Je serai brève – wouhou, un second chapitre dans la même soirée, je progresse dis donc. Peut-être que je suis pas si nulle que ça. À voir. En attendant, il est presque 4h du matin et j'ai encore du boulot.
Avertissement : ce chapitre mérite son rating. Oui, car lemon, huhu. Ne lisez pas l'extrait concerné si vous n'aimez pas ça.
(Et d'ailleurs, c'est mon premier lemon, donc soyez pas trop durs avec moi, j'ai des progrès à faire. En attendant, j'espère que le chapitre vous plaira.)
Note : mon titre est une reformulation de « happiness can be found in the darkest of times », j'ai oublié de le dire au début.
Note 2 : ce chapitre, notes exclues et titre compris, fait 1984 mots, donc petit hommage à Orwell et sa dystopie.
Disclaimer : non, je possède toujours pas Harry Potter. Ceci dit, j'ai acheté un muffin aujourd'hui, ça me fait quand même une possession.


Chapitre 3. Tout quitter, sans regrets.

L'Angleterre. Sa terre natale. Son pays d'enfance. Pourquoi était-elle revenue ?
Elle était partie rejoindre sa mère à New-York une fois ses études à Poudlard – l'institution privée la mieux fréquentée du Royaume-Uni, faisant aussi office de pensionnat – terminées. Son diplôme en poche à dix-sept ans, elle était entrée à la fameuse NYU, dont elle était sortie avec son bachelor en commerce quatre ans plus tard. Un mois après avoir obtenu ce précieux sésame, elle avait été embauchée chez Flint & Co, où elle détenait un poste à responsabilités. Elle s'était toujours demandé qui de sa mère ou de son diplôme lui avait valu cet emploi, mais elle n'avait jamais formulé la question à voix haute. Le doute valait mieux pour elle que la certitude que sa mère lui avait encore refusé une expérience – en l'occurrence, celle de grimper les échelons au sein d'une entreprise grâce à son seul mérite.
Souvent, elle se demandait ce qui lui avait pris de retrouver sa mère en Amérique. Elle aurait très bien pu se débrouiller à Londres, puisqu'elle avait été admise à la prestigieuse London School of Economics. C'était un succès qui avait bien évidemment surpris l'ensemble de son entourage, elle qui avait toujours été vue comme une jeune femme frivole qui avait un petit pois dans la tête. Mais en vérité, si Pansy n'était certes pas brillante, elle avait une grande force de travail, due à une ardente volonté de prouver à sa mère qu'elle était capable de quelque chose. Efforts qui, s'ils n'avaient certes pas été vains, avaient échoué à accomplir le but initial que s'était fixé la jeune femme.

Elle inspira longuement l'air conditionné de sa chambre d'hôtel et se décida à affronter la vraie raison de son départ, qui était aussi celle de son retour : la disparition de son père. Celui-ci, contrairement à sa mère, avait toujours été là pour sa fille, ne doutant jamais de ses capacités, la poussant sans relâche à aller au bout de ses rêves et de ses projets. Militaire engagé parmi les contingents de l'OTAN, il avait été envoyé combattre dans la guerre du Golfe, en 1991. Il fut porté disparu dans les jours qui suivirent. Pansy avait alors onze ans et venait d'entamer sa scolarité à Poudlard. Revenir à Londres, revoir tous les endroits qu'il lui avait fait connaître, humer la ville et la sentir imprégnée de sa présence aurait été trop dur pour elle – elle avait fui, tout simplement.

Sentant qu'elle étouffait, Pansy quitta le petit hôtel. Elle avait besoin de rencontrer des gens – d'en revoir certains, peut-être. Elle sortit dans les rues bondées de Londres, à la fois si semblables à et si différentes de celles de New-York. Il y avait une autre énergie dans cette ville. Les gens y étaient aussi pressés que dans la Grande Pomme, mais ils semblaient plus attentifs à leur entourage. Pansy ne savait pas si cette pensée était due à ses souvenirs, qui biaisaient nécessairement son opinion, ou à une réalité tangible. Quoiqu'il en soit, elle s'avança dans les rues de la ville, sans but précis, sans destination préétablie.
Au bout d'une heure de marche, Pansy sentit son ventre gronder. Elle aperçut un pub non loin d'elle et s'y aventura sans se poser de questions.
Elle se sentit aussitôt submergée, envahie. Il était pas loin de dix-neuf heures, un vendredi soir. Les Londoniens se retrouvaient entre collègues, ou entre amis, afin de boire un peu et de se détendre. Le pub choisi par Pansy était bondé, laissant une chaleur étouffante s'installer et se répandre au sein du petit établissement. La jeune femme ne se laissa pas décourager pour autant et s'avança plus loin. Sa tenue – loin d'être élégante – lui sembla parfaitement appropriée à l'ambiance du moment. Elle prit place sur l'un des grands tabourets près du bar, étonnamment l'endroit le moins bondé du pub. Le barman ne leva même pas la tête.

- Que voulez-vous prendre ? demanda-t-il.

- Une bière, et un sandwich si c'est possible, répondit-elle en haussant la voix pour couvrir le brouhaha ambiant.

- Ça marche. Ça fera cinq livres, ajouta-t-il. Pansy déposa un billet sur le comptoir.

En attendant sa commande, Pansy balaya la salle du regard. Son esprit acéré s'apprêtait à commenter chaque individu, chaque extravagance, mais pour la première fois, elle s'en empêcha. Elle voulait un nouveau départ, et sombrer dans d'anciennes habitudes n'était certainement pas la voie à suivre. Ce fut difficile, mais elle s'abstint de penser quoique ce soit de négatif à propos des personnes l'entourant – un jour, elle trouverait un juste milieu, mais elle devait d'abord s'apprivoiser.
Elle fut tirée de ses pensées par le bruit de la porcelaine qu'on pose sur une surface rigide. Sans plus attendre, elle se jeta sur son sandwich et le dévora en l'espace de quelques bouchées, calmant immédiatement sa faim. Cependant, elle ne but qu'une gorgée de bière. Elle avait l'intention de savourer ce breuvage.

Elle était à nouveau submergée par son flot de pensées quand elle entendit quelqu'un s'éclaircir la gorge tout près d'elle. Elle tourna vivement la tête, se trouvant face à un jeune homme blond. Il était anormalement grand, plutôt mince, avait une mâchoire carrée et un regard noisette hypnotisant.

- Bonsoir, dit-il. Il avait une voix très grave, très gutturale. Pansy aimait bien ça.

- Bonsoir, répondit-elle d'un ton neutre.

- Que fais-tu ici, toute seule ? demanda-t-il en s'asseyant sur le plus proche tabouret.

Elle scruta le visage de son interlocuteur et choisit de répondre avec son habituelle franchise.

- Pourquoi est-ce toujours étonnant qu'une femme soit seule alors que personne n'oserait le demander à un homme ?

Il parut étonné par sa question, qui n'avait pourtant pas été posée de façon agressive ou désobligeante.

- C'est une bonne question, répondit-il. Sincèrement ? Je ne suis pas sûr. Je suppose qu'on considère qu'une femme seule n'est pas convenable, que si elle est seule, c'est que quelque chose ne va pas avec elle… alors qu'un homme… un homme domine toujours.

- Précisément, dit-elle en avalant une gorgée de bière abruptement.

- Je ne voulais pas t'offenser… s'excusa-t-il doucement.

- Je le sais bien. Je voulais juste te faire réfléchir. Désolée, c'est une mauvaise habitude que j'ai prise à force d'être entourée d'hypocrites qui ne savent qu'énumérer des lieux communs et des propos creux, dit-elle quelque peu amèrement.

- C'est bien la première fois que quelqu'un que je ne connais pas essaie de me faire réfléchir. Faut dire que j'ai pas l'habitude d'utiliser ce qui me sert de cerveau, ajouta-t-il sur un ton amusé.

Pansy éclata de rire. Un charme indéniable émanait de ce jeune homme. Il y avait quelque chose de doux et de chaleureux chez lui – que ce soit intentionnel ou non.

- Ça te dirait quand même de répondre à ma question ? demanda-t-il soudain, brisant le silence qui s'était installé entre eux.

- J'ai pas envie de déballer ma vie à un inconnu. Ça t'ennuierait, et puis il faut toujours garder une part de mystère, tu comprends. Le charme de l'inconnu, répondit-elle avec un ton moqueur.

Ce fut au tour du jeune homme de rire. Son rire était aussi guttural que sa voix, c'en était presque inquiétant.

- Tu me plais. On fait l'amour ?

Elle le regarda droit dans les yeux, désireuse de savoir si sa proposition était sérieuse. Elle n'eut pas besoin de plus d'un millième de seconde pour comprendre qu'il était parfaitement sérieux. Elle songea qu'il avait eu le mérite d'être direct, si ce n'est trop. Elle hésita, mais réalisa soudain qu'elle en avait terriblement envie. Elle avait besoin d'être désirée, charmée, de ressentir la chaleur d'un autre corps contre le sien, de soulager l'intensité des émotions de ces derniers jours en un rapport sexuel qui n'avait pas de signification.
Elle le regarda droit dans les yeux et répondit « oui » du bout des lèvres. Oui, elle voulait coucher avec lui. C'était une certitude de l'instant, une certitude impulsive, et c'était ce qu'elle voulait.

Quelques instants plus tard, Pansy fut plaquée contre la porte de la chambre de l'inconnu. Elle ne connaissait rien de lui, mais en cet instant, la seule chose qui lui importait était de sentir ses longs doigts fins sur sa peau. Il arracha sa chemise, faisant sauter tous ses boutons par la même occasion. Les seins de la jeune femme, qu'elle prenait rarement la peine de couvrir par un soutien-gorge, pointaient déjà. Le jeune homme glissa sa bouche dans le cou de Pansy, suçotant sa peau comme si c'était le plus exquis des délices. Les quelques gémissements qu'il arracha à la jeune fille le firent sourire tandis qu'il continuait de picorer la peau de la jeune femme de ses lèvres. Arrivé au niveau de la poitrine de Pansy, il s'interrompit pour prendre un sein en main, comme pour le sous-peser. Pansy émit un petit gémissement de frustration, et le jeune homme consentit à poser sa bouche sur la poitrine de la jeune femme. Il suça férocement chaque téton, laissant des marques sur la peau d'albâtre de Pansy. Elle n'avait en rien l'intention de se plaindre – cette douce violence ne faisait que l'exciter encore plus. Très vite, elle se retrouva nue contre la porte, et sentit la bouche du jeune homme caresser son intimité. Avec l'aide de sa langue et de ses doigts, il lui donna un orgasme étourdissant, comme elle n'en avait pas connu depuis des mois.
Une fois remise de ses émotions, Pansy rouvrit les yeux, faisant face à son amant, qui la dévorait du regard. Elle l'embrassa férocement, se goûtant sur ses lèvres, les nettoyant avec sa langue. Elle s'appliqua ensuite à retirer tous les vêtements du jeune homme, qui se laissa faire. Prenant son érection en main, Pansy se pencha et murmura « dis-moi ce que tu veux que je te fasse ». Sans plus attendre, il lui répondit de sa voix gutturale « suce-moi ». Pansy lui lança un regard audacieux et descendit sensuellement pour englober membre palpitant du jeune homme de ses lèvres. Ne le quittant jamais du regard, elle s'appliqua à le sucer en le provoquant avec sa langue, ses lèvres, le mouvement de sa bouche. Au bout de quelques minutes, elle sentit un liquide amer envahir sa bouche, qu'elle avala jusqu'à la dernière goutte sans hésitation. Elle pouvait lire dans le regard de son amant un désir infini pour elle. Il la voulait, et il la voulait tout de suite. Elle entama un va-et-vient de sa main sur le membre du jeune homme afin qu'il soit apte à la prendre le plus vite possible.
Il allongea la jeune fille sur son lit, avant d'ouvrir le tiroir de sa table de chevet et d'en sortir une capote, dont il retira l'emballage et qu'il enfila avec expertise. Debout, il toisa Pansy, et lui demanda d'une voix presque silencieuse de se mettre à quatre pattes. Excitée d'être ainsi contrôlée par un inconnu, Pansy obéit, rejetant sa tête arrière lorsqu'elle sentit qu'elle était pénétrée. La sensation la submergea instantanément, et elle poussa un long gémissement. Son bassin s'adapta aux coups de hanches de son partenaire, puis elle sentit les mains du jeune homme se glisser sur ses seins et la remonter contre lui. Il la colla à son torse sans pour autant interrompre ses mouvements et une de ses mains descendit titiller le point le plus sensible de l'intimité de Pansy. Aussitôt, les gémissements de la jeune femme se firent plus forts, plus intenses – son orgasme arriva quelques secondes plus tard. La jouissance du jeune homme ne tarda pas à suivre.
Ils retombèrent sur le lit, essoufflés et repus. Pansy, dans une semi-transe, entendit le bruit d'un morceau de latex qu'on manipule. Elle n'y prêta guère plus d'attention, soudain très fatiguée, comme si l'exhaustion de ces derniers jours lui tombait soudain dessus. Alors qu'elle s'endormait, elle entendit une voix qui lui murmurait :

- Au fait, moi c'est Paul.