Esmée

L'ange de ma vie.

Ma rédemption et ma renaissance.

2 ans après avoir transformé Edward j'ai été touché par ce que j'avais observé bien des fois chez les humains, et dont j'avais constaté si souvent les ravages.

L'amour.

J'avais décidé de ne jamais tomber amoureux.

J'étais persuadé que le seul fait de prendre cette décision me garantissait que cela ne m'arriverait pas…

Et j'étais assez sur de moi, puisque en prés de 300 ans de vampirisme cela ne m'était pas arrivé…

J'avais connu des liaisons avec d'autres vampires femelles, toutes plus éphémères les unes que les autres, et depuis 100 ans j'avais décidé de tirer un trait sur cette partie de mon existence.

Et puis je l'ai vue.

Dans cette morgue glaciale, un dernier souffle de vie dans ce corps brisé, cette âme torturée par la plus douloureuse des pertes.

Esmée.

J'ignorais qu'un humain pouvait me toucher de cette manière.

J'ignorais ce que je ressentais pour elle.

J'ignore encore aujourd'hui comment ma décision a été prise, et surtout si vite.

Bien sur le temps pressait, la vie s'écoulait d'elle très rapidement.

Mais je n'ai pas réfléchi, j'ai agi par instinct.

Lorsque mes dents ont rencontré son cou, que son sang presque mort a coulé dans ma gorge, j'ai eu encore plus de mal à cesser de le boire que pour la transformation d'Edward.

Son sang était fait pour moi, je ne sais pas si j'aurai pu arrêter si à ce moment là elle n'avait pas posé sa main sur mon épaule.

Ce geste m'a rappelé mon but et j'ai réussi à m'écarter…

Elle s'est très vite mise à hurler, aussi fort qu'Edward l'avait fait, et presque aussi longtemps.

Je ne l'ai pas quittée, j'ai souffert à chacune de ses suppliques, chacun de ses hurlements d'horreur.

Lorsqu'elle s'est réveillée de sa transformation j'ai eu peur, encore plus que pour Edward, qu'elle m'en veuille.

Edward n'avait pas choisi de mourir : elle si.

La mère d'Edward m'avait supplié de faire quelque chose pour lui, la transformation d'Esmée ne dépendait que de moi.

Elle ne m'en a pas voulu.

Rapidement j'ai compris pourquoi je l'avais transformée.

Je l'aimais.

Et elle m'aimait aussi.

Edward a su être discret, même si plus tard il m'a avoué que le coup de foudre entre nous avait été immédiat et réciproque…

Esmée est ma femme, la moitié de ce que je suis, celle que j'ai attendu, celle qui fait de moi ce que je suis, celle grâce à qui nous sommes devenus ce que nous sommes aujourd'hui.

Je me suis crée des compagnons, elle a fait de nous une famille…

Elle est belle, douce et aimante.

Mais elle est bien plus que cela : elle est ferme, décidée et obtient toujours ce qu'elle veut.

L'aimer est la plus belle chose qui me soit arrivé, l'aimer a donné un sens à ma vie, à mon destin.

L'aimer comporte de multiples facettes, notre complicité intellectuelle est visible de tous, mais nous tachons de garder pour nous notre complicité amoureuse, bien que ce ne soit guère facile dans cette famille.

Esmée me comble de toutes les manières possibles, être son mari est un bonheur sans cesse renouvelé, passer mes nuits dans ses bras m'apporte le bonheur physique que j'avais décidé d'ignorer…

Peu de personnes s'en rendent compte, mais la passion que je ressens pour ma femme est la raison qui m'a poussé à vouloir plus qu'un compagnon : une famille.