coucou!

Non je n'ai pas oublié cette histoire, c'est jsute que je dois penser à la passer en Destiel à chaque fois et j'ai un peu la flemme je dois l'avouer :$

Je vous rappelle que cette histoire était la première que j'écrivais en RP et la première qu'on a écrit June et moi, le style prend doucement ses marques, c'est moins travaillé que les autres. Mais j'espère que vous aimerez quand même.


Chapitre 3 : « Night after sleepless night I walk the floor and want to know, why am I so alone? », 4 + 20 de Crosby, Stills, Nash & Young (1970).

Castiel soupira. Pour au moins la vingtième fois depuis 5minutes. Il était penché sur son livre de lettres, Germinal, dans le jardin, profitant un peu du soleil.

Il c'était remis à faire chaud et beau, il était donc à l'ombre du parasol, torse nu, un crayon à la main en train de prendre des notes sur sa lecture. Mais alors vraiment ça ne l'inspirait pas du tout. Il prenait de l'avance, c'était pas mal déjà.

Le soleil, Dean l'évitait plutôt, il restait enfermé dans le noir depuis son réveil, vers onze heures. Il avait juste pris du café noir, était remonté à sa chambre avec et depuis il badait sérieusement en écoutant The Velvet Underground. Comment il avait pu être aussi con hier soir ? Laisser filer Cas' et le choquer avec le blond là... Marc oui. Il avait envie de se terrer quelque part et ne plus croiser le regard destructeur du petit brun, le tout beau, tout mignon...

Et puis il avait fini son paquet de clopes et le disque touchait à sa fin. Il fallait bien qu'il se bouge un peu. Alors en se servant de ce prétexte, il se décida à enfiler un jean et le premier tee-shirt (propre) qu'il trouva et sortit. Le soleil l'aveugla, c'était pas habituel et ne s'accordait pas trop avec son humeur.

Il marcha un quart d'heure pour trouver le premier tabac ouvert le dimanche et prit deux paquets pour être tranquille, ça apprendra à sa mère à laisser de l'argent trainer et surtout à le laisser seul.

Elle ne rentrerait que probablement ce soir sa mère, il ne savait même pas s'il la verra, il s'en foutait au final, autant qu'elle se foutait de lui. Alors il marchait comme ça, sans trop se rendre compte. Il souriait tout seul en pensant à cette phrase « Qu'importe la destination, seul le voyage compte ». Et c'était vrai. Sauf que là, ses grandes jambes l'avait mené jusque chez devant Castiel. Parce qu'à force de ressasser, il ne voulait plus attendre lundi pour s'en prendre plein la gueule comme il le méritait et s'excuser pendant des jours.

En arrivant, il vit quelqu'un au fond du jardin. Sans demander à personne, il ouvrit la barrière et s'avança. Et ce qu'il vit le fit arrêter direct.

Castiel avait fini par envoyer valser le livre qui lui tapait sur les nerfs, et il était a présent allongé de tout son long dans l'herbe, juste en jean, le même que la veille d'ailleurs. C'était bien plus intéressant de regarder les nuages que de lire.

Dean avait cligné des yeux trois fois mais c'était bien ça un Castiel le torse nu, le jean déchiré sur ses belles cuisses offert dans l'herbe. Il fallait qu'il se retienne de lui sauter dessus… Déjà qu'il savait à l'avance que ça n'allait pas être facile. Alors, il se dit qu'il faudrait l'appeler de loin, ne pas trop s'approcher de peur que le petit brun le prenne comme un affront supplémentaire.

« Castiel ? »

L'appelé tourna la tête vers l'origine du bruit. Hé oui c'était bien ce qu'il avait pensé. Dean là devant chez lui, le regardant… Qu'est-ce qu'il lui voulait encore ? Il n'en avait pas eu assez l'autre soir ?

Castiel se releva et avança à distance raisonnable de son « ami ».

« Tu veux quelque chose ?

- Oui. M'excuser pour hier. J'ai pas arrêté de ressasser et je suis tellement désolé si tu savais… J'ai trop fait le con.

- Tu ressasses ?

- Je ressasse, j'y ai repensé quoi. J'ai déconné, et je t'ai pas respecté. Je sais pas, tout est parti d'un coup, j'ai pas réfléchi.

- Ça c'est clair. Je t'ai demandé une seule chose pour cette soirée. Et toi t'as tout envoyé valser. Ca t'éclate de t'amuser avec moi non ?

- Tu veux que je te dise ? Je m'amuse pas, je.. Je sais même pas ce que je fais avec toi, c'est tellement étrange. Franchement j'étais bien hier soir, quand j'étais avec toi je veux dire. Et dès que t'es parti, ça allait plus. J'arrive même pas à te dire ce que je pense parce que j'ai peur que tu le prennes mal. »

Castiel soupira longuement et alla s'asseoir à la table de jardin. Il invita Dean à le suivre d'un mouvement de tête. Il sorti une cigarette et s'appuya au fond de sa chaise, regardant l'autre arriver. Une fois assis, Dean sortit également son paquet fraîchement acheté et accompagna Castiel. Après deux taffes il finit par demander :

« Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Tu fais exprès de me faire tourner en bourrique ?

- Non. Parce que je ne sais pas ce que j'attends de toi en fait, alors tu vois c'est plutôt moi qui me fais tourner en bourrique, rigola-t-il pour essayer de détendre l'atmosphère.

- Je t'en pris pas de ça avec moi. C'est pas la peine de me dire ce de trucs. Tu sais que veux pas en entendre parler.

- Oui je sais bien et c'est le problème. Alors il me reste quoi ? M'excuser pendant des heures pour hier ? Ça arrangerait un truc ? Qu'est-ce que tu veux de moi ?

- Je sais pas ce que j'attends de toi. Ça fait deux fois que tu te fous de moi et je me demande si ça va pas recommencer. Qui me dit que la prochaine fois tu vas pas me sauter dessus pour me rouler une pelle ? hun ?

- Castiel c'est bon ! Il s'énerva d'un coup. Je suis pas idiot quand même, j'ai compris que tu étais hétéro et que les « gens comme moi », c'était le mal incarné. Mais t'arrives mêmes pas à respecter ce que je suis ! Hier, j'aurais pu te sauter dessus et je l'ai pas fait okay ? C'est Marc qui a fait les frais de mes hormones en folie, je t'ai laissé en dehors de ça merde ! Dean s'était levé et avait ramassé son paquet de clopes, prêt à ce que le propriétaire des lieux le chasse de chez lui.

Castiel se rendit compte qu'il avait été un peu dur avec Dean, il le regardait comme s'il était un danger, lui parlait comme si, agissait avec lui comme si… mais il était 'juste' homo. C'était pas un tueur en série. Enfin… il ne voulait juste pas faire les frais de ce problème. D'ailleurs est-ce que c'était bien la façon d'appeler ça ?

Pfff il avait tord lui aussi. Il était en flagrant délit d'intolérance.

« Je suis désolé moi aussi. Je devrais pas agir comme ça avec toi.

- Non, et moi aussi sûrement mais bon. C'est ça d'apprendre à se connaître non ?

- J'imagine qu'on est quitte alors… ?

- Oui, sûrement. Il écrasa sa clope dans le cendrier et essaya de passer complètement à autre chose. Tu faisais quoi avant que j'arrive ?

- Pas grand-chose, je pensais.

- À quoi ?

- Je me disais que je devrais aller développer mes photos, mais j'ai la trouille qu'elles soient ratées. Il lui sourit et porta la cigarette à ses lèvres.

- Je suis sûre qu'elles le seront pas attends ! T'étais super bien placé et tu as l'oeil en plus. Tu veux qu'on y aille ensemble et je te dirai qu'elle sont bien tu - verras ! Mais tu les développes pas toi-même tes photos ?

- Si si, j'ai aménagé une sorte de pièce noire dans ma chambre, avec des rideaux noirs épais. Ca fait hurler ma mère mais moi ça m'éclate !

- Oh comme une chambre noire ? C'est cool !

- Ouais voilà ! On est vachement bien là dedans, il fait vraiment complètement noir, c'est assez troublant de pas avoir de lumière du tout !

- J'aimerais bien voir ce que ça fait un jour…

- Tu veux venir avec moi, que je te montre !

- Carrément ! »

Dean suivit Cas' dans sa maison. Ils rentrèrent par la baie vitrée qui donnait sur la terrasse et qui semblait mener au salon. Ça ne ressemblait vraiment pas à chez lui. Ici, tout était rangé et bien à sa place, rien ne détonnait. La croix au-dessus de la cheminée, le bouquet de fleurs sur la table de la salle à manger, la vaisselle et l'argenterie dans un meuble derrière des vitres pour ne pas l'abîmer, le papier peint discret refait il y a peu.

Castiel traversa la salle regardant en coin Dean, qui lui inspectait la pièce. Ca devait lui faire plaisir d'être ici sûrement.

Oui ça lui faisait plaisir, même s'il se sentait un peu trop parfait dans ce décor, ça le perturbait qu'une vie soit aussi bien rangée. Ça sonnait faux pour lui, l'odeur de tarte aux pommes dans le four, le journal du dimanche livré à la maison et la petite Bible posée sur la bibliothèque comme si de rien n'était. D'un autre côté, il comprenait un peu mieux la mentalité et les points de vue de Castiel, à avoir été élevé dans un cadre pareil, une cage dorée, on ne peut que croire que les gens différents sont méchants.

Au même moment la mère de Castiel arriva dans la salle. Elle se figea en voyant qu'il n'était pas seul.

« Oh Dean, bonsoir ! Je ne t'ai pas entendu arrivé.

- Normal, il est arrivé par le jardin !

- Bonjour Madame Novak. Je suis passé à l'improviste, désolé. Je ne vous dérage pas j'espère ?

- Non non absolument pas ! Maintenant que je sais que tu es là tu pourras rester pour le goûter ? J'ai fait de la tarte aux pommes et je rajouterai même de la glace à la vanille ! »

Castiel n'avait jamais vu sa mère avec un sourire aussi grand ! Elle devait être tellement contente qu'il aie enfin un ami qu'il aie envie d'inviter chez eux… Dans le genre solitaire Castiel était le meilleur alors sa mère se sentait soulagée de le voir accompagné, et tellement soulagée qu'elle voulait le faire rester à coup de tarte aux pommes !

Dean rougit légèrement. Mine de rien, ça le mettait mal à l'aise cette maîtresse de maison parfaite car il avait beau avoir de bonnes manières, là il ne savait pas s'il pouvait dire oui sans l'accord de Castiel, ne voulant pas le gêner. Alors il se détourner vers ce dernier et tout en l'interrogeant du regard dit :

« On verra quand on aura faim ?

- Oui pas de problème ! On va d'abord faire mes photos là haut, tu nous appelleras, répondit Castiel pas trop à l'aise.

- Pas de problème ! a tout à l'heure les garçons ! »

Dean suivit Castiel pour aller à sa chambre. Ils montèrent le couloir étroit des escaliers, Castiel n'avait pas allumé alors Dean avançait à tâtons et sans faire exprès il avait effleuré les jambes de son compagnon devant lui. Il s'excusa immédiatement en se justifiant pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur son geste.

Castiel leva les yeux au ciel, c'était la peine d'en faire autant non plus… Il l'amena au fond de sa chambre qui se trouvait sous les toits, au dernier étage. C'était un ancien grenier aménagé qu'il avait squatté il y a quelques années. Il avait une petite chambre avant à l'étage en dessous mais il se sentait à l'étroit et avait besoin d'un endroit pour faire sa pièce noire. Il avait donc pris ses affaires et s'était installé ici. C'était la pièce la plus grande de la maison mais aussi la moins pratique, le toit étant juste au dessus de sa tête les murs étaient penchés, il s'était pris plus d'une fois les poutres dans la tête. Il y avait une fenêtre au dessus de son lit à un bout de la pièce et un velux au dessus de son bureau, ce n'était pas très lumineux mais il s'arrangeait avec des bougies et des photophores. Il adorait l'ambiance de cette pièce, c'était bordélique à cause du nombre de trucs qu'il entassait partout (livres, vinyles, magasines, fringues,…) et de tout ce qu'il y avait aux murs (posters, photos, des cartes postales,…).

Il arriva devant le lourd rideau noir qu'il repoussa pour faire entrer Dean le premier.

« Fait gaffe à ta tête surtout, y'a des poutres partout.. ! »

Dean sourit et essaya de faire attention mais avec sa grande taille c'était loin d'être aisé, il finit par croire qu'il allait finir à quatre pattes et chassa très vite cette image. Il s'avança donc doucement et observant l'environnement de son ami. Il adorait. Les bougies sur l'étagère et là juste à droite les vinyles bien rangés à coté et foutoir, organisation dont il était addict. Il releva le titre de son actuel bouquin de chevet, L'Attrape-Cœur. Il l'avait lu et avait adoré, encore un point commun. Avant de lui en parler il souhaita mettre un truc au clair.

« Tu sais Cas', je veux pas te gêner. Si tu veux que je parte dis-le moi.

- Si je t'ai dis de rester ici et de venir c'est que j'ai envie, je t'aurais jeté dehors sinon !

- Okay. Il sourit en se passant la main dans les cheveux. Alors par quoi tu commences pour tes photos ?

Il voulait lui montrer qu'il s'intéressait à tout ce qui faisait sa personne. Bien sur que la photo l'intéressait aussi, mais il espérait qu'il voie la face de lui plus digne que celle d'hier soir.

Castiel commença à lui expliquer comment ça se passait, les différents bains, les mouvements précis, il ne fallait pas se tromper. Il illustrait son explication en lui montrant les gestes et tout. Il s'embarquait dans son explication, il ne fallait pas le lancer sur un de ses sujets de prédilection !

« Oh excuse moi, je suis chiant quand je me mets à raconter tout ça ! » rigola Castiel sous la lumière noire.

- Non mais c'est super intéressant ! J'ai hâte de voir ce que les photos vont donner.

Dean était ravi d'assister à un tel spectacle. Pas la pellicule qu'on développait mais ce Castiel libéré qui parlait de sa passion sans retenue et des étoiles dans les yeux. Alors en attendant que les photos apparaissent, il lui demanda :

« Tes parents ne disent rien du fait que tu veuilles être photographe ?

- Ils savent pas… ils me voient bien critique littéraire pour le moment. » fit Castiel avec un sourire triste.

- Tu comptes leur dire que c'est ce que tu veux faire ou tu veux respecter ce qu'ils veulent que tu sois ? Dean y allait peut-être un peu fort mais il voulait vraiment savoir comment se sentait Castiel dans sa famille.

- Franchement je sais pas du tout… Je pense que je pense que je ferais ce qu'ils veulent pour moi. Après tout ils disent ça pour moi, et photographe c'est pas un métier très…enfin à côté de critique littéraire c'est sûr que ça fait pas grand-chose, et comme je lis beaucoup.

- Attends, tu vas pas faire un boulot que t'aimes pas pendant quarante ans sous prétexte que ta passion semble irréalisable ! T'as les moyens de te faire connaître, t'as du talent, tu sors, tu rencontres des gens… Faut pas renoncer aussi facilement.

- Va dire ça à mes parents. Je pense qu'ils préfèreraient me foutre à la porte plutôt que je leur désobéisse. » il leva les yeux au ciel.

- Tu partiras un jour ou l'autre de chez toi. Je vais pas te dire que je comprends parce que le climat chez moi est pas tout à fait le même que chez toi mais bon. On va dire que je respecte ça. »

Il arrêta pour le moment sur ce sujet, il ne voulait pas trop non plus le faire chier. Et puis il voyait les premiers traits des photos apparaître et reconnaissait la scène de vendredi soir.

« Regaaarde ! C'est trop bien, il s'émerveilla comme un gamin devant le Père Noël.

- Oui, mais t'inquiète pas j'y pense souvent je laisse pas les choses me filer sous le nez. Et j'ai encore le temps. »

Castiel se mit à sourire en voyant Dean tout excité par ses photos. C'était quand même la première fois qu'il montrait tout cela à quelqu'un.

Sur la photo qu'il voyait apparaître, Dean semblait distinguer la fosse vue juste derrière un manche de guitare sur le coté. La photo était centrée sur quelqu'un en particulier. Et quelle ne fut pas sa surprise de reconnaître ses propres traits ! Il tourna la tête vers Castiel et lui demanda :

« Tu... Tu m'as pris en photo ?

- ha euh oui je me disais que tu aimerais voir ce que ça fait d'être en haut, et puis que tu vois à quoi tu ressembles quand t'es dans un concert !

- Bah c'est super sympa merci ! »

Dean avait bien envie de lui coller un bisou sur la joue pour le remercier mais se contint et lui offrit un grand sourire.

« Et sinon, je connais presque rien de toi, tu me disais que c'était un peu spécial chez toi, mais comment ça ? demanda Castiel en accrochant les photos à sécher au fur et à mesure.

- Par où commencer... Je m'entends pas particulièrement, pour pas dire pas du tout avec ma mère depuis trois ans. Elle a rayé mon père de notre vie du jour où il n'a plus été là...

C'était dur pour lui de ressasser ses vieux souvenirs douloureux. Mais ça coulait, les mots venaient seuls comme si c'était la première fois qu'ils étaient dits pour se soulager. Il soupira, se mordit la lèvre inférieure et croisa le regard de Castiel qu'il pensait percevoir encourageant.

- Elle l'a rayé de notre vie parce que... Parce que mon père est mort il y a trois. Et depuis, y'a que son boulot et son nouveau fiancé qui comptent. Elle est les trois quarts du temps à l'Etranger pour son travail et là comme ce week-end tu vois, y'a Jean-François - il prononça son prénom avec un certain mépris - qui débarque et qui l'emmène en week-end sans moi parce qu'elle lui dit que je suis un peu sa source d'emmerdes première... »

Et il s'arrêta, de peur d'en avoir déjà trop dit, de s'être trop laissé aller car Castiel était une des premières personnes à lui demandait comment ça allait, vraiment. Il attendit que la sentence tombe de sa bouche, il ne s'attendait à rien en particulier : on avait déjà été compatissant, méprisant, gêné quand il racontait son histoire. Mais il mettait le jugement de Castiel sur un piédestal, étrangement.

Castiel ne sut pas trop quoi dire… il n'avait pas une vie facile Dean. Il le trouvait touchant et courageux. Il cachait bien les choses aussi. Il lui prit la main et la serra affectueusement. Tant pis pour ce qu'il pourrait penser. C'était juste une marque de compassion il n'était pas très doué pour réconforter les gens.

« Je trouve que t'as beaucoup de courage de supporter tout ça… »

La main de Dean le brûlait mais il n'allait certainement pas la retirer de ce coin au chaud, d'une chaleur humaine, comme si elle avait enfin trouvé sa place. Il avait très envie d'avoir Castiel dans ses bras, sentir son odeur et le remercier dans l'oreille. Par affection. Mais on lui avait appris que certains regards étaient plus forts que n'importe quel mot ou geste. Et c'est de ce regard qu'il couva Castiel en mimant merci du bout des lèvres.

Le jeune homme, baissa le regard, mais n'osa pas répondre ou bouger. Il venait de passer un nouveau cap avec Dean il avait l'impression. La confiance. L'un et l'autre pouvaient se confier, il ne se moquerait pas, il ne le jugerait pas. Mine de rien, il allait avoir du mal à se passer de lui si quoi que se soit arrivait.

« Les garçooooooooooons ! Vous descendez goûter ? » cria la mère de Castiel d'en bas.

Comme pris en flagrant délit par sa mère, Castiel lâcha la main de Dean et s'excusa tout bas.

« Tu viens .. ?

- C'est pas grave Cas'. Il s'approcha de son oreille et murmura : ne t'excuse pas, elle ne nous a pas vu et la dernière chose que je veux c'est te causer des ennuis. »

Il s'éloigna de lui et jaugea son beau visage. Ça avait l'air d'aller alors il lui dit signe de passer devant lui pour descendre. Castiel passa alors devant lui, ouvrant soigneusement les rideaux pour ne pas que la lumière filtre. Ce Dean arrivait des fois à lui tirer de drôles d'émotions, des coups de panique, de l'énervement, de la répulsion, de la fascination…mais c'était le seul à lui faire ressentir tout ça. Etrange.

Il se sentait aussi mal à l'aise vis-à-vis de sa mère, elle avait vraiment l'œil et il avait la trouille que celle-ci voit que Dean était gay et que, par-dessus le marché, il s'intéressait à son fils unique chéri… Rien que la voix de sa mère avait suffit à le faire angoisser et avoir eu l'impression d'être pris en train de faire une grosse bêtise. Alors qu'est-ce que ça serait si venait juste à lui frôler la main ! Ou pire, si il avait un instant de folie et qu'il avait envie de lui sauter dessus ?! Bon ok il n'avait jamais fait ça mais quand même… Non ce qui effrayait vraiment Castiel c'étaient les choses que lui ne pouvait pas voir, un regard, une intonation particulière, une attention… Il n'y faisait pas gaffe du tout, mais ça mère elle avait un radar intégré. Peut-être que le fait qu'elle apprécie beaucoup Dean aiderait à son aveuglement.

Dean voyait l'inquiétude se peindre sur le visage de son ami. Il y a tellement de choses qu'il avait envie de lui dire pour lui faire passer son angoisse. Qu'il ne croit pas ; il avait appris à cacher qui il était vraiment, ne pas choquer malgré que le monde était soit disant en pleine révolution sexuelle. Bref, il se mit en mode bien élevé et suivit Castiel dans les escaliers jusqu'à la cuisine où deux assiettes de tarte aux pommes et boule vanille les attendaient, la mère bienveillante à coté et la musique du dimanche en fond sonore, Trenet. Ca remontait à quand son dernier « goûter » avec un ami ? Quand il avait 13 ans ? Oui, juste après, la bouteille de sirop avait viré en vodka fraise et Ricard, et à manger il ne réclamait que... Trop indécent de penser ça devant Castiel qui s'installait tranquillement à table. Il fit de même, goûta la tarte et dit à Madame Novak :

« C'est vraiment délicieux !

- Oh je te remercie Dean, c'est le dessert préféré de Castiel depuis qu'il a 4ans ! Une fois juste en sentant l'odeur de la tarte aux pommes, il est sorti de son bain et est arrivé tout nu dans la cuisine pour en prendre ! » rigola Michelle Novak en rangeant un peu sa cuisine.

- Maman ! Non mais tu peux éviter de raconter ce genre de choses à mes amis ?! Déjà que ça longtemps que j'en ai pas eu essaye de pas les faire fuir en leur parlant de moi nu à 4 ans ! »

Dean rigola, il était loin de se moquer cependant.

« T'inquiètes pas Cas', je vais pas fuir, la tarte est vraiment trop bonne ! Il rit de plus belle avant d'ajouter : c'est affectueux ce que te dit ta mère de toute façon, je trouve ça attendrissant moi.

- Ouais c'est ça ! Pense juste qu'a cet âge là j'avais la coupe ne brosse ! Ca va te paraître moins mignon d'un coup ! »

Dean eut un léger temps avant de répondre. Est-ce qu'il pouvait dire devant sa mère qu'il le trouvait mignon (bandant, terriblement sexy, à violer pour tout dire) sans que ça choque. Il toussota comme pour réprimer un rire et répondit :

« Ah ça doit changer quand même ! Mais bon, on est toujours mignon quand on a 4 ans.

- Ooh oui surtout Castiel il avait des joues à croquer ! J'ai plein de photos de lui, je vais chercher l'album photos ! »

Madame Novak sortit de la cuisine tout sourire. Castiel en profita pour se retourner en vitesse vers Dean et lui dire du bout des lèvres.

« Surtout reste comme ça, pas de remarques pitié… C'est pour nous deux que je dis ça ! » et il retourna manger sa tarte aux pommes histoire de faire comme si de rien était.

- Cas', souffla-t-il, rappelle toi ce que je t'ai dit avant de descendre.»

Il entendait déjà sa mère revenir et se dit que s'il voyait Cas' tout nu dans ces albums, même jeune, il allait avoir chaud. Il avala un peu de glace et un verre d'eau pour se calmer alors que Madame Novak cherchait visiblement LA photo à lui montrer.

« Ha là voilà ! » s'extasia la maman.

- Pitié maman… »

Castiel baissa la tête et se concentra sur son gâteau pour éviter de voir le massacre. Michelle Novak lui montra les pages de l'album avec Castiel jouant avec une petite fille dans l'herbe devant des assiettes en carton de tarte aux pommes et de glace à la vanille, les cheveux en brosse et le nez plein de glace.

Son ami sourit face à sa gêne et essaya d'abréger ses souffrances en acquiesçant rapidement. La petite fille à coté de lui l'intrigua, il demandera à Castiel plus tard qui c'était. Il sourit à Madame Novak, avala sa dernière bouchée de glace et s'alarma :

« Han Cas', les photos !

- Quoi les photos ? Elles sont en train de finir de sécher ! On va aller les voir ! T'as fini ta tarte ou t'en veux encore ? »

Madame Novak retourna dans le salon pour ranger son album photo, toute contente.

« Non merci, j'en peux plus là ! Tu les retouches tes photos ?

- Ha non c'est mieux quand c'est naturel !

- Okay. Je sais pas, j'avais vu un bouquin y'a pas longtemps où la fille avait tout fait en noir et blanc très contrasté, j'ai bien aimé. Mais dans ce bar y'a tellement de couleurs que ce serait dommage.

- Je devrais essayer plus tard avec une autre pellicule dans un cadre plus calme ! Des photos des gens dans la rue ou des plantes ! »

En même temps il débarrassa son assiette et celle de Dean.

« Ça devrait être cool avec des passants qui ne se rendent pas compte qu'on les prend en photos, ce sera plus naturel. »

Il l'aida à finir de débarrasser et nettoyer la table. La mère de Castiel n'était plus avec eux, c'était un soulagement déjà de ne plus se sentir sondé de toute part. Il jeta un coup d'œil à la pendule du salon : 17 heures 30. Déjà... Sa mère n'allait pas tarder à rentrer de son fameux week-end, il n'avait pas très envie de la voir parce que bon, lui c'était la triste réalité à côté de ce que lui offrait son fiancé. Il soupira légèrement et chercha le regard de Castiel.

« T'en fais une tête… qu'est-ce qui a ? » demanda Castiel le voyant.

- Je regardais l'heure, c'est tout. Je vais devoir rentrer chez moi... Enfin pas tout de suite heh ! corrigea-t-il.

- Tu restes le temps de développer les photos alors ?

- Oui bien sûr. Je veux voir tes photos quand même."

Pour appuyer ses propos il avança vers les escaliers. Il attendit cependant que Castiel lui dise de monter.

Le petit brun prit les devant et monta les deux étages rapidement. Arrivé dans sa chambre il ouvrit la fenêtre et attrapa son paquet de cigarettes. Il en sortit une et l'alluma.

« T'es veux une ?

- Avec plaisir ! Mais tes parents sont okay pour que tu fumes ?

Il chercha son briquet dans sa poche de jean avant de se rappeler qui l'avait laissé dans sa veste en bas.

- Tu peux me prêter ton briquet s'il te plait ? Le mien est dans ma veste, ajouta-t-il.

- Ha oui tiens ! Non ils s'en foutent…»

Il lui donna le bout de plastique noir et repensa au premier jour de cours ou il lui avait allumé sa cigarette en se rapprochant autant de lui…

« Je ferai pas la même connerie que la première fois ! » rigola t-il nerveusement.

Dean eut un coup de chaud en se rappelant de la bouche de Castiel aussi près de la sienne et aussi innocemment... S'il savait que c'est depuis cet instant qu'il le désirait. Il le lui dirait en temps voulu, peut-être, il espérait. Il porta rêveusement la cigarette à sa bouche puis lui répondit :

- C'était pas qu'une connerie Cas', ça nous aura aussi permis de nous connaître, même si c'est très douteux ! Il en rit.

- Oui enfin bon…Ça nous a pas vraiment rapproché tant que ça… hurm tu veux, euuh mettre un disque ? »

- T'as des Stones un peu ?

- Ouais là en bas à droite, j'ai Out of Our Heads … Je vais voir les photos je reviens tout de suite. Installe-toi au fond si tu veux ! »

Il lui montra le fond de la pièce ou il avait amoncelé des tonnes de coussins pour lire tranquille à la lumière du velux.

Castiel Passa derrière les rideaux noir pour voir ses photos et essayer de reprendre un peu de contenance, il n'aurait pas du remettre ça sur le tapis ça avait le don de le foutre mal à l'aise.

Dean s'affala dans les coussins, sa clope au bec, il mit le vinyle sur la platine et se laissa envahir par les guitares. Puis il jeta un coup d'oeil aux bouquins et aux autres vinyles ; c'aurait pu être sa propre collection bien qu'il aurait ajouté un peu plus de The Who. Il trouva que Castiel mettait du temps à revenir mais bon, il se doutait qu'il devait être captivé par ses photos et ne voulait pas le déranger. À la place il se cala bien dans les coussins, à moitié allongé et entreprit de relire quelques extraits de L'Attrape-Cœur.

A l'intérieur de l'amas de draps, Castiel accrochait d'autres photos et nettoya un peu tout son bazar. Il ressortit dix minutes plus tard en ayant à moitié oublié Dean.

« Désolé j'ai été un peu long, je rangeais… » marmonna t-il en s'affalant sur les cousins gémissant de contentement.

C'est le gémissement qui tira le grand brun de ses rêveries. Il se dit que le temps avait pas mal passé puisqu'on était déjà au troisième morceau du disque. Il ouvrit les yeux et découvrit un Castiel allongé proche, très proche de lui... Malgré ça il ne cilla pas et se redressa légèrement.

« J'ai vu que tu lisais L'Attrape-Cœur, c'est un de mes bouquin préféré. C'est pour ça que je te l'ai pris pour relire des passages, plaisanta-t-il.

- Ha oui je l'ai presque fini ! J'aime beaucoup même si c'est pas mon livre préféré !

- J'adore le passage où il dit que, ce qu'il voudrait faire de sa vie, c'est attraper les cœurs des gens qui sautent. J'aimerais me laisser vivre comme lui. Enfin bon…

- Ha ouais c'est marrant…Moi j'aime ce truc dans l'hôtel ou il regarde par la fenêtre dans l'hôtel en face … enfin je me souviens plus trop les détails j'ai commencé y'a un bout de temps et j'ai une mémoire de poisson rouge ! il bailla et s'étira. Haaa j'aime trop cet album, mais je préfère la dernière ! Ça te dérange pas que je la mette j'ai envie !

- Non non, vas-y, t'es chez toi ! »

Ça le gêna un peu plus quand il reconnut les premières notes de I'm Free et qu'il se rappela de son délire vendredi soir, ce « Hold me, love me » et ce « Castiel » crié dans le vide. Et quand il vit son ami se mettre à se dandiner légèrement en se levant pour récupérer quelque chose sur son bureau, il eut chaud, trop chaud. C'était pas possible qu'une simple chanson arrive à le rendre comme ça ! Remarque avec un ami aussi séduisant… Bref, rester calme, rester calme, rester calme !

Castiel prit la pochette du vinyle et alla se réinstaller en face de Dean regardant les titres, compositeurs et tout. Il leva la tête pour dire quelque chose et vit que son ami n'était plus dans son état normal. Il avait les joues en feu et se mordillait nerveusement la lèvre.

« Y'a un truc qui va pas ?

- Si si si, tout va bien, t'inquiète pas. Ça t'embête si je fume une autre clope ?

Au moins, il pourrait dire que son allure était dûe au manque.

- Non je t'en pris… » il se mit à chantonner par-dessus. « So love me, hold me, love me, hold me. I'm free any old time ... »

On non, c'état pas possible… Castiel le faisait exprès ou quoi ? Il tremblait nerveusement et du coup avait du mal à allumer sa clope. Quand il y arriva enfin, ce fut un soulagement, il tira de loooongues taffes pour se détendre et essayer de rester le plus détaché possible.

- J'adore ton accent, se moqua-t-il gentiment. Oui c'est ça, essayer de passer par le rire pour ne pas montrer qu'il était complètement affolé intérieurement.

- Mais ! Je sais, j'ai un accent vraiment nul ! Mais faut pas se moquer ! J'ai espoir que à force de chanter ce genre de chanson il s'améliore !

- Faut partir à London sinon ! Ha ça allait être plus facile, il retournait sur un de ses sujets préférés l'Angleterre et tout ce que ça lui a apporté.

- Tu y es déjà allé ?

- Oui. Ma tante habite là-bas alors mes parents m'y ont envoyé souvent quand j'étais gamin et là, un peu moins, vu que c'est la sœur de mon père tu vois… Mais ça me manque, j'adore la culture anglaise ! C'est sûrement pour ça que j'écoute presque que des groupes anglais…

- Haaaa okay je comprends mieux ! Tu parles bien anglais en plus… J'suis jaloux !

- Meuh non, faut pas, ça s'apprend va ! Et puis tu seras partant si je te proposais de venir avec moi la prochaine fois ?

- C'est vrai ? tu voudrais que je vienne avec toi ? » s'étonna réellement Castiel en se redressant.

- Bah pourquoi pas ! Ce serait terrible ! Je peux t'accueillir chez ma tante sans problème vu que son appart' est grand. Mais c'est mieux d'y aller au printemps vu que sinon fait vraiment trop froid… Enfin on verra si ça te tente toujours dans quelques mois, sourit Dean à son enthousiasme.

- Ha mais ouiouioui ! Ça serait trop bien merci ! » il se pencha vers lui pour lui déposer un baiser sur la joue.

Etrangement, Dean resta calme. Peut-être parce qu'il était pétrifié aussi, que Castiel aie osé malgré qu'il soit gay. Peut-être parce qu'il en était tellement heureux, de ce rapprochement, qu'il n'y croyait pas. Peut-être parce qu'avec Castiel, tout lui semblait différent et meilleur. Alors il lui sourit de toutes ses dents en disant qu'il sera tout aussi content que lui. Puis il lui demanda :

« Tu penses que les photos sont prêtes ? Parce que je vais devoir rentrer moi…

- Ha oui elles doivent ! je vais les chercher ! »

Castiel se leva sans difficulté et passa derrière les rideaux. Il resta deux minutes et revint avec son tas de photos, il s'assit à près de Dean et lui donna les photos.

« Tiens, regarde à toi l'honneur ! »

Et quel honneur… Les photos étaient vraiment belles, Castiel était talentueux, il pouvait maintenant l'affirmer en connaissance de cause. Ce petit bonhomme méritait vraiment sa place, quoi qu'il puisse en penser. Là, les volutes de fumée qui entourent le chanteur, sur une autre, le batteur qui a renversé sa tête en arrière en lançant ses baguettes, et sinon une guitare folk posée sur le sol au milieu de toutes les pédales pour instruments électriques. Dean s'était replongé dans le concert en quelques clichés. Il demanda à Castiel s'il pouvait prendre la photo qu'il avait prise de lui.

« Ha mais vas y je t'en pris, j'en ferai pas grand-chose en plus…Et ça me fait plaisir ! » répondit Castiel avec un grand sourire.

- Merci beaucoup. Et garde-les bien ces photos, peut-être qu'un jour elles pourront te servir, il fit un clin d'œil puis se leva. J'ai pas envie de rentrer chez moi... Désolé, je me plains un peu trop.

- Non non c'est pas grave ! » rigola doucement Castiel. « Ta mère est avec son copain là ?

Il a du la ramener mais il a compris que je l'aimais pas trop alors il passe pas trop de temps chez nous. Ma mère va plutôt chez lui quoi.

En même temps il ramassa sa photo et son paquet de clopes en se rapprochant des escaliers, prêt à partir, à contrecœur...

« Bon bah je te raccompagne en bas alors… »

Castiel passa derrière Dean et descendit dans le salon. De la cuisine, madame Novak entendit que les garçons étaient là. Elle arriva près d'eux et embrassa sur les deux joues Dean.

« À très bientôt mon grand, ça m'a fait plaisir de te voir ici ! Reviens quand tu veux ! »

Le lycéen fut surpris par cette marque d'affection, même sa mère n'était plus comme ça avec lui... Il la remercia encore une fois pour sa fabuleuse tarte aux pommes. Puis se tourna vers Castiel. Il ne savait pas trop s'il devait lui serrer la main ou lui faire la bise. Après tout, ils s'étaient réconciliés, étaient devenus très complices et il y avait eu ce baiser sur sa joue là-haut. Alors il se permit de lui faire la bise.

« On se voit demain au lycée de toute façon ?

- Oui ! A demain et oublie pas de lire le chapitre de Germinal ! Je te ferais pas de résumé avant le cours ! »

Castiel rigola et referma la porte derrière son ami. Oui, ils étaient réconciliés, et c'était vraiment une bonne nouvelle. Il avait toutes les qualités pour être ami avec lui, il le comprenait et avait les mêmes passions que lui. C'était tellement agréable de trouver enfin quelqu'un. Tout ce qu'il espérait c'est qu'il ne le décevrait plus. À agir bizarrement ou le tromper en quelque sorte. Il lui avait donné sa parole quand même… Enfin bon, il avait hâte d'être en cours pour le revoir. C'était beaucoup plus simple et plus agréable d'aller en cours avec quelqu'un.

De son côté, Dean rentra en traînant les pieds. Il était cependant heureux. Si on omettait la tornade avec sa mère qui approchait, il était bien. Castiel lui faisait de nouveau confiance et ils avaient échangé tellement en une après-midi.

Ses grandes jambes le menèrent trop vite chez lui. Dès qu'il ouvrit la porte, sa mère lui tomba dessus.

« Où est-ce que t'étais Dean putain ? T'as encore passé le week-end dehors hein ?

- Non maman, je fais pas que des conneries tu sais. J'étais chez un ami, le premier ami que j'ai depuis des années. Alors s'il te plait, arrête de parler de moi sans savoir... C'est comme si on se connaissait plus de toute façon, soupira-t-il.

- Dean Winchester, comment peux-tu dire ça ? Tu sais très bien que j'ai un boulot prenant et que...

- Et que tes week-end tu préfères les passer avec ton fiancé que moi, oui je sais ça maman ! Il s'énervait franchement là. Alors laisse-moi, tu veux me sortir de va vie ? Laisse-moi je te dis.

- T'es bien comme ton père dit-elle exaspérée.

- Ne mets pas Papa au milieu de nous ! Je t'interdis de faire ça ! »

Il courut les escaliers quatre à quatre et s'enferma à clefs dans sa chambre. Là tout ce qu'il voulait, c'était du calme, du calme après la tempête. Ces guerres à répétition le fatiguaient et il aurait donné n'importe quoi pour retrouver Castiel et l'apaisement qu'il lui apportait en un regard. Castiel. Et réaliser encore une fois, au détour d'une pensée maladroite, à quel point il tenait à lui. Il lui manquait même. Et pas qu'un peu, surtout quand la tempête fait encore rage en lui et que personne n'est là pour déposer un baiser discret sur sa joue.


A suivre...