Salut tout le monde!
Encore une fois, un petit mot pour vous remerciez pour vos reviews et tout et tout!
Vous êtes vraiment trop choux, merci!
Dossier 2 : Double jeu
Dans un lieu mystérieux, au beau milieu d'un couloir sombre, l'homme qui s'habille comme un docteur... Bon vous savez quoi, on va l'appeler "le Docteur" comme dans Doctor Who parce que ça va être lourd à force!
Je disais donc! Le docteur marchait d'un pas vif dans un long couloir sombre et terne : les murs et le sol était fait d'un béton couleur craie et seuls quelques néons éclairaient les lieux. L'endroit était semblable aux couloirs d'un hôpital, ou plutôt d'une morgue... Une chose était sûr : mieux valait ne pas être claustrophobe ici. Ce n'était pas le cas du Docteur heureusement mais, toutefois, celui-ci semblait mal à l'aise ou plutôt angoissé. Au fond du couloir, droit devant lui, se trouvait une grande porte coulissante semblable à un sas. Il se plaça avec anxiété face à elle, se préparant à affronter ce qu'il y avait derrière. Il entra un code dans un petit boitier annexe, fit analyser ses empreintes digital et sa rétine puis la porte s'ouvrit dans un bruit étrangement discret : il découvrit alors une grande salle en forme de dôme équipée tel un laboratoire dont la technologie avancée contrastait avec le couloir précédemment parcouru. Il comportait deux étages : une mezzanine, par laquelle le docteur était arrivé, qui faisait le tour de la salle comme un cercle et où plusieurs ordinateurs et autres machines avaient été installé, et l'étage en dessous, le "rez de chaussé", où se trouvait un immense socle, retenant une sphère tout aussi grande, relié à des câbles et des tuyaux. Le docteur n'en fut cependant pas impressionné, il était même blasé à la vue de tous ses équipements. Retenant ses tremblements de stress, il s'avança jusqu'aux ordinateurs où travaillaient plusieurs techniciens et scientifiques. L'un d'eux, une jeune femme, se retourna vers lui en le voyant arriver :
« Monsieur, les premiers résultats sont arrivés : il y a des signes de mutation.
— Quel est le taux d'évolution? demanda-t-il d'une voix qui se voulait ferme.
— Supérieur à cinq pour cent. Souhaitez-vous que nous accélérions le processus?
— Non, continuez à la même vitesse : ce cobaye est trop précieux, nous ne devons pas prendre de risque.
— Vous en êtes sur? demanda un autre scientifique. On ne risque pas de retarder les plans de-...
— Qui donne les ordres ici?! s'écria-t-il. Vous êtes payé pour travailler, pas pour me conseiller. Notre patron sait que ça va prendre du temps mais j'ai été très clair avec lui : nous n'avons pas le choix. Continuer l'expérience et allez-y le plus délicatement possible, c'est un ordre!
— Bien Monsieur, répondirent timidement les deux scientifiques. »
L'homme et la femme retournèrent sur leurs claviers sans ajouter un mot, intimidés par leur dirigeant autoritaire. Le docteur, quand à lui, retira ses lunettes et se frotta les yeux. Malgré la lenteur, tout se déroulait comme prévue. Il espérait juste ne pas mourir d'une crise d'angoisse avant que tout cela n'aboutisse : évidemment qu'il voulait aller plus vite mais le résultat semblait si prometteur... Il savait qu'il en serait grassement récompensé, il devait juste être « patient ». Dieu, qu'il détestait ce mot mais, pour une fois, il n'avait pas le choix. Le docteur remit finalement ses lunettes et s'avança jusqu'à une rambarde sur laquelle il s'appuya pour admirer la sphère : elle était entièrement rempli d'un étrange liquide bleu turquoise opaque. À l'intérieur, on pouvait discerner quelques tubes qui partait de la base et qui rejoignait une forme en son centre, une silhouette humaine...
Au même moment, Fred, Seb, Sorina et Shun était rentré chez eux depuis un bon bout de temps déjà et étaient retournés à leurs occupations habituelles : les deux présentateurs faisaient la post production de leur prochain Papy Grenier tandis que les filles triaient leurs ustensiles, se rendant malheureusement compte qu'une majorité était inutilisable à cause des intempéries. Et c'était bien le seul détail qui rappelait les événements précédents : tout était si calme dans la maison qu'on aurait pu croire qu'il ne s'était rien passé, il fallait dire que les quatre vidéastes avait bien mérité un peu de "repos". Et pourtant, Sorina ne pouvait s'empêcher d'y repenser, d'autant plus que voir Fred sauter d'un bâtiment pour la protéger avait presque un côté "sexy"... Un bruit de sonnerie la tira de ses pensées : c'était justement la montre de son petit ami. Frédéric, agacé, ramena lentement son bras près de son visage et regarda l'heure avant de décrocher : seize heure trente.
« Links, ça ne fait que six heures qu'on est rentré : je croyais qu'on s'était mit d'accords pour ne faire qu'une mission par jour! lança Frédéric d'un air las.
— Oui, je le sais bien et je m'en excuse mais vous êtes les mieux placés pour intervenir : la situation est très préoccupante et on ne peut pas attendre plus longtemps, répondit Links, l'air grave.
— Roh! Est-ce que la Tel-E pourrait UN JOUR respecter notre temps libre ou c'est trop demandé?! s'insurgea Fred.
— Eh bien justement, on peut en profiter pour en discuter avec eux! intervint Sébastien. Qu'est-ce qu'il se passe au juste?
— Vous aimez les séries et les animés? demanda Alexis.
— Evidemment! s'exclama Fred. Surtout les hentaï...
— Le style m'importe peu...Quoi que... Mais là n'est pas la question : vous devez revenir immédiatement. Benzaïe est avec moi, je vous téléporte, préparez vous!
— Mais on est en plein montage! objecta Fred.
— Et nos copines, tu nous as dit qu'on devait rester près d'elles! ajouta Seb.
— J'ai sécurisé votre rue : elle ne risque rien, assura Alexis. Quand à votre montage, vos fans sont habitués au retard, non? »
Fred et Seb eurent à peine le temps d'apercevoir le sourire en coin de Links que la montre s'éteignit. Ils se regardèrent : il avait touché un point sensible, ce connard, mais ils se vengeraient plus tard. Les deux gamers se relevèrent malgré tout, après avoir sauvegardé leur vidéo, et se tournèrent vers les filles qui les regardaient déjà, intriguées.
« Bon, je suppose qu'on a pas besoin de vous faire un topo? demanda Fred, au cas où.
— Ne vous inquiétez pas, on a tout compris, répondit Shun, on garde votre PC et tout et tout... »
Les deux hommes hochèrent la tête et, dans un timing parfait, furent téléporté au siège de la Wilson Corporation. Il y eut alors un silence.
« Je suppose qu'il va falloir qu'on s'habitue à ça aussi? demanda Shun.
— Je crains que oui, confirma Sorina. »
Pendant ce temps, Fred et Seb descendait de la plateforme de téléportation et rejoignaient Benzaie et Links qui les attendaient devant l'ordinateur. Une chose était sûr : vue leurs têtes, ça avait l'air assez sérieux. Non pas qu'on les avaient déjà appelé pour des missions "inutiles" mais bon, disons que certains n'avait pas la même définition "l'urgence et ses nuances" dans le groupe.
« Alors, qu'est-ce qu'il se passe? demanda Seb en croisant les bras »
Links, pour lui répondre, afficha plusieurs dossiers sur ses écrans : ils avaient tous pour thème l'univers du doublage avec des images des studios Dubbing Brothers, des fiches techniques, des scripts, des textes et des logos de Disney Channel.
« Je me permet de faire la présentation à la place de Links, intervint Benjamin. J'ai discuté ce matin avec un de mes amis comédien, Mathieu Moreau : il m'a fait part d'un événement assez étrange. Pour faire court : on a chamboulé son emploi du temps et remplacé toutes les séries et films qu'il devait doubler par des programmes Disney Channel. Et tous ses collègues sont dans la même situation.
— Ok et en quoi ça nous concerne? demanda Fred, perplexe.
— Déjà, les programmes en question sont... Comment dire poliment?... Nul. Il m'a envoyé un extrait d'un épisode en VO et, franchement, même Mortal Kombat l'Aventure Commence est meilleur. Mais ce qui dérange ici c'est que, d'une part, les producteurs de Disney Channel utilisent des moyens colossales pour les faire diffuser le plus rapidement possible en France et, pour couronner le tout, quelque chose cloche avec ces épisodes, et même Mathieu l'a ressentie.
— En effet, intervint Links, j'ai passé cet extrait dans un logiciel que j'ai crée moi même et les résultats sont assez alarmants : c'était bourré de messages subliminaux en tout genre. Il y avait de tout : l'encouragement aux stéréotypes, à la féminisation excessive et prématurée, l'obligation à aimer la série et les acteurs, et j'en passe. Et vue que ce n'était qu'un court passage, imaginez ce que ça donne en un épisode de vingts minutes...
— ...Mais... Il ne faisait pas déjà ça avant? demanda timidement Seb.
— Pas de manière aussi poussée et sophistiquée, il est clair qu'ils viennent de passer à un niveau supérieur.
— Mais est-ce qu'on est sûr que ce soit la Tel-E la responsable? intervint Fred. Je veux dire : évidemment que ce genre de chose me révolte mais on est censé intervenir que si la Tel-E a un rapport avec le problème...
— Je me suis posé la question moi aussi et je te mentirais si je te disais que j'étais sûr à cents pour cent. Cependant, vue le contenu de certains épisodes et les moyens utilisés pour les diffuser partout dans le monde, j'ai de sérieux doutes. D'autant plus que ça leur ressemblerait bien de vouloir toucher la jeunesse ainsi.
— Mathieu m'a aussi dit qu'il n'y avait pas que Dubbing Brothers qui était concerné, ajouta Benjamin, ils ont même été jusqu'à recruter des studios marocains juste pour être certains d'avoir une voix par personnage.
— ...Ça leur a pas suffit Yu-Gi-Oh Arc-V? demanda le Joueur du Grenier.
— Attention malheureux! s'exclama Links. Ne cites jamais cette "chose" ainsi, tu vas provoquer un cataclysme!
— C'est quoi cette histoire de Yu Gi Oh? demanda Benjamin.
— On t'expliquera après, t'inquiète! le rassura Seb. En tout cas, il est clair qu'on ne peut pas laisser Disney Channel diffuser ces séries, pour les enfants qui vont regarder et les comédiens. T'es avec moi Fred?
— Evidemment!
— Parfait! approuva Links. Voilà donc le plan : une grande réunion est organisé aujourd'hui à huit heure et demi, heure locale, dans un studio annexe au Anaheim Convention Palace qui se trouve à quelques kilomètres du parc Disneyland en Californie. Plusieurs starlettes Disney et leurs producteurs seront présents, vous en profiterez donc pour mener votre enquête et, Tel-E ou pas Tel-E, empêcher la diffusion de ces programmes : quoi qu'il arrive, elles ne doivent pas finir sur un écran de télévision ni dans un studio de doublage, c'est beaucoup trop dangereux. Je vous laisse le loisir de choisir comment vous allez vous y prendre mais, par pitié, évitez les meurtres.
— Comme ci c'était notre genre... ironisa Benjamin.
— Par ailleurs, ajouta Links, cela va me permettre de tester une nouvelle fonctionnalité que j'ai inventé pour votre montre : le traducteur automatique. Peu importe la langue que parleront les gens qui vous entoure, vous les comprendrez et il vous comprendront comme ci de rien n'était.
— C'est pas plutôt parce que la fille qui écrit cette fanfiction est une chiasse en anglais et qu'elle a la flemme de traduire? demanda Fred.
— ...Aussi, répondit Links, mais ça me rend encore plus classe en même temps et ça rajoute de la cohérence. Bon, la conférence va commencer dans une demi heure : are you ready kids?!
— Aye! Aye! Captain! répondit Seb avec entrain.
— Non! Pas le générique de Bob l'éponge! Par pitié! les coupa Fred. »
Seb se mit à bouder mais sa frustration fut de courte durée : Links avait déjà retrouvé son sérieux et téléportait les trois compères à Anaheim, en Californie, non loin du parc. Fred avait très envie d'y aller justement mais il se résonna : ce n'était clairement pas le moment. Et puis, avec le téléporteur de Links, il avait l'opportunité d'y aller plus tard donc autant prendre son mal en patience... En arrivant, il fut surpris par l'endroit dans lequel il était arrivé : une forêt de palmier. Toutefois, un rapide coup d'oeil au dessus des branches lui permit d'apercevoir deux bâtiments qui les entouraient : l'hôtel Hilton Anaheim et le Anaheim Convention Palace. Décidément, Links avait un don pour trouver des endroits incongrus mais discret pour se téléporter. Le point positif c'est qu'il faisait au moins plutôt bon en ce début de mâtiné. Après un rapide état des lieux, ils se dirigèrent au pas de course vers le fameux hangar puis se cachèrent derrière un bâtiment à quelques mètres d'une entrée de service : celle-ci n'était pas gardée mais mieux valait laisser Links s'assurer que l'endroit était sécurisé.
« J'ai hâcké les caméras de surveillance, lança enfin Links depuis l'ordinateur. Par contre, je ne peux pas faire grand chose concernant les gars de la sécurité : ils ne sont pas dans le coin mais vous devrez rester discrets, au cas où.
— Pas de soucis, répondit Benjamin tout en faisant apparaître un fusil de chasse étrangement pixelisé semblable à celui de Doom.
— C'est pas un peu bizarre qu'il n'y ait personne pour garder ce coin là? s'étonna Frédéric.
— En supposant que l'existence de ces studios est secrète, je pense qu'au contraire, il vaut mieux pour eux qu'il n'y ait pas de vigile pour ne pas éveiller les soupçons, lui répondit Alexis.
— ...Oui, ça se tient. »
Links coupa la communication, laissant le feu vert à Benzaie qui s'avança le premier, suivit par ses deux acolytes. Ils entrèrent donc dans l'immense bâtiment en prenant soin de faire le moins de bruit possible. C'était effectivement un studio de tournage à en juger par les grands paravents, les projecteurs aux plafond et les fond verts et bleus qui faisaient pâlir de jalousie nos trois vidéastes. Malgré l'envie d'en voir d'avantage, Benzaie s'engagea à l'intérieur en slalomant entre les décors et autres accessoires et en longeant les murs tel un véritable agent secret. Seb et son acolyte le suivait tout en surveillant les alentours : les lieux semblaient occupés mais les éclats de voix qui leurs parvenaient avaient l'air suffisamment lointain. Mais le fan de métal avait du mal à rester concentré, ne pouvant s'empêcher d'envier son ami : le don de Benjamin était de pouvoir faire apparaître n'importe quel arme provenant d'un jeu vidéo, passant des fleurs de feu aux pistolets de Bayonetta... Bon, par contre, il les utilisait de manière assez "classique" donc il ne fallait pas s'attendre à le voir faire une danse du ventre en tirant avec les Roses d'Onyx. (la créatrice de cette Fanfiction s'excuse pour la déception que pourrait éprouver la plupart des lecteurs mais faut pas déconner non plus!)
Il laissa son admiration de côté pour scruter rapidement le reste du hangar : les couloirs étaient assez neutre, voir fade. Les murs et le sol n'avait même pas était peint et autant ne pas chercher de décorations : cet entrepôt aurait pu tout aussi bien servir d'usine à chaussures tant les lieux étaient froids et impersonnels. Seb n'en fut que plus déçu : on était dans les studios Disney, il ne s'attendait pas non plus à un Mickey géant, quoi qu'il y avait bien un Woody et un Buzz en Lego chez Pixar, mais quand bien même une petite décoration n'aurait pas été de trop, comme un poster par exemple. Ça faisait une éternité qu'il n'avait plus regardé Disney Channel et vue l'état des studios et la raison de leur venu, il ne put retenir un soupir de désespoir.
« Un problème Seb? s'inquiéta Fred.
— C'est rien, ne t'inquiète pas, lui répondit-il sans réussir à prendre un ton enjoué.
— Hé les gars! les interpella discrètement Benjamin. Vous voyez la grosse cloison en béton là bas? »
Seb regarda plus attentivement : à cette distance, il pensait que le mur du fond était un mur porteur, mais la présence de mezzanines, fenêtres et portes en verre démontrait qu'il s'agissait bel et bien d'une cloison divisant l'entrepôt en deux. Merde alors! Ce hangar était un TARDIS ou quoi?!
« C'est l'endroit parfait pour installer des bureaux et des locaux administratifs, commenta Fred, tu penses que c'est là bas que se déroule la réunion?
— Ça ne peut être que là, confirma Benjamin, par contre, on va galérer pour y accéder. »
Effectivement, un paravent aussi large que le hangar lui même leur barraient la route. Seule une petite porte grande ouverte leur permettait de passer mais les bruits et autres voix qui se faisait entendre de l'autre côté laissait deviner la présence de plusieurs personnes : impossible à partir de là d'avancer sans se faire repérer.
« Comment va-t-on faire pour passer? chuchota Seb.
— J'ai une idée mais il va falloir courir vite... répondit Benzaie.
Le vidéaste tendit de nouveau sa main et fit apparaître juste en face de lui une sorte de cape transparente, étincelante, modélisée grossièrement et tournante sur elle même comme un item.
« Qu'est-ce que c'est que ce truc? demanda Fred.
— Il va falloir que vous me fassiez confiance : quand je toucherais cette cape, on deviendra invisible pendant dix secondes. On devra alors traverser la pièce en courant, sans s'arrêter : dites moi quand vous êtes prêt.
— Mais ça vient d'où ça? redemanda Fred.
— Harry Potter à l'école des sorciers sur Playstation. On y va ou vous voulez un VHS explicatif? »
Fred et Seb furent tenter de répondre "oui" mais l'urgence de la situation leur fit faire non de la tête. D'un regard entendu, ils se préparèrent donc à courir. Benjamin s'avança vers la cape, se tourna vers les deux autres pour vérifier s'ils étaient bien prêt puis passa sa main en travers. Le trio devint alors instantanément invisible, leur permettant de traverser immédiatement la "pièce" au pas de course. Fred réussit toutefois à détailler rapidement l'endroit : c'était une sorte de coulisse. Il crût apercevoir rapidement des maquilleurs, coiffeurs et techniciens qui, malgré ses mouvements hâtifs, ne remarquèrent pas les étranges courants d'airs qui venaient de passer d'une porte à l'autre. Celle-ci passée, les trois hommes se croyaient enfin sortie d'affaire. Cependant, quelque chose clochait : en face d'eux ne se trouvait pas le fameux mur mais des caméras et des projecteurs. Ils réalisèrent alors qu'ils étaient tombés pile sur un plateau de tournage en plein enregistrement d'une série bien naze : ils étaient dans le décors d'une pseudo maison américaine occupée par une fillette complètement stupide, un adolescent musicien/beau gosse/simplet/etc et leurs parents neuneus. Fred et Benjamin commencèrent à paniquer : il ne leurs restait à peine cinq secondes avant de redevenir visible, que pouvaient-ils faire? Sébastien les remarqua et comprit à son tour que la situation était critique : ils étaient sur un plateau, tous les regards seraient braqués sur eux, ils n'avaient nul part où se cacher. Le perchiste n'avait donc plus le choix, il avait une solution de dernier recours, qu'il détestait utiliser sur des civiles, mais l'urgence de la situation ne lui permettait plus de suivre ses principes. Il fit apparaître en catastrophe sa perche, faisant sursauter Fred au passage, et la brandit en l'air. Pile au moment où ils redevinrent visible, une vague sonore surpuissante se dégagea du micro et se déploya sur tout le plateau. Toutes les personnes touchées, exceptés ses deux amis, se retrouvèrent douloureusement assourdis, assommés par les ultrasons. Les meubles se mirent à vibrer, les objets en verre éclatèrent en milles morceaux, les microphones saturèrent et les caméras implosèrent littéralement. Toutes les personnes présentes étaient au sol, les mains plaqués sur leurs oreilles, hurlant de douleurs.
« Je croyais qu'on ne devait tuer personnes! hurla Fred pour se faire entendre.
— Je ne fais que les assourdir, c'est eux qui sont trop sensibles! rétorqua Seb.
— Je propose qu'on en profite pour quitter la pièce! argua Benzaie qui partait déjà.
Fred se rua à sa suite, suivit de loin par Seb qui marchait beaucoup plus lentement, la puissance de sa perche ne lui permettant pas d'attaquer et de se déplacer rapidement en même temps. Tout en maintenant difficilement sa vague sonore, il s'assura qu'il se dirigeait bien vers la sortie. S'il devait trouver au moins un défaut à son "arme", c'était bien celui-là : elle était puissante mais difficile à manier, le moindre faux mouvements pouvait dévier les ondes et avoir des conséquences désastreuses, mieux valait donc ne pas être "pressé" avec lui. Après une longue marche qui lui sembla interminable, il arriva enfin au niveau de la porte. Il garda l'onde active quelques instant, vérifiant que tout le monde était bien cloué au sol, puis il désactiva sa perche avant de rejoindre, à la hâte, ses acolytes.
« Beh putain, t'en a mis du temps! s'étonna Benzaie.
— Ne me remercie surtout pas : leurs caméras sont HS et tout le monde est à terre... souffla Seb.
— Oui mais je doute que le tintouin que tu as fait passe inaperçu... fit remarquer Fred.
— Y a pas de risque : j'ai crée une onde sonore qui ne pouvait se diffuser que dans un espace restreint, en l'occurrence le plateau. Elle n'allait qu'autour de nous jusqu'aux fond de la pièce. Même un chien qui se trouvait dans le décors d'à côté ne pouvait l'entendre.
— Ah! C'est pour ça que je n'ai plus rien entendu en arrivant là! réalisa Benjamin.
— Bien joué Seb! applaudit Links depuis la montre. Mais vous êtes encore loin d'avoir finit malheureusement : à quelques mètres de vous se trouve la salle de réunion ainsi que la salle où ils sauvegardent tous les épisodes, et les deux m'ont l'air sur-protégé. Il va falloir que vous soyez très prudent, ce n'est pas de la rigolade.
— Pas de soucis, on s'en occupe! répondit Benzaie avant de se tourner vers Fred et Seb. Bon, on va devoir se séparer pour agir plus efficacement : je vais m'infiltrer dans la réunion, mon don me permettra de rester discret. Vous deux, vous vous occuperez des épisodes vue que vous êtes doués pour tous casser.
— Objection votre honneur : c'est Seb qui casse tout! rectifia Fred.
— Dis le mec qui explose littéralement en s'énervant, lança Seb.
— Qu'est-ce que je disais : vous serez parfait! conclut Benzaie. J'ai cinq minutes pour aller à la réunion, je file. Bonne chance à vous!
— À toi aussi, répondirent les deux vidéastes en coeur. »
Au même moment, Sorina et Shun s'était finalement rendu au siège de la Wilson Corporation, vue que les deux demoiselles n'avaient rien d'autre à faire, que la vue de leurs ustensiles gâchés les avaient dégoûtés et qu'elles avaient du mal à rester sereine chez elles. Ce constat perturbait un peu Sorina : le fait que sa vie ait basculé ainsi lui donnait l'impression de ne plus avoir ses repaires et de ne plus se sentir en sécurité nul part. Aussi, elle devrait peut-être bientôt se méfier de tous le monde, même de ses proches. Et il y avait aussi cette endroit, le QG de la Wilson Corp, dont elle ignorait tout, même son emplacement exact. Il pouvait être partout : dans un autre pays, sous terre, dans l'espace, sous la mer... Vue que la téléportation semblait pouvoir les emmener à l'autre bout du monde, qui sait ce qui était possible. En tout les cas, c'était l'endroit le plus serein à ses yeux pour le moment. Ainsi, elle et Shun s'étaient dit qu'un peu d'exploration pour découvrir les lieux serait une occupation lucrative et sympathique. Links n'y avait pas vue d'objection. Tout du moins, il n'y avait pas vue d'objection en leurs répondant brièvement alors qu'il était concentré sur son écran. C'est donc le coeur léger qu'elles s'étaient improvisées une petite visite en solitaires. Le lieu étant complètement fermé, il était impossible de savoir ce qui se trouvait à l'extérieur, ni la taille exacte du bâtiment en lui même. De ce fait, les filles s'étaient mit d'accords pour ne pas aller trop loin, de peur de se perdre. Elles arrivèrent en face d'un long couloir fermé par une double porte battante et étanche, comme dans les hôpitaux. D'ailleurs, il y était écrit "medical bay". Au moins, si elles étaient blessées, même si elles souhaitaient que ça n'arrive pas, elles sauraient où aller. Alors que Sorina et Shun s'apprêtaient à reprendre leur route, un hurlement strident retentit soudainement. Effrayées et interloquées à la fois, elles jetèrent un oeil timide dans le dit couloir : l'une des portes était entrouverte et la pièce semblait occupée. Des voix qu'elles reconnaissaient, trois exactement, tonnèrent à l'intérieur.
« Tenez-le bien! J'arrive pas à le désinfecter!
— T'es marrante toi : qu'elle idée d'utiliser du Cocoroco aussi?!
— J'avais plus d'antiseptique, ce n'est pas de ma faute : ça fait deux semaines que je dis à Alexis d'en ramener mais il oublie à chaque fois! Et puis, je ne suis pas idiote : j'ai quand même mélangé avec de l'eau.
— Mais oui, bien sur, comme si l'eau allait changer quelque chose.
— L'efficacité?
— Je vois surtout que tu as essayé de le tuer!
— De le "désinfecter", mÔsieur!
— Dites, je crois que c'est plus la peine de le tenir : il s'est évanouit le bougre.
— Ah ouais? Ah merde!
— ...Bon, je sais qu'il a refusé parce qu'il déteste ton "élément" mais tu ne pourrais pas utiliser ton don pour le guérir? Il n'en saura rien vue son état.
— Ok, faisons ça cinq minutes après...
— On gardera le secret, promis. »
Il y eut un court silence puis une sorte murmure résonna de manière presque surnaturelle dans le couloir. Sorina et Shun se regardèrent puis, d'un regard entendu, s'approchèrent lentement. Plus elles avançaient, plus elles avaient une sensation de lourdeur, comme si l'ambiance autour d'elles devenait réellement pesante. Plus inquiétant encore : les lumières commençaient à clignoter dans un bruit électrique strident. Shun s'arrêta : ça devenait trop effrayant, hors de questions d'avancé d'avantage! Mais Sorina la prit par le poignée et la força à avancer : visiblement, les personnes dans la pièce n'avait que de bonnes intentions et il était inutile d'avoir peur sans savoir réellement ce qui se passait. Les murmures devinrent enfin plus claire. On pouvait entendre quelqu'un répéter en boucle "Satanas, Daemones, accipere dona. Sana. Sana." avec un ton lugubre. Après quelques mètres parcouru assez difficilement, elles arrivèrent enfin à la porte et osèrent regarder. L'intérieur ressemblait à une infirmerie classique avec un lit, des armoires et d'autres meubles basiques. Finalement, tous semblait normal : il y avait Antoine et Bob, assit sur des chaises à roulettes. Nyo, lui, était allongé sur un lit, il avait le genoux légèrement ensanglanté et semblait inconscient... Ok, ça pouvait encore passé. Et il y avait enfin Charlotte, plus connu sous le nom de Chachou Panda, assise aux côtés du jeune dessinateur. Une aura noire et violette l'entourait et les iris de ses yeux brillaient en mauves...
« Tiens! les gonzesses! s'exclama Bob. »
Sorina et Shun sursautèrent brutalement au point d'en avoir le souffle coupé. Elles réussirent toutefois à voir Antoine qui quittait Nyo du regard et Charlotte qui était resté immobile, toujours concentrée. Le présentateur de What the Cut, remarquant leur malaise, prit immédiatement les devants.
« N'ayez pas peur, tout est normal : on peut vous expliquez!
— On aimerait bien oui... souffla Shun, se remettant de sa crise cardiaque.
— Vous pouvez entrer, il ne vous arrivera rien, ajouta Bob. »
Les filles hésitèrent puis passèrent la porte tout en gardant leurs distances avec Charlotte : danger ou pas, le fait de la voir en transe avait plutôt tendance à les terroriser. Elles longèrent donc le mur où elles furent rapidement rejointes par Bob qui roula avec sa chaise pour se mettre à leurs côtés.
« La mutation de Charlotte a fait d'elle Lilith, l'avocate du diable, comme dans les "Non mais t'as vu c'que t'écoutes", expliqua Bob. En gros, ça se résume au fait qu'elle soit devenu une démoniste... Ou une sataniste... Ou une maîtresse des ténèbres, ça dépend de votre culture.
— Et en enfer, les avocats sont aussi... Soigneurs? intervint Shun
— C'est plus compliqué que ça, intervint Antoine. En gros, une blessure est avant tout une plaie et une douleur, tous ce que les gens en enfer apprécient. Elle le leurs transmet donc, ce qui guérit en même temps le blessé.
— Donc elle allie l'utile à l'agréable? questionna Sorina.
— Exactement! conclut Antoine. »
Shun regarda plus en détail Chachou et la blessure de Nyo : effectivement, elle semblait disparaître lentement, ne laissant aucune cicatrice. Elle remarqua cependant que les lumières continuaient de clignoter de manière inquiétante, ce qui ne la rassura pas. Bob s'en rendit compte et l'épaula doucement.
« Ne t'inquiètes pas, ça aussi c'est normal : les ténèbres ont tendance à un peu tout faire grisailler quand ils apparaissent mais c'est toujours sans séquelles. Dés qu'elle aura finit, tout redeviendra comme avant.
— Elle nous entend là? demanda Sorina.
— Non, quand elle est en transe, elle ne peut pas interagir avec nous, répondit le pyrobarbare tout en s'affalant d'avantage sur son siège. Mais elle est consciente de ce qui l'entoure, c'est juste qu'elle en a rien à foutre.
— Je dirais plutôt qu'elle a d'autre chose à faire que de voir ta tronche! lança Antoine.
— Eh bah ma tronche elle te dit "merde"! rétorqua Bob. »
À ce moment là, comme par hasard, les lumières cessèrent de clignoter et l'ambiance redevint normal, arrêtant net la querelle naissante. Charlotte arrêta enfin son incantation, laissant disparaître l'aura qui l'entourait. Elle cligna des yeux une fois, retrouvant ses iris, et redressa la tête : elle semblait étrangement sonnée.
« Voilà, son genoux est comme neuf... déclara Charlotte d'une voix pâteuse avant de voir les filles. Vous leur avez tout dit ou je dois tout expliquer moi-même?
— C'est bon, on leur a expliqué le pourquoi du comment, répondit Bob, fier de lui.
— Bon bah c'est parfait! déclara-t-elle en se redressant. Du coup, je vais y aller, je dois aller promener Hicetea et Jammin.
— Et qu'est-ce qu'on fait pour Nyo? demanda Antoine. »
Charlotte resta silencieuse, pensive, puis se plaça au milieu de la pièce. Après quelques secondes, elle prit le même air qu'une fan girl et se mit à hurler :
« Ventre-Saint-Gris! Les Nico Vega!
— Où ça?! Où ça?! s'écria Nyo en se redressant subitement. »
Ce réveil soudain surpris tout le monde, y compris Charlotte elle-même qui ne pensait pas que sa technique marcherait autant. Quoi qu'il en soit, elle n'avait pas le temps de se poser des questions.
« ...Je vous laisse régler ça avec lui, conclut-elle en quittant la pièce. »
Charlotte traversa le couloir en courant, laissant derrière elle Bob, Antoine et les filles, tous perplexes. Tout à coup, les lumières se remirent à clignoter une nouvelle fois.
« Tiens! Charlotte recommence? demanda Shun. »
Elle n'eut pas de réponse, si ce n'est Sorina qui pointait du doigt quelque chose. Quand la Belge regarda, elle vit le dessinateur en train de fixer Antoine avec un regard plus qu'effrayant.
« Ne me regarde pas comme ça, j'ai rien fais! s'exclama le chevelu, un peu terrorisé.
— Comment as-tu pu la laisser faire? murmura-t-il avec un voix extrêmement grave.
— On avait pas le choix et puis ça va, elle n'a pas non plus vendu ton âme : elle a soigné ton genoux! se défendit Antoine qui commençait à reculer en roulant.
— Vous trois, quittez la pièce... ordonna Nyo à Bob, Sorina et Shun.
Bob obéit immédiatement sans chercher à intervenir et poussa les deux demoiselles à l'extérieur. Dés qu'il referma la porte, des hurlements et autres bruits étranges se firent entendre mais personne n'osa vérifier ce qui se passait : dans le pire des cas, il rappellerait Charlotte en début de soirée... Encore fallait-il qu'il y ait encore quelque chose à soigner d'ici là.
Au même moment, Benjamin était enfin arrivé devant la salle où se déroulait la réunion. Et bordel, il avait galéré : ces couloirs, qui se ressemblaient tous, étaient un vrai labyrinthe. Et inutile de chercher un plan ou des panneaux d'indications : il n'y en avait pas, évidemment! Le pauvre avait dû se résoudre à faire l'impensable : demander son chemin à une actrice! Une actrice, oui : bravo l'infiltration! Heureusement pour lui, elle n'avait que quatorze ans et était trop absorbée par son smartphone pour qu'elle se rende compte de ce qu'elle faisait : au moins, les deux ont eu l'air tout aussi idiot l'un que l'autre. Enfin, il avait trouvé la salle malgré tout, il ne lui restait plus qu'à trouver un moyen pour entrer à l'intérieur et s'infiltrer. Tout en restant cacher derrière l'angle du couloir, il lança un coup d'oeil rapide pour observer les lieux. Il pensait changer son apparence : c'était possible en trichant un peu avec son don mais en qui allait-il se déguiser? La réponse lui apparu d'un coup, quelqu'un sortait justement de la salle : c'était un homme qui avait à peu près son âge, vêtu d'un costume, d'une cravate et de lunettes de soleil. Si ce type n'avait pas été noir de peau et rasé de près, Benjamin aurait pu le confondre avec l'homme qui avait agressé Antoine, Mathieu, Nyo et François à Paris, d'autant plus que leurs style vestimentaire était très ressemblants. Était-ce donc un signe que la Tel-E avait bel et bien investie les lieux? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir : prendre la place de cet homme et entrer dans la pièce. Links intervint alors : il semblait avoir deviné son plan.
« Ce type est un garde du corps, tu devrais avoir aucun mal à le neutraliser.
— C'est comme-ci c'était fait! »
Benjamin se précipita discrètement derrière l'homme (tous ceux qui ont pensé à une sodomie surprise seront immédiatement signalés à la police) et calqua du mieux qu'il pouvait ses pas sur les siens tout en le suivant prudemment. L'homme n'avait cependant pas l'air de l'avoir entendu arriver, ce qui étonna Benzaie : il se savait discret mais à ce point là... Quoi que, en y regardant bien, cet homme portait une oreillette et on pouvait clairement entendre des grésillements. Il était donc concentré sur ce qu'on lui disait, ce qui était une excellente nouvelle : au diable la discrétion alors! Il attendit quelques instant, afin d'être sûr qu'il soit déconcentré, puis prit de l'élan et l'assomma d'un puissant coup de crosse. Aussitôt à terre, il s'empressa de le traîner jusqu'à un casier adjacent, indiquer par Links, où il l'installa du mieux qu'il pouvait, sa victime étant assez grande et lourde comparé à lui. Cependant, au lieu de refermer immédiatement la porte, il fit apparaître un objet rond dans sa main : une pokéball.
« Mew, en avant! »
Oui, il savait pertinemment que crier ainsi au milieu du couloir le mettait en danger mais que voulez-vous : c'était plus fort que lui. En tout les cas, il lança sa pokéball et un Mew chromatique (ne faisons pas les choses à moitié) en sortie. Après s'être longuement étiré, et contre toute attente, celui-ci se jeta finalement dans les bras de Benzaie qui le serra doucement contre lui, avec une surprenante délicatesse.
« Oui je sais, toi aussi tu m'as manqué... lui murmura-t-il en le caressant entre les oreilles. Mais nous n'avons pas beaucoup de temps, j'ai besoin de toi : tu vois le gars dans le casier? Je voudrais que tu utilises Morphing sur moi pour me donner son apparence, tu peux t'en charger? »
Mew approuva avec enthousiasme, ce qui fit sourire Benzaie : le pokemon Mew était connu pour son caractère enfantin et celui que le Hard Corner avait fait apparaître ne dérogeait pas à la règle. Ainsi, le petit pokemon légendaire s'empressa d'accomplir sa mission : il s'approcha du garde, le scruta quelques instants puis il se mit à briller. La lueur rose pâle enveloppa d'abords le garde puis Benjamin qui ne bougea pas : ce n'était pas la première fois qu'il utilisait cette technique et, bien qu'elle soit impressionnante, il avait confiance en Mew. Il ne l'avait jamais déçu, et encore moins trahi, jamais. Quand le flash disparu, il put constater, non sans admiration, qu'il avait désormais exactement la même apparence que le garde, reproduisant même ses lunettes de soleils à la perfection. Alexis, qui avait tout vue grâce aux caméras de surveillances piratées, applaudit la performance malgré sa jalousie : il se jura de trouver un même outil pour ses montres, cette nouvelle option en aiderait bien plus d'un. Après cela, Benjamin fit revenir Mew dans sa pokeball, malgré le remord, puis revint dans le couloir pour se placer avec nervosité devant la porte. Il avait beau être devenu un clone presque parfait, il ne pouvait s'empêcher d'avoir le trac, qui sait ce qui l'attendait derrière. Il inspira profondément, posa la main sur la poignée et osa enfin entrer.
Il fut, en premier lieu, éblouit malgré ses lunettes : la pièce en elle-même n'était pas exceptionnellement grande mais le mur du fond, qui était une immense baie vitré offrant une vue panoramique sur le parc voisin et ses alentours, suffisait à elle toute seule pour éclairer. Et vue que les couloirs étaient aussi fermé et gris que le goulag, ses yeux avait eu du mal à faire la transition. Après s'être habitué, il put regarder plus en détails ce qui l'entourait. Il y avait plusieurs personnes : des scénaristes, des acteurs, tous assez jeunes, des réalisateurs et des producteurs. Ils étaient tous debout ou assis autour d'une grande table en forme de U, aucun d'eux ne semblait remarquer sa présence, ce qui était positif. Sur les côtés se trouvait des buffets avec des gâteaux et autres confiseries : heureusement pour lui, ils étaient trop roses et trop sucrés à son goût, il ne baverait pas dessus, loin de là. Il remarqua aussi que trois autres gardes se trouvaient dans la pièce : deux près de la vitre et l'un à côté de la porte. Il se rendit alors compte de quelque chose d'effrayant : les vigiles se ressemblaient comme deux gouttes d'eaux. Tout en retenant ses tremblements de peurs, Benzaie fit mine d'activer une oreillette pour approcher sa montre de ses lèvres.
« Links, tu as une explication? chuchota-t-il.
— J'ai plutôt plusieurs hypothèses, mais il n'y a pas de danger imminent pour le moment donc on verra ça plus tard : concentre-toi sur la réunion et reste le plus discret possible.
— Entendu.»
Benjamin regarda rapidement les autres gardes et en conclut qu'il devait se placer de l'autre côté de la porte afin d'obtenir une parfaite symétrie. Il tenta ensuite d'imiter leurs poses : mains croisées devant le bas du ventre, buste droit, air vénère. C'était caricaturale mais qu'importe : il s'était fondu dans le décors. Il profita de sa position pour écouter les conversations des personnes présentes mais, très vite, il se rendit compte qu'elles étaient soporifiques et inutiles : les starlettes parlait de maquillages, "d'amour" et de chanteurs kikoo, les scénaristes décrivaient des scénarios dignes d'un épisode de Franklin, et les réalisateurs et producteurs ne parlaient que d'argents. "Triste monde" se disait-il. Non pas qu'il n'avait pas conscience de l'existence de ce genre de mentalité mais le fait d'être là lui permettait de mieux comprendre la détresse de son ami comédien, et bordel qu'il avait envie de gifler toutes les personnes présentes ici une par une. Soudain, la porte s'ouvrit une seconde fois : un homme entra d'un pas vif, sans aucune politesse, et se plaça en bout de table. Son arrivé fit immédiatement taire les conversations et toute l'assemblée, excepté les gardes, s'installa à son tour dans le plus grand silence. Benzaie remarqua alors le climat tendu qui venait de s'abattre : comme si l'homme les effrayaient. D'ailleurs, celui-ci semblait sortir tout droit d'un épisode des feux de l'amour. Il avait tout : la peau doré à l'extrême par des UV, une coupe aussi parfaite que celle de Laurent Delahousse, des dents si blanches qu'elles rendraient jalouse Karine Ferri, un costume haut de gamme et, surtout, un Iphone si gros qu'on aurait pu croire qu'il s'agissait d'une tablette, voir un téléviseur même! Quoi que, en y regardant bien, cette machine ressemblait plus à un Ipod... Bonté divine! Mais qui pouvait être assez stupide pour JUSTE écouter de la musique avec un engin pareil?! Visiblement, ce type n'avait pas peur d'afficher sa richesse... Ou alors, il avait besoin de compenser quelque chose, c'était dur à dire là dans l'immédiat... Tout de suite après s'être installé, l'homme regarda longuement l'assemblée, dévisageant chaque personnes une par une avec une attention presque malsaine. Il finit par croiser les bras et continua de fixer le groupe tout en prenant enfin la parole.
« Des rumeurs me sont parvenus quelques minutes avant cette réunion, déclara-t-il avec une voix abominablement grave. Des rumeurs qui feraient état d'une importante fuite concernant notre objectif. »
Personne ne répondit mais il suffisait de regarder le visage des personnes présentes pour deviner la stupéfaction et la peur grandissante. Plus personne n'osait lever le regard : comédiens, producteurs, réalisateurs, ils avaient tous les yeux baissés, fixant leurs genoux où tout autre éléments leurs permettant de fuir ce regard assassin qui pesait sur eux. Benzaie eut soudain un doute : qui était le véritable responsable finalement? La Tel-E ou lui seul? Ce type semblait être la personnification même du patron maléfique, il n'avait visiblement pas besoin d'une organisation internationale pour torturer ses pauvres salariés...
L'homme se leva soudainement, ce qui fit sursauter tout le monde y compris Alexis qui assistait toujours à la scène. Malgré ses violents battements de cœurs qui le faisait trembler, Benjamin dû rapidement se ressaisir et bloqua ses muscles pour rester le plus statique que possible : les autres vigiles, eux, étaient restés immobiles comme des statues, comme si rien ne s'était produit. Benjamin ne put s'empêcher de déglutir : ce n'était pas des humains, c'était impossible...
« Vous n'êtes qu'une bande d'incapables! hurla-t-il, hors de lui. Vous vous rendez compte des risques que vous me faites prendre?! À cause de vous, la Tel-E veut nous sanctionner! Que dis-je, me sanctionner pour votre incapacité à trouver une taupe parmi vous! Nous sommes dans une situation bien merdique désormais et, peu importe que vous soyez impliqué ou non, des sanctions seront prises! Et n'espérez pas de pitié de ma part! »
Benjamin déglutit : c'était donc bien la Tel-E. C'était évident mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer que ce n'était qu'un cas isolé. Plus les jours passaient, plus il découvrait l'ampleur de la puissance de l'organisation maléfique sur les médias et plus il se rendait compte que tous ceux qu'il connaissait y était mêlé d'une manière ou d'une autre : vidéaste et comédien compris...
« Nous n'y sommes pour rien monsieur Greed... déclara une petite voix fluette. »
Benzaie redressa la tête avant de se reprendre et de loucher discrètement vers l'origine de la voix : c'était une petite fille, avec de long cheveux bouclés et roux. Elle devait à peine avoir sept ans et pourtant, elle était déjà habillé comme une pré-pubère. La pauvre, se disait Benjamin, elle devait être une actrice elle aussi. Celle-ci regardait monsieur Greed avec détermination, malgré sa peur évidente. Le directeur ne semblait cependant pas affecté par l'apparence adorable de la petite fille, au contraire : il semblait frustré et encore plus en colère.
« Je te demande pardon Brendy?!
— C'est quoi ce prénom pourri? se demandait Benzaie en silence.
— On... On y est pour rien... balbutia-t-elle. On est tous motivé à ce que nos séries plaisent aux gens et on serait stupide de vouloir tout faire rater... Non? »
Personne ne répondit. Benzaie, quant à lui, soupira : cette petite fille semblait prendre son travail très à coeur malgré tout et ça le déprimait de la voir se démener pour ce genre de personnes. Greed, de son côté, resta immobile avant de rire sarcastiquement.
« Qu'est-ce qu'il y a de drôle?! s'insurgea-t-elle.
— Ma pauvre petite Brendy, tu es tellement naïve, murmura-t-il. Je veux bien te croire concernant ton innocence, cependant je doute que toutes les personnes ici présentes soit dans le même cas. Nous allons donc arrêter les familiarités ici et passer directement à la vitesse supérieure. »
Il claqua des doigts. Presque instantanément, les portes s'ouvrirent une seconde fois : deux autres vigiles, qui était une fois de plus des sosies, entrèrent dans la pièce, traînant avec eux le corps d'un de leurs semblables. Le sang se glaça dans les veines de Benzaie : malgré la distance, il arrivait à distinguer une petite bosse à l'arrière du crâne du garde évanouit. Malgré ses tentatives pour garder son calme, des perles de sueurs froides commencèrent à couler le long de son front. Heureusement pour lui, toute l'attention était porté sur Monsieur Greed qui se plaçait face aux nouveaux arrivants.
« Comme vous pouvez le voir, ce vigile, qui devait surveiller cette pièce avec ses trois autres collègues, a été assommé et enfermé dans un casier. Or, je vois ici quatre gardes. Il y a donc ici un intrus ainsi que le traître. Je leurs conseille donc de se dénoncer sur le champ.
— Mais enfin, c'est ridicule! s'emporta l'un des producteurs. Pourquoi nous soupçonner?! Nous n'avons rien à nous reprocher!
— Vous n'avez rien à vous reprocher? Vraiment? demanda-t-il avec mépris. J'ai des preuves voyez-vous : plusieurs communications ont été intercepté en ces lieux et une enquête interne m'a permis de déduire que cette personne se trouve ici, dans cette pièce.
— J'espère pour vous que c'est une plaisanterie! tempêta une réalisatrice.
— Vous croyez vraiment que je vous avais réunit ici pour parler de nos chers séries télévisés? Voyons : vous me connaissez mal dans ce cas! Je me serais contenter de quelques SMS... »
Greed figea son regard sur la réalisatrice qui semblait bouillonner de rage. Et elle n'était pas la seule : Benzaie commençait lui aussi à perdre son sang froid. Dieu que ce type était détestable à souhait! Il avait tellement envie de s'avancer vers lui et de lui foutre une bonne raclée. Il avait en plus pile le don qu'il fallait, des milliards de possibilités de tortures étaient à sa disposition. Mais il ne pouvait pas intervenir, pas tout de suite tout du moins. Et puis, quelque chose l'avait interpellé : la taupe aurait envoyé des dossiers depuis ces studios mais Links n'avait missionnés personnes d'autres que lui et les deux Du Grenier, alors qui était-ce? Greed finit par quitter la réalisatrice des yeux et s'avança vers la baie vitrée, son regard se perdant dans l'horizon.
« Cette personne a sérieusement compromis notre plan, murmura-t-il. Il a gâché des années de travail et a anéanti ce qui aurait pu être l'apogée de la puissance de la Tel-E, mon heure de gloire... Mais bien évidemment, il a fallut que la "Wilson Corporation" soit au courant... dit-il en crachant presque le nom de l'organisation. Mais je compte bien arranger les choses. Alors, ne perdons pas de temps : quelqu'un à quelque chose à avouer ou dois-je mettre mes menaces à exécution? »
Il y eut un long silence, les personnes autour de la table était si tendue qu'elles n'en bougeaient, il semblait même qu'elles avaient arrêté de respirer. Benjamin, lui, se sentait de plus en plus mal : il était partagé entre la colère et la peur. Comment un tel homme comme Greed pouvait exister sur Terre?! Les gars autour de lui étaient au moins quarante, pourquoi ne se rebellaient-ils pas?! Était-ce les vigiles qui les impressionnaient? D'ailleurs, qu'étaient-ils au juste? Leurs peaux semblaient être faites de chair, alors si ce n'étaient pas des robots, c'était quoi? Des clones? Non seulement ces questions le torturait mais pire encore : le directeur était au courant pour la Wilson Corporation. Il était même possible qu'il soit déjà trop tard : il était peut-être déjà repéré. Benjamin ne savait plus quoi faire et espérait trouver de l'aide quelques parts : avec un peu de chance, Fred et Seb allait revenir rapidement pour le sortir de là...
De son côté, Alexis, qui avait suivit la scène dans le plus grand silence, était perplexe. Une question le perturbait grandement : mais qui avait bien pu diffuser les plans de la Tel-E pour Disney Channel? Et aussi : comment Mathieu Moreau avait fait pour voir que quelque chose n'allait pas alors que Links avait eut besoin de son don et d'un logiciel pour détecter le problème? Cette affaire commençait à prendre des proportions gargantuesque et lui même n'avait pas de solution pour Benzaie : ils étaient tous les deux dans l'impasse et vue la tournure des événements, il fallait trouver quelque chose rapidement. Soudain, il reçu une notification : il eut un soupire incontrôlable de soulagement quand il vit les prénoms de Frédéric et Sébastien.
« Links! lança le Joueur du Grenier. On a réussit à entrer dans la salle où ils entreposent leurs films et séries. Ils ont tous mit sur ordinateur : les rush, les scripts, tous. Et autant te dire que c'est pas rassurant.
— Comment ça?
— Pour faire simple : tes dossiers n'étaient pas complets, il manque certains détails qui font assez froid dans le dos. Seb t'envoie une copie du système, faut que tu vois ça par toi même... »
À peine quelques seconde plus tard, Alexis reçu la précieuse copie et l'ouvrit immédiatement. Ce qu'il vit en lisant les dossiers confirma ses craintes : chaque fichiers, chaque vidéos, chaque musiques avaient subit un traitement de choc. Ils étaient passés par une multitude de logiciels qui avaient effectivement ajoutés des messages subliminaux, mais ce que Links avait réussit à détecter n'était que la surface visible de l'iceberg. Les programmes diffusés ne devaient pas uniquement rendre les enfants idiots et immoraux, non, c'était pire que ça. Les thèmes étaient encore plus nombreux : propagande, publicité, discours incitant à la haine, injures envers certaines personnes, images subliminales pouvant altérer la santé, il y avait de tous. Tous pour transformer un enfant en ce que la société pouvait avoir de pires, voir même le tuer.
Et ce n'était pas tout, non, il y avait encore un petit dossier contenant des notes. Des notes concernant une étude assez complexe sur le cerveau humain, notamment celui des enfants. Elles décrivaient le principe d'influence par l'image et le son sur les jeunes et son équivalent à l'âge adulte... Un frisson transperça alors Links de part en part, il venait de comprendre : la Tel-E ne voulait pas "juste" abrutir les enfants, ils voulaient tester sur eux une manière de conditionner la population afin qu'elle soit à leur image pour ensuite l'appliquer sur des adultes.
Alexis en resta atterré, n'entendant plus les appels de ses collègues. C'était donc ça le but de la Tel-E? Utiliser les enfants comme cobaye en passant par DISNEY CHANNEL?! Dire que quand il était petit, cette chaîne était cent fois mieux : il y avait de vrais dessin animé Disney avec un scénario bien écrit et intéressant, une animation soignée, une morale intemporelle et universelle et surtout, du respect pour ses spectateurs. Mais aujourd'hui...
Des souvenirs remontant à son enfance défilait désormais devant ses yeux et se mêlait à la lueur bleuté de ses écrans. Comment la Tel-E avait pu changer Disney Channel en cette immondice ignoble et insipide où même des comédiens innocents et passionnés étaient forcés de participer? Pourquoi personne n'intervenait?! Il n'y avait donc que lui pour se rendre compte de ce qui se passait?! ...Il réalisa alors. Oui, lui et ses amis étaient les seuls à savoir car ils étaient les seuls à avoir les capacités d'intervenir. Ainsi, il se devait de faire ce pourquoi il était là : il intervint. Alexis finit par revenir à lui, animé par une nouvelle détermination : il se rapprocha du clavier et tapa à toute vitesse, plus vite qu'il ne l'avait jamais fait.
« Essayez de rendre les ordinateurs inutilisables, finit-il par ordonner. Je me charges d'effacer toutes les données et de faire en sorte qu'ils ne recommencent pas. »
Fred et Seb, qui avait attendu un petit moment avant d'avoir une réponse, s'exécutèrent sans demander leur reste : vue l'état de Links, mieux valait ne pas le contrarier. Ainsi, ils n'y allèrent pas par quatre chemin et se préparèrent à utiliser leurs attaques les plus dévastatrices... De son côté, monsieur Greed était en train de marcher autour de la table, regardant chaque personnes une par une en cherchant un quelconque signe de faiblesse, mais il ne trouva rien si ce n'est la même lueur de panique, de colère et de désarroi dans leurs yeux. Amusé malgré tout, il finit par rejoindre l'un des vigiles se trouvant près de la fenêtre et se plaça devant lui.
« Il n'y a qu'un seul moyen de savoir qui est l'imposteur ou non, vous le connaissez n'est-ce pas? demanda-t-il au garde. »
L'homme ne répondit pas. Tout en ne montrant aucune émotion, il ouvrit légèrement sa chemise et la retroussa jusqu'aux omoplates : il avait une sorte de puce électronique ronde plantée pile entre ses deux clavicules. Il y avait un numéro dessus "81". Monsieur Greed semblait satisfait et se tourna vers l'assistance.
« J'avais demandé peu avant cette réunion que les vigiles 81, 82, 83 et 84 soit ici pour surveiller cette réunion, expliqua-t-il avant de se tourner vers l'autre groupe de surveillants. Messieurs, quels sont vos numéros ainsi que celui de votre collègue honteusement agressé? »
« 118, répondit le premier.
— 218, répondit l'autre, quant à notre collègue, il a le numéro 84. »
Le coeur de Benjamin battait à cent à l'heure, il était tellement tendu qu'il en était paralysé : il ne se souvenait pas avoir vue cette fichu puce en copiant le clone. Quand bien même, s'il l'avait, il aurait le numéro 84 : il allait être démasqué. Putain mais qu'est-ce que Fred, Seb et Links fichaient?! Et puis d'abords, il était où ce fameux intrus : il ne pouvait pas se montrer qu'on en finisse?! Désormais, tous les regards allait être braqué sur lui et ses "acolytes", le moindre geste de sa part le mettait en danger de mort. Abandonné à son triste sort, il serra les dents et pria pour que quelqu'un intervienne. De son côté, Greed continuait son discours tout en s'avançant vers son siège.
« Nous avons donc ici le numéro 82, 83, l'imposteur et le traître. Ma patience a des limites donc : dois-je demander aux gardes de me montrer leurs puces ou allez-vous vous dénoncer bien gentiment? À moins que vous préféreriez voir votre coeur se faire arracher de votre poitrine?
— Monsieur, voyons, il y a des enfants! s'insurgea l'un des réalisateurs.
— Si les enfants étaient une priorité, voilà bien longtemps que j'aurais proposé d'autres programmes sur ma chaîne! rétorqua-t-il.
— Mais enfin-...
— Silence! Je vous conseil de la fermer sinon, vous subirez le même sort que ces emmerdeurs!
— Et qui ne nous dit pas que le monsieur assommé était justement l'imposteur? demanda Brendy. »
Monsieur Greed se tourna lentement vers Brendy et la regarda avec un air d'assassin. Benjamin tressaillit : vue son profil, il serait bien capable de s'attaquer à la petite et il n'aurait sûrement pas la force de rester stoïque face à cela. Cependant, la petite fille continua innocemment d'exposer sa théorie.
« Si ça se trouve, le vrai garde 84 l'a vue, l'a assommé pour s'en débarrasser et est revenu à son poste pour nous surveiller. Et pour éviter de vous contrariez, il vous l'a pas dit, parce qu'il vous aime bien. »
Une petit vague de "Oooooh~" se fit entendre avant d'être coupé net par Greed qui leur hurla de se taire. Visiblement fou de rage, il reprit son inspection et se précipita sur l'autre garde près de la fenêtre pour lui demander de montrer sa puce, ce qu'il fit presque immédiatement. Evidemment, il était clean : c'était le numéro 83. Monsieur Greed se finalement vers les deux vigiles se trouvant à côté de la porte. Benjamin sentait qu'il allait s'évanouir : il ne restait plus que lui et l'autre. Il n'avait qu'une envie : s'enfuir en courant, mais sa peur le paralysa. Le directeur commença à s'approcher dangereusement de lui, il n'y avait plus que quelques mètres qui les séparer...
« Monsieur Greed, je dois vous dire quelque-chose! »
Le directeur se tourna en sursaut vers la personne qui l'avait interpellé : c'était le producteur qui était intervenu tout à l'heure. Benjamin commença à se sentir fiévreux : ça commençait à faire trop d'émotions pour lui.
« Quoi encore?!
— Je sais qui est le traite! »
Cette déclaration déclencha la stupeur générale, surtout pour Benjamin qui tremblait désormais comme une feuille. Monsieur Greed s'avança vers le producteur et le toisa durement.
« Je suis tout ouïe.
— Je vais vous le dire mais avant... »
Le producteur se pencha sur le côté pour récupérer un sac qu'il avait posé au sol. Il y plongea sa main puis, après avoir fouillé quelques instants, il en sortie une paire de lunettes teintées qu'il enfila sous le regard médusé de monsieur Greed. Derrière ses propres lunettes de soleil, Benzaie avait du mal à comprendre ce qu'il se passait. Il regarda discrètement par dessus sa paire pour mieux voir : il se rendit compte que les verres du réalisateur étaient bleu et rouge. Une impression de déjà vue le frappa.
« Mais enfin, que faites-vous?!
— Excusez moi, j'aime bien les mettre, c'est un peu ma marque de fabrique. Mais revenons à nos moutons! »
Le producteur frappa des mains : une onde de choc ressemblant à une explosion multicouleur en jaillit et envahit toutes la pièce. En quelques secondes, tous devint flou, tous se déforma et tous changea de couleur. Benjamin en fut si chamboulé que même le Morphing cessa de faire effet, lui rendant son apparence originale : il avait l'impression d'être sous l'emprise de drogues lourdes. Ne tenant plus sur ses jambes, il cru faire un malaise quand quelqu'un lui saisit le poignée et le tira à l'extérieur. Étant complètement sonné, il n'eut pas le réflexe de résister. Cependant, dés qu'il fut sortie, les effets s'arrêtèrent subitement, lui rendant ses capacités. Il pu enfin découvrir, non sans stupeur, qui venait de le sauver : c'était le producteur. Tout du moins, c'était autrefois le producteur : celui-ci avait un visage différent, un visage que Benjamin reconnu tout de suite.
« Désolé, j'étais obligé de viser tout le monde sinon, on ne s'en sortait pas, ça va? demandant le producteur.
— J'ai eu l'impression d'avoir pris du LSD, mais ça va aller : merci Quentin, répondit Benjamin, plus soulagé qu'autre chose. »
Son ami lui rendit un sourire amicale : il n'aurait jamais pu se douter que Quentin Hébert, plus connu sous le nom de Monsieur 3D, était infiltré ici depuis le début. Il fallait dire aussi que son don lui permettait de se camoufler n'importe où : c'était un dimensionniste, il pouvait transformer des images plates en objets réels et changer l'apparence de ce qu'il voulait aux yeux de tous. Ses lunettes, quant à elles, ne lui servaient à rien mais il adorait les mettre juste pour paraître classe.
« Mais depuis quand t'es là toi? demanda Benjamin.
— Depuis trois jours. Vue que mon don concerne la vision, j'ai pu voir immédiatement les messages subliminaux. Mais comme je ne savais pas si le Tel-E était la responsable, j'ai préféré m'en occuper seul dans un premier temps. Je me suis donc infiltré et j'ai mené mon enquête. Cependant, comme tu l'as vue, ils sont très bien informés, ils ont des yeux partout! J'ai donc préféré ne pas prévenir Links directement et passer par un intermédiaire.
— ...Et depuis quand passer par un comédien qui fait du doublage est plus discret?
— Question à zéro euro : quand on diffuse une série en France, à qui pense-t-on le moins?
— ...Ah! Triste mais pas con! Mais tu as fais ça comment?
— Je savais que vous vous connaissiez tout les deux, je me suis donc contenté de faire en sorte qu'il s'intéresse aux séries et il a fait le reste tout seul.
— Comment ça "tout seul"?
— Ses fans sont principalement des geeks qui passent leurs temps sur des forums sur le doublage alors tu te doutes bien que...
— C'est un mutant?!
— Non, à mon avis, c'est juste un Évo. »
Benjamin hocha la tête, un peu rassuré pour son ami. Un Évo était une personne qui n'avait pas de don mais qui arrivait à voir les mêmes choses qu'un mutant et à résister à la plupart des attaques de la Tel-E. Un peu comme les cracmols dans Harry Potter, grosso modo.
« Bon, on reste là à papoter ou on se casse? Non parce que, l'onde que j'ai crée ne va pas durer éternellement...
— Oui, tu as raison! répondit Benjamin tout en reprenant sa montre. Alexis, tu peux nous guider jusqu'à Fred et Seb?
— Ici Fred! répondit le Joueur du Grenier. Alex' est occupé mais on a finit de toute façon, on vous rejoint au premier étage! »
Benjamin coupa la communication, étonné de ne pas avoir eu affaire à LinksTheSun. Quoi qu'il en soit, la mission était accomplie et avait été une réussite totale : ils n'avaient plus qu'à quitter les lieux et à rejoindre la base. C'est sur cette bonne note que les deux mutants reprirent leur route dans le couloir, soulagé de pouvoir enfin quitter cet endroit étouffant. Mais à peine avaient-ils atteint les escaliers que la porte par laquelle ils s'étaient échappé se rouvrit brutalement, laissant apparaître un monsieur Greed décoiffé et fou de rage.
« Arrêtez ces hommes! hurla-t-il. »
Quentin et Benjamin ne cherchèrent même pas à riposter : d'un regard entendu, ils se décidèrent à prendre la fuite. Ils dévalèrent les marches à la hâte, manquant de tomber à plusieurs reprises, suivit par le directeur et plusieurs autres personnes que Quentin n'osa pas regarder, de peur d'être ralentie. Arrivé au premier étage, il freina juste à temps avant d'entrer en collision avec Frédéric et Sébastien qui venait eux aussi d'arriver.
« Vous en faites une tête! lança Fred. Qu'est-ce qui vous... Ah! Je vois! »
Monsieur Greed venait d'arriver à quelques mètres d'eux, à bout de souffle. Il fut très vite rejoint par neuf personnes plus petites que lui : c'était les jeunes acteurs et actrices qui étaient dans la salle de réunion. Ils se placèrent face aux quatre hommes, légèrement déconcertés.
« Attendez, vous plaisantez j'espère : vous voulez qu'on affronte ces espèces de minimoys?! s'exclama Quentin à l'attention de Greed. »
Le directeur ne répondit pas et se contenta de sourire. L'une des actrices, une fillette d'à peine treize ans, s'avança devant le groupe puis sortie d'une de ses poches un rouge à lèvres. Benjamin eut juste le temps de se demander ce qu'il se passait que le rouge à lèvres se disloqua grâce à un système mécanique et devint un sabre laser que la fillette brandit avant de se jeter sur Frédéric : elle se déplaçait à une telle vitesse qu'on aurait dit un ninja. Fred tenta de contrer son attaque mais les mouvements de la petite fille l'empêchaient de la voir. Même Quentin, dont le point fort était sa vision accru, n'arrivait plus à suivre. Très vite, les autres la rejoignirent. Benzaie eut juste le temps de remarquer que Brendy n'était pas avec eux avant qu'un adolescent ne le frappe avec des ondes sonores crée avec une guitare électrique. Outré, il se mit face à lui, prenant sa célèbre voix rocailleuse.
« Ok, petit, tu veux la jouer comme ça? Tu vas l'avoir! dit il en faisant apparaître un manche de Guitar Hero. »
Ainsi s'entama une battle de guitare entre les deux, qui ne se résuma qu'à générer des ondes sonores qui s'entrechoquèrent. De leur côté, Fred, Seb et Quentin galéraient à vaincre les huit autres gosses. Non seulement parce qu'ils étaient plus nombreux, mais aussi parce que leurs attaques étaient variés : il y avait non seulement la spécialiste en ninjutsu mais aussi un gamin avec une force colossale, un autre qui arrivait à prendre la forme d'un animal, une qui pouvait faire apparaître des épées à l'infini, un qui avait des fusils greffés dans les bras, une qui brisait les lois de la gravité, un dont le corps était fait d'une matière noire extensible et une télé-kinésiste. Monsieur 3D et les autres était largement dépassé : leurs dons leur permettait de se battre contre eux mais c'était des enfants, lever la main sur eux étaient impensable (sauf pour Benzaie mais passons voulez-vous?). Qui plus est, quelque chose perturbait Quentin : en effet, les enfants ne semblait pas motivé à se battre. Plus terrible encore : il semblait souffrir chaque fois qu'ils attaquaient. Normalement, quand on mute, les dons ne sont pas censés faire mal. À moins qu'on ne soit pas fait pour...
« ...Non... »
Ce que venait de comprendre Quentin lui donna l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre : la Tel-E avait osé faire une mutation forcé sur des enfants. Déjà qu'il trouvait cela odieux de faire subir ce genre de choses à des adultes, alors des enfants... Il savait en plus que la manœuvre était extrêmement risqué. Il avait vue ces laboratoires, une fois, lors d'une mission d'infiltration. Il avait vue ces machines, il les avait détruite par la même occasion, mais ça n'avait pas suffit. Il avait vue ces victimes, ces blessés, ces morts dont la Tel-E avait effacé le souvenir dans la mémoire de leurs proches.
Et ils avaient fait ça à des enfants innocents qui voulait juste être comédiens.
Perdu dans ses pensées, il ne se rendit compte que trop tard que la petite fille télé-kinésiste était en train de le viser. En un instant, il se retrouva cloué au plafond, à la merci de celle qui pouvait se déplacer sur les murs à sa guise. Il remarqua alors que Fred et Seb était aussi bloqué, l'un avait sa chemise clouée par une épée, l'autre était écrasé par un lion, sans doute le garçon qui pouvait se transformer en animal. Benzaie, quant à lui, s'écroula suite à une ultime attaque du guitariste : Quentin eut le souffle coupé en remarquant que les doigts de l'adolescent était en sang, à force de jouer de la guitare. Et il n'était pas le seul mal en point : le nez et les yeux de la télékinésite était gorgé de sang qui coulait le long de son visage, la fille qui pouvait flotter dans les airs avaient les muscles tendu et ses veines ressortaient dangereusement, l'épéiste avait des entailles sur les doigts et le métamorphe semblait difforme, comme si ses os ne s'étaient pas formés correctement au point de se briser. Quentin en fut prit d'une violente nausée mais il ne savait pas si c'était par rapport à l'hémoglobine ou à cause de l'idée que la Tel-E était responsable de cette horreur. Son regard revint une nouvelle fois sur la télékinésiste : il réalisa alors que des larmes s'étaient mêlé au sang : "Bon sang mais arrête! s'exclama-t-il. Tu vas mourir! Laisse moi tomber!". L'arriver subite de la fille volante lui rappela le danger qui le guettait : la jeune demoiselle sortie un poignard de sa poche et le brandit difficilement dans sa direction, son bras étant prit de spasmes incontrôlables. Quentin ne se fit pas d'illusion : ils souffraient affreusement et feraient n'importe quoi pour arrêter leurs douleurs, même le tuer lui et ses amis. Mais étrangement, malgré ses craintes, personne ne bougea. Monsieur Greed s'avança alors au centre du champs de batailles et admira avec un malin plaisir les prouesses de ses petits combattants.
« Excellent! Je suis très fier de vous mes petits, j'ai bien fait de vous confiez à la Tel-E.
— Enfoiré! pesta Quentin tant bien que mal. Comment avez-vous pu faire ça?!
— Et vous, comment avez-vous pu croire que vous pouviez vous infiltrer ici comme bon vous semble? demanda-t-il en regardant Quentin doit dans les yeux. La Wilson Corporation baisse dans mon estime...
— Si vous croyez nous avoir vaincu, vous vous trompez! s'écria Sébastien.
— Nos potes vont venir nous sauver et vous allez le regretter! semonça Frédéric.
— Mais qu'ils viennent, nous nous ferons un plaisir de nous en débarrasser un par un : la Tel-E ne fera que reconnaître notre talent. Mais je doute que vos chers collègues aient encore quelque chose à sauver! Allez-y mes petits : tuez-les!
— Non! Laissez-les tranquille! hurla quelqu'un. »
En un instant, une vague rose traversa les lieux puis une forte odeur de fraise envahit les alentours. Quentin chuta soudainement au sol et l'épée qui retenait Frédéric disparu. En se redressant, Benjamin et Sébastien n'en crûrent pas leurs yeux : tous ceux qui s'étaient attaqués à eux avaient été englués dans une sorte de gum parfumé extrêmement résistante et collante. Les deux vidéastes échangèrent un regard chargé d'incompréhension.
« Eh bah dis donc. Je connaissais les mousse party mais les barbe à papa party... s'étonna Benjamin.
— C'est de la gum, abruti de français! rétorqua Greed.
— La ferme! s'écria Benjamin.
— Alors, juste : c'est très jolie, vraiment, mais moi j'aimerais bien savoir d'où ça sort! intervint Seb.
— C'est moi. »
Les quatre hommes se tournèrent vers la gauche : Brendy était là, toute souriante et fière d'elle.
« Finalement, j'aime plus trop les gens d'ici, je peux venir avec vous? »
Au même moment, au QG, Bob, Sorina et Shun était de retour dans la salle principale où Alexis était toujours occupé à effacer les donnés. Ils avaient été rejoint par Mathieu Sommet qui fut surpris de constater que ses amis faisaient le maximum pour faire le moins de bruit possible, puis il comprit pourquoi en voyant l'air énervé de Links : il valait effectivement mieux ne pas le déranger vue les circonstances. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher d'être sceptique à l'idée de le laisser effacer le travail des studios Disney Channel : ils devaient certes mettre un terme à leurs plans mais, en faisant ça, ils risquaient aussi de mettre fin à la chaîne. Mais Links avait l'air trop en colère pour débattre, et il avait raison de l'être : un danger est un danger, il ne devait pas être compatissant. Par conséquent, les quatre amis se contentèrent de jouer à SOS Ouistiti, en attendant qu'il termine. Après plusieurs minutes, Alexis recula enfin son siège et regarda chaque écrans, comme s'il était fier de lui.
« Justice est rendu, finit-il par déclarer d'un ton solennel.
— Chouette! On va pouvoir faire du bruit! s'exclama Bob. Alors, je voulais donc dire : t'as triché Mathieu! T'as fais exprès de tirer la barre verte de manière à faire tomber tout les singes sur les autres!
— Mais bien sur, comme si je pouvais calculer ce genre de choses!
— T'as demandé de l'aide au Prof, je t'ai vue! renchérit Shun.
— Ah oui? Et il est où le prof?
— Sous la table, avec le Patron et... Tiens au faites, c'est qui? demanda Sorina.
— Il vaut mieux pour vous que vous ne voyiez pas ça, répondit le Prof qui se levait justement devant le regard médusé de Bob. Ces imbéciles voulez en plus que je me joigne à eux! Evidemment, j'ai refusé! Quoi que, leur façon de faire nous aurait permis de faire un grand bond dans la science...
— ...Leur façon de faire quoi? demanda Sorina avant de regretter sa question.
— Patron, combien de fois je t'ai dis de laisser les poupées gonflables à la maison! s'écria Mathieu sans oser regarder.
— Roh! On peut rien faire d'exotique ici! grogna le Patron.
— Revenons plutôt à nos moutons, intervint Bob, et s'il te plait Mathieu, fais-le disparaître, c'est très gênant : vous avez triché!
— Je n'ai fais que mettre à notre service les lois de la physique! rétorqua le Prof.
— C'est un peu trop facile quand même... souffla Shun, vexée. »
Soudain, le télé-porteur s'activa, mais la personne qui arriva n'étai ni Benjamin, ni Quentin, ni Sébastien, ni Frédéric.
« Excusez moi, c'est bien ici le QG de la Wilson Corp?
— ...Mais qu'est-ce que c'est que ce tabernacle? demanda Mathieu.
— Ah! Brendy, c'est bien ça? demanda Alexis.
— Oui! répondit la fillette. Enfin, mon vrai prénom, c'est Wendy mais monsieur Greed voulait que je m'appelle Brendy.
— C'est la petite demoiselle qui a aidé les gars en Californie, dit-il aux autres avant de se retourner vers elle, d'ailleurs, tu ne saurais pas où ils sont?
— Bah justement : ils m'envoient vous dire qu'ils sont tous partis à Disneyland et qu'ils reviendront après!
— ...Les sales petits babouins... marmonna Alexis tout en se dirigeant vers le télé-porteur. »
Bob eut à peine le temps de se retourner qu'Alexis avait déjà disparu, laissant Brendy seule avec les autres. Il y eut alors un silence gêné que la petite fille coupa rapidement.
« Qu'est-ce qu'il fait le monsieur sous la table?
— Mais qu'est-ce... Patron, arrête ça tout de suite! hurla Mathieu. »
À Suivre...
Et pendant ce temps là, à Disney Country :
« Space Mountain! s'écria Fred!
— Non : Big Thunder Mountain! rétorqua Seb!
— J'ai dis Space Mountain!
— Et moi je veux Big Thunder Mountain!
— Dites, vous allez pas vous battre toute la journée quand même? soupira Quentin.
— Il a raison, renchérit Benjamin, on est à Disneyland, en semaine en plus, on a le temps de faire les deux! Et puis, de toute façon, moi je voulais faire Splash Mountain!
— Mais bien sur! s'insurgea Quentin. Et si moi j'ai envie de faire Roger Rabbit?!
— Eh bah t'as qu'à la faire tout seul! s'écria Seb.
— Bon! Vous savez quoi? On se sépare et on fait nos attractions chacun de notre côté! proposa Fred, à bout de nerf.
— Oh non! Mais c'est pas marrant tout seul! chouina Quentin. »
Soudain, le décors autour d'eux se mit à tourner puis les couleurs devinrent négatives : ils étaient désormais dans la dimension parallèle.
« Oh putain! Non! Pas ici! Pas la Tel-E! s'exclama Fred.
— Non, mon petit, je suis pire que la Tel-E... »
Les quatre hommes se retournèrent et virent Links, les manches retroussées.
« ...Nom d'un espadon... souffla Benjamin. »
Et pendant ce temps là, à la Wilson Corp :
« Au faites, il est où Antoine? demanda Mathieu
— Mieux vaut pas que tu le saches... souffla Bob. »
Ps:
Mathieu Moreau, si vous passez par là, sachez que je suis une grande fan de vous! Votre voix a littéralement bercé mon enfance, vous avez doublé la plupart de mes personnages préférés et c'est grâce à vous que je me suis intéressée au doublage.
Un grand merci à vous!
