Auteur : Tigrou19
Série : Harry Potter
Titre : Beyond The Night.
Genre : Romance (tardive, je l'avoue). Angst. Contexte de guerre… Parfois drôle – enfin je l'espère, en tout cas xD. Parfois triste – en grande majorité. Pour le reste, et bien… A vous de voir. Très long OS, découpé en plusieurs chapitres (à savoir neuf au minimum) qui ignore les tomes 6 & 7.
Résumé : UR. Septième année d'Harry. La guerre fait rage aux portes de Poudlard. A l'initiative de ses étudiants, Dumbledore rappelle d'anciens élèves au château dans le but de prendre en charge certains de leurs cadets. Charlie Weasley est l'un d'entre eux.
Rating : M. Vocabulaire assez fleuri placé un peu partout… Et scènes de bataille un peu sanglantes à la fin (Et aussi parce que Pady le voulait, voilà.)
Pairings : Essentiellement Charlie et Théodore. Mentions d'autres couples, comme Harry et Ginny ou Ron et Hermione, mais vraiment au deuxième ou troisième plan… Pas la peine d'attendre des détails sur eux, il y en aura très peu.
Disclaimer : Harry Potter ne m'appartient en rien. Tout est la propriété de sa créatrice, J. K. Rowling, à qui j'empreinte temporairement ses personnages. Je ne gagne pas d'argent avec ce que j'écris.
Bêta-lecture assurée par : Pad'Chan. Merci beaucoup pour ton aide et pour tes avis qui ont éclairé ma lanterne dans les moments les plus désespérés ! Merci aussi pour tes encouragements incessants face à mes doutes concernant cet écrit ! Et, surtout, merci à toi pour ta patience…
Dédicace : A HIK3TSU, à qui, paraît-il, je fais des « infidélités », héhé… Même si je n'avais pas prévu ça du tout, même si je ne pas si ça te plaira, même si ça doit pas trop être ta tasse de thé, et ben tant pis ! Cet écrit est pour toi, mon grand ! n_n
Note : Zoupla, voici le chapitre deux ! Plus court que le premier, j'avoue... Mais bon, plus d'action dans celui-là ! :D Bonne lecture !
xXx Beyond The Night xXx
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Décembre 1997
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Le mois de Décembre pointa très vite le bout de son nez. Avec lui vinrent la neige et le vingt-cinquième anniversaire de Charlie. Pour l'occasion, et même malgré les circonstances, le château revêtit son manteau de décorations et une petite fête fut organisée le douze du mois afin de célébrer la nouvelle année du fils Weasley.
Bien qu'au cours de la soirée, Charlie affichât un sourire heureux, le garçon n'avait pas vraiment le cœur à se réjouir. En vérité, personne ne l'avait réellement : les Mangemorts s'étaient faits particulièrement enthousiastes à l'idée de rappeler leur présence. C'était ainsi que cinq familles de sorciers ayant des ascendances Moldues avaient été décimées. Et, parmi ces pauvres gens se trouvaient des anciens camarades de classe du jeune homme, ainsi que des étudiants de Poudlard.
Il fit cependant un effort pour faire bonne figure pour sa famille et ses invités et, lorsque Fred et George vinrent le chercher pour l'entraîner dans une farandole improvisée, Charlie retrouva presque le sourire. Il ne lui fallut que quelques pitreries de Ron pour qu'il retrouve sa joie et, dès lors, la fête battit son plein jusqu'à assez tard dans la nuit.
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Au même moment, le dortoir des septième année de Serpentard était plongé dans un silence tendu. Draco et Théodore se regardaient en chien de faïence et, à leurs côtés, Vincent, Gregory et Blaise ne savaient plus sur quel pied danser.
Le regard de Draco était dangereusement orageux, témoignant d'une immense colère intérieure.
« Retire ce que tu viens de dire. », cracha l'héritier Malfoy, la voix rauque.
Un rictus mauvais plis les lèvres de Théodore alors que ses yeux s'étrécissaient.
« Ne compte pas sur moi pour ça, Malfoy. », siffla-t-il. « Je n'en ai aucunement l'intention. »
La respiration de Draco se fit plus saccadée, ses mâchoires se crispèrent et il serra les poings. Puis, très lentement, il porta sa main à sa robe de sorcier et la passa entre les pans de tissu. Quand il l'en ressortit, les autres garçons virent qu'elle était refermée sur sa baguette magique.
« Je vais te faire ravaler tes mots, Nott. », gronda le jeune blond. « Je vais te faire ravaler tes mots et, ensuite, tu me supplieras de te laisser tranquille. »
« Euh… Les gars… », intervint presque timidement Blaise.
« Ta gueule, Zabini ! », tonna Draco. « Reste en dehors de ça ! »
L'Italien fronça les sourcils.
« Premièrement, tu ne me parles pas comme ça, je ne t'ai rien fait. », grogna-t-il. « Ensuite, soit tu te calmes, soit nous n'aurons d'autre choix que de… »
« De quoi ! », tempêta Malfoy en se tournant vers le préfet en chef. « Que vas-tu faire, hein ! Tu penses réellement être en mesure de nous arrêter ! »
« Moi, non. Mais je ne suis pas seul, ici. »
Draco éclata d'un rire amer et glacial.
« Oh, je t'en prie, Zabini… Crabbe et Goyle ne seraient même pas capables de toucher un éléphant positionné à un mètre d'eux avec leurs baguettes ! »
Vincent et Grégory serrèrent les poings et les dents mais restèrent silencieux.
« Et puis allez tous vous faire foutre ! Je n'ai pas l'intention de rester avec une bande de Cracmols plus longtemps ! », termina Draco en sortant du dortoir en claquant la porte.
Lorsque le silence revint dans la pièce, Théodore esquissa un sourire désabusé et souffla imperceptiblement.
« Pff… Tu parles… Même pas capable de mettre sa menace à exécution… », murmura-t-il.
Le regard noir que Blaise lui lança ne lui dit ni chaud ni froid.
« Ta gueule, Nott ! C'est de ta faute, tout ça ! T'aurais pas pu la fermer, sérieusement ? »
Pour toute réponse, le jeune châtain se contenta de hausser les épaules. Puis, s'installant plus confortablement sur son lit, il ferma les rideaux de son baldaquin et se coupa du reste du monde.
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Les séances suivantes avec le professeur Weasley furent tendues. Les relations entre Draco et Théodore étaient plus que glaciales et, même si Charlie s'en était aperçu, il n'avait malheureusement aucun moyen de remédier à la situation présente. Alors, presque impuissant devant ses élèves, il se contentait de faire ce pour quoi il avait été rappelé au château : il enseignait.
La matinée était utilisée pour les Duels et le roux se demandait si le programme de la journée était une bonne idée. En effet, il avait prévu d'observer les garçons alors qu'ils se battraient mais l'idée ne lui semblait plus si bonne que ça. Malgré tout, il décida de s'en tenir au plan et expliqua la façon de faire à ses étudiants. Draco eut un sourire froid Théodore se contenta de hausser les épaules.
Tandis que leur professeur avait le dos tourné, le Serpentard blond sortit sa baguette et pointa son adversaire avec.
« On dirait que notre éloignement n'était que temporaire, Nott… », chuchota-t-il d'un air mauvais.
« En effet. », répondit le châtain. « Prêt à mordre la poussière, Malfoy ? »
Draco sentit la colère et la haine l'envahir. Ses mains se mirent à trembler et il dut se retenir de ne pas sauter au visage de son camarade pour le débarrasser de son sourire satisfait.
« Prépare-toi à souffrir… », siffla-t-il.
Charlie, inconscient de cet échange, leur ordonna de se mettre en position en allant s'asseoir sur son bureau. Puis le Duel commença. Aussitôt, les deux étudiants se mirent à bouger, décrivant des cercles. Le jeune Weasley observa leur jeu de jambes et leurs postures de combat. Si la garde de Draco ne laissait presque aucune ouverture dans sa défense, celle de Théodore était toute autre : elle était différente de celle qu'il avait adoptée lors des précédents cours. Charlie fronça les sourcils en se demandant comment le garçon comptait survivre sur un champ de bataille avec une telle nonchalance.
Alors, Draco attaqua, le regard noir de haine, et Théodore sourit. Malfoy ne maîtrisait pas les Informulés, ce qui le plaçait en position de faiblesse. De plus, sa trop grande confiance en lui-même faisait qu'il se voyait déjà victorieux, et donc qu'il était moins vigilant. Pourtant, il avait déjà vu Nott se battre… Il aurait dû s'en souvenir.
« Impedimenta ! » lança-t-il, rageur.
Théodore fit un pas de côté et haussa un sourcil. Un sourire moqueur vint étirer ses lèvres quelques secondes après et ses yeux se mirent à briller. Charlie eut le temps de se questionner sur la raison de ce comportement avant d'assister à la contre-attaque du Serpentard.
D'un habile mouvement du poignet et sans une syllabe prononcée, Théodore tenta de désarmer son adversaire. De son côté, Draco parvint de justesse à esquiver le sort. Charlie fronça les sourcils Malfoy n'était visiblement pas concentré. Son propre Duel contre le garçon lui avait montré qu'il était capable de se battre bien mieux que ce qu'il montrait au moment-même. Le combat se déroula ainsi pendant quelques secondes, les sorts pleuvant des deux côtés. Aucun des deux combattants ne cédait de terrain à l'autre aucune faute n'était commise. Du moins… Jusqu'à ce que Théodore provoquât ouvertement son camarade.
« Alors, Malfoy ? », grinça-t-il d'une voix pleine de mépris, en plantant son regard étincelant dans celui de Draco. « C'est tout ce dont tu es capable ? Ne me dis pas que tu as déjà tout donné… Ce serait franchement pathétique. »
Charlie haussa les sourcils, étonné. Certes, un combat n'était pas que physique, il était aussi psychologique, mais… Dans un sens, c'était une tactique tout à fait osée : provoquer aussi ouvertement son adversaire n'avait que très rarement montré des résultats positifs. Et puis, d'un autre côté… Il était stupéfait. Surpris de voir le si calme et si paisible Théodore Nott capable d'arborer un tel comportement.
« … Les Informulés, Malfoy ? Moi qui croyais que ton cher père t'avait entraîné durement pendant tout l'été… Oh, mais j'y pense : peut-être n'y parviens-tu tout simplement pas ? C'est vrai qu'il faut une grande puissance magique pour y arriver… Pas trop vexé, dis-moi, Draco ? », continuait de cracher le Serpentard châtain.
Théodore vit alors son adversaire crisper la mâchoire. Autour de lui, l'air commença à crépiter et les yeux de Draco avait un air d'orage plus que menaçant. Le poing droit serré autour du manche de sa baguette magique, l'héritier blond fit un pas en avant, offensif. Au même moment, Charlie se leva et s'équipa de sa propre baguette, attentif à tout geste dangereux, et Nott recula d'un pas.
« Et bien quoi, Théo ? Aurais-tu peur de moi ? », siffla Draco, méprisant. « Après tout, tu l'as si bien fait remarquer, non ? Je ne maîtrise pas les Informulés. »
Théodore renifla dédaigneusement.
« Pff, qu'ai-je à craindre de toi, exactement ? Mais je ne suis pas fou pour autant… »
« Oh, vraiment ? », ricana le blond. « C'est étrange, j'aurais pourtant juré le contraire… » Son expression se fit un instant faussement songeuse. « Ah mais j'y pense… Ça doit être familial. Fais attention, Théo, ça pourrait te couter la vie… »
Charlie vit alors dangereusement pâlir son élève. Les yeux de Théodore se firent incendiaires et le roux aurait pu jurer qu'il avait entendu craquer ses os. L'air était lourd, dans la pièce la tension étrangement palpable. L'explosion était proche, cela se sentait.
« Et bien quoi, Nott ? », reprit Draco, vomissant son dégoût. « T'aurais-je réduit au silence ? Ou, encore mieux, serais-tu effrayé ? »
« Un vulgaire Cracmol ne devrait pas supposer de pareilles choses, Malfoy. », déclara sombrement Théodore, la voix basse.
Les yeux de l'autre garçon s'exorbitèrent. Et alors, tout s'enchaîna très rapidement. Un bruit de bois jeté sur le sol et un grondement de haine et de fureur mêlées se firent entendre. Sous les yeux médusés de Charlie, Draco s'était jeté sur Théo, toutes griffes sorties, dans le but très visible de le rouer de coups.
« Va te faire foutre ! », s'époumona-t-il, à deux centimètres du visage du châtain.
Et alors que son coup allait atteindre sur la joue pâle du jeune Nott, il se retrouva propulsé au sol. Lorsqu'il eut recouvré ses esprits, il leva le regard vers son professeur et le vit la main tendue vers lui, baguette au poing. Il serra rageusement les dents et se releva, drapé dans la dignité qu'il lui restait, en s'époussetant.
« Nous allons en rester au Duel sorcier, voulez-vous, monsieur Malfoy ? », déclara Charlie. « Bien que ce mode de combat soit très répandu chez les Moldus, je ne pense pas que vous puissiez longtemps survivre sur un champ de bataille sorcier si jamais vous optiez pour lui. »
Draco ramassa silencieusement sa baguette, s'imaginant tuer le roux de différentes façons possibles, toutes plus douloureuses que les autres.
« En outre, je me vois dans l'obligation de retirer dix points à Serpentard et de vous assigner une retenue. Je ne tolèrerai pas un tel manque de respect envers l'un de vos camarades. »
Le blond se figea, le regard mauvais. La sonnerie retentit à cet instant et les deux élèves s'empressèrent de sortir de la salle de classe.
« Demain soir, vingt heures, monsieur Malfoy. Rusard vous attendra devant la double porte ! »
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Charlie soupira. Les choses ne s'étaient pas déroulées exactement comme prévu, hélas. Assis dans son canapé, une tasse de thé aux fruits rouges à la main, le jeune professeur se fit la réflexion qu'il avait été fou d'espérer que cela se passe autrement. Il connaissait suffisamment ses élèves pour savoir comment cela tournerait mais… Un espoir un peu insensé que cela ne dégénère pas l'avait étreint l'espace d'un instant. Alors, il avait continué en suivant le programme. Son programme un peu bancal, soit dit en passant.
Résultat des courses, le jeune Malfoy avait passé une partie de sa soirée à récurer les trophées obtenus par des élèves plus anciens et son entente déjà fragile avec Théodore Nott s'était un peu plus désagrégée. Pitoyable… Il y avait cru, pourtant. Tellement fort. Heureusement que le soir même, les vacances de Noel débutaient !
Quelques coups contre sa porte le sortirent de ses réflexions. Posant sa tasse sur la table basse, Charlie se leva et alla ouvrir à son visiteur. Sans surprise, la porte dévoila la mince silhouette de sa jeune sœur. Ginny semblait radieuse – du moins, autant qu'elle pouvait l'être en ce moment. Il fallait dire que Harry passait plus de temps avec Roger Davies et donc Blaise Zabini qu'avec elle, ce qui avait singulièrement tendance à l'ennuyer. Mais bon… Quand on sortait avec l'Elu, il fallait savoir faire des concessions et ceci en était une. Ajouté à ce manque d'attention, elle avait d'autres problèmes qui faisaient qu'elle était rapidement sur les nerfs alors, quand elle souriait – comme elle le faisait en cet instant – Charlie pouvait s'estimer heureux de ne pas craindre une attaque de Chauve Furie.
« Bonjour, Ginny. », la salua-t-il en la laissant entrer.
« Salut ! »
La jeune fille alla directement s'installer dans le canapé confortable de son frère, sans se formaliser. Cela fit sourire Charlie.
« Alors ? Que me vaut le plaisir de ta visite ? », questionna-t-il, légèrement curieux que Ginny soit venue le voir.
« Bah… Tu sais ce que c'est. », rétorqua la jeune demoiselle en haussant les épaules. « Harry est avec Zabini, à réviser ses cours et à planifier la journée de demain Ron et Hermione sont à la bibliothèque et je n'avais pas envie de trainer avec la bande de crétins qui reste là pour les vacances. Alors je me suis dit que je pouvais passer te voir un instant. »
Charlie leva les yeux au ciel. Les crétins les Serpentards, en somme. Parkinson, Goyle et Crabbe, Malfoy ayant choisi de rentrer chez lui. Il ne comptait pas Théodore Nott comme l'un d'entre eux ce n'était désormais plus d'actualité. Le sujet était pour le moins inintéressant, il fit donc diversion.
« Comment cela se passe-t-il avec Remus ? »
Ginny soupira.
« Ca va. », répondit-elle platement.
« Oh, vraiment ? », fit-il ironiquement.
Ginny se trémoussa dans le canapé.
« Disons que ça irait bien mieux si Susan n'était pas aussi déprimée, ces derniers temps… Mais je peux parfaitement comprendre, après tout. »
Charlie ne répondit rien. Ce n'était pas nécessaire. Le meurtre d'Amélia Bones – la tante de Susan – avait été une véritable épreuve pour la jeune fille l'année passée. Alors, en un sens, il était normal qu'elle soit un peu mélancolique quand revenait cette terrible période. Surtout avant Noël.
« Est-elle rentrée chez elle ? »
« Oui. », répondit Ginny. « Elle devrait être arrivée à la gare, maintenant. J'espère que les fêtes seront joyeuses, pour elle… »
Charlie acquiesça.
« Veux-tu boire quelque chose ? », lui proposa-t-il.
Sa sœur soupira derechef avant de se lever.
« Non, mais merci tout de même. Je vais devoir y aller. Remus m'a dit qu'il souhaitait me voir pour discuter de je ne sais plus trop quoi. »
« Bien. », sourit-il. « Si jamais tu as besoin de quoique ce soit, n'hésite pas à venir me voir, d'accord ? »
« Pas de problème. », sourit Ginny. « Allez, à plus. »
« Bye. »
La porte se referma sur le dos de sa sœur et Charlie laissa lui échapper un soupir. Il était en vacances mais la quantité de travail qu'il avait ne fléchissait pas sous ses efforts. Et puis, comme il ne rentrait pas chez ses parents pour les fêtes car ils se déplaçaient à Poudlard pour l'occasion, il ne pouvait même pas prétendre ne pas avoir le temps pour flâner un tant soit peu. Lui qui était pourtant travailleur… Il aurait pu dire qu'il ne se reconnaissait plus mais il connaissait la raison de sa soudaine envie de fuir. Et elle portait un nom. Dra…
Une autre série de coups frappés le sortit une nouvelle fois de ses pensées. Cette fois-ci, il ne se déplaça même pas, trop fatigué à l'avance.
« Entrez ! », lança-t-il.
La porte s'ouvrit dans un geste sec et une silhouette la passa. Véritablement surpris par l'identité de son visiteur, Charlie se releva automatiquement et s'épousseta rapidement. Son hôte leva un sourcil ironique et croisa les bras.
« Monsieur Nott. », balbutia le professeur. « Que puis-je pour vous ? »
Le visage du Serpentard ne reflétait aucune émotion. Son regard s'ancra à celui de Charlie lorsqu'il eut refermé la porte.
« Pouvons-nous parler sans crainte d'être espionnés ? », interrogea suspicieusement le garçon.
La question – atypique, s'il en était – désarçonna le roux. Tendant le bras, il mit la main sur sa baguette magique et décrivit un geste circulaire.
« Si avant ce n'était pas le cas, maintenant, ça l'est, Monsieur Nott. », déclara-t-il, curieux, en s'asseyant sur l'un des fauteuils. « Je répète ma question : que puis-je pour vous ? »
Theodore serra la mâchoire. Il était venu jusqu'ici, certes, mais cela ne servirait à rien s'il n'arrivait pas à parler.
« Peut-être pourriez-vous vous asseoir, pour commencer. », suggéra Charlie. « Mes meubles ne mordent pas, vous savez ? »
Raide, l'adolescent observa le canapé d'un air dubitatif avant de néanmoins y prendre place. 'Bien', pensa son aîné. Une bonne chose de faite. Le silence s'installa alors, Charlie refusant de le briser. Nott était venu à lui et il connaissait son caractère, à présent. Le brusquer ne servirait à rien. Il lui fallait prendre du temps pour poser ses questions comme il le souhaitait et, apparemment, c'était ce dont il avait besoin.
Les minutes passèrent donc, Charlie observant le garçon dont le regard refusait ostensiblement de quitter sa bibliothèque. Le professeur croisa les jambes et posa son menton dans sa main en face de lui, Theodore ouvrit la bouche.
« Rentrez-vous chez vous pour les vacances ? »
Si la question le surprit, Charlie n'en laissa rien paraitre. Sans se laisser démonter et d'une voix neutre, il répondit donc.
« Bien que je ne vois pas où tu veux en venir, je vais te répondre : non. Je reste à Poudlard pour les fêtes. Pour une fois, ce sont mes parents qui se déplacent. »
Théodore hocha la tête.
« Je ne rentre pas non plus. », l'informa-t-il.
Le roux acquiesça.
« Je… », commença Theo, avant de pincer ses lèvres jusqu'à ce qu'elles soient réduites à une fine ligne blanche. « Ça va vous paraître sans doute déplacé. »
« Vraiment ? Et bien… Tente toujours. », l'encouragea l'ancien dresseur de dragons.
« Je… », recommença le garçon, avant de souffler bruyamment. « Je souhaiterais continuer les cours avec vous pendant la période des vacances. »
Charlie haussa un sourcil. C'était autre chose…
« Cela ne me dérange pas au contraire, cela m'évitera d'avoir à faire toute ma paperasse. Cependant, qu'en est-il de votre collègue ? Progresser sans Monsieur Malfoy serait-il juste ? »
Le regard de Theodore se fit incisif, tranchant.
« En quoi prendre des cours seul le serait-il ? Je n'ai jamais évoqué votre programme. », cracha-t-il presque.
Il marquait un point.
« Très juste. »
« De plus, vous détenez des informations que j'aimerais acquérir. »
« C'est-à-dire ? », questionna Charlie.
« Si vous n'acceptez pas de poursuivre les cours avec moi, je ne vois pas en quoi cela vous intéresserait… », fit sèchement Theodore.
Décidément… L'adolescent marquait un autre point.
« Encore une fois, très juste. »
« Alors ? »
Charlie passa sur le ton insolent de l'étudiant et se décida.
« Je vous le redis : cela ne me dérange pas. Nous sommes le vingt-et-un, si je ne m'abuse. Et la rentrée est le sept, n'est-ce pas ? Et bien… » Charlie compta mentalement la marge que cela représentait et ce qu'ils auraient le temps de voir pendant ces deux semaines et demi. « … Je pense que nous pouvons nous donner rendez-vous demain matin, à neuf heures devant la double porte du hall. Si cela vous convient. »
Le Serpentard hocha la tête et se releva.
« Puisque c'est convenu, il ne me reste plus qu'à vous laisser. »
« Monsieur Nott, attendez, s'il vous plait ! », le retint cependant Charlie. « De quoi parliez-vous, précédemment ? »
Un bref sourire moqueur naquit sur le visage du garçon avant de se dissiper aussi vite qu'il était apparu.
« Les cours ne commencent que demain matin, Professeur. »
Et il sortit sans bruit, laissant un Charlie quelque peu perplexe seul dans ses appartements brusquement trop vides.
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La perspective d'avoir quelque chose à faire de son temps était quelque chose qui rendait Charlie étrangement motivé. Ainsi, il occupa sa soirée à se demander ce qu'il pourrait bien faire faire au jeune Nott. Après s'être arraché les cheveux pendant une heure ou deux, cependant, il dut s'avouer vaincu rien ne lui venait et ses quelques bribes d'idées s'avérait toutes infaisables.
Lâchant un soupir exaspéré et se demandant intérieurement pourquoi il avait accepté cet arrangement, le jeune homme roux décida d'aller faire un tour dans les couloirs du château. Un peu d'air frais lui ferait le plus grand bien après les semaines intensives qu'il venait de passer. Mine de rien, le travail d'enseignant n'était pas aussi aisé qu'il y paraissait… Loin de là. Surtout quand on avait fait la bêtise de prendre deux élèves qui ne pouvaient se supporter pendant plus de deux minutes. Charlie se demandait parfois comment ses collègues pouvaient enseigner simultanément à des Gryffondor et à des Serpentard, réputés pour être passablement… Virulents entre eux. Cela ne devait pas être de tout repos… Enfin, cela ne le regardait pas, de toute façon.
Il arpenta lentement les couloirs de Poudlard, en silence, les mains dans les poches. Il n'était pas très tard mais le peu d'élèves restant était rassemblé dans la Grande Salle, attendant le dîner. Charlie supposa que ses frères et sœur y seraient également, aussi prit-il la direction du parc afin d'être au calme. Passant la double porte, il s'arrêta un instant et scruta l'horizon. Le soleil était presque couché et le vent était encore très frais. Resserrant les pans de sa cape autour de lui, le garçon se remit en marche et prit la direction du lac. Il longea le bord de l'eau tout aussi lentement en essayant de se vider la tête et de trouver une idée pour occuper la journée qui allait arriver mais rien ne venait. Si cela continuait ainsi, ils iraient faire la causette au Calmar Géant…
Charlie esquissa un sourire ironique. Lui aurait préféré les… Soudainement, il s'arrêta et se traita d'imbécile. Pour un peu, il se serait frotter le front de la main, mais une silhouette dissimulée derrière les arbres bordant le lac l'en empêcha. Il ne l'avait pas vue avant mais la reconnut instantanément. Theodore Nott l'observait, calme et silencieux. La première pensée qu'eut l'ancien Gryffondor fut d'aller à sa rencontre, mais il se retint. Le garçon ne semblait pas apprécier la compagnie des autres… Du moins, celle des Serpentard de son âge. Alors celle d'un professeur… Cependant, le roux eut la surprise de la voir se diriger vers lui.
« Monsieur Nott. », déclara Charlie d'un ton aimable. « Vous n'êtes pas dans le Grande Salle ? »
Theodore renifla et fit une grimace. Charlie étouffa un rire en comprenant toute de suite pourquoi.
« Trop de Gryffondor et de 'crétins', je suppose ? », hasarda-t-il.
Le regard que lui renvoya l'adolescent fut comique.
« Ginny ne semble pas non plus les apprécier. »
« Enfin un Weasley de sensé… J'ai toujours su qu'elle était intelligente. »
« Je vais prendre ça pour un compliment… », sourit Charlie.
« Comme vous voulez. », répondit Theo. « Que faites-vous ici ? Votre famille vous attend, je crois. »
Le roux haussa les épaules.
« Je dois avouer que, parfois, un peu de solitude faire du bien. », avoua-t-il. « Les jumeaux ont tendance à être légèrement envahissants… Et ma journée a été éreintante. »
Nott hocha la tête, compréhensif.
« Quoiqu'il en soit, j'ai enfin trouvé quelque chose pour vous demain. », l'informa Charlie alors que ses yeux se faisaient brillants. Un sourire vint étirer ses lèvres et réchauffer son visage. « Habillez-vous chaudement, de préférence avec des vêtements que vous n'aurez pas peur de salir. »
Theodore lui jeta un regard dubitatif. Où comptait-il l'emmener, comme ça ?
« Où irons-nous ? », questionna-t-il, intrigué.
Alors, Charlie lui lança un regard complice.
« Les cours ne commencent que demain matin, Monsieur Nott. », dit-il mystérieusement en repartant en direction du château. « Rendez-vous à neuf heures dans le hall ! Et n'oubliez pas, prenez des vêtements chauds ! »
Le Serpentard resta dans le froid, scié de voir un Weasley capable de lui clouer le bec. Cela dit, leur petite conversation lui avait fait oublier la raison de son non-retour chez lui pendant les vacances, ce qui n'était pas une mauvaise chose, et avait eu pour effet de le motiver lui aussi. Des vêtements chauds, avait-il dit ? Bien, très bien. Cela, ajouté à ce qu'il savait de Charlie Weasley, lui offrait une piste à suivre pour tenter de découvrir leur destination prochaine.
Le professeur, de son côté, se dépêcha de rejoindre ses appartements. Il avait un coup de cheminette à passer et un service à demander…
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Charlie mit la main sur sa cape et sortit en trombe de ses appartements. La veille au soir, il s'était couché vraiment très tard suite à la conversation qu'il avait eue avec l'ami qu'il avait contacté. Pour conséquence, il n'avait pas pu se lever à l'heure prévue. Depuis, il courait dans tous les sens. Il était tout de même parvenu à passer plus de cinq secondes sous la douche et à s'habiller de façon plus que correcte en moins de sept minutes et il courait à présent dans les couloirs à en perdre haleine.
Il n'en revenait pas… Cela devait faire une demi-heure que Theodore l'attendait devant l'entrée du château. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, tout ce qu'il trouva à dire fut :
« Excusez-moi, je suis désolé… Je ne me suis pas levé. »
L'étudiant lui adressa un regard signifiant, dans les grandes lignes, 'pitoyable'. Charlie toussa légèrement pour tenter de reprendre contenance devant son élève.
« Bref… », bredouilla-t-il. « Quoiqu'il en soit, j'espère que tu as suivi le conseil que je t'ai donné. Tu en auras besoin… »
D'un geste de la main, le garçon écarta un pan de sa robe et montra qu'effectivement, il avait fait comme le roux lui avait dit.
« Pourrais-je savoir où nous allons, maintenant ? », demanda, presque poliment, Theodore.
« Ne préfèreriez-vous pas en avoir la surprise ? », s'enthousiasma Charlie.
Theodore haussa un sourcil.
« Dois-je vous rappeler que vous m'avez fait poireauter dans le froid parce que vous avez eu une panne d'oreille, Professeur ? », fit-il ironiquement.
S'il avait eu quelques années de moins, ce dernier aurait certainement puérilement tiré la langue au Serpentard. Mais comme il avait été engagé par Dumbledore et qu'il était censé être un modèle de maturité pour tous ces jeunes, il n'en fit rien. A la place, il soupira.
« Tout ce que je peux te dire, c'est que nous changeons temporairement de pays. », dit-il en baissant d'un ton.
L'intérêt du garçon sembla touché car une étincelle de curiosité illumina son regard. Cela voulait-il dire que…
« Je n'en dirai pas plus. », termina Charlie. « Allez, allons-y. »
Ils prirent donc le chemin les menant aux grilles du parc de Poudlard, où il les fit tout les deux transplaner.
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Il avait osé. Grinçant des dents, Theodore fit un grand écart sur le côté lorsqu'une cage se renversa sous le poids d'il ne savait trop quoi. Devant lui, son professeur discutait gaiement avec un homme un certain Mihail. L'adolescent ne comprenait pas un traître mot de ce qu'ils pouvaient bien se raconter. Il ne s'agissait ni d'Anglais ni d'un quelconque langage qu'il avait déjà entendu. Aussi pensa-t-il que l'homme en question était un autochtone et que la langue utilisée était du Roumain.
Lorsqu'ils eurent terminé de discuter entre eux, ils se tournèrent vers Theodore et l'homme s'adressa à lui.
« Et bien… », commença-t-il avec un terrible accent à couper au couteau. « C'est bien la première fois que nous accueillons quelqu'un d'aussi jeune, en dehors de Charlie. »
L'étudiant lui lança un regard vide en soupirant mentalement.
« Je ne sais pas si c'est une bonne idée pour toi de circuler ici, mais puisqu'il est avec toi, ça devrait le faire sans trop de problème. », continua Mihail en assenant une solide tape dans le dos du Weasley et en souriant comme un dément. « Tu vas faire la connaissance de Fureur. »
Il pointa un enclos du doigt situé à quelques mètres de là, l'adolescent pouvait discerner la couleur des écailles de la bête sans pour autant en déterminer les caractéristiques. Puis l'homme se retourna vers son précédent interlocuteur pour lui adresser à nouveau quelques mots en Roumain. Ensuite, il s'en alla à grandes enjambées et Theodore se retrouva à nouveau seul avec Charlie.
« A bien y réfléchir, j'aurais dû choisir autre chose… », marmonna ce dernier dans sa barbe. « Fureur est une jeune femelle et elle a récemment pondu cinq œufs. Elle est d'une humeur de chien… »
« Quelle race ? »
« A toi de me le dire ! », sourit le professeur, enthousiaste.
Tout en discutant, ils s'étaient rapprochés de l'enclos. Écarlate, l'animal était doté d'un museau écrasé entouré de pointes d'or. Ses yeux étaient protubérants et sa gueule, grande ouverte, laissait passer un rugissement qui aurait fait pâlir Snape dans ses meilleurs jours. Ses œufs, d'une couleur cramoisie parsemée d'or, reposaient sagement entre ses pattes avant.
« Hmm… », fit Theodore. « Les Boutefeu Chinois femelles ne sont-ils pas supposés peser entre deux et trois tonnes ? Celle-ci me parait légèrement… Obèse. »
Charlie laissa échapper un rire.
« Vous avez parfaitement raison, Monsieur Nott. », gloussa-t-il. « Fureur est sujette à l'embonpoint, ce qui est un fait extrêmement rare chez nos copains à écailles... A ce propos, mes félicitations c'est bien un Boutefeu Chinois. »
« Et votre ami veut que… Nous nous occupions de cette chose ? », interrogea l'étudiant en fronçant le nez, comme si la vision d'un dragon défendant sa progéniture le dégoutait.
« Cela vous pose-t-il un problème, jeune homme ? »
La réponse mit quelques temps à venir.
« Non. »
« Bien. »
Il aurait mieux fait de répondre 'oui'… A peine avaient-ils mis un pied dans l'enclos, baguettes à la main, que Fureur fit honneur à son patronyme. La dragonne s'était campée sur ses pattes, attendant en rugissant les deux sorciers. Les yeux de la bête les fixaient où qu'ils aillent, procurant un sentiment d'étouffement au Serpentard.
« Que doit-on faire, exactement ? », questionna prudemment Théodore avant de déglutir.
« Elle s'est blessée à la patte avant gauche. Il faut vérifier que la plaie est bien cicatrisée. Ensuite, il faudra la nourrir. »
Charlie esquissa un sourire moqueur à la vue de son élève pâlissant. Oui, ça pouvait paraître impressionnant, pour quelqu'un d'aussi jeune que Nott, mais il était quelqu'un d'intelligent, de travailleur et de prudent, il saurait comment réagir en cas de besoin, du moins l'espérait-il. Après tout, il s'agissait de dragons en général et de Fureur en particulier… Malheureusement pour lui, Charlie n'eut pas le temps de questionner Theodore : le garçon avait déjà avancé prudemment dans l'espace clos et le moindre geste brusque ferait se déchaîner la dragonne, chose que le professeur n'avait vraiment pas envie de voir...
L'adulte regarda son étudiant faire, pas très sûr de l'attitude à prendre. Theodore avait l'air de savoir ce qu'il faisait, mais après tout, c'était sa première confrontation avec une dragonne couvant ses œufs – sa première rencontre avec une dragonne tout court, se fustigea Charlie.
« Monsieur Nott ? », appela-t-il en essayant de garder une voix calme. Les dragons sentaient la peur irradier des humains, il devait donc se contrôler. « Restez prudent, voulez-vous ? »
Theodore se tourna vers lui, le regarda dans les yeux, et finit par hocher la tête.
« Je suis trop loin d'elle, de toute façon. La chaîne est trop courte pour qu'elle puisse m'atteindre. », affirma-t-il.
Et alors que l'étudiant tendait le bras pour prouver ses dires, ce fut comme si Charlie s'était retrouvé en enfer. Effectivement, Fureur ne pourrait pas le mordre si jamais elle voulait lui sauter dessus, mais rien ne l'empêchait de cracher du feu ! Un énorme brasier sortit de la gueule de l'animal, prenant Theodore pour cible. Sentant son cœur sombrer dans sa poitrine, le roux réagit aussi vite que possible.
« Protego ! », cria Charlie. Il eut le temps de voir un halo vert se former autour du garçon avant que celui-ci ne soit totalement englouti par les flammes. « Merde ! »
Il avait été vraiment stupide de ne pas y penser ! Et pourtant, il avait travaillé avec des dragons avant de venir enseigner à Poudlard, dans cette réserve même, et c'était également lui qui avait pris Fureur en charge à son arrivée ! Qu'il avait été naïf ! Sans compter que cette fois-ci, il ne s'agissait pas de lui mais bel et bien d'un enfant !
En proie à la panique, le professeur dut attendre que la bête se calme pour pouvoir savoir si, oui ou non, il avait réussi à protéger son élève. Dans un état second, il patienta quelques secondes, avant de découvrir le corps de son étudiant allongé au sol, immobile. Au même instant, quelque chose sombra dans sa poitrine, le remuant profondément.
« Putain non ! »
oOo oOo
Le cœur battant à tout rompre, le roux se précipita vers l'adolescent. Heureusement, après un rapide examen médical, il s'avéra que Theodore ne souffrait que d'une légère déshydratation et de quelques brulures sans réelle gravité son 'Protego' avait donc eu l'effet escompté.
Tandis que ses anciens collègues s'occupaient de calmer Fureur, Charlie ramena le garçon au camp. Un bras passé sous les genoux de l'adolescent et l'autre dans son dos, le roux portait son précieux paquet en faisant bien attention à ne pas trop frotter contre les endroits où sa peau était endommagée.
Déposant l'étudiant sur une table, le professeur dut lui enlever sa cape ainsi que son sweat-shirt. Le garçon n'était touché qu'aux mains et aux avant-bras : relever sa chemise serait donc amplement suffisant pour lui passer de l'onguent. Cela n'empêcha pas Charlie de grimacer en découvrant certaines portions de peau.
Une des brulures en particulier semblait terriblement douloureuse. Située sur le flan gauche de Théodore, la blessure était assez imposante en superficie et, en passant précautionneusement la main dessus, l'ancien dresseur de dragons put ressentir une chaleur s'en dégageant. Grimaçant légèrement, le garçon fouilla dans la tente pour y trouver le pot de pommade. Quand il l'eut trouvé, il pria silencieusement pour ne pas que son élève se réveille en plein traitement, histoire de lui éviter des douleurs inutiles. Ensuite, avec des gestes lents et le plus doux possible, Charlie s'appliqua à enduire chaque parcelle de peau endommagée d'onguent.
Terminant par les mains, il se mit à soupirer. La encore, Fureur ne l'avait vraiment pas loupé… La peau recouvrant son poignet gauche était certainement brûlée au second degré, et Charlie nota mentalement d'administrer une potion contre la douleur à Théodore dès qu'il aurait terminé, avant de brutalement se figer.
Une des brûlures du garçon était déjà cicatrisée or, il était manifestement impossible que Fureur soit à l'origine de celle-ci. La blessure était bien trop ancienne et située à un endroit bien trop éloigné des autres… Non. La dragonne n'y était pour rien. D'abord abasourdi, Charlie fronça les sourcils et grommela quelques mots grossiers. Par quoi avait donc dû passer le jeune Nott pour en arriver là ? Que faisait cette brûlure sur le corps d'un adolescent ? Qui la lui avait infligée ?
Serrant les dents, l'ancien dresseur se mit en tête de le découvrir un jour, avant de se précipiter vers le coffre à potions suite au gémissement de douleur du garçon.
oOo oOo
Noël fut célébré deux jours plus tard. Les mains encore bandées, Théodore passa la journée dans son dortoir, seul. Ses 'camarades' étaient tous rentrés chez eux, comme leurs parents l'avaient exigé. Avec un sourire ironique, le Serpentard pensa que l'assassina de son père l'été précédent avait au moins eu un effet bénéfique lui avait été exempté de réunion et par là même de la vue du Seigneur des Ténèbres.
Il était censé faire comme Malfoy et Zabini. Espionner pour le compte de Voldemort, c'était ses ordres. Depuis qu'il avait pris la marque, l'année précédente, en même temps qu'eux. Son père ne lui avait pas laissé le choix, même lorsque Théodore lui avait expressément fait comprendre que les idéaux du mage noir n'étaient pas compatibles avec les siens. Lui ne rêvait de domination suprême ou d'éradication des nés moldus. Non, rien de tout ça. L'adolescent rêvait simplement de pouvoir vivre sa vie en ayant pour seul maître de sa personne lui-même. Il souhaitait devenir astronome, pourquoi pas, ou enchanteur. Pas Mangemort. Mais, comme pour le jour où il avait vu sa mère périr sous ses propres yeux, il n'avait pas eu son mot à dire…
Perdu dans ses sombres pensées, le garçon n'entendit pas l'elfe de maison transplaner. Il fallut que la petite créature émette un petit borborygme timide et discret pour que Théodore ouvre ses rideaux de baldaquins. Lorsqu'il l'aperçut, l'elfe se recroquevilla sur lui, peureux, un paquet rouge enrubanné d'or dans ses mains lui servant de bouclier. Le regard de l'étudiant se fit suspicieux.
« Qu'est-ce que tu veux ? », grinça-t-il, les mains se remettant à le lancer.
L'elfe se mit à trembler et à bégayer.
« To – Toriko a – a un pa – paquet p – pour M – Monsieur Nott. », geignit la petite créature.
« Je n'attends rien. », grogna Théodore. « Qui t'envoie ? »
« C'est… », bredouilla Toriko. « Je – je n'ai pas le d – droit de le d – dire. Il m'a d – dit que c'était u – une surprise ! »
Le scepticisme du Serpentard grandit à ces paroles. Il n'avait personne dans son entourage immédiat pour lui faire une… 'Surprise'. Ses parents étaient morts, il n'avait pas d'amis – ou du moins personne pour être considéré de la sorte – et sa popularité au collège avait brutalement chuté quand Malfoy et sa clique avaient commencé à s'en prendre publiquement à lui. Qui donc pouvait être à l'origine de cet envoi ? Il ne voyait pas… Donc ça ne pouvait être qu'une seule autre chose.
L'elfe esquissa un pas dans sa direction, incertain, et commença à brandir le paquet vers lui. Instinctivement, Théodore recula et son regard se fit noir.
« Je n'en veux pas. », assena-t-il d'une voix dure. « Rends-le à son expéditeur, détruis-le ou garde-le pour toi, je ne veux rien savoir ! Eloigne cette mauvaise blague de ma vue ! »
« M – mais M – Monsieur Wea… », paniqua Toriko.
« Je ne veux rien savoir ! », répéta l'étudiant vert et argent, totalement hors de lui, les mains plaquées sur ses oreilles. « Disparais de ma vue ! Disparais ! »
L'elfe de maison parut hésiter un instant, ses yeux faisant des allers-retours entre le garçon et le précieux paquet qu'il serrait dans ses bras tremblants. Pendant un court instant, la petite créature pensa à laisser sa charge dans le dortoir du garçon mais elle abandonna très vite l'idée lorsque Théodore se précipita sur elle.
« Dégage ! », hurla-t-il, écarlate de colère.
Toriko n'eut d'autre choix que celui d'obéir, pétrifiée par la peur. Après tout, le jeune maître avait bien spécifié ce qu'elle devrait faire dans ce cas, n'est-ce pas ? Elle n'avait qu'à le lui rapporter, et il s'en chargerait lui-même. C'était juste dommage que Monsieur Nott reçoive son cadeau de Noël après les fêtes…
Se dirigeant vers les appartements du professeur, Toriko laissa échapper un soupir. Elle ne savait pas pourquoi le garçon avait réagi ainsi, mais une chose était certaine : l'étincelle de peur qu'elle avait vue dans le regard de Monsieur Nott était bien là…
Dimanche 8 Aout - 13 h 15.
