Voici la suite, plus courte que le chapitre précédent désolée. J'essaierai de faire mieux pour la semaine prochaine. Merci à toutes celles et ceux qui prennent le temps de lire, ça me fait très plaisir de voir le nombre de « vues » augmenter. J'espère sincèrement que cela vous plaît. Bonne lecture !
Rappel : Il demanda si il était possible de le rencontrer.
-Drayn doit encore être sur scène mais...
Des hurlements retentirent brusquement, coupant Olenn.
Elle rajusta le capuchon sur son visage, stressée. Ce n'était absolument pas le moment de se faire arrêter. Les rues étaient peu peuplées à cette heure de la nuit et dans ce quartier. Un poivrot de temps à autre, un groupe d'amis bras-dessus bras-dessous, un mignon couple rentrant chez lui. En les voyant, elle se surprenait à penser à ce qu'elle aurait pu vivre. Elle essayait alors de se sortir cela de la tête. Les trucs roses avec des petits cœurs, pas pour elle. Elle n'avait jamais vraiment eu de relation dans ce genre... et n'avait pas exactement eu des exemples très probants. Les Eiren peut être, cinq enfants et toujours aussi amoureux qu'au premier jour. À part eux, pas un couple sans écart de conduite. En serait-elle capable ? Probablement, vu le point auquel elle avait été attirée par la gente masculine. Une légère grimace déforma son visage. Ce crétin de chirurgien l'avait vraiment rendue accro. Et il avait faillit se tuer, cet imbécile, avec cette foutue guerre de pirates. Elle lui en voulait encore. Heureusement qu'il ne pouvait pas entendre ses pensées, sinon elle préférait ne pas imaginer sa réaction en voyant le nombre d'insultes à la minute quand elle se souvenait de ces événements. Il pouvait se montrer très créatif dans un certain nombre de domaines. Elle se maudit de ne pas pouvoir aller plus vite. Même en restant dans l'ombre et en courant autant que possible, elle devait éviter les patrouilles qui la ralentissaient. Foutus avis de recherches. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de tabasser un Marine pourri qui avait un peu trop laissé traîner ses mains devant son escadron, avant de s'en prendra audit escadron lui fonçant dessus ? Elle aurait dû l'embarquer dans un coin sombre ! Dans tout les cas, depuis, elle avait dû virer de bord et commencer à s'attaquer aux contrats particuliers pour survivre tout au long de son voyage d'excuses. Il ne restait qu'une étape, la toute dernière et la plus difficile. En principe, Law y serait. Elle appréhendait un peu, puisqu'elle repartait ensuite avec lui. Enfin, si il voulait toujours d'elle. Début d'une nouvelle vie, après avoir définitivement mis fin à l'ancienne. Elle espérait juste qu'il n'était pas trop tard.
Et que son père serait un minimum content de la revoir.
Le trapéziste pâlit et sortit précipitamment, le capitaine sur ses talons. Des gens criaient et couraient un peu partout, descendant du navire. L'autre disparut après un ou deux gestes de sa famille, partant rejoindre ses camarades. Quelques artistes entraînaient les enfants dans la foule tandis que les autres s'étaient saisit de tout ce qui pouvait leur servir d'arme. C'était à qui brandirait une perche, un couteau de jet, une masse, bref n'importe quoi. Quelque chose tournait en hauteur dans la nuit, une sorte d'ombre inquiétante et menaçante. Au début, Law pensa que les malheureux occupants du bateau-cirque ne savaient pas se battre. C'est après qu'il se rendit compte qu'il avait bien tort. Ils attendaient juste que plus aucun civil ne soit là – lui excepté, puisqu'il avait l'air d'être assez grand et fort pour s'en tirer tout seul... de toute façon celui qui pensait le contraire il se chargeait de lui démontrer l'énormité de son erreur, scalpel à l'appui – pour sortir l'artillerie lourde. Dès cet instant, les exclamations sortirent de partout.
-Gaffe aux voiles Merry, lança quelqu'un à un cracheur de feu.
-Ce truc est au-dessus de l'artimon !
-Tu vois bien qu'il est au-dessus de l'eau !
Bon, ils savaient se défendre, mais de là à s'organiser... hum. Le pont devint rapidement un énorme bazar. Des flammes surgissaient d'un peu n'importe où, les acrobates essayaient désespérément d'atteindre l'assaillant qui n'était plus le seul à voler dans le ciel. Il ne savait pas qu'un bâton de majorette pouvait servir de projectile tue-bêbête. Les malheureux semblaient pourtant plus aptes à éviter les attaques qu'à en porter. L'animal n'était pas trop offensif, mais assez pour causer des dégâts au bateau. Des cordages de tout poil tombaient comme des mouches, ce qu'ils avaient pu accrocher en hauteur était déjà en lambeaux sur le pont. Leur petite ménagerie était très animée aussi, dans le mauvais sens du terme. C'était un concert de sifflements, de grognements, de feulements, bref de tout ce qu'il était possible d'imaginer. Le navire craquait également de toute part, à chaque fois que l'assaillant s'approchait d'un peu trop près ou qu'un des défenseurs faisait une boulette. Il se détourna du spectacle que formaient les artistes en pleine agitation pour se concentrer sur la bestiole. Malgré l'obscurité de la nuit, on distinguait de grandes ailes et des serres certainement tranchantes. C'était étrange, il n'y avait aucun oiseau géant dans le coin. Une image lui revint en tête, et il frissonna. C'était impossible, la dernière fois c'était très très loin de là. Il en eut malheureusement la confirmation quand un éclat de lune fit luire le métal qui composait les serres et les étranges plumes. Le Rohk était de retour, ou tout du moins la sorcière avait réussit à le réveiller temporairement. Quelle étrange coïncidence. Le problème étant que tout concordait un peu trop. Le message de sa belle – oui, la sienne. Pas touche. – sa présence ici, l'endroit particulier, l'attaque. Son cerveau fonctionnait à cent à l'heure, plus encore qu'à l'ordinaire. Elle était trop intelligente pour venir sans raison. Elle voulait quelque chose. Mais qui, ou quoi ?
Il savait qu'elle reviendrait un jour, et que tout n'était que question de temps. Malgré cela, il était pétrifié par la peur. Il ne voulait pas, pas encore. C'était trop tôt.
Nyri ? Elle était impossible à trouver. Probablement pas dans les parages.
Peut être que les grands dirigeants de ce monde quels qu'ils soient avaient décidé de lui faire une sorte de plaisanterie macabre. Ou peut être que son indécision avait duré trop longtemps, et qu'elle causait aujourd'hui tant d'ennuis à ceux parmi lesquels il avait grandi.
Lui ? Non, il était merveilleux et inoubliable – et l'avait accessoirement plus ou moins vaincue une fois – mais pas au point qu'elle vienne détruire un navire pour lui. De plus, elle aurait eu mille occasions pour s'attaquer à lui.
Il se força à bouger. Un pas après l'autre, il avança lentement vers ces cordages auxquels il avait grimpé tant de fois. En avait-elle fait exprès ? Peut être. Il ne savait pas.
Par toutes les mers, réfléchis Law ! Rien de ce qu'elle avait un jour affirmé pouvait amener à supposer qu'elle reviendrait. Cela n'avait été qu'une étape dans sa vie, une parenthèse d'une quinzaine d'années dans sa quête de pouvoir, un lieu comme un autre.
Tant de fois il s'était réveillé en se disant qu'il partirait le jour-même, et tant de fois il avait renoncé avant d'avoir ne serait-ce qu'emballé ses affaires. Pourquoi au fond ? Après la double disparition, les choses n'avaient jamais plus été pareilles. Il regrettait tant. Mais c'était sa nature après tout, il aimait tant les femmes. Pourvu que sa fille, si elle avait été préservée, ne rencontre jamais d'homme comme lui. Et pourvu que l'on lui donne une chance de s'excuser auprès de son épouse.
Sa sœur ? Tuée, décédée, enterrée depuis un sacré bout de temps.
Il saisit ce qui l'aiderait à grimper, la mort dans l'âme. Un jet de flamme le frôla, allumant une part de sa cape qui fut très heureusement éteinte par le vent. Étrange, il aurait pensé que cela l'aurait attisé. Non pas que cela change grand chose au fond. Il s'élança avec une agilité encore étonnante pour quelqu'un de son âge, et ne tarda pas à arriver en haut.
Les autres membres du cirque ? Aucun intérêt pour elle.
Il avait plutôt froid là, et son costume ne l'aidait pas vraiment à garder l'équilibre. Il voyait le monstre à travers son masque, ses yeux bleus remplis de haine le fixaient avec satisfaction. Jamais un hybride d'humain et d'oiseau géant n'avait autant ressemblé à un chat trouvant un nouveau jouet qu'il va se faire un plaisir d'étrenner.
Il évita de justesse une pluie d'éclats de bois qui lui fit lever la tête. Eyréré était perchée sur l'une des plus hautes vergues, non loin d'un homme. Certaines voiles s'étaient enflammées et baignaient la scène d'une inquiétante lueur orangée. Il avait un très mauvais pressentiment.
Il n'avait jamais vraiment réfléchit à comment il voudrait que cela arrive. Depuis toujours, il avait juste pensé qu'il finirait soit sur scène, soit par se rompre le cou en tombant d'en haut, soit dans son lit. Que ce soit dans son sommeil ou en train d'exercer une autre activité. Il devait certainement juste y aller à l'instinct.
Le malheureux en haut écarta le bras. Il était un peu suicidaire – mais alors un tout petit peu – pour se mettre comme ça devant une chose pareille. Il n'avait rien à se reprocher non ? Il se passa alors plusieurs choses en quelques instants. D'abord, Law remarqua l'étrange costume à un peu calciné de l'inconnu. Ensuite il se souvint du métier du père de sa belle. Enfin, Eyréré lança un puissant coup de serre en même temps qu'un hurlement inhumain.
C'était douloureux, mais étrangement apaisant. Il se sentit tomber en arrière et lâcher sa canne. Il eut vaguement conscience du fait que son masque quittait son visage. La chute ne dut pas durer très longtemps, et il était déjà partit avant d'avoir touché le pont. Il ne ferma pas les yeux. Finalement, c'était plutôt bien de s'en aller sous un ciel étoilé. Une belle dernière image.
Le chirurgien n'eut pas le temps de réagir. Son acte accomplit, la sorcière s'envola satisfaite. Il se précipita auprès de l'homme. Les deux orbes d'un ambré très familier ne fixaient déjà plus rien, paisibles.
Drayn le magicien était mort.
Bien, j'espère que vous aurez apprécié. N'hésitez pas à commenter, que ce soit en bien ou en mal, et je vous dis à la semaine prochaine !
