Encore une fois merci pour vos reviews, 4 maintenant!! Merci ça me fait très plaisir.

Un chapitre un peu plus long que le précédent avec un peu plus de "révélations".

J'espère qu'il vous plaît.

A Bientôt.



C'est Esmée qui nous accompagna à notre hôtel. En sortant de la patinoire, elle nous avait fait embarquer dans un 4x4 de huit places. Une fois de plus j'étais à côté de Jacob et d'Angela, tandis que Jessica avait décidé de se mettre entre Mike et Eric. Durant les dix minutes de trajet, elle n'avait pas cessée de sourire et de s'agiter. Mine de rien ça faisait plaisir de la voir comme ça, ça me rassurait, comme si certaine choses ne pouvaient pas changer. Nos bagages étaient entassés entre nous. Esmée avait eu bien du mal à repartir le poids de ceux de Jessica qui prenait toute la place sur le fauteuil passager, certains avaient fini par être mis sur la galerie du véhicule pour permettre d'en stocker plus. Les maisons défilaient pas la fenêtre, je ne m'étais jamais imaginé l'Alaska comme ça. C'était tellement différent de ma vision peuplée d'ours blancs et de loups gris. C'était une ville faite de gratte-ciels et de buildings, entourée par des montagnes qui lui donnaient un côté nature qui manquait à nos grosses villes et bordées par la mer. C'était tellement beau que je regrettais presque de ne pas être venue pour y faire du tourisme. Peut-être aurais-je l'occasion de la visiter tout de même.

Esmée gara la voiture devant l'hôtel, c'était un trois étoiles de douze étages. Je pris mes bagages, et attendis les autres. Ils se placèrent près de moi. Nous regardions Esmée sans savoir quoi dire. Elle affichait un sourire proche de celui de Carlisle Cullen, c'était sympathique et chaleureux, comme si elle devait remplacer notre mère le temps que nous serions ici. Cependant, et contre mon attente, elle dit :

« Je dois retourner à la patinoire, donc je vous laisse vous installer. Le numéro de vos chambres et sur votre badge. On se revoit au dîner ce soir. »

On se regarda tous sans trop savoir quoi faire. Elle nous regarda et, finalement, remonta dans la voiture et mit le contact. Elle démarra et le 4x4 s'éloigna.

« Alors on va voir nos chambres ?! » C'était Jess. Heureusement qu'elle était là vraiment. D'ordinaire son côté suractif m'énervait, mais là il me rassurait, c'était comme si elle était capable de nous remettre tous dans le bain. Ça avait d'ailleurs très bien marché, Eric fouillait son sac à dos pour sortir l'éternel compact numérique qu'il trainait partout avec lui, pour les entrainements, les compétitions, et le stage n'y ferait pas exception. Je fis mine de râler mais au fond du mois ça me rassurait, et sentir la main de Jacob dans mon dos au moment du flash me fit presque frissonner de bonheur tant il me semblait qu'entre ses bras, je n'avais pas à m'inquiéter : qui voudrait provoquer un indien quileute, certes patineur artistique, mais néanmoins avec la stature proche d'un nageur amateur.

Après la pause photo nous avons rejoint nos chambres, je partageais la mienne avec Angela, et Jess. La chambre était à reconnaissance magnétique. Pour ouvrir la porte il fallait passer la carte dans le système et une lumière verte nous montrait que ça avait fonctionné. Les garçons, quant à eux, avaient une chambre dans un autre couloir sur le même étage. On s'était fixé rendez-vous à 19h30 devant les ascenseurs pour aller ensemble au repas où nous ferrions la connaissance des autres équipes venues d'un peu partout aux Etats-Unis. Je me demandais combien nous serions. Il est vrai que si la patinoire avait des dimensions olympiques, je ne savais pas combien de patineurs elle pourrait accueillir en même temps sans que cela ne pose de problèmes.

Mais interrogations furent coupées par le problème le plus important de la soirée : placer brosse à dents, dentifrice, et mon verre à dent dans la salle de bain entre les palettes de peinture ; les bandes de cires, les démaquillants, les vernis à ongles, et autres bizarreries de Jessica. Je ne pouvais décemment pas me plaindre car c'était elle qui nous maquillait pour nos programmes et nos galas. Elle pourrait être une formidable esthéticienne si elle décidait un jour d'arrêter de patiner. Ce que je ne lui souhaitais pas, car, même si avec Mike c'était plus de la figuration en attendant de trouver mieux, elle avait un talent sur la glace. Elle avait tellement confiance en elle qu'elle arrivait à mettre le public avec elle, son gros problème c'est qu'elle devait être « dedans », notre entraineur lui avait reproché mainte et mainte fois de rater ses passages parce qu'elle était contrariée, fâchée, prise par autre chose.

Quand je revins dans la chambre après avoir réussi à poser mon verre à dent sur le rebord de l'évier, Jess et Angela parlait avec animation. Je me posais sur mon lit. La manière dont la chambre était disposée me paraissait curieuse, nos trois lits étaient dirigés, en éventail, vers la télévision. Un papier avec la carte des programmes étaient disposé devant celle-ci et on avait même un lecteur de cassettes et de dvds.

« Alors Bella tu en penses quoi ? » C'était Angela qui venait de me poser cette question. Contrairement à Jessica, Angela était calme, peu bavarde, et très gentille, c'est sans doute pour ces raisons que depuis mon arrivée dans l'Etat de Washington je la considérais comme étant ma meilleure amie.

« Je ne sais pas. Elle a l'air gentille.» Je répondais en parlant d'Esmée. Oui elle avait l'air gentille, la parfaite maman qui veut materner ses enfants. Elle ressemblait d'ailleurs plus à une mère qu'à autre chose, et je me demandais si elle n'était pas seulement responsable de l'accueil en fait.

« Oui, elle a l'air gentille… » Reprit-elle. Visiblement elle ne semblait vouloir dire autre chose mais n'ajouta rien. C'était la qualité et le défaut d'Angela, elle n'en disait jamais trop et par là jamais assez ; mais comment pourrais-je le lui reprocher ? J'étais, en cela, pire qu'elle, jamais un mot de trop.

Je me demandais s'il fallait que je pose une question pour avoir son ressentit ou pas. Jessica ne me laissa pas le temps d'y réfléchir, elle lui demanda :

« Que veux-tu dire ? » Jessica était moins patiente que moi et l'attitude d'Angela l'énervait. Elle voulait savoir, avide de commérages, d'avis. Si elle avait été une série télévisée je l'aurais volontairement placé dans Desperate Housewives.

« Je veux dire que c'est Esmée Cullen… C'est Esmée Burwell Jess! »

Comment ça Esmée Burwell ? Jess regardait Angela puis moi, et reporta son regard sur Angela. Angela elle me regardait, visiblement elle voyait que je ne comprenais pas l'importance du nom de jeune fille de la femme qui nous avait accueillis. Elle reprit donc la parole :

« Bella, Esmée Burwell, tu ne connais pas ? »

Je répondis par un hochement de tête négatif. Quelque chose me dit que j'aurais du en connaitre l'existence mais rien de ce nom ne semblait vouloir accéder à mon cerveau. Alors Angela décida de m'expliquer, coupant ainsi l'herbe sous le pied de Jessica qui semblait vouloir faire de même.

« Il y a 8 ans, Esmée Burwell et Carlisle Cullen était l'espoir du patinage américain. C'était une histoire formidable, l'histoire d'un coup de foudre, d'une idylle entre les deux patineurs. Carlisle Cullen est anglais, tu as du le remarquer à son accent. Il a rencontré Esmée aux championnats du monde qu'il disputait à Salt Lake City. Dès qu'ils se sont vus ils ont décidé de patiner ensemble. Carlisle a changé de nationalité et à déménager aux States pour vivre leur rêves et décrocher le titre olympique ! »

Je la regardais abasourdis. Elle continuait de parler, l'histoire ne s'arrêtait pas là.

« Après seulement une saison ensemble, ils avaient décroché plusieurs titres dans les tournois comme le Trophée Bompard, les Championnats de Russie, bien sûr ils étaient champions aux Etats-Unis, et ils avaient fini sur la troisième marche du podium, autant dire un résultat qui ne pouvait qu'être le fruit d'une entente, d'une confiance incroyable entre eux. En deux ans, ils avaient décroché la plupart des titres et figuraient sur tous les podiums, les jeux olympiques étaient en vue. Ils étaient prêts. Les programmes étaient au point. Ils ne se sont jamais présentés. Ils ont eu un accident de voiture. Carlisle conduisait. La voiture a fait une embardée, Esmée a traversé le pare-brise. Elle est restée longtemps à l'hôpital entre la vie et la mort, quand elle est sortie, elle avait perdu trop de mobilité pour repatiner à un bon niveau un jour et une énorme cicatrice traversait son visage. »

Soudain je me rappelais ma constatation sur le trop de fond de teint de la jeune femme mais si elle tentait de camoufler une cicatrice, il était normal. Elle essayait de retrouver une vie après l'accident c'était évident. Je me demandais même comment Carlisle avait du vivre la responsabilité de cet échec, et je me demandais si il avait repatiné un jour. Comme si elle avait entendu la question elle ajouta :

« Carlisle a arrêté le patinage artistique quand il a vu qu'elle ne pourrait plus patiner. Elles avaient 28 ans, lui à peine 25. Je ne savais pas même qu'il avait décidé d'entrainer la jeune génération. »

Je n'eut pas le temps de poser d'autres questions, mon portable vibrait, Jacob et les garçons se demandaient où l'on était. Nous nous dirigeâmes donc rapidement vers notre point de rendez-vous. Il était temps de rencontrer nos nouveaux « camarades », je refusais de les appeler concurrents, ici ce n'était pas une compétition, seulement une préparation.