Disclamer : les personnages de NCIS ne m'appartiennent pas.
Merci beaucoup pour vos reviews
Bienvenue à tous les nouveaux lecteurs
Le dialogue entre Tony est Gibbs : vous êtes tous trop jeunes, mais si vous avez le temps louez et regardez le magnifique film « les neiges du Kilimandjaro», un homme blessé qui délire (pendant quasiment tout le film), et revit certaines moments de la vie avec son épouse.
Je trouve que c'était une façon de rapprocher les deux hommes, ces petits dialogues un peu « surnaturels ».
Gibbs demande à Tony de lui raconter un film pour qu'il ne s'endorme pas, j'ai choisi le film exprès, pour le lien avec Abby.
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Chapitre 3
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Sandy mit presque une heure à rejoindre l'endroit où le bus avait quitté la route, ou plutôt son centre. Partir chercher de l'aide ce n'était certainement pas la meilleure idée qu'elle ait eu ces temps-ci.
Au sommet de la côte elle se retourna une dernière fois. Le bus déformé était presque entièrement recouvert de branchages, personne ne les retrouverait. Les deux hommes comptaient sur elle, elle ne devait pas les décevoir. Sa coupure au cuir chevelu saignait à nouveau, chaque pas lui arrachait des gémissements. Quelle direction devait-elle prendre, elle ne connaissait pas la région, en arrière la ville la plus proche se trouvait au moins à 20 km, et devant elle : l'inconnu, mais la route descendait. Elle fit demi-tour et s'engagea d'un pas hésitant dans la montée, enjambant branches, et arbustes. Les feuilles tombées et glissantes, rendaient sa progression encore plus difficile. Au-dessus de sa tête à la faveur du jour, les hélicoptères commençaient leur rotation. Trouverait-elle les secours rapidement, combien de temps mettraient-ils à se rendre sur les lieux. Sandy trébucha, et tomba lourdement sur le sol, elle resta quelques instants étendue, à se reposer, lorsqu'elle se releva elle s'aperçu qu'elle avait perdu plus de trois heures.
Toute la région du lac Supérieur avait été touchée, déjà on dénombrait plus de 17 morts ou disparus, des villes ou villages coupés de tout, plusieurs centaines de sans abri.
Après une accalmie, la pluie s'était remise à tomber, elle décida de s'arrêter sous un abri de fortune. Elle n'attendrait jamais la ville avant la nuit. Dans sa poche droite l'arme commençait à peser lourd. Si les hommes étaient encore à leur recherche, s'ils trouvaient Tony et Gibbs avant les secours.
Dès qu'ils avaient quitté la clinique, Gibbs avait remarqué la voiture qui les suivait. Ils avaient tenté de la semer à plusieurs reprises, puis « emprunté » un grand bus sur un parc de stationnement. Peut-être que le propriétaire aura déclaré le vol, en regardant la forêt dévastée autour d'elle, Sandy se dit que le vol d'un bus était la dernière préoccupation de la police en ce moment.
Il ferait nuit dans environ 2 heures, résignée elle reprit sa marche, espérant sans trop y croire rencontrer un véhicule.
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NCIS lundi 24 mars 2008 : 16h00
Jenny Sheppard n'avait pas autorisé un seul de ses agents à faire le déplacement jusqu'à Munising, deux d'entre eux avaient disparus ce n'était pas la peine d'en perdre d'avantage.
C'était DiNozzo et surtout Gibbs qui manquaient, elle ne pouvait décemment rester assise sans bouger.
Elle regarda Fornell en face d'elle, ce dernier avait passé un dernier savon à ses hommes moins de cinq minutes auparavant.
« Du nouveau ? »
« Non, pas vraiment, un bus a été volé, à environ 10 km de l'endroit où ils ont été semés. Ce n'est pas vraiment la direction de l'aéroport, rien ne prouve que ce soit eux. »
« Il faut exploiter toutes les pistes. »
« C'est une région très vallonnée, et boisée, depuis le ciel trouver un bus est peu probable. »
« J'ai un avion qui m'attends, je pars dans une heure. Vous m'accompagniez. »
« Depuis quand le NCIS a son propre avion. »
« Depuis que je le dirige. »
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Pictured Rocks National Lakeshore 16h45.
Avec le temps couvert l'obscurité tombait très tôt. Les deux agents du NCIS se préparaient à passer leur seconde nuit dans le bus.
Gibbs observait Tony en silence, se demandant si son agent verrait le soleil se lever. Lui-même la faim le tenaillait.
Même pas une barre chocolatée, céréales, pizza ? Celle-là n'existait pas encore.
Il avait soif.
« « Pense à des citrons. » »
Faim
« « Imagine des lièvres à la broches. Tu as toujours ton couteau sur toi. » »
« « Survivants » » : pourquoi Tony avait ressorti ce titre à ce moment-là ? Des cannibales.
Le véhicule fut brusquement éclairé, et une voix lui parvint à travers un haut-parleur.
« Agents Gibbs-DiNozzo vous êtres là ? »
« Oui ! Ici. »
Gibbs sautilla jusqu'au pare-brise et sortit. Deux cordes furent jetées du ciel, l'instant d'après deux hommes se posèrent devant lui.
Ils se séparèrent immédiatement, l'un restant avec Gibbs, l'autre entrant dans le bus.
« Vous allez bien ? »
« Mieux maintenant. Mais comment…»
« Une patrouille locale a recueilli une jeune femme nommée Sandy, elle nous a indiqué le chemin. Qu'est –ce-qui vous a prit de venir ici ? »
« Je me le demande aussi. »
« Nous allons vous hélitreuiller… » L'homme en face de lui ne perdait pas un instant. « Jack envoie les civières ! »
« Une sangle est suffisante, pour moi. »
« Il y a trop de vent, je ne veux pas vous blesser d'avantage. »
Les deux civières descendirent rapidement.
« Occupez-vous d'abord de Tony. »
« On ne partira pas sans lui. »
Quelques minutes après, assis, sanglé soigneusement, Gibbs attendait le retour de Tony, ce dernier le rejoignit rapidement. Le bruit et le mouvement auraient du réveiller le jeune agent, mais ce n'était pas le cas.
Gibbs appuya la tête contre les parois de l'hélico, ils étaient sauvés, il pouvait se laisser aller.
L'hélicoptère quittait bientôt la scène de l'accident.
« Ne soyez pas inquiet : on lui a donné un léger sédatif, nous sommes au courant de son état de santé. Ca va aller.»
Gibbs sentit à peine la légère pression sur son épaule, la bouteille en plastique placée dans sa main.
Les yeux fixés sur Tony il était comme déconnecté du temps. Réfléchissant à tout ce qui c'était passé depuis le début de l'année, toutes les épreuves traversées. Le destin pouvait s'acharner sur eux, ils résistaient. Il décapsula la bouteille d'eau et but à petites gorgées.
« Comment va Sandy. »
« Elle nous rejoindra plus tard. »
« Où allons-nous ? »
« Au Munising Mémorial Hospital. »
Lorsque l'hélicoptère atterrit, ils furent immédiatement prit en charge, et conduits aux urgences. Récoltant le regard haineux des personnes auxquelles ils brûlaient la politesse.
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Première salle d'examen.
L'interne examina soigneusement la radio.
« C'est une belle entorse, vous n'allez pas pouvoir poser le pied par terre pendant au moins un mois. »
Gibbs écoutait à peine, son esprit était dans la salle voisine.
« Une infirmière va venir bander votre cheville, et votre poignet. »
L'interne lui tendit un verre d'eau et des cachets.
« Ensuite nous vous installerons dans votre chambre. »
« Nous étions deux, comment va l'homme arrivé avec moi. »
« Toujours en salle de soins, vous aurez des nouvelles dès que ce sera possible. »
Aussitôt installé Gibbs téléphona au bureau donner des nouvelles, et apprit que Jenny devait bientôt arriver à Munising.
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Munising Mémorial Hospital 18h30
Malgré sa faim, Gibbs avait très peu mangé, il regardait la télévision sans la voir. Il n'avait pas de nouvelles de Tony. Pourquoi mettaient-ils si longtemps ? Que se passait-il ?
Plongé dans une semi-conscience, il se rendit à peine compte lorsque son plateau-repas fut enlevé, et encore moins quand un second lit rejoignit la chambre.
Plus tard
« Jethro ! »
« Hum… »
« Réveille-toi. »
« Ce n'est pas la peine directeur on en tirera rien ce soir. »
« Si leur était arrivé quelque chose Fornell… »
« Je sais. Que comptez-vous faire ? »
« Je vais rester ici, attendre qu'il se réveille.»
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Etrange cette sensation de douceur sous mes mains, il fait chaud, trop chaud.
« Franchement DiNozzo tu ne pensais pas tout de même te retrouver au paradis ? »
Je reconnais cette voix, parfois douce, parfois autoritaire, mais qui m'a permis de tenir, de me rattacher à une réalité qui n'était plus la mienne.
J'entends des bruits de freinage, tout bouge, des chocs, me voilà la tête en bas, c'est étrange comme sensation. Je glisse, instinctivement je lance mes pieds en avant pour freiner ma descente, rien n'y fait. Enfin un choc encore plus violent, des bruits de tôles écrasées, des cris, des gémissements.
Je peux à peine tourner la tête, j'ai mal partout. Aucun doute je suis vraiment en enfer.
J'entends encore cette voix.
« On va rentrer chez nous ». Il me l'avait promis. Des promesses, encore des promesses, c'est facile d'en faire lorsqu'on ne les tient pas.
« Raconte-moi un film ? N'importe lequel je l'aimerai.»
Une odeur vient frapper mes narines, de celles qui n'existent que dans un seul endroit.
Encore une promesse non tenue. Je dois partir, me sauver, j'essaie encore de bouger. Une main se pose sur mon front.
« Tony calmez-vous, vous êtes en sécurité. »
Une autre voix que je connais, je l'associe à un bracelet fait de scoubidou, bleu pale, en plus foncé 5 lettres. Elle est là, j'essaie de tourner la tête, me repérer à sa voix, de l'appeler. Je ne peux pas parler, ma gorge est en feu.
« Tony faites un effort, ouvrez vos yeux, je sais que vous pouvez. »
D'autres voix se superposent.
« Ton patron ne viendra pas, il te croit mort, il a même assisté à ton enterrement. »
Il entendit sa propre voix.
« Si vous voulez me tuer faites-le ici. »
Un coup de feu, une douleur à l'épaule, un choc sur la tête.
Ce n'est pas vrai, je refuse de revivre tout ce que j'ai enduré.
Si je me réveille, que j'ouvre les yeux, le cauchemar finira ; peut-être.
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