Voilà le chapitre 3. L'histoire se pose tout doucement alors pas d'affolement, ce sera beaucoup plus intéressant par la suite…bonne lecture…et bons commentaires !
Le lendemain matin, quand Elliot arrive au travail, Olivia est dans le bureau de Cragen. Il sait ce qu'elle est en train de faire. Il sait que travailler avec elle ne durera plus très longtemps. Elle va quitter l'unité et ce travail auquel elle tient tant, à cause de lui. Il a gâché la vie d'Olivia, et la seule chose qu'il mérite est d'être malheureux pour le reste de son existence.
Elle sort calmement du bureau de son capitaine, regardant dans la direction d'Elliot. Elle s'approche lentement de leurs bureaux et s'assoit.
FLASHBACK
Elliot ne sait pas s'il doit lui parler. Elle vient de prendre une décision qui va changer sa changer et dans ce moment, elle doit le détester. Mais il doit savoir. Il doit savoir si elle va définitivement quitter sa vie en partant à des centaines de kilomètres ou bien si elle va simplement changer d'unité et rester à New York. Il veut qu'elle reste, pour pouvoir avoir une chance de l'apercevoir de temps en temps, de voir qu'elle va bien. Mais il est persuadé qu'elle va quitter la ville, pour s'éloigner de lui, pour refaire sa vie, et sûrement aimer quelqu'un d'autre.
Cette idée lui est insupportable, et il ne peut s'empêcher de demander.
« Tu pars quand ? »
Elle relève brusquement la tête au son de sa voix, complètement perdue dans ses pensées. Elle sait qu'elle va lui briser le cœur, et même si elle lui en veut pour les avoir mis dans cette situation, elle sait qu'il n'a pas le choix. Il doit prendre ses responsabilités et assumer cet enfant. Mais la douleur de le perdre est si intense qu'elle a envie de le frapper et de le détester.
« Je termine mon rapport sur l'affaire Harrison et c'est terminé. »
C'est impossible, elle ne peut pas le quitter aussi rapidement. Ils ont encore des choses à se dire, il doit encore sentir sa présence à ses côtés.
« Comment ça c'est terminé ? »
Elle se dit que c'est mieux comme ça. Plus les choses iront vite et moins la peine sera forte, comme un pansement qu'on retire d'un coup sec pour atténuer la douleur.
« Ils cherchent un inspecteur avec de l'expérience à l'USV de Boston. Cragen va appuyer ma candidature. Et comme j'ai pas mal de congés que je n'ai jamais pris, je vais en profiter. »
« Olivia… »
« Non Elliot, c'est mieux comme ça. Nous avons pris la bonne décision. »
« Toi seule a pris cette décision. Je n'ai pas eu mon mot à dire. »
« Tu sais que c'est la seule option que nous ayons. »
Elliot veut protester mais Cragen sort au même moment de son bureau en l'appelant.
« Elliot, Warner a appelé. Elle a de nouvelles informations sur Lucie Whitman. Je veux que tu y ailles. »
Il retourne dans son bureau aussi vite qu'il en est sorti, laissant un Elliot au bord des larmes.
Il se lève, prend sa veste, l'enfile puis s'approche d'Olivia.
« Je sais que quand je reviendrai tu seras partie. On ne peut pas se dire au revoir comme ça. Je veux te revoir Olivia. »
Elle ferme les yeux un instant. Elle doit résister. Elle ne doit plus le revoir. Ce serait trop dur à supporter.
« Nous étions d'accord Elliot. Hier nous nous sommes dit adieu, pas au revoir. »
Adieu.
Ce mot est insupportable à entendre. Ils ne pourront jamais se dire adieu. Ils sont faits l'un pour l'autre, rien ne peut les séparer.
« Tu ne peux pas parler comme ça et dire que tu m'aimes. Tu ne peux pas abandonner sans te battre. »
Elle sent la colère d'Elliot monter et elle ne veut pas que la dernière image qu'elle va garder de lui soit celle-là.
« Je t'en supplie Elliot, c'est sûrement plus dur pour moi que pour toi. Je vais une nouvelle fois me retrouver seule, dans une ville que je ne connais pas, avec des gens qui me seront totalement étrangers. Alors s'il te plaît, ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. Il faut accepter et faire face. »
Il ne veut pas accepter. Il ne veut pas faire face. Il veut continuer de vivre cette merveilleuse histoire avec Olivia. Mais elle a raison. S'ils ne veulent pas devenir fous, ils ne doivent plus se voir.
« Fais attention à toi. »
Elle lui sourit tristement, sachant qu'ils parlent pour la dernière fois.
« Je vais rester en contact avec Don, il te donnera sûrement de mes nouvelles. »
Son cœur pèse des tonnes mais il doit poursuivre sa route, sans elle.
« J'espère que tu trouveras le bonheur que tu cherches Olivia, tu le mérites. »
Mensonge. Il ne veut pas qu'elle soit heureuse avec un autre que lui.
« Je l'espère aussi. Merci. »
Mensonge. Elle ne sera plus jamais heureuse maintenant qu'elle l'a perdu.
Elliot la regarde une dernière fois puis quitte la salle, dévasté par le vide qu'il ressent déjà.
FIN DU FLASHBACK
Quand Elliot revient deux heures plus tard, Olivia est partie. C'était terminé. Il ne reverrait plus ses grands yeux bruns dans lesquels il voyait tout l'amour qu'elle avait pour lui. Il n'aurait plus jamais l'impression que son cœur allait éclater à chaque fois qu'elle lui souriait en lui disant je t'aime. Son rêve s'achevait ici. Et il avait bien peur de ne pas pouvoir y survivre.
En rentrant à son appartement, il essaye de l'appeler, mais elle ne répond pas. Sa seule consolation est d'entendre sa voix sur le répondeur. Cette voix qui lui chuchotait des mots doux à l'oreille quand ils faisaient l'amour. Cette voix par laquelle elle lui avait fait tant de promesses d'avenir. Il ne l'entendrait plus jamais.
Elle a appelé Cragen pour lui dire qu'elle n'a pas besoin de vacances. Elle doit retravailler le plus vite possible. Il n'a pas posé de questions. Il a juste dit qu'il s'en occupait, et que si elle pouvait être à Boston demain, quelqu'un l'accueillerait.
Elle fait frénétiquement ses valises en pleurant. Elle ne doit pas répondre. Elle doit partir, ce soir. Elle doit quitter New York et ne plus jamais revenir. Elle veut entendre sa voix, elle veut l'entendre rire, lui dire qu'il l'aime, que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Mais tout ça est bien réel, et elle ne verra jamais plus ses yeux bleus si profonds qu'elle avait toujours l'impression de s'y noyer quand elle le regardait. Elle n'a jamais cru en Dieu, et aujourd'hui plus que jamais elle sait pourquoi. Comment peut-on faire connaitre un tel bonheur à une personne et le lui retirer comme ça ?
Elle charge ses affaires dans sa voiture et démarre sans savoir où elle va. Elle trouvera un hôtel sur la route de Boston. Elle y passera la nuit puis reprendra la route. Boston n'est qu'à trois cents kilomètres, le trajet ne sera pas très long. Demain sera le début d'une nouvelle vie, sans Elliot. Elle ignore si elle parviendra à vivre sans lui, si elle pourra de nouveau un jour sourire, et penser à lui comme un amour passé. En tout cas pour l'instant, elle a l'impression d'être un robot, n'avançant que sur commande. Un robot n'a pas de cœur, comme elle. Elle a laissé le sien derrière elle, tout comme l'homme qu'elle aime.
Elliot arrête de l'appeler. Il compose alors le numéro de Kathy pour l'informer de sa décision. Il lui dit qu'ils doivent parler aux enfants, leur expliquer la situation. Il lui demande de revenir à la maison le plus vite possible, qu'être avec ses enfants lui permettra peut-être de mieux supporter la perte d'Olivia. Elle lui dit qu'elle va préparer la chambre d'amis et qu'il peut venir quand il veut. Il la remercie et raccroche.
Il lève les yeux au ciel et se demande pourquoi Dieu lui inflige une telle peine. L'arrivée d'un enfant doit être un miracle, une bénédiction. Il espère qu'il arrivera à aimer ce petit être qui lui a fait perdre la plus belle chose qu'il ait jamais rencontré dans sa vie. Il espère qu'il pourra le regarder sans lui en vouloir, sans voir Olivia à travers ses yeux.
