Tadaaa!! Et me revoilà pour l'AVANT-DERNIER chapitre!!
Merci aux revieweuses.
Comme promis, que du Luciole! Et pour faire plaisir à Fan-de-Luciole (qui ne le serait pas??) et tous ceux qui pensent comme elle: un chti-pseudo-lemon. Sûrement mon premier, alors soyez indulgents.
Quoi qu'il en soit : vous êtes prévenus.
Bonne lecture, et lâchez vos comms!
Comme un rêve
Les rues étaient vides. Le soleil était plombant. Les maisons sans vie ni eau. Puis à un tournant une ombre qui bouge, qui se rapproche. Ombre grande, imposante et silencieuse; lente, comme glissant sur le pavé sans s'en apercevoir.
De temps en temps, le vent apportait des bruits ou des chants monotones et doux.
C'était le jour du sacrifice. Sacrifice à l'Ex Roi Rouge. Sacrifice de jeunes femmes stériles.
Taihaku se demandait si, à une autre époque, une très lointaine époque, si loin que peut-être elle n'avait jamais existée, les mibus offraient des jeunes femmes stériles, ou simplement des jeunes femmes à leur maître.
En tout cas, outre son rôle spirituel, le sacrifice avait aussi son rôle social. Une façon de donner un peu de divertissement au peuple peut-être pas si heureux que ça, ainsi que de se débarrasser de gens qui ne servaient à rien, car, quoi de plus salutaire pour une femme que de donner vie à de beaux et fiers guerriers?
Peut-être était-il mieux de servir le village en tant que sacrifié que de cobaye dans les laboratoires souterrains pour ensuite devoir élire domicile dans la forêt, et là-bas servir aux monstres en tant que sacrifié… pour le l'Ex Roi Rouge bien entendu. C'était un cercle vicieux.
Au tournant, l'ombre d'un arbre, pas très gros. Au pied, une autre ombre collée: celle de Keikoku.
- Alors, Keikoku, appela la planète d'Or.
Ce dernier ouvrit laconiquement des yeux et vit une paire de forts pieds chaussés de sandales. Les reconnaissant, il ferma les yeux avec un grognement:
- Laisse-moi, vint la voix au timbre sourd.
Taihaku s'assit à ses côtés:
- Tu t'habitues? – une rire amer secoua le corps à côté de lui – La fête ne t'intéresse pas?
- Non. Vous ne m'intéressez pas.
Le chef des cinq planètes réprima un sourire. Ne l'intéressaient-ils pas? Ou c'étaient eux qui ne s'intéressaient pas à lui?
- Ben, au lieu de rester tout seul, Shinrei va bientôt se faire relayer de son tour de garde, fit sa voix pleine de sous-entendus. Il doit être chez lui maintenant.
Luciole releva la tête et dévisagea son supérieur hiérarchique avec une certaine surprise, mais garda les yeux étroits et méfiants.
L'aîné sourit, de ce sourire un peu emprunt d'hypocrisie naturelle, comme sachant toutes les pensées de ses interlocuteurs.
L'autre devint perplexe: de quoi parlait le vieux gâteux? Devait-il penser.
Taihaku se releva alors, fit une tape dans le dos du bâtard et déclara plus jovialement:
- Allez Luciole, au lieu de te tourner les pouces, va voir Shinrei et raconte-lui des histoires du monde extérieur. Ca fera passer le temps.
Et il disparut.
Voir Shinrei? Pendant qu'il n'y avait personne? Ce n'était pas une si mauvaise idée que ça. Il pourra lui faire part de l'opinion qu'il avait de lui.
Il se leva, fit quelques pas mais s'arrêta – comme frapper – se gratta la tête: comment le gros lard connaissait-il son surnom, son nom de sacré du ciel?
Mais trouvant trop fatiguant d'aller courir après le grand blond, il pensait qu'aller voir son idiot de frère était une perspective plus distrayante.
Inconsciemment, il se mit à courir.
Il se présenta devant une porte à l'intérieur du palais du Yin et du Yang. Shinrei avait élu domicile dans une des petites annexes du temple, dans une sorte de coure intérieure, le logement en son milieu. Pour y accéder, il dût traverser les couloires vides, tous étant partis voir le sang se faire verser.
Il hésita. C'était rare qu'il hésite. Normalement il faisait toujours ce qui lui passait par l'esprit, et il se faisait tellement prendre par sa pensée du moment qu'il en oubliait pourquoi il avait agi ainsi juste à l'instant, ayant déjà oublié la pensée qui l'avait poussée, cédant la place à une nouvelle.
Mais là, aucune pensée. Toquer et Rentrer? Faire demi-tour? Une terreur sourde l'empêcha de faire un choix. Renter? Demi-tour? Que faire?
Demi-tour? Oui.
Il s'éloigna, sentant peu à peu son cœur se calmer, sa tête arrêter de tambouriner.
Il parlerait à son frère plus tard, lui dirait qu'il ne l'avait pas vu alors qu'il était passé…
Il déglutit, furieux. Pourquoi avait-il besoin de se trouver des excuses? Il n'en faisait qu'à sa tête d'habitude, mais là…
- Luciole? Enfin, Keikoku? Qu'est-ce que tu fais là?
Luciole sursauta. Devant lui Shinrei. Il ne l'avait pas entendu arriver. Il était à cinq mètres de lui. Ils se regardèrent avec une certaine surprise.
- Ri-rien – regard de Shinrei intense, Luciole baissa les yeux comme pris en faute – en fait, je pensais que t-tu étais déjà rentré de ton servi-vice et que… zut, et l-laisse tomber.
Le blond se promit de longues souffrances pour sortir de telles inepties. Jamais il ne disait des choses pareilles. En face de Shinrei en plus! Comment pouvait-il le prendre au sérieux? Depuis quand se laissait-il aller au bégayement de son enfance qu'il avait enfin réussi à réprimer après de longue années de travail? Mais le plus gênant, c'était comment Shinrei allait bien se moquer de lui, lui faire une de ses remarques acerbes.
Pourtant non. Shinrei, sans se départir de son regard presque étincelant, l'invita gentiment à rentrer dans ses quartiers. Le blond s'y retrouva sans savoir pourquoi ni comment.
Le porte fermée, le cendré lui proposa quelque chose à boire.
- Je prends du thé glacé, t'en veux? Proposa Shinrei en voyant son frère si indécis – cela le faisait intérieurement sourire, mais le rendait aussi interrogatif.
- Non, un thé vert. Bien chaud.
Shinrei étira brièvement ses lèvres et après qu'il se soit installé, l'aîné le fixa.
- Qu'est-ce qu'il y a? Demanda le cadet, un brin agacé d'être regardé si vulgairement, il avait été habitué à être perçu comme un démon sur les champs de batailles, qui au final étaient les seuls événements à remplir sa vie, mais pas comme une espèce de clown.
- Ben, c'est plutôt à moi de te poser cette question. Tu veux parler de quelque chose de précis, où t'es juste là parce qu'il n'y a plus de thé chez toi?
Ses yeux brûlèrent alors que ceux de Shinrei se voilèrent d'une mousse épaisse.
- Sinon, reprit le mibu loyal, feignant de ne rien remarquer, tu n'es pas allé à la fête?
- Non, ça ne m'intéresse pas, répéta Luciole, plus intéressé à regarder autour de lui.
La lumière rentrait allégrement dans la pièce. Les meubles en bois étaient chauds et doux. Aux murs, rien. C'était pratique et sobre, clair et précis, strict et sans zones d'ombres.
- T'as raison, y'avait rien de bien extraordinaire, mais avec ton goût du sang si prononcé, cela t'aurait peut-être inspiré, supposa Shinrei, faisant visiblement des efforts pour parler, et ne pas céder aux instincts qui lui criaient de commencer un nouveau combat; mais bon, Shinrei tenait à son mobilier quand même.
- J'ai pas besoin des petits mibus pour m'apprendre à faire mon travail, répliqua âcrement le blond, susceptible.
- Allons, allons, je suis sûr que t'es au point, sourit Shinrei, d'un de ses sourire forcé, jetant de fréquents regards à la théière sur le feu.
- Ben, alors pourquoi tu m'en parles si tu dis que j'suis au point? Discuta Luciole, sourcils froncés.
Shinrei fut pris légèrement au dépourvu et dit avec lenteur:
- Heu, parce que, si j'ai bonne mémoire… il y a quelques années, j'avais l'habitude de te voir au premier rang pour pouvoir assister aux sacrifices…
Luciole lui jeta un drôle de regard, entre ahurissement et gêne; puis reprit son air interrogateur:
- De quoi tu parles? Les sacrifices, ça sert à rien.
L'aîné étrécit les yeux, sentant l'irritation habituelle le gagner:
- Ben, c'est toi qui me questionnes, rétorqua-t-il froidement.
- Comment?... il y a eu un sacrifice tout à l'heure? Sortit avec un étonnement non feint Luciole après un silence.
- Luciole, je crois qu'il est temps pour toi de partir, déclara Shinrei, au bord de la crise de nerf.
- Et le thé?
- Quoi le thé?
- Tu l'as oublié? Attention Shinrei, Alzheimer te guette.
Shinrei voulut mettre un terme à cette conversation dénudée de sens commun. Il se leva et alla préparer le thé de son frère, puis se servit le sien.
Pendant un moment on entendit que les bruits de préparation; le blond ne bougeait pas, regardant avec un intérêt particulier une mouche se trimballer de la table basse à son genou, au plafond, puis quelques fois de nouveau sur son genou.
- Dis, Keikoku, demanda l'autre, le dos tourné, les mains occupées, tu sais, ce qui s'est passé, la veille de ton départ – pas de réponse – je… je sais pas ce qui m'a pris à ce moment, même que des fois je me dis que c'était complètement surréaliste – il eut un rire bref et ajouta avec un certain humour pas très drôle – mais bon, cela me donne aussi envie de m'arracher les cheveux. En fait…
Il se retourna, les deux boissons aux mains; une rougeur de colère le couvrit soudain; il s'immobilisa.
Un ange passa… et un deuxième. Le petit Luciole était affaissé, en train de piquer un somme, ronflant que très légèrement.
- BORDEEEEEEEEEEELE!!! – Sursaut de Luciole qui regarda son frère furax sans comprendre pourquoi ses tympans méritaient un tel châtiment – pour une fois qu'on parle d'un sujet sérieux et important, toi, toi tu dors, tu DORS! Punaise, j'y crois pas…
Il ne finit pas sa phrase, mais le blondinet se retrouva tout mouillé et fumant, son thé vert giclé à la figure…
- Aiiiiiiiiiiiiiiiiieuh!! C'est brûlant!!!!! – Il se mit à courir en cercle autour de Shinrei – une servièèèèèèèèèèèèèèètte!!!
- C'est pas vrai, se mit Shinrei la tête entre les mains, c'est un maître des flammes et il ne peut même pas supporter un peu d'eau chaude.
Le cendré releva la tête, se concentra et Luciole passa à la douche froide. Effet immédiat: la victime fut comme paralysé sur place.
- Tu veux que j'attrape la crève! Cria le blond, une flaque d'eau à ses pieds, je déteste l'eau!!
Il sentit quelque chose de doux se poser sur sa tête qui le fit taire abruptement. Shinrei, derrière son frère lui frotta la tête vigoureusement avec la serviette réclamée.
- Aïe, aïe, aïe, ça va pas d'écorcher mes oreilles? Se plaignit de nouveau le maître du Feu.
- Les oreilles? S'étonna un instant l'autre.
En effet, des fils de tissu s'étaient enroulés autour du clou de la lobe droit de l'oreille.
- Qu'est-ce que c'est que ces horreurs! S'écria Shinrei en voyant pour la première fois d'aussi près les divers anneaux qui ornaient la colonne cartilagineuse de l'oreille.
- Comment ça, "horreurs"? Glapit presque le blond de dessous la serviette.
Avec précision, l'aîné déroula les fils jusqu'à ce qu'il butte sur un nœud. On lui dit de l'arracher.
Luciole sentit, une fois le nœud cassé, les froides mains de Shinrei triturer son oreille, et commencer à toucher le métal qui l'agrémentait, essayant de passer les doigts entre les anneaux, puis ils longèrent l'arrière de son oreille jusqu'à la nuque humide avec douceur. Son autre main se posa sans avertissement sur le flanc du cadet.
Ce dernier déglutit, frémit (il est mouillé et il est frileux), enleva la serviette de sa tête et se retourna pour faire face à Shinrei qui avait un regard inexpressif, ce qui le surprit un peu.
- Qu'est-ce que je te dois aujourd'hui? Le thé que tu as perdu en me le balançant à la figure?
- Dis-moi, souffla Shinrei, semblant suivre sa propre pensée, tu as déjà fait ce genre de choses avec ces stupides humains?
- De quoi tu parles? Dis Keikoku dans un grondement muet mais ne se dégageant pas.
- Je prends ça pour un "non"?
Shinrei devinait Luciole piqué de curiosité. Ce dernier se laissa entraîner dans la chambre à coucher dont la porte était ouverte, reculait doucement, fixant son frère dans les yeux, alors que celui-ci regardait pardessus son épaule.
Ils s'arrêtèrent, comme si la musique s'était arrêtée, mettant un terme à leurs mouvements.
- Alors? Souffla d'une voix rauque l'aîné.
- Alors quoi?
Shinrei grimaça: vraiment il ne comprenait pas la subtilité, ou il faisait semblant d'être bête?
- Laisse-moi te montrer, glissa-t-il une main dans le kimono du jeune qui déglutit bruyamment.
Shinrei sourit, heureux que Keikoku puisse faire autre chose que dire "quoi?". Il l'embrassa; Luciole eut un mouvement de recul de la tête en flairant les lèvres près des siennes.
L'aîné sentit la soudaine résistance de l'autre, alors que jusqu'ici il s'était montré un peu passif.
Passif? Luciole?
Il se dégagea de Luciole.
- Qu'est-ce que t'as? Demanda Luciole.
- Comment? Sursauta un peu Shinrei.
- Ben, tu ne devais pas m'apprendre quelque chose?
Shinrei pensa déceler une certaine raillerie dans sa voix. Il ne répondit pas, essayant de décider que faire, un peu perdu par le comportement encore plus obscur du blond que le sien.
Il releva la tête et dit avec lenteur, d'une voix presque fissurée:
- Keikoku – il le vit tiquer, il marqua une pause – …voilà.
Mais bon, il aurait très bien pu causer avec un éventail: l'esprit du blond était déjà parti ailleurs.
Excédé, le mibu en difficulté fut soudain submergé par une vague d'étouffement, et de frustration de ne pas pouvoir faire comprendre ce qu'il attendait de l'autre clairement, surtout que l'autre en question de son côté ne faisait pas beaucoup d'effort.
Il prit alors violemment la forme désintéressée dans ses bras, contre lui, ferma les yeux, priant inconsciemment que le cadet n'allait pas grimper sur ses grands chevaux cette fois-ci. Et il le serra fort.
Surpris, le cadet trouva néanmoins cette nouvelle sensation des plus étrange. Un picotement lui engourdit l'échine. Sa tête contre le buste, entendant vaguement les rythmes lointains d'un cœur aux battements incertains. Une douce couverture le couvrit d'une chaleur somnolente. Mais la raison de toutes ces étrangetés avait une source toute simple et naturelle:
Il faisait un câlin à son frère.
Non, c'était son frère qui l'enlaçait, et lui, il le lui rendit, passant ses bras à son tour autour de sa taille.
Ce moment lui semblait bien plus fort en émotion que les avances maladroites et douteuses de tout à l'heure où Shinrei appelait son frère dans un besoin de réconfort, tout en s'imposant à lui. Mais ainsi, Luciole pouvait l'accepter.
Shinrei sentit l'autre remuer un peu la tête et éprouva un chatouillement sur la peau de son cou. Il se rendit compte qu'on la lui embrassait. Un baiser, deux baisers, un troisième. Il ne put plus en douter.
Il ne comprenait rien à son frère, mais il n'allait pas l'arrêter en si bon chemin. Pourtant il eut soudain un peu peur: son frère se rendait-il compte de son comportement, quand il sentit les mains du blond descendre jusqu'à son fessiers, puis ses doigts effleurer l'arrière de ses cuisses. Se rendait-il compte de ce comportement répréhensible?
Parce que, bien entendu, il ne pouvait pas être en train de faire ce qu'il faisait s'il était lucide. N'est-ce pas?
Shinrei, qui avait de plus en plus envie que cela ne s'arrête pas, pouvait, lui, se trouver une excuse. Après tout, il n'était pas censé savoir qu'ils étaient frères, il n'était même pas censé avoir un frère du tout.
- Luciole, souffla-t-il. T'es sûr de ce que tu fais?
L'intéressé leva la tête vers lui, yeux un peu moins rapaces qu'à leur l'habitude, teintés d'une certaine surprise ainsi que d'une pointe d'anxiété.
Shinrei desserra son emprise, releva la main et caressa le visage du blond, dégageant son front de cheveux rebelles.
Une illusion... non... Un rêve
Luciole passa doucement ses lèvres sur les siennes.
Un simple rêve
Shinrei concrétisa le baiser qui fut le premier à être accepté des deux.
Douce langue sur la sienne, le cadet la laissa se faire cajoler par l'autre. Quand le moment fut fini, Luciole crut même à la fin d'un songe, ce qui au fond le contraria.
- J'en veux d'autres, réclama-t-il comme un enfant.
- Hun? Haussa l'autre un sourcil amusé. D'autres quoi?
Shinrei s'amusa à voir la moue que fit son frère alors qu'il utilisait son mot de prédilection. Quid.
Shinrei poussa Luciole sur le lit qui les attendait depuis un moment (un loooooooong moment, d'ailleurs).
L'aîné s'assit à côté de lui, heureux de cette atmosphère de fragile harmonie qui s'était faite, calme et dénudée de violence.
Luciole lui fit un sourire un peu grinçant, le prit de surprise par derrière, et lui ébouriffa sa crinière qu'il avait toujours trouvé trop terne. Il lui emmêla les cheveux, les mis dans tous les sens sous les protestations et tentatives de son frère pour l'arrêter.
- Sale bête! Jurait Shinrei, laisse mes cheveux tranquilles! Arg! Saleté!
Mais Luciole passa un bras autour de ses épaules, se tourna, l'allongea, et se retrouva sur lui. Sur Shinrei; il l'embrassa légèrement et se frotta la tête contre le creux de son épaule comme un animal. Le décoiffé desserra la moitié du kimono (vu qu'il a un short genre scout en bas) du bâtard, l'admirant, caressant ses épaules, son buste, ses mamelons qui se dressèrent à son contacte.
Luciole haleta. L'autre n'eut pas de mal à le défaire complètement de son habit qu'il laissa tomber à terre. Il embrassa son frère qui lui rendit, un peu maladroitement, clouant Shinrei sur les couvertures.
Il lui lécha la bouche, traîna ses lèvres jusqu'à son oreilles nue, la lui mordilla.
- Déshabille-toi aussi, souffla-t-il.
Bientôt ce fut le cas, les deux hommes se découvraient pour la première fois. Etant passés d'une répulsion extrême qui avait cédé la place à une attraction presque désespérée, au moins de la part de Shinrei, frustré, dont le besoin de réconfort était tout aussi fort que celui de son cadet, amer et dévoré de pensées noires.
Le cendré devina rapidement que son frère lui laissait toute initiative, de manque d'expérience. Le mibu se sentit étrangement puissant et était fort heureux d'être le seul à avoir le droit de le voir autrement que paranoïaque et violent.
Ils s'embrassèrent sans retenu, trop absorbés l'un par l'autre pour pouvoir penser à l'animosité qu'ils disaient, et se disaient ressentir l'un pour l'autre.
Luciole, semblant avoir perdu toute agressivité, était d'une docilité nouvelle, se donnant à l'homme qu'il s'était juré de tuer en premier. Il laissait son corps se faire excité. Par un autre. Par son frère qui réussit facilement à lui arracher des plaintes et gémissements.
Rapidement il se retrouva sous l'aîné. De ses yeux brouillés par le plaisir, il vit le visage rouge de l'autre assez concentré. Trop concentré?
Luciole se permit un moment de doute; Shinrei n'éprouvait-il pas du plaisir? Il n'avait pas l'air de ressentir les mêmes sensations enivrantes qui lui.
Shinrei embrassa le ventre du blond, une main sur ses fesses, sentant le corps palpiter frénétiquement alors qui ses doigts jouaient lascivement sur la chaire en feu, sa langue léchant avec volupté la courbes de ses hanches fines.
- Ah… ahh, Shin… Shinrei, appela le maître des flammes.
Mais l'intéressé ne voulait pas arrêter, trop pris dans le plaisir de l'autre, l'aimant ainsi, à sa merci mais si facile à protéger, à aimer. Et plus égoïstement, plus facile à oublier son propre… déshonneur.
- Shinrei…, émit de nouveau cette voix éraillée.
Shinrei quitta son occupation et remonta vers blond dont le corps était tendu. Ses yeux n'avaient jamais été si expressifs, jamais aussi vivants, même plus que le jour de son premier massacre.
Il caressa son visage, ses cheveux, assoiffé de ces traits déconfits, de cette expression désarmante. Il ne pouvait ne pas sentir en lui une écorchure se faire au plus profond de ses tripes.
- Qu'est-ce qu'il y a Luciole? Pantela-t-il en embrassant son front (débarrassé de son bandeau). Mon Luciole, mon beau Luciole…
Un peu interdit par ce monologue flatteur et peu habituel, le convoité rougit bien que cela ne se vit pas, sa peau frisant déjà le violet.
- Je, je, bégaya-t-il de nouveau, comme paralysé, mais Shinrei ne l'écoutait pas, concentré à le toucher. Je veux… aussi te donner… du plaisir.
- Shh, laisse-moi faire.
Mais le cadet ne voyait plus les choses comme ça, il donna un coup de rein, fit quelques efforts sur lui-même et surplomba le mibu, qui agrandit les yeux de surprise; un peu de panique transperça son sentiment d'excitation.
Mais ce fut très étrange, se rendit-il compte. Il eut peur d'abord de sentir des doigts squelettiques s'enfoncer vulgairement dans sa peau, lui mordant la chaire, mais là, non. A peine y avait-il une pression le long de ses hanches, descendant, le corps du blond suivant. Subitement, sans prévenir, son sexe roide fut flatté gentiment, puis se retrouva complètement enserré.
Chinmei n'avait jamais été si doux, peut-être plus sobre et expérimenté, mais là, Shinrei sentit sa tête tourner, ses sens se mélanger. Il plia les jambes, les écarta s'abandonnant réflexivement à cette bouche d'abord hésitante.
Jetant sa tête en arrière, il grinça des dents, réprimant un cri. Ses mains atteignirent la tête blonde, la forçant à le prendre plus profondément en lui.
Dès qu'il sentit les mains sur sa tête, Luciole lâcha prise brutalement, forçant une sortie et se releva malgré les bruits de mécontentement de l'autre. Il semblait mal à l'aise, s'allongea sur le lit avec une sorte d'indifférence comme s'il avait tout oublié, comme si rien n'avait existé. Alors pourquoi avait-il un gargouillement chaud dans l'estomac, et pourquoi transpirait-il, et avait-il le vertige?
Frustré, le corps toujours palpitant, Shinrei se retourna vers lui, réprima sa contrariété et demanda des explications.
Pas de réponse.
Shinrei insista, un peu paniqué par ce revirement de comportement hostile de l'autre, mais après tout, cela n'était pas si surprenant comme comportement, venant de son frère.
Ce dernier, sentant le vertige s'être apaisé tenta de se relever, mais la personne à ses côtés le retint, de plus en plus énervée:
- Tu n'iras nulle part avant de m'avoir dit ce qui ne va pas.
Luciole soupira, mais ne fit pas d'histoires quant à se rallonger, mais toujours sans un mot d'explication, sûrement parce qu'il n'arrivait pas à s'expliquer à lui-même.
Plus calme, l'autre se colla au blond, l'embrassa doucement, et comme il n'y eut aucune résistance, continua. Il se retrouva face à lui.
Peut-être avait-il du remords de partager le lit de son propre frère. La colère de Shinrei augmenta. Pourquoi Luciole ne pouvait-il pas aimer Shinrei de la manière qu'il le voulait sous prétexte que lui connaissait (officiellement) leur lien de fraternité.
Le mibu cendré se saliva le doigt et l'enfonça dans l'anus de son jeune frère qui glapit mais ne protesta pas.
Shinrei voulait dépasser le seuil de non-retour. Rendre ineffaçable ce moment où enfin ils se trouveront. Sûrement qu'après Luciole comprendrait-il qu'il n'y avait rien de si terrible à avoir du plaisir… avec lui. Il avait juste besoin d'être rassuré. Shinrei lui prendrait la main et lui montrerait qu'il n'y avait rien de mal à ça.
Le bassin du cadet ondula sous l'impulsion de l'intrus en lui, et Luciole eut un nouveau hoquet quand un deuxième doigt viola son intimité.
L'aîné prit ses gémissements pour un accord implicite, et il le pénétra enfin de son sexe dur.
Le maître des flammes se fit embarqué, des larmes d'émotions étrangères perlèrent aux coins de ses yeux, alors qu'il vivait le moment à deux cent à l'heure, mais voulant encore plus de rapidité et d'intensité que d'ailleurs Shinrei lui procurait comme s'il lisait dans ses pensées.
Et enfin, ce fut la délivrance.
Plein de sueur, le blond haletant, perdu, peu habitué à se genre d'activité, s'agrippa sans s'en rendre compte à son frère, enfouissant sa tête dans son cou.
Shinrei, sourire aux lèvres, le prit dans ses bras, le berçant presque.
Ils s'endormirent ainsi, au fond bouleversé de se trouver si confortables dans les bras l'un de l'autre.
(à suivre…)
ça vous a plu? Vous voulez la suite?
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