Il courut.
Que pouvait-il faire d'autre ?
Je peux me battre.
Il secoua la tête pour chasser cette pensée.
Il devait fuir.
Il devait laisser ses nakamas derrière lui.
Il devait abandonner son capitaine.
Il devait vivre.
C'est la mort dans l'âme que Portgas D. Ace courait au milieu des combats.
C'est la mort dans l'âme qu'il fuyait Marineford.
« …un tocard ? »
Ace se retourna.
Il devait fuir.
Il le savait.
Mais je ne le ferai pas.
Pas maintenant qu'on avait bafoué l'honneur de son capitaine.
Pas maintenant qu'on avait bafoué l'honneur de son père.
Il devait vivre.
Je vivrai.
Il devait protéger son frère.
Je le ferai !
Certaines personnes préféraient la vie à l'honneur. Pas lui.
Je tuerai Akainu.
On n'insultait pas ses amis. On n'insultait pas son capitaine.
Il vivait pour eux. Il courait pour eux, il bondissait pour eux, il frappait pour eux. Il se battait pour eux, il riait pour eux, il tuait même pour eux. Il avait pleuré pour eux.
Alors une nouvelle fois, il bondit pour eux. Il frappa pour eux. Il cria pour eux. Il se battit pour eux.
Il perdit pour eux.
Il se releva pour eux. Pour eux, il regarda l'amiral en face de lui sans peur.
Pour eux, il comptait le battre. Pour eux, il avait tout prévu.
Sauf ce qui arriva.
Sauf le poing qui l'envoya bouler. Sauf l'homme qui s'interposa entre lui et l'amiral. Sauf la voix qui lui cria de fuir. Sauf les bras qui le tirèrent. Sauf le reniflement agacé de l'autre quand il voulut repartir à l'assaut.
Sauf le coup qui le plongea dans l'inconscience.
Il avait tout prévu sauf l'imprévisible.
Voilà pourquoi malgré son intelligence, il n'avait jamais été un fin stratège.
Ace n'ouvrit pas tout de suis les yeux quand il se réveilla. Il les garda clos quelques minutes.
Il ne savait pas tellement ce qui se passerait quand il les ouvrirait.
À ce moment là, que devrai-je faire ?
Qu'est-ce qui allait lui arriver ?
Et d'abord, où suis-je ?
Il sentait des draps doux contre sa peau et une surface moelleuse sous lui.
Un lit.
Il ne sentait plus le toucher délicat du tissu aux endroits où se trouvaient sans doute des bandages.
Bon, je suis vivant, et apparemment, on s'est plutôt bien occupé de moi.
Il était sans doute sur le Moby Dick.
…Ah, c'est vrai…le Moby est…
Il devait se trouver sur l'un des trois autres navires.
Il eut un pincement au cœur en pensant à ce grand vaisseau sur lequel il avait vécu tellement de bons moments.
Et les autres ?
Combien de ses nakamas avaient perdu la vie dans le combat ?
Combien de ses frères ?
Et Oyaji ?
Est-ce qu'il était avec eux ? Ou bien était-il…
Qu'est-ce que je verrai en ouvrant les yeux ?
Dans quel état trouverait-il l'équipage ?
Comment pourrai-je les regarder dans les yeux après tout ça ?
Comment le pourrait-il alors que par sa faute…
Alors que par ma faute tellement de mes frères sont morts ?
À ce moment précis, il eut envie de rester toujours comme ça. De ne jamais ouvrir les yeux. De ne conserver de son équipage que le souvenir radieux qu'il en avait.
Et Luffy ?
Il ouvrit aussitôt les yeux, plus par réflexe qu'autre chose.
Comment va-t-il ?
Est-ce qu'il était vivant ?
Evidemment qu'il est vivant !
Penser le contraire était juste…
Insupportable.
Il se redressa. Il devait prendre ses responsabilités.
Je dois assumer mes erreurs.
La blancheur de la pièce l'éblouit un instant.
Lorsque sa vision redevint nette, il promena son regard autour de lui.
La pièce où il se trouvait était spacieuse, ce qui ne l'empêchait pas d'être dans un cas évident de surpopulation. Des dizaines de matelas étaient étendus sur le sol de ce qui était sans aucun doute une infirmerie. Il ne tarda pas à réaliser qu'il occupait le seul lit digne de ce nom de la pièce.
Aussitôt il ressentit une profonde gêne.
Pourquoi moi ?
Ses blessures n'étaient à coup sûr pas les plus graves.
Il ne méritait pas un tel traitement de faveur, surtout après ce que tous avaient endurés par sa faute.
Ça n'a pas de sens.
Personne n'avait remarqué son réveil. Toutes les infirmières de la pièce étaient occupées, courant d'un patient à un autre, visiblement débordées.
Cela accentua le malaise qu'il ressentait.
« Hem…vous tous ? commença-t-il timidement.
Dès qu'il eut prononcé ce semblant de phrase, toute vie parut s'arrêter dans la pièce.
Tous se figèrent pour tourner leur regard vers le brun dont les joues s'empourprèrent légèrement.
Intimidé par le silence environnant, il reprit avec un pauvre sourire
- Je suis de retour.
Les pirates reprirent vie. Ils s'attroupèrent autour du jeune commandant dans un joyeux brouhaha.
Parmi les voix qui l'appelaient, il reconnu le timbre candide d'Haruta. Ce dernier se fraya un chemin jusqu'à lui.
- Tu es réveillé ! Comment ça va ? Tu nous as fait peur tu sais ! T'es toujours aussi téméraire ! T'es bien le capitaine de notre seconde division ! T'attaquer à un amiral ! T'es pas un D pour rien toi ! Je suis tellement heureux que tu sois de retour parmi nous !
- Haruta…l'interrompit le brun.
Il détaillait son nakama.
Celui-ci avait son torse nu recouvert de bandage et son bras maintenu contre sa poitrine.
De nombreux autres bandages entouraient sa tête et ses bras.
Plus le brun prenait conscience de son état, plus son visage s'assombrissait.
Le gamin jeta un rapide coup d'œil à ses blessures.
- Ça ? Ce n'est rien, Ace. Tu ne devrais pas t'en faire pour ça, j'ai connu pire. Je vais bien, conclu-t-il en haussant les épaules, ce qui lui arracha aussitôt après une douloureuse grimace.
- Je vois ça, grogna l'autre.
Le petit s'apprêtait à répliquer lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Marco.
Il s'approcha du brun d'un pas vif.
- Marco…commença-t-il en baissant la tête, je…
Il s'interrompit et écarquilla les yeux quand le blond le prit dans ses bras, ramenant sa tête brune contre son torse.
- Ace…
Ce dernier sentait les mains de son nakama trembler.
Ils étaient tous tellement inquiets…pour moi, songea-t-il, amer. Ils avaient tous eu peur. Tout ça parce qu'il était un idiot.
- Tu vas bien ? Lui demanda le premier commandant après l'avoir relâché.
Le brun répondit d'un hochement de tête affirmatif.
- Tu penses pouvoir marcher ?
Il réitéra son geste.
- Alors viens s'il-te-plaît. J'ai à te parler.
La gorge sèche, le brun se tourna, posa précautionneusement ses pieds par terre et se mit debout.
Un pas, deux pas.
Des bras le rattrapèrent et le remirent debout, puis Marco passa son bras autour de son épaule, le laissant s'appuyer sur lui.
Ace était pieds nus et son pantalon était déchiré mais pour l'instant il s'en fichait royalement. Soutenu par le blond, il se dirigea vers la sortie dans un silence pesant.
Il appréhendait sa discussion avec Marco.
Que lui apprendrait-il ? Combien de morts lui signalerait-il ?
Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
Whou, finish !
Ce chapitre m'en a fait voir de toutes les couleurs !
Halala, si vous saviez, j'adore écrire des descriptions, surtout de personnes torturées/complexes/bizarres, mais alors pour ce qui est des actions...
J'y arrivais avant (si si) mais j'ai bien perdu je crois xD
Et puis surtout l'action c'est pas vraiment ce qui abonde dans les Misérable (le seul bouquin que j'ai (en partie) lu ce mois-ci)
Bref, le chapitre suivant est presque fini, mais sur une feuille, je dois donc le retaper à l'ordi..
Je n'en suis pas très satisfaite (de celui-là non plus d'ailleurs) mais décidément, je préfère le plus-que-parfait au passé simple (si si, il y a un rapport)
D'ailleurs le prochain chapitre ne sera pas passionnant lui non plus, il faudra attendre le prochain pour que ça bouge ![ Et c'est comme ça que tu espères convaincre les gens de suivre ta fic ?]
Désolée T3T
[Nan mais moi je dis ça pour toi hein...]
Mouais...
Hein ? Qui c'est la personne entre crochets ? Ben je vous la présenterai un de ces jours.
Bon, c'est pas tout, mais cette note devient longue, et on va croire que je la tape pour rallonger mon texte (qui est pas très long je l'avoue...)(après vérification il est très court, honte à moi)
Sur ce, à bientôt !
