Chapitre 2 : Yami no Games

Le jour suivant - Surface

Les Mages des Ombres observaient le groupe de quatre personnes approcher.

- Nous y sommes, professeur, déclara Bill alors qu'ils atteignaient l'entrée cachée.

- Devons-nous entrer ? demanda Dumbledore d'un ton décontracté.

- Euh, ils nous ont dit qu'ils nous rencontraient ici. Ils n'étaient pas très heureux la dernière fois, quand nous avons enlevé leurs sorts.

- Vous avez été capable de les retirer ? interrogea Dumbldore, agréablement surpris.

Les Mages grognèrent silencieusement depuis leur cachette.

- Oui, répondit Bill avec une hésitation. Ils ressemblaient à ceux que l'on trouve sur les tombeaux. Mais ces nouveaux me semblent différents et plus puissants.

Bakura sourit victorieusement. Pensaient-ils vraiment qu'il allait laisser les mêmes sortilèges qu'auparavant alors qu'ils avaient prouvé leur inefficacité ?

- Alastor, les voyez-vous quelque part autour de nous ? demanda Dumbledore.

L'œil de Fol-Oeil tourbillonna à leur recherche mais ne vit rien.

- Non, répondit-il, mais ils se cachent dans les ombres et les sorts sur la porte m'empêchent de voir à l'intérieur.

- Fascinant.

- J'espère que vous avez un bon jeu prêt pour lui, chuchota Seto au Pharaon et au Prince.

- Oui, lui assurèrent-ils.

- Qu'attendons-nous ? siffla Marek.

- Qu'ils nous en révèlent plus sur leur personnalité pendant qu'ils pensent êtres seuls, répondit Yûgi.

- Vous devez être aveugles pour ne pas voir qui est ce vieil homme, grogna Bakura.

- Bien sûr que nous le voyons, répliqua Yami. Je me pose plus de questions à propos du loup-garou.

- Tout comme moi, admit Seto. De ce que je peux dire, il semble être un suiveur.

- En effet, dit Yami. On dirait que tu sais ce que tu vas faire.

- M'as-tu déjà vu de ne pas avoir de plan ?

- Non, avoua Yami avec un sourire.

- Bien, dit Marek.On peut y aller ?!

- Shizu, ouvre la porte, ordonna Yûgi. Attends que la porte se referme et saisis-toi de ta victime.

Puis il s'adressa au reste des Mages.

- Les gens ont tendance à révéler leur véritable personnalité quand ils sont stressés et effrayés.

- C'est assez étrange d'entendre ça venant de toi, commenta Ryô alors que la lumière inondait l'entrée.

- Je suppose que nous devons entrer, déclara Bill en ouvrant la voie.

Juste au moment où ils atteignaient la première fourche, la porte se referma, les faisant sursauter. Ils balayèrent les alentours du regard, leur baguette brandie. Les sorciers réalisèrent alors ce qui se passait mais ne baissèrent pas leur garde. Les torches se mirent à vaciller alors que les Ombres s'avançaient vers eux.

- Lumos.

La pointe de la baguette de Dumbledore s'éclaira, leur apportant un peu de lumière.

- Où est Lupin ? demanda Bill en éclairant autour de lui avec sa propre baguette.

- Il est juste là, l'informa Fol-Oeil.

- Où sont ces Mages des Ombres ? demanda Dumbeldore. Vous disiez qu'ils allaient nous rencontrer.

- C'est ce qu'ils ont dit, répliqua Bill. Pas vrai, Fol-Oeil ?

Il n'obtint pas de réponse.

- Fol-Oeil ?

Il était introuvable.

- Vous pensez qu'ils sont derrière ça ? demanda Dumbeldore, un peu inquiet. Vous avez disiez qu'ils étaient prêts à nous recevoir.

- Oui mais ils n'étaient pas très contents que nous soyons venus hier, lui rappela Bill. Peut-être est-ce leur façon de nous punir.

- Peut-être, acquiesça Dumbledore.

Mais Bill était déjà parti. Le vieux professeur décida d'attendre patiemment son tour mais, après une longue minute, rien ne s'était produit.

- C'est une tentative plutôt enfantine de m'intimider, vous ne pensez pas ? lança-t-il au couloir désert, supposant qu'au moins un Mage l'écoutait.

Un ricanement inquiétant résonna. Les Ombres étaient si sombres qu'elles éteignirent la lumière émanant de la baguette de Dumbledore, rampant sur les murs et sur le sol pour le plonger dans l'obscurité la plus totale.

- Enfantine, vous dites ? lança une voix. Parce que vous essayez de jouer un jeu avec nous, nous allons jouer un jeu avec vous.

- Un jeu ? répéta calmement Dumbledore, comme s'il ne s'en souciait pas le moins du monde.

- Effectivement.

Une source de lumière s'alluma, illuminant un homme paré comme un pharaon égyptien.

- Bienvenue dans un Yami no Game.

- L'objet de ce jeu est assez simple.

Une deuxième source de lumière s'alluma derrière le professeur, révélant un autre homme, presque identique au premier, bien que celui-ci ait des traits plus doux et portait les vêtements d'un prince.

- Vous nous avez montré jusqu'ici que nous n'étiez qu'un couard, continua-t-il d'une voix douce. Ceci est votre opportunité de nous montrer autre chose

- Ici, dans ce Yami no Game, reprit celui habillé en pharaon, vous allez prouver que vous êtes digne de notre aide.

- Et si ce n'est pas le cas ? demanda Dumbledore, sachant que les deux hommes ici détenaient tout le pouvoir.

- Vous êtes chanceux que nous ne soyons pas dans les Temps Anciens, car votre âme vous serait arrachée par les Ombres.

Dumbledore serra plus fermement sa baguette à cette annonce. Il était certainement dangereux ne se retrouver opposé à ces hommes.

- Mais pour aujourd'hui, dans ce jeu, si vous ne prouvez pas votre valeur, vos souvenirs seront effacés. Vous perdrez toute connaissance concernant les Mages des Ombres et vous serez renvoyé dans le désert.

- Si vous passez ce test, reprit le doux, nous vous accorderons une audience et les transgressions d'hier seront oubliées.

- Comment dois-je jouer à votre jeu ?

Le Pharaon claqua des doigts, révélant un labyrinthe plutôt intimidant et une minuterie réglée sur trente minutes.

- Vous devez nous prouver quel genre de personne vous êtes, dit-il.

Il désigna d'un geste l'autre homme.

- Nous nous cacherons dans l'une des nombreuses pièces. Votre tâche est de nous trouver avant que le temps ne se soit écoulé. Faites-le et vous gagnerez le jeu. Échouez et vous perdrez.

- Ça semble assez simple, acquiesça Dumbledore, sachant qu'il pourrait utiliser sa magie pour trouver facilement le duo, même s'ils venaient à se séparer.

- Il y a une condition cependant, ajouta le Prince. Vous ne devez pas utiliser la magie durant le jeu. Si vous le faites, vous serez puni par les Ombres. Elles ne tolèrent pas ceux qui enfreignent les règles.

- Bonne chance, professeur. Votre temps commence… maintenant !

Et les deux disparurent dans un bruissement d'Ombres.

Dumbledore commença à marcher vivement, vérifiant les portes. Après la première, il ne fut cependant plus très sûr de vouloir continuer. Derrière chacune d'entre elles se trouvait l'un de ses souvenirs. Le premier était la mort de sa sœur. Puis il y eut celle de sa mère. Puis l'abandon de son frère. Son duel avec Gregorovitch. Ce n'était qu'un mauvais souvenir après l'autre. Comment cela pouvait-il être un jeu ? C'était plutôt de la torture.

Il se demanda vaguement si les Mages des Ombres observaient ses souvenirs et s'ils le jugeaient dessus. Peut-être le faisaient-ils et que c'était une partie du jeu. Après tout, ils avaient dit qu'il s'agissait d'un jugement de sa personnalité. C'est pourquoi il n'y avait que de mauvais souvenirs qui lui étaient présentés. Pourrait-il contrôler les souvenirs révélés ?

Décidant d'essayer, Dumbledore se concentra sur le souvenir inoffensif de leur entrée dans le tunnel, peu de temps auparavant. Effectivement, quand il ouvrit une nouvelle porte, c'est ce qu'il vit.

Bien, pensa-t-il, je peux mettre en avant des souvenirs qui me feront paraître sous un jour plus favorable.

Ainsi, il se rappela avoir rassemblé l'Ordre du Phénix pour combattre Voldemort. Il pensa aussi au poste de professeur qu'il avait offert à Trelawney pour la protéger du Seigneur des Ténèbres après la formulation de la maudite prophétie. Il pensa à tout ce qu'il avait fait pour protéger Harry.

Soudain, une image de lui laissant le frêle bambin sur le perron de sa famille moldue surgit devant lui. Plus que cela, il y avait une émotion qui révélait le dessin qui l'accompagnait. Il savait que le garçon serait maltraité en grandissant mais il était resté dans le déni en se disant que Pétunia ne ferait sûrement pas de mal au fils de sa sœur. Il s'était convaincu que c'était ainsi que le garçon grandirait humble. Que c'était ainsi que le garçon le verrait comme son sauveur quand il aurait onze ans.

Dumbledore claqua la porte, haletant. Il songea à ne plus ouvrir aucune porte, mais les jeux ne se gagnaient pas en ne faisant rien et seules quinze minutes s'étaient écoulées. S'éloignant le plus possible de cette porte, il s'arrêta devant une autre. Il savait que Lockart était un imposteur, mais il l'avait engagé tout de même pour montrer à Harry ce que les feux des projecteurs pouvaient faire et, une fois encore, le rendre un peu plus humble et faisant de lui-même un phare.

Regardant l'horloge, il découvrit qu'il n'avait plus que dix minutes pour retrouver la paire de Mages. Chaque souvenir rencontré lui prenait du temps et il ne pouvait se permettre d'en perdre. Il était presque tenté de sortir sa baguette pour les trouver, ou tout au moins de retirer les souvenirs de son esprit, mais l'avertissement du Prince résonnait dans sa tête. Les Ombres ne tolèrent pas ceux qui enfreignent les règles. Non, il ne pouvait pas tricher. Pas alors qu'il avait désespérément besoin de l'aide des Mages.

Ouvrant une nouvelle porte, le souvenir de la nomination d'Ombrage en tant que nouveau professeur de défense contre les forces du mal par Fudge commença. Il avait prétendu que tout allait bien lorsque la nouvelle lui était parvenue mais, intérieurement, il rageait. Fugde était tellement piégé par son envie de rester au pouvoir qu'il voulait faire ressembler Dumbledore à un imbécile affamé de pouvoir qui était impatient de prendre son poste. Il savait pourtant très bien que Dumbledore avait repoussé les offres qui lui avaient été faites par le passé, certaines venant de Fudge lui-même. Ses étudiants allaient être en danger avec cette femme dans l'école, mais il ne pouvait pas faire grand-chose car il ne trouvait personne d'autre pour occuper le poste. Dumbledore était sûr que, à un moment de l'année, il serait forcé de quitter l'école et serait incapable de protéger les étudiants et les enseignants.

Un buzzer sourd se déclencha. Dumbledore se retourna pour voir l'horloge qui l'avait devancée. Il avait failli à sa tâche.

- Vous avez perdu le jeu, déclara la voix du Pharaon derrière lui.

- Je sais, avoua-t-il.

- Mais pas la tâche, ajouta la voix du Prince.

- Que voulez-vous dire ? demanda Dumbledore en se retournant.

- Votre tâche était de prouver votre caractère... expliqua le Prince.

- … et bien que vous soyez une saleté de manipulateur... gronda le Pharaon.

- …vous vous êtes montré assez digne pour vous voir accorder une audience, termina le Prince.

À ce moment, le jeu disparut et ils se tinrent de nouveau dans les tunnels où tout avait commencé.

- Attendez ici, s'il vous plaît, dit-il alors que son homologue disparaissait dans les Ombres. Vos amis vous rejoindront sous peu et un guide viendra pour vous montrer le chemin.

Et il se volatilisa également dans les Ombres.

Lupin fut le suivant à apparaître au côté d'un grand brun à l'allure sévère. Ce dernier ne dit rien et disparut à son tour.

- Tout va bien, Remus ? demanda gentiment Dumbledore.

L'homme semblait secoué.

- J'ai connu mieux, plaisanta faiblement Lupin. Avez-vous enduré un Yami no Game vous aussi ?

Dumbledore acquiesça.

- Ils ont regardé dans mes souvenirs. Ils m'ont forcé à affronter ceux qui me définissent ou bien des souvenirs douloureux. Et vous ?

- Ils ont testé ma loyauté et mon courage, répondit Lupin. Il savait que j'étais un loup-garou, Albus.

- Je ne suis pas surpris, admit Dumbledore. Ils semblent savoir beaucoup de choses.

Maugrey fut le prochain à arriver. Il fut poussé par un homme blond bronzé à l'air suffisant, accompagné par une femme égyptienne.

- Vous récupérerez ça quand vous partirez, lança l'homme en tenant l'œil magique de Fol-Oeil.

Eux aussi s'évanouirent dans les Ombres.

- Ils ont pris votre œil ? demanda Lupin, outré, en remettant son ami sur ses pieds.

- Ils n'ont pas apprécié que je puisse voir à travers les murs, grogna Maugrey. Ils ont dit qu'il y avait une brèche dans leur sécurité. Ils ont également été vexés que j'envisage seulement de dire au reste de l'Ordre ce qu'il s'était passé hier. J'ai perdu le jeu et le droit de garder mon œil tant que nous sommes ici.

- Ce n'est pas juste ! protesta Lupin.

- Les Yami no Games sont toujours justes, répondit la voix de Bill.

Les sorciers se tournèrent vers leur collègue qui s'avançait hors des Ombres, l'air de ne pas avoir dormi depuis une bonne semaine. Il était suivi par Ryô et Bakura, les deux têtes blanches de la veille. Bakura semblait extrêmement satisfait de lui-même tandis que Ryô semblait juste heureux. Sans dire un mot, ils disparurent à leur tour.

- Que s'est-il passé, Bill ? demanda Dumbeldore.

- Bakura n'était pas content que je sois passé à travers ses sortilèges hier, répondit le rouquin.

- Que voulez-vous dire par «les Yami no Games sont toujours justes» ? le questionna Lupin. C'est quelque chose qu'ils vous ont dit ?

- Ils me l'ont dit, admit Bill, mais c'est aussi quelque chose qui est écrit dans les tombeaux des pharaons.

- Les tombeaux mentionnent les Yami no Games ? demanda Lupin.

Billa hocha la tête mais ne put dire quoi que ce soit car un homme vêtu de violet et portant un bâton vert apparut devant eux.

- Êtes-vous notre guide ? demanda Dumbledore.

L'homme acquiesça et se mit à s'éloigner en flottant, obligeant les quatre sorciers à se précipiter à sa suite en espérant que l'audience qui suivrait se passerait mieux que la précédente.