Le lendemain matin il se lève, une fucking banane sur les lèvres. Comment cette journée pourrait ne pas être merveilleuse ? Il ouvre sa fenêtre pour laisser le soleil entrer et… Sur le rebord, posé là, alors qu'il est au 4ème étage, un bouquet de lilas. Sa gorge se serre. Le bouquet est noué par un tissu rouge. Comme… L'écharpe du loup. Son cœur tambourine et il se penche. Comme si la personne était restée là ! Il respire l'odeur apaisante des fleurs. Sourit de plus belle. Le loup est revenu c'est sûr. Mais comment il fait alors que Derek habite là bas ?

Il a cuisiné comme il n'a jamais cuisiné. Il y a près d'une dizaine de plat. Ok il s'est peut-être laissé un chouia emporté. Mais hey quand on reçoit une perfection comme Derek faut être à la hauteur. A 19h pétante il sonne. Stiles se précipite pour déverrouiller la porte du bas et ouvre en grand sa porte. Trépignant il attend sur le palier. L'homme arrive, avalant les marches 4 par 4, même pas essoufflé.

- Sal…

Il est coupé par un baiser. Il est plaqué contre la porte. Il est loin de s'en plaindre. Il s'enroule comme il en a eut envie hier. Les mains dans ses cheveux doux et noirs, les lèvres contre les siennes, sa langue dans sa bouche et ses grandes mains chaudes tout contre son cul. Ouais ça lui plait bien. Sauf… Il s'écarte juste un peu et souffle contre sa gorge.

- Der' on est sur le palier

- Mmmhhhh ; plus ronronnement de chat que parole d'humain

Mais ça fait sourire Stiles. Il le tire par le devant de sa veste en cuir. La porte est refermée d'un coup de talon vigoureux. Le jeune photographe ne l'entend pas parce que son attention est à nouveau occupée par les lèvres du mécanicien. Il continue de reculer. Jusqu'à ce qu'il sente son canapé derrière ses genoux. Il lâche un glapissement et s'écroule, entraînant Derek puisque ses mains sont encore contre son cuir.

- Est ce que tu sais à quel point tu es beau ? ; chuchote chaudement le brun à l'oreille de Stiles

- Tu peux parler ; il enroule ses jambes autour de ses hanches

Il passe ses mains sur le dos du blouson et tire dessus. Derek lève un bras, puis l'autre. La veste chute au sol avec un bruit lourd. Puis il grogne en se redressant.

- Quoi ? ; râle Stiles

- J'ai des fleurs pour toi dans la voiture

- On s'en tape. T'avises pas de bouger d'ici ; il enroule ses jambes plus fort encore et passe ses mains sous le t-shirt ; Je le savais ; Derek frissonne

- Quoi ? Tu savais quoi ?

- Que ta peau allait être aussi douce

Un sourire déchire son visage en deux et Stiles rougit. Ce sourire là, rien que pour lui. Il est au nirvana. Il est mort et il le sait pas c'est ça en réalité. Derek se penche et embrasse très tendrement sa joue, puis le grain de beauté qui s'y trouve, puis la commissure et enfin sa bouche. Quand il la relâche il pose une question faite d'un mot « chambre ? ».

Le repas passe au second plan dans la tête de l'hyperactif. Tout ce qu'il veut c'est un Derek nu sur lui, dans son lit. C'est déjà pas mal comme plan. Il l'indique des yeux et le brun se relève, l'emportant avec lui. Le photographe glousse comme une collégienne enamourée.

A peine arrivé dans la chambre les t-shirts volent. Stiles est bouche bée de la musculature que possède le mécano. Celui-ci lui ferme la bouche d'un doigt, un doux sourire aux lèvres. Alors il décide que merde, il veut savoir si lui peut troubler Derek comme Derek le trouble. Il embrasse d'abord le creux derrière l'oreille. Puis il frotte ses lèvres contre sa barbe. Il descend peu à peu, évitant sa bouche. Il mord une marque sur son épaule ronde et ferme et musclé et… gggrrrr une épaule mâle quoi ! Il frotte son nez contre. Fier de la marque. Puis il laisse ses mains toucher, caresser et griffer. Derek se tend et ses mâchoires se contractent.

- Un problème ?

- Juste que si t'accélères pas un tout p'tit peu je pense que je vais finir par salir mon boxer

- Impatient ; chantonne Stiles

- C'est pas ça ; il lui relève le menton d'un mouvement de la main et lui confie comme un secret d'état ; C'est mon boxer préféré ; puis son visage se fend une nouvelle fois d'un sourire plein de dent et de joie

- Espèce de…

Au lieu de l'insulter il préfère descendre ses mains. Jusqu'à la lisière du jeans. Qu'il déboutonne en quelques mouvements experts. Il dévoile ce fameux boxer. Noir. Hugo Boss. Le pantalon est envoyé à travers la chambre comme le t-shirt auparavant. Derek enfouie sa main dans les cheveux de Stiles. Lui pour l'instant se contente d'embrasser chaque abdos qu'il trouve sous ses lèvres. Et ça en fait quelqu'un. Un gémissement profond, animal sort de Derek. Ça rend le jeune tout plein de bulle. Il finit quand même pas cesser la torture parce que honnêtement même lui s'il continue aussi doucement va finir par salir ses fringues.

On dirait pas comme ça mais Stiles a de l'expérience. Pourtant ce qu'il a devant les yeux. Il se mord les lèvres et se dit que merde ça peut pas exister. Il allait prendre Derek en bouche quand celui-ci semble se réveiller. Il tire le photographe d'un simple mouvement de bras. Et il se retrouve allongé sur le lit.

- Non

- Quoi non ? ; il halète

- Toi avec moi ou rien

- Bien monsieur ; il sourit appréciant plus que de raison les yeux vitreux de son amant

Derek l'embrasse comme s'il devait ne jamais voir le soleil se lever le lendemain, comme si sa vie en dépendait et comme si ça faisait déjà trop longtemps qu'ils ont été séparés. Il se penche encore un peu et l'embrasse juste dans le creux tendre du cou, passant ses mains le long de son torse, les arrêtant à la lisière de son jeans. Stiles serre les dents pour pas ruer en avant, il se mord les lèvres pour ne pas crier mais Derek éparpille toutes ses résolutions au vent en lui demandant « de ne pas te retenir, de ne rien retenir, on est seuls, rien que toi et moi ». Il sème un chemin de baiser de sa bouche jusqu'à son nombril, le mordillant, le léchant, le rendant cinglé. Il remonte et lui mord violemment le creux du cou, au même endroit qu'il avait embrassé quelques secondes avant. Sauf que cette fois-ci, immédiatement après il aspire, le lèche tendrement. « Il me marque ! » pense avec fierté Stiles. Derek pour confirmer l'embrasse et chuchote « comme ça tout le monde verra que tu es à moi ».

Tout à son plaisir de caresser le dos de Derek et de le sentir entre ses jambes Stiles se rend compte tardivement qu'il n'a plus son pantalon. Il brûle tellement il a chaud. Derek est partout sur lui, sa bouche, ses mains, sa barbe qui marque sa peau de crème, ses dents qui pincent un téton. Il a l'impression que l'homme au-dessus de lui irradie de chaleur, comme incandescent et ça le rend encore plus bouillant. Il l'embrasse à la limite extrême du boxer et d'un coup le descend. Stiles n'a pas le temps d'être gêné ou de protester plus que ça qu'il se sent pris en bouche.

Tout son être se retient pour ne pas se cambrer. Il agrippe tout ce qu'il peut. Les draps en l'occurrence. Derek tend sa main et Stiles la saisit, le mécanicien la dépose sur ses cheveux et lui lance un long regard. Stiles ne peut en supporter plus et bascule vers l'arrière. Il se sent complétement anéanti. Lorsqu'il sent qu'il ne pourra plus tenir plus, parce que c'est déjà un effort surhumain d'avoir résisté, et que franchement Derek sait foutrement bien y faire, il se met à scander « Derek, Derek » jusqu'à ce qu'il le lâche.

Le photographe ouvre son tiroir de sa table de chevet et balance littéralement le lubrifiant sur le torse de Derek. Petit haussement de sourcil.

- Et fais ça vite parce que sinon…

- C'est qui l'impatient ; maintenant il lui griffe l'intérieur de la cuisse

- Bordel Der'

Il l'alpague à nouveau et se remet à l'embrasser. Il ne se crispe pas une seule seconde quand il sent l'index titiller son entrée. Il peut juste penser « enfin ». Mais Derek fait ça tranquillement, sereinement et il ne tient pas compte du petit bordel haletant et suant en dessous de lui qui supplie pour plus. Il continue juste à son rythme tout comme il a envie.

C'est sans compter sur le caractère de Stiles. Il lui attrape la verge et la lubrifie. Il remord son épaule qu'il était sûr d'avoir déjà marqué et menaçant chuchote « maintenant tu t'amène ou putain je te chevauche ». Pour toute réponse Derek le retourne, plie ses genoux et Stiles n'a pas le temps de sortir sa tête de l'oreiller qu'il est déjà rempli.

- Oh dieu tout puissant

- Dieu n'a rien à foutre dans l'équation

Stiles crachote un petit rire sans avoir le temps de plus puisque Derek se retire pour revenir. Pendant un temps on n'entend plus rien que leurs souffles saccadés, les claquements de peau et les gémissements.

- Der'

- Mh ?

- Je veux te voir

Il tend la main, attrape un avant bras et tire l'autre homme sur lui. Sa peau est moite et chaude. Il sent qu'il hésite alors il redemande, ajoutant « s'il te plaît ». Un mouvement, le monde se floute aux yeux du jeune homme qui est retourné avec force et enfin il retrouve le visage de son amant. Il le caresse et l'embrasse. Le rythme semble avoir changé. Plus tendre que passionné. La main de Derek va s'égarer sur le sexe de Stiles, prouvant qu'il n'est pas loin lui-même. Il se cambre à cette nouvelle attention. Les mouvements se coordonnent et la boule de feu dans le ventre de Stiles s'amalgame. Il le chuchote à Derek. Qui ferme les yeux, approchant son corps encore plus, jusqu'à le couvrir. Son nez caresse la jugulaire de Stiles et cette dernière attention le termine. Il jouit avec un cri de pur extase et en griffant le large dos à sa portée. Derek se tend et le rejoint dans l'orgasme. Il s'écroule sur lui.

Un long moment après un ventre grogne. Ça les fait rire et ils se contentent d'enfiler leurs boxers pour rejoindre la cuisine. Juste avant de s'endormir Stiles caresse la nuque de Derek et le temps d'un instant il a cru voir ses pupilles s'entourer d'un halo rouge. Il sourit et embrasse sa tempe.

Pendant un temps ils vivent comme ça, un peu l'un chez l'autre, même si c'est plus souvent Derek chez Stiles que l'inverse. Il a l'impression de ne pas avoir de légitimité pour venir troubler la quiétude de l'ancienne maison qui a brûlé. Ils sont bien comme ça. Ils apprennent à se découvrir et parfois au travail Stiles repense avec plaisir à des bribes de brumes de leurs nuits passionnées. De plus en plus souvent il a l'impression de voir des yeux rouges chez son homme. Lors du plaisir final, lors d'une attention qui le touche. Et lui ça le trouble plus que de raison.

Le froid arrive et avec Noël. C'est le grand soir de l'officialisation. Stiles angoisse. Derek angoisse. Et même John angoisse. 19h sonne. Personne ne se manifeste. Stiles panique. Derek est toujours ponctuel. Ça l'inquiète. S'il avait eu un accident ? S'il… La sonnette retentit. Le jeune homme se lève tellement vite que la chaise chute. Le père, habitué, la remet à sa place. Il arrache presque la porte de ses gongs. Là, son éternel blouson de cuir sur le dos est Derek. De la neige dans ses cheveux. Il semble… Différent.

- Hey ; chuchote Stiles, conscient du malaise qu'émane son homme

- Dis… ; il s'approche d'un pas et sort quelque chose de derrière son dos ; Est ce que l'invitation d'il y a 11 ans tient toujours ? ; il se mord les lèvres et Stiles baisse les yeux

Entre ses mains une peluche. Un loup. Noir. Avec une capuche rouge. La peluche est usée. On sent qu'elle a vécu cette peluche. Stiles, le souffle coupé, le cœur au galop, relève son regard. Sous ses yeux les pupilles vertes deviennent rouge, des oreilles pointent sous des cheveux noirs et des crocs écartent ses lèvres douces. Il sourit et une larme coule.

- Content de te rencontrer enfin mon gros ; puis il attrape le col de Derek et le serre contre lui à l'étouffer

Stiles, 31 ans, referme le portail après l'avoir ouvert pour laisser rentrer la voiture, récupère le couffin, passe un bras autour des hanches de Der' et avant de fermer la porte d'entrée de la grande maison, il se retourne et adresse un remerciement silencieux aux loups du portail.