Me revoilà ! Une semaine entre chaque chapitre, c'est à peu près correct, non XD ?
Important : dans ce chapitre, la trame originale n'est pas du tout respectée, et j'ai bien peur qu'elle le soit de moins en moins … Désolée si cela ne vous convient pas (auteure stressée) !
Et, avant de commencer … Merci merci merci pour vos reviews ! Comme il y avait une énorme différence entre l'atmosphère du premier chapitre et celle du second, j'avais peur que ça ne passe pas ! Me voilà rassurée XD !
Allez, trêve de bavardage !
Bonne lecture !
oOo
Le monde accueillit Oz dans un grand vacarme.
Lorsque la jeune fille reprit connaissance, elle était toujours étendue sur une surface dure et froide. Ses paupières lui semblèrent trop lourdes pour être soulevées, alors elle resta immobile, à l'affût. Un liquide poisseux coulait de son épaule, mais elle ne ressentait aucune douleur. Il faisait froid, ici, et il y avait du bruit. Trop. Après tout ce temps – combien, exactement ? – passé dans le silence lourd de l'Abysse, ses tympans lui semblaient à vifs.
Et puis, en se concentrant sur les sons, Oz compris qu'elle n'était pas seule. Les sons formaient des mots, qu'elle ne comprit pas tout de suite. Après des jours à ne s'adresser à Alice que par le biais de son esprit, les mots avaient perdus tout leurs sens. Tiens oui, Alice ? Sans avoir besoin de vérifier, Oz savait qu'elle était toujours là, recroquevillée au fond de sa tête. Endormie, peut-être ? Pour Oz, le sommeil n'était pas envisageable. Trop de bruit, trop de monde. Beaucoup trop de monde. La jeune fille sentit la peur s'insinuer en elle, vulnérable sur le sol, trop entourée après tout ce temps passée seule.
Quelqu'un parla tout près d'elle et, comme si une digue avait été ouverte dans son esprit, Oz se souvint des mots et de leurs sens. Immédiatement, son mal de tête augmenta : son cerveau était submergé d'informations diverses – voix féminine ou masculine, ton coléreux ou apeuré, accents, mots mâchés, tics de langage ...
- Allez chercher un médecin, vite !
- Oh mon dieu, la pauvre petite …
- Elle est couverte de sang !
- Ne restez pas planté là, allez prévenir le Duc !
- C'est à peine croyable, elle est apparue par la porte de l'Abysse ...
- Qui est-ce ?
- Monsieur le Duc !
- Écartez-vous, laissez-la respirer ... Par ici, monsieur le Duc !
Trop de mots. Trop de bruits. Trop de monde.
Beaucoup trop.
L'esprit d'Oz sombra dans les ténèbres.
oOo
- Grande sœur !
Il faisait chaud, c'était bien. Oz se sentait comme enveloppée de coton, à l'abri, loin de tout danger. Chez elle.
- Grande sœur, regarde, regarde !
La petite voix, aiguë et joyeuse, éveilla quelque chose en elle, quelque chose de tendre, quelque chose qui disait famille.
- Tu as vu, grande sœur ? Il neige !
Et c'était vrai. La neige tombait, tombait, tombait, blanche sur noir, lumière dans les ténèbres. Émerveillée, la jeune fille tendit une main, paume tournée vers le ciel. Un minuscule flocon s'y déposa et commença immédiatement à fondre. C'est si éphémère les belles choses, pensa Oz.
Le flocon fondit, et en fondant il se teinta de rouge. La goutte vermeille roula de sa paume, dégringola de ses doigts et disparue sans bruit dans les ténèbres. Oz releva les yeux et éclata de rire. Ouvrant les bras, la jeune fille sentit des dizaines de flocons se déposer sur elle, sur ses épaules, sur ses mains et sur ses bras. En fondant, chacun d'eux se transforma en goutte rouge qui roula le long de ses bras, de ses doigts, de l'épée qu'elle tenait serrée entre ses poings. Il y eut un bruit sourd, celui de quelqu'un qui s'écroule. Un cri. Et tout plongea dans le chaos.
Oz se réveilla en hurlant. Le corps parcouru de spasmes de terreur, la jeune fille hurlait à s'en exploser les cordes vocales. Des larmes brûlantes roulèrent sur ses joues, dans son cou, et la sensation lui rappela celle d'un autre liquide dégoulinant sur son corps. Les doigts crispés désespérément sur les draps, Oz hurla jusqu'à ce que l'air lui manque, jusqu'à ce que sa gorge la brûle. Elle hurla de terreur et de douleur mêlées jusqu'à ce que son hurlement se transforme en sanglots étranglés et qu'elle se recroqueville sur elle-même, le corps tremblant.
Alors seulement, elle se rendit compte qu'elle n'était pas seule. Quelqu'un derrière elle lui frottait doucement le dos en murmura des paroles apaisantes, le genre de choses qu'avait dû lui chuchoter sa mère, il y a longtemps, lorsqu'elle avait fait un cauchemar. Hoquetant, la jeune fille jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et croisa le regard bienveillant d'une jeune fille aux longs cheveux châtains.
- Voilà, tout va bien, maintenant, sourit-t-elle.
Oz détourna les yeux et pleura longtemps, à gros sanglots, jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus une seule larme à verser. Quand ce fut fait, la jeune fille se jura de ne plus jamais pleurer devant personne. C'était humiliant, surtout devant une inconnue.
Reniflant légèrement, Oz se redressa et observa pour la première fois autour d'elle. Elle se trouvait assise sur un grand lit de bois sombre affublé rideau verts, dans le coin d'une chambre lumineuse de taille respectable. A sa droite, une grande porte-fenêtre encadrée de longs rideaux verts donnait sur ce qui lui sembla être une terrasse circulaire. La pièce n'était meublée que du stricte nécessaire, et ne devait pas être habitée en temps normal car il se dégageait des meubles un sentiment impersonnel frappant. Au centre de la chambre se trouvait une table ronde de bois sombre agrémentée de trois chaises, et une commode assortie sur laquelle était accroché un grand miroir se trouvait de l'autre côté du lit.
Pendant son inspection peu discrète, la jeune fille aux longs cheveux châtains était restée assise à ses côtés en souriant patiemment. Oz rougit en prenant conscience de son impolitesse et baissa les yeux, honteuse.
- Je suis désolée, dit-elle d'une voix rauque d'avoir trop pleuré. Merci.
L'autre jeune fille accepta ses excuses d'un sourire indulgent et Oz se sentit soudain encore plus mal à l'aise. Il fallait dire qu'elle semblait si jeune avec ses couettes et sa robe violette, si enfantine avec sa bouille de petite fille … mais en même temps, il y avait quelque chose de mûr dans son regard, quelque chose de sage dans son sourire qui faisait qu'Oz se sentait toute petite.
- Ce n'est rien, voyons, ne vous excusez pas, répondit la jeune fille. Je me suis Sharon Rainsworth, et vous vous trouvez en ce moment dans l'une des résidences secondaires de ma famille.
L'information mit quelques secondes pour faire son chemin dans l'esprit confus d'Oz, puis la joie et le soulagement l'envahirent. Ainsi elles avaient réussi ! Alice et elle étaient bien parvenues à sortir de l'Abysse ! Presque immédiatement, cependant, la joie laissa place à un torrent d'interrogations. Que faisait-elle donc chez les Rainsworth ? Où était son oncle et sa sœur ? Et Gil ?
Ses pensées durent se lire sur son visage car Sharon reprit :
- Tout vous sera expliqué plus en détails plus tard. Pour l'instant, vous devez seulement savoir que vous êtes en sécurité, mademoiselle Rosalie. Vous êtes apparue il y a trois jours devant la porte de l'Abysse gardée par la famille Nightray, qui nous a immédiatement prévenus. Maintenant, reposez-vous encore un peu. Un domestique attendra devant votre porte pour vous montrer le chemin lorsque vous vous sentirez prête à recevoir d'autres explications.
Sharon se leva et défroissa sa robe d'un geste élégant. Puis, souriant à Oz, elle se dirigea vers la porte.
- Oh ! Et la salle de bain est à votre disposition, bien sûr ! ajouta-t-elle en désignant une porte de l'autre côté de la pièce.
Et elle sortit avant qu'Oz est pu lui demander comment elle connaissait son prénom. La jeune fille frissonna. Décidément, tout le monde se faisait un devoir de l'appeler par son nom complet, ces derniers temps !
Se sentant parfaitement réveillée, Oz se levant et vacilla légèrement sur ses jambes tremblantes. Après tout, cela faisait trois jours qu'elle n'avait pas bougé …
Dans la salle de bain, Oz s'aspergea le visage d'eau glacée et se pencha pour boire au robinet. Elle n'y avait pas prêter attention jusque là, mais maintenant qu'elle se trouvait face à de l'eau elle se rendait compte qu'elle était assoiffée. Relevant la tête, Oz repoussa les longs cheveux blonds qui lui tombaient sur le visage. Se faisant, son regard s'arrêta sur le reflet renvoyé par le miroir. La jeune fille s'étudia longuement, remarquant la pâleur extrême de sa peau (pourtant, elle n'était pas restée si longtemps que ça dans l'obscurité de l'Abysse, non ?), les larges cernes violets qui soulignaient ses yeux verts, et son attention s'arrêta sur ses cheveux. Quelque chose n'allait pas. Ces cheveux – ces longs cheveux dorés qui faisaient la fierté des Vessalius – ne collaient pas avec son visage, avec ce qu'elle voyait dans ses yeux. Quelque chose en elle s'était brisé et avait disparu pour toujours. Elle avait changé, et elle voulait en être consciente en se regardant, elle voulait que tous en soient conscients.
Sortant de la salle de bain, Oz se dirigea rapidement vers la porte de la chambre et passa la tête dans l'entrebâillement. Un domestique était là, qui se redressa aussitôt qu'il la vit. Oz lui sourit.
- Excusez-moi, pourriez-vous m'apporter une paire de ciseaux, s'il vous plaît ?
oOo
Voilà, voilà …
Aah, les descriptions … XD
Pour ceux qui se poseraient des questions, Oz n'avait jamais rencontré Sharon (ni Break) auparavant. Et ce n'est pas un hasard si Oz est apparue chez les Nightray en premier lieu … ;)
Merci d'avoir lu, et n'oubliez pas de commenter !
Biidule.
