Chapitre 3

Voilà une semaine que j'avais visité l'endroit où j'allais vivre et que j'avais eu les clés. Une semaine que j'avais commencé à tout aménager, en particulier la chambre de ma fille et la salle de bain. Cela faisait également une semaine que j'étais loin de Lucie et cela me pesait beaucoup. Elle me manquait tellement!

Certes, je l'appelais tous les jours pour avoir de ses nouvelles et pour entendre sa voix mais je ne pouvais la serrer dans mes bras... Charlie me disait qu'elle me réclamait souvent mais que Jacob faisait tout pour la distraire et pour qu'elle pense à autre chose. Au début, en entendant cela, j'avais été très surprise. Jacob essayait de la distraire?

J'avais vite découvert que Jacob était tombé complètement sous le charme de ma fille et qu'il en était de même pour elle. Depuis qu'il avait réparé sa poupée, Lucie avait une totale confiance en lui. Mais malgré qu'il s'agisse du fils du meilleur ami de mon père, j'étais tout de même inquiète. Après tout, je ne le connaissais pas davantage. Rien ne me disait que c'était quelqu'un de réellement gentil et honnête. Il pouvait très bien cacher sa véritable personnalité.

Je secouai doucement la tête de droite à gauche. Je me faisais des idées , une fois de plus. J'avais eu une si mauvaise image des hommes qu'il m'était difficile de me dire que chaque homme était différent. Pourtant, c'était le cas et il était peut-être temps d'y croire.

Je ne pouvais plus rester dans le passé, comme je le faisais depuis plus de cinq ans maintenant. Il était temps de me reprendre en main et de laisser le passé derrière moi, tout en m'attaquant au présent et en avançant vers le futur. Oui, il était temps de reprendre ma vie en main.

Sortant de mon lit, je me dirigeais vers ma valise d'où sortaient tous mes vêtements. Ils étaient toujours entassés dans celle-ci car je n'avais pas encore acheté de garde-robe pour ma chambre. En réalité, dans cette dernière, il n'y avait pour l'instant que mon lit. Ma mère devait m'apporter mon bureau et ma bibliothèque dans les jours à venir, avec son nouveau petit-ami, Phil.

Je fouillai longuement, pris un simple pantalon noire, un pull-over blanc et des souvêtements puis allai dans la salle de bain me préparer. J'en sortis une demi-heure plus tard, prête. Ne m'attardant pas, j'enfilai ma veste, pris mon sac et mes clés de voiture et sortis de chez moi.

Après avoir fermer la porte à clé, je montai dans ma voiture et me dirigeai vers l'université où j'allais finir mes études. Peut-être y rencontrerais-je des personnes avec qui je tisserai un lien, avec qui je pourrais me confier, être moi-même, avec qui je pourrais m'épanouir comme il se doit. Mais cela risquait d'être difficile.

En effet, quand, à mon âge, vous aviez une fille de l'âge de Lucie, on faisait tout pour vous éviter, on vous regardait de haut, comme si vous étiez atteint d'une maladie contagieuse, comme si vous ne méritiez pas le respect. Les gens ne pouvaient comprendre ce par quoi vous étiez passés en ayant eu un enfant, si jeune. D'ailleurs, ils ne cherchaient même pas à comprendre. Tout ce qu'ils croyaient c'était que vous étiez une de ses marie couche-toi là, une de celles qui tous les soirs avaient un homme différent dans leur lit.

Je soupirai fortement. Malheureusement, il y aurait toujours ce genre de personne. On ne pouvait rien y faire. Heureusement pour moi, au fil du temps , j'avais appris à faire avec et à ne plus m'en accoutumer. Oui j'avais une fille et je ne changerais cela pour rien au monde. Lucie avait donné un sens à ma vie, alors que je me croyais perdue. De plus, je l'aimais plus que tout au monde et personne ne pourrais jamais changer cela. C'était ma fille, ma chair, mon sang. Je ferais tout pour elle, pour qu'elle soit heureuse.

A peine un quart d'heure plus tard, j'arrivais enfin devant l'université et me garai sur le parking, où très peu de places étaient occupées. Je pris mon sac puis sortis de voiture et me dirigeai vers l'accueil où je devais venir chercher mon emploi du temps et remplir les dernières formalités.

Je ne mis pas longtemps à la trouver, étant donné que des panneaux l'indiquaient et m'y engouffrai. Une femme d'une quarentaine d'année était assise derrière un bureau, lisant un bouquin à la reliure abîmée. Apparemment, elle n'avait pas grand-chose à faire. Je m'approchai du bureau et pus lire la plaque posé sur ce dernier, indiquant son nom: E. Carter

Madame Carter portait une simple chemise rouge et était coiffé d'un chignon d'où s'échappait quelques mèches de cheveux. En m'entendant approcher, elle releva la tête et m'adressa un sourire accueillant et chaleureux. Elle avait des yeux couleur azur qui lui donnait un air de naïveté , ce qui contrastait avec leur profondeur, qui révélait tout autre chose.

-Bonjour, je peux faire quelque chose pour vous? m'interrogea t-elle.
-Bonjour, je suis venue chercher mon emploi du temps, répondis-je en lui rendant son sourire. Mon père est venu m'inscrire il y a quelques semaines.
-Votre nom, s'il vous plait?
-Isabella Swan.

A l'entente de mon nom, elle écarquilla les yeux et son sourire se fâna. Etrange. Se reprenant, elle se mit à fouiller dans une pile de document et en sortis un dossier à mon nom, qu'elle me tendit.

-Tenez, il vous faut remplir quelques documents que votre père n'a pu remplir.
-Daccord, merci, dis-je en prenant ce dossier et en l'ouvrant.

Elle me tendit un crayon et me laissa le remplir, en retournant à la lecture de son livre. Une fois que j'eus fini, je le lui rendis et elle me fournit mon emploi du temps, que je m'empressai de ranger dans mon sac.

Après avoir salué la secrétaire, je sortis de la pièce tout en me questionnant sur le pourquoi de son comportement. Je finis par mettre cela de côté, préférant m'occuper de l'aménagement de ma maison.

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Trois jours plus tard, la maison possédait pratiquement tous les meubles qu'elle avait besoin: les lits, les penderies, la table de salon, les fauteuils, la télévision et tout le reste. J'étais contente que cela soit presque enfin terminée. En même temps, il aurait été difficile qu'il en soit autrement, étant donné que, depuis mon arrivée à Seattle, je ne m'occupais que de cela. Il ne me restait qu'à déballer les cartons et à tout ranger. Après cela fait, je pourrais enfin retourner auprès de ma fille, ce que j'attendais avec impatience.

Ayant marre de rester enfermé, je décidai d'aller faire un tour en ville. Après tout, il fallait que je découvre cette nouvelle ville où je vivais désormais. Je ne pris pas ma chevrolet, ayant envie de marcher un peu, ce que je n'avais pas fait depuis mon départ de Phoenix. C'est ainsi que je m'aventurai dans les rues de Seattle.

Je finis par arriver près d'un parc et m'y engouffrais. Retrouver un coin empli d'arbre et d'herbe me rappela Forks et je souris. J'avais l'impression d'être ainsi, plus proche de ma fille. Je me mis à marcher tranquillement et finis par m'arrêter sur un petit pont au dessus d'une rivière. Je m'appuyai sur la barrière et observai l'eau en contrebas. Etrangement, elle était très clair, comme celle, où avec James, nous avions l'habitude de nous baigner.

N'ayant pas envie de replonger dans les souvenirs que j'avais avec lui, je secouai doucement la tête et me remis en marche. Si je voulais repartir à zéro, je me devais de l'oublier, et de tourner la page, sur tout ce que nous avions vécu, sur tout ce qu'il m'avait fait subir.

Continuant de marcher, je finis par croiser trois garçons en train de jouer au football. Je soupirai et détournai les yeux, préférant ne pas m'attarder sur eux. Malheureusement, le destin n'en fut pas de cette avis. A peine une minute après m'être détournée, j'entendis un des garçons me crier:

-Attention!

Je me tournai à temps pour voir le ballon se diriger dans ma direction et mis mes mains devant moi pour la repousser. Lorsqu'enfin elle toucha ces dernières, elle ralentit et retomba à mes pieds. Je sentis alors un liquide coulait le long de ma paume droite. Je baissai les mains et regardai ce dont il s'agissait. Evidemment, il fallait que ça tombe sur moi! Le ballon avait rouvert la plaie que je m'étais fait en cassant un verre le matin même. Je soupirai fortement.

-Sa va? s'inquiéta une voix masculine près de moi.

Je relevai la tête et vis alors un des garçons devant moi. Il était habillé d'un simple jean et d'un T-shirt blanc. Ses cheveux étaient couleur bronze, et ses yeux d'un vert éclatant. Je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi beau. Ou du moins, n'y avais pas fait attention. Je me perdis dans son regard un instant avant de me reprendre.

-Oui, sa va, merci.
-Vous saignez, remarqua t-il.
-En effet, soupirai-je. Je ferai mieux d'aller consulter un médecin.
-Je suis vraiment désolé, je n'ai pas contrôlé ma force, s'excusa t-il avec culpabilité.
-Non, ce n'est rien, le rassurai-je. Je me suis blessée ce matin avec un verre cassé , ça a juste réveillé la blessure.

Il hocha légérement la tête et me pris doucement la main pour mieux la regarder. Je me crispai à ce contact, n'étant pas habitué au moindre contact avec un homme. Il l'étudia attentivement puis plantant son regard dans le mien, déclara.

-Sa a l'air sérieux, vous ferez mieux d'aller à l'hôpital.
-Ah bon? grimaçai-je.

Je n'avais jamais aimé les hôpitaux et ce depuis mon enfance. Je me rappelai de ces étés chez Charlie où environ tous les quinze jours, j'allai à l'hôpital pour me faire soigner d'une mauvaise chute, dû à mon manque d'équilibre et à ma poisse légendaire. Voyant ma grimâce, le jeune homme sourit. Un sourire à en faire pamer plus d'une.

-Je supposes à en juger par cette grimâce, que vous ne les aimez pas beaucoup.
-Non, en effet. Mais bon, quand on a pas le choix.

Je sortis un mouchoir de mon sac et l'appliquai sur la plaie.

-Bon, je ferais mieux d'y aller, soupirai-je.
-Je vais vous accompagner, dit-il.
-Oh, vous n'étes pas obligés.
-J'insiste.
-Bien. Dans ce cas, allons-y.

Il ramassa le ballon qu'il renvoya à ses amis, en leur criant qu'ils se reverraient plus tard puis me fis signe de le suivre, ce que je fis après une légère hésitation. A peine deux minutes plus tard, nous montâmes dans sa volvo grise et il démarra.

-Au fait, je m'appelle Edward Cullen, m'informa t-il sur la route. Et vous?
-Bella Swan, répondis-je.
-Enchanté Bella, sourit-il.

Je regardai par la fenêtre, préférant me concentrer sur la route , que sur le fait que j'étais seule avec un homme.

-Alors, Bella, dîtes-moi, vous êtes nouvelle en ville? m'interrogea t-il.
-Oui, je viens d'arriver, répondis-je simplement. Et vous?
-Oh moi, j'habite ici depuis ma naissance. Je n'ai connu que Seattle.
-Nous sommes bientôt arrivés? demandai-je, désireuse d'être soignée au plus vite, pour rentrer chez moi.
-Oui, presque.

En effet, à peine quelques minutes plus tard, nous arrivâmes devant l'hôpital. Edward se gara puis alors que je m'apprêtais à le remercier de m'avoir conduit, je le vis sortir de voiture et venir m'ouvrir ma portière. Je sortis rapidement, gênée.

-Euh merci.
-Je vous en prie, sourit-il. On y va?

Je le regardai, étonnée. Il n'allait tout de même pas m'accompagner?! Il sourit devant mon air étonné et ne me laissa pas le temps de répondre qu'il se dirigeait déjà vers l'accueil.

-Allez venez, m'encouragea t-il.

Je soupirai et le suivis. Lorsque nous entrâmes dans le hall, nous constatâmes qu'il y avait de très nombreuses personnes qui attendaient d'être soignées. Edward se tourna vers moi, avec un air désolé puis montra un siège libre dans un coin de la salle. Je fis un signe négatif de la tête et me dirigeai vers la sortie. Le voyant, Edward m'attrapa doucement le bras. Je plongeai mon regard dans le sien et à nouveau m'y perdis. Il était si envoûtant.

-Il faut que vous vous fassiez soigner.
-Je ne vais pas attendre ici toute la journée pour me faire soigner , je préfère encore rentrer chez moi, dis-je sérieuse.
-Je suis sérieux Bella. Sa risque de s'infecter, insista t-il.
-Moi aussi, je suis sérieuse Edward. Je rentre chez moi.
-Bella, vous êtes peut-être tétue, mais je le suis encore plus, sourit-il. Donc vous restez ici, jusqu'à ce que je vous vois vous faire soigner.
-Oh ça, ça m'étonnerait, ris-je. Plus têtue que moi, ça n'existe pas.

Il rit. Un rire qui m'émerveilla. Que m'arrivait-il? La question était bête. Pour la première fois, depuis James, un homme me plaisait. C'était un sentiment si étrange. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas ressentie cela!

-Allez, venez, ajouta t-il en m'entraînant jusque l'accueil , où deux infirmières recevaient les divers patients. Je vais vous faire passer avant.