vie ? Il arrivait à ébranler ses principes, montrer du doigt ses doutes et relever ses défauts en l'espace de quoi ? Quarante-huit heures ?
« Non ! C'est pas possible ! Non ! »
Ron s'était levé brusquement, les traits dévorés par la rage et l'indignation.
« Je vaux mieux que cette… Cette pourriture! » cracha-t-il d'une voix sourde.
Oui, c'était ça… Il avait raison.
Ron prit des grandes bouffées d'air pour se calmer et ferma les yeux.
Il n'avait rien à avoir avec Malfoy, ni avec ces enfoirés.
Lorsque l'auror ouvrit à nouveau ses yeux, sa respiration était lente. Il redressa alors la tasse qu'il avait fait tomber et alla dans la cuisine se resservir un thé.
Mais à la dernière minute, l'ancien Gryffondor bifurqua et se dirigea vers le bar à alcool.
Il avait besoin de quelque chose de plus fort…
À suivre…
Voilà pour ce deuxième chapitre ! =D J'espère ne pas vous avoir perdu en cours de route. X°
Comme pour les chapitres précédents, n'hésitez pas à me laisser votre avis qu'il soit bon ou mauvais. U.U
Aussi non, je vous retrouve la semaine prochaine pour une nouveau chapitre =)
Votre Patate dévouée
The Last Day.
