Voici la traduction du troisième chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!
Des assassins, pensa Gai. C'était mauvais.
Il essaya de se relever, mais le filet se resserra autour de lui comme s'il était vivant, immobilisant ses bras et ses jambes. Il serra les dents.
-Qui vous a engagés?
Jiro remua un doigt d'un air désapprobateur.
-Tu crois qu'on va te le dire? Ça serait peu conventionnel. Nous sommes des professionnels, tu sais. Mais je peux te dire que c'est quelqu'un du village. Apparemment, tu n'es pas très aimé ici. Oh, et ne prends pas la peine d'essayer de te débarrasser de ce filet. Il est tissé à partir de fils de chakra et de mes propres cheveux, on ne peut pas le couper avec des lames ordinaires. Et il est recouvert d'un adhésif spécial de ma propre invention.
Gai les regarda, et un frisson lui parcourut l'échine.
-Je vous reconnais. Vous êtes des ninja de Konoha. Tous les deux. Je me rappelle de vous à l'Académie.
-Étions, dit Cho avec un rictus. Il y a longtemps. On a laissé tomber ce trou à merde ennuyeux à douze ans.
Des ninja déserteurs. L'esprit de Gai se mit à tourner à pleine vitesse. Il devrait ouvrir quelques Portes pour se sortir de là.
-Ça suffit, les petits bavardages, dit Cho. Si on attend trop longtemps, ce poisson pourrait s'échapper de son filet.
-Aimerais-tu avoir l'honneur?
-J'adorerais.
Cho fit un sceau avec ses mains que Gai reconnut.
La technique de Transposition de l'Esprit. Une capacité du clan Yamanaka. Il essaya de rouler pour l'éviter, mais le filet l'en empêcha. Il pouvait seulement regarder, impuissant, la boule d'énergie spirituelle arriver sur lui. Il commença à ouvrir sa première Porte, mais c'était trop tard. Il y eu une décharge qu'il sentit jusqu'à la moelle, suivie d'un étrange sentiment de couler.
Le corps de Cho s'avachit, les yeux se fermèrent. Jiro la rattrapa dans sa chute. Il la posa précautionneusement contre un arbre, puis avança vers Gai, les mains sur les hanches.
-Vire-moi ce putain de filet, Gai s'entendit-il dire – mais ce n'était pas lui qui le disait.
C'était Cho, qui parlait à travers sa propre bouche.
-Pas besoin d'être aussi agressive, gloussa Jiro en sortant un long couteau fin de son fourreau sur la hanche.
Il apposa un sceau en papier sur la poignée du couteau. La lame brilla en bleu, et il découpa nettement les brins du filet.
Gai sentit son corps bouger tout seul. Il se leva, et le filet glissa au sol. Il s'épousseta – non, pensa-il, Cho l'épousseta – et dit: "Ça fait un moment que je n'ai pas été un mec. Ça va être marrant.
Elle baissa la main de Gai et lui agrippa l'entrejambe.
-Merde, ce mec est monté comme un putain de rhinocéros.
-Tu es tellement vulgaire, dit Jiro en souriant.
-Tu aimes ça, dit Cho en faisant une pirouette. De quoi j'ai l'air?
-D'un gros fruit dans une combinaison verte.
-Bien.
Gai sentit son visage se tirer en un sourire tandis que Cho levait le pouce en direction de Jiro.
-Explosion de la jeunesse et tout.
Gai pouvait seulement voir, prisonnier derrière ses propres yeux. Qu'est-ce que tout ça signifie? demanda-il – il pensa les mots, vu qu'il ne pouvait pas les dire. Qu'est-ce que vous préparez? Si vous voulez me tuer, pourquoi perdre du temps avec ce tour de ventriloque?
-Oh, on ne veut pas te tuer, dit Cho.
-C'est vrai, dit Jiro. Je n'ai pas dit "tuer", j'ai dit "détruire". C'est différent. Vois-tu, nous allons te briser.
Me briser?
-La personne qui nous a engagés veut que tu sois complètement en ruines, dit Cho en parlant par la bouche de Gai.
C'était tellement étrange, pensa-il, d'entendre sa propre voix dire les mots de quelqu'un d'autre.
-Détruire, mentalement et émotionnellement. Nous avons été engagés pour t'infliger la torture la plus atroce que nous pouvions imaginer.
-Et nous sommes très bons pour imaginer des tortures atroces, dit Jiro. On pourrait dire que nous sommes des spécialistes.
Qu'est-ce que vous allez faire?
-Je pense que je vais attendre et te laisser trouver, dit Cho.
Elle fit un signe de main à Jiro.
-Je vais au village. Prends soin de mon corps, d'accord frangin?
Jiro acquiesça.
-On se retrouve ici demain à minuit, dit-il avant de lui tendre une sacoche. N'oublie pas ton matériel.
-Merci.
Cho prit la sacoche et bondit d'arbre en arbre en direction de Konoha. Gai pouvait seulement regarder, impuissant, prisonnier de lui-même. Il n'avait jamais été victime de la technique de Transposition auparavant. C'était la sensation la plus bizarre, de voir ses propres membres bouger par la volonté de quelqu'un d'autre. Il pouvait tout sentir – le vent dans ses cheveux, la combinaison coller à sa peau transpirante, l'impact de ses pieds sur les branches d'arbres – mais il ne pouvait pas contrôler ses muscles. C'était comme si son corps s'était retourné contre lui.
Comment es-tu capable d'habiter un corps aussi longtemps? demanda-il. Une technique de Transposition ne devrait durer que quelques minutes.
-J'ai perfectionné ma technique, dit Cho. Je peux rester un jour entier dans un corps. Et crois-moi, il y a un tas de choses que je peux faire en un jour.
Tu ne t'en tireras pas comme ça.
-Tu es le genre de type qui dit toujours ça. Qu'est-ce que qui te faire croire que je ne vais pas m'en tirer comme ça? Tu te prends pour un héro de bande dessinée, ou quelque chose comme ça?
Gai ne répondit pas. Au lieu de quoi, il se concentra pour essayer de briser le Jutsu. S'il forçait suffisamment, c'était sûr que..
Mais peu importe à quel point il concentrait sa volonté, Cho continuait de bondir dans les airs, en rien affectée.
C'était le matin, il était tôt, lorsqu'il – ils – arrivèrent aux porte de Konoha. Cho passa les portes sans problème. Les chiens des gardes ne levèrent même pas la tête. Après tout, ils avaient reconnu l'odeur de Gai.
Cho se pavana dans les rues de Konoha dans le corps de Gai.
-Aussi ennuyeux et merdique que dans mes souvenirs, on dirait
Les rues étaient en grande partie vides, car il était encore tôt, mais quelques personnes étaient dehors ici et là. Un femme se tenait devant sa maison et étendait son linge. Cho leva une main et lâcha un bruyant et très Gaien: "Bonjour! Magnifique journée, n'est-ce pas?
-Je sais qui vous êtes, dit la femme. Ne me parlez pas, pervers.
Cho lui répondit par un rictus et deux majeurs levés bien haut.
La femme fut bouche bée, les mains devant sa bouche.
-Comment osez-vous!
Cho partit la tête en arrière et rigola, lui fit à nouveau signe et tourna au coin de la rue.
C'était dur.
-Oh, sérieusement, dit-elle en parlant à mi-voix pour s'assurer que personne n'entende. Tu sais que c'est ce que tu as réellement envie de faire quand ces idiots fermés d'esprit commencent à ouvrir la bouche. Tu devrais me remercier. Tu ne peux pas empêcher les gens de te haïr d'être différent, mais tu peux apprendre à en rire.
C'est juste me rabaisser à leur niveau. J'essaie de leur montrer que je ne suis pas une mauvaise personne.
-En les écoutant te maltraiter jour après jour? Tu penses que ça va les faire t'aimer ou te respecter? Ils vont juste t'en faire voir de toutes les couleurs, parce que tu les laisse faire. Crois-moi, je le sais. J'ai essayé d'être la "gentille fille" pendant un moment. Ça ne mène nulle part.
Et c'est ton excuse pour avoir choisi cette vie là?
-Non, ce n'est pas mon excuse pour être vache. Mon excuse pour avoir choisi la voie du crime, c'est que j'ai besoin d'argent.
Elle ricana, tourna dans la rue de Gai et se rendit à son appartement.
Qu'est-ce que tu comptes faire?
-Tu peux peut-être deviner si tu y réfléchis suffisamment. Quelle est ta plus grande peur?
Gai le savait, évidemment: sa plus grande peur était te perdre Lee.
-Essaie encore. Tu chauffes.
Non, pensa-il – il avait eu peur de perdre Lee, mais plus que tout, il avait peur d'être la cause de la destruction de Lee – que ceux qui le détestaient aient raison, qu'il soit un monstre, un prédateur qui avait abusé de l'innocence et de la confiance de Lee pour arriver à ses propres fins – qu'il puisse de manière non intentionnelle faire du mal à son élève, comme on lui avait lui-même fait du mal une fois.
Une décharge de peur froide et nauséeuse le traversa.
-Ah, tu as deviné. Bon garçon.
N'essaie même pas de lui faire du mal.
-Ou sinon tu vas faire quoi? Me penser à mort? Tu es juste comme une petite voix dans ma tête, comme une mouche qui me tourne autour. Tu ne peux rien faire.
C'est moi que tu veux détruire. Blesse-moi tant que tu veux, mais laisse Lee en dehors de ça. Il n'a rien à voir là-dedans.
Elle gloussa: un son féminin, bizarre et perturbant étant donné qu'elle avait la voix grave et masculine de Gai.
-Ah, mais le blesser lui va te faire tu mal. Et il me laissera faire, parce que c'est son Gai-sensei bien-aimé. C'est là toute la beauté de la chose.
Tu penses vraiment pouvoir le berner? Il saura que ce n'est pas le vrai moi dès la seconde.
-Ne sois pas aussi sûr. Ce n'est pas une technique de Transposition ordinaire. Non seulement je peux entendre tes pensées, mais j'ai aussi accès à tous tes souvenirs. Je sais exactement comment vous interagissez, tous les deux. Je suis une actrice plutôt convaincante quand il le faut.
Elle monta les escaliers jusqu'à l'appartement de Gai.
-Regarde.
Cho toqua à la porte.
Au bout d'un moment, la porte d'ouvrit. Lee se tenait derrière dans sa combinaison, les yeux écarquillés.
-Gai-sensei! Où étiez-vous? Je me suis réveillé et vous n'étiez plus là. J–j'ai attendu, mais..
-Je sais. Je suis désolé, Lee, dit Cho de la voix de Gai.
Et cette fois, c'était vraiment sa voix. Son ton féminin avait disparu ; c'était comme s'il écoutait un enregistrement de lui-même.
-J'avais du mal à dormir. Je suis sorti faire un jogging nocturne pour m'aérer la tête, et j'ai perdu la notion du temps.
Cho entra dans l'appartement et ferma la porte derrière elle.
Lee, ce n'est pas moi! cria Gai.. mais bien entendu, Lee ne pouvait pas l'entendre. Il était impuissant, muet, une âme bloquée dans un corps qu'il ne pouvait plus contrôler.
-J'espère que tu ne t'es pas trop inquiété, s'entendit-il dire.
-Tout va bien, dit Lee en souriant. J'imagine que je l'étais, un peu – mais c'était idiot, je sais. Vous pouvez vous débrouiller seul.
Gai s'entendit rire doucement.
-Et bien, je suis un Jonin, après tout. Je serais un idiot si je m'attirais des ennuis pendant un simple jogging de minuit.
-Je nous ai préparé le petit-déjeuner.. des milk-shakes énergétiques, avec du blé et trois œufs chacun. J'ai utilisé de la poudre protéinée saveur vanille cette fois. Je pense que ça aura meilleur goût.
-Ça a l'air super.
Lee, ce n'est pas moi! C'est un imposteur! hurla Gai, projetant ses pensées aussi fort qu'il le pouvait. Mais Lee continua de sourire en conduisant Gai à la cuisine, où étaient posés deux verres côte à côte sur la table. Cho en prit un et le but d'une traite. Gai sentit sa gorge se contracter en un haut-le-cœur, mais elle se força à avaler.
Tu bois vraiment cette merde? dit la voix de Cho dans sa tête. Ça la goût du gazon et du papier mâché.
Sors de mon corps si tu n'aimes pas.
Cho l'ignora et posa d'un coup le verre sur la table.
-Délicieux.
Lee étudia son visage, les sourcils fronçés.
-Gai-sensei, tout va bien? Vous avez l'air un peu.. différent.
-Différent? Comment ça?
-Je ne sais pas. Vous n'avez pas vraiment l'air vous-même.
Ce n'est pas moi!cria Gai. Même en sachant que Lee ne pouvait pas l'entendre, il ne pouvait pas s'en empêcher.
-J'espère que vous ne m'en voudrez pas pour ça, poursuivit Lee, mais j'ai besoin de vous demander. Quel est le mot de passe?
Chacun d'eux avait un mot de passe pendant les missions, une manière de s'assurer qu'ils parlaient bien l'un à l'autre et non à un ennemi qui aurait prit leur apparence. Mais Gai savait que dans le cas présent, ça ne l'aiderait pas. L'espace d'un instant, il ressentit une sensation bizarre dans sa tête, comme si son cerveau était une encyclopédie et que quelqu'un la feuilletait.
-C'est "esprit", dit Cho.
Les épaules de Lee se décontractèrent.
-Pardonnez-moi. Je voulais simplement être sûr.
-Pas besoin de t'excuser. C'est sage de ta part d'être prudent.
-Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que vous étiez différent. Peut-être que c'était dans ma tête.
-Je suis un peu préoccupé, j'imagine, s'entendit dire Gai. J'ai des choses qui me trottent dans la tête, récemment.
-C'est à propos de cette nuit? Je ne suis pas en colère pour ça. Je.. Je n'aurais sûrement pas dû vous demander tout ça, j'aurais dû vous laisser décider quand..
Gai vit ses propres mains bouger tandis que Cho les amenait sur les épaule de Lee pour les serrer doucement. Elle se pencha et chuchota à l'oreille de Lee: "Est-ce que tu peux faire quelque chose pour moi, Lee?"
-N'importe quoi.
-Est-ce que tu as confiance en moi?
Lee cilla et leva les yeux vers lui. Un petit pli de confusion apparut entre ses sourcils.
-J'ai déjà confiance en vous, Gai-sensei. Vous le savez.
-Donc, si je te le demande, tu promets de faire exactement ce que je te dis pendant les prochaines heures? Peu importe ce que je demande?
Le pli sur le front de Lee s'accentua.
-Pourquoi? Qu'est-ce qui se passe.
Cho soupira.
-Je dois l'avouer, je suis déçu. On dirait que finalement, tu ne me fais pas tant confiance que ça.
Ses yeux s'écarquillèrent.
-Non! Je vous fait confiance, je le jure!
-Alors tu feras ce que je te dis? Sans poser de questions?
-Oui, si–si c'est ce que vous voulez. Je suis juste curieux, c'est tout. Ce n'est pas que je ne vous faire pas confiance.
-Et bien on va voir ça. Tu peux te dire que c'est une sorte de test, si tu veux. Un test de ta confiance en moi.
Arrête ça, Cho, dit Gai. Arrête de jouer avec son cœur comme ça.
Oh, tu n'as encore rien vu, répondit-elle. Attends un peu.
Lee prit une grande inspiration, se redressa et redressa les épaules.
-Dans ce cas, je ferai ce qu'il faut pour passer le test. Je suis désolé si je vous ai fait douter de moi. Je veux que vous croyiez en moi, Gai-sensei. Je le veux plus que tout au monde.
Il est vraiment sous ta coupe, hein? dit la voix mentale de Cho. Voilà un petit esclave bien dévoué. Pathétique. S'il en avait dans le ventre, il nous aurait déjà mis un coup dans les burnes.
Lee a plus de courage que personne d'autre. Quelqu'un comme toi ne pourrait jamais comprendre le lien entre nous.
Oh, vraiment? Voyons jusqu'où je peux tirer sur ce lien avant qu'il ne se rompe.
Cho sourit avec la bouche de Gai et regarda Lee dans les yeux.
-Va dans la chambre.
