Parrain

La jeune fille se tenait droite, devant l'ancien détenu. Enfin, elle trouvait un adulte qui voulait bien d'elle, autrement que sa famille, qui lui faisait largement comprendre qu'elle n'était pas du tout aimée. D'ailleurs, l'homme avait plongé son regard dans le sien et murmurait d'une voix hachée par l'émotion :

« Éliane... Je ne sais pas si tu sais, mais je suis ton parrain... »

La dénommée Éliane serra contre son cœur l'ancien prisonnier. Ce n'était pas lui qui avait trahi ses parents, et même si cette vermine de Queudver fuyait dans la forêt, elle avait trouvé l'équivalent d'une famille.

Elle écoutait son cœur battre, comme pour effacer la présence des détraqueurs, comme pour donner plus de réalité à ce qu'il affirmait, comme pour effacer la présence d'un loup-garou en pleine transformation près d'eux. Comme pour effacer douze ans d'éloignement.

Finalement, elle prend son courage à deux mains, et ose poser la question qui changera sa vie, elle le sait.

« Et... Une fois que tu seras réhabilité... Je... je pourrais te rendre visite ? »

Les yeux verts suppliants se levèrent vers l'homme. Il était plus grand qu'elle, comme un père envers son enfant. Un sourire apparut sur le visage émacié du fuyard.

« Bien... bien sûr. Je serais ravi. Comme... comme tu le désires. Tu ne serais même plus obliger de rester avec ces Moldus. »

Dans un coin du cerveau de Sirius, un souvenir ressurgit. Sa situation était si précaire qu'il lui en parla aussitôt. Peut-être qu'il n'aurait pas l'occasion, une autre fois.

« J'aurais un objet à te laisser. Il est dans mon coffre, à Gringotts. Il t'appartient.

— Un... un objet ?

— Oui. Une bague. On... hum... te l'a offert pour ton premier anniversaire. Je te la ferais parvenir dès que j'aurais accès à mon coffre. »

Sur ces mots, il se transforma à nouveau en Sniffle, et Eliane retourna près de ses amis qui l'avaient soutenu. Très rapidement, le reste de la soirée envoya ce souvenir de discussion dans un coin obscure de son cerveau.