Hello, très petit chapitre mais je me rattraperais pour la suite. C'est promis !
Encore merci pour toutes les reviews et toutes les alertes que je reçois. Je remercie surtout les reviewers anonymes que je n'ai pu remercier directement.
Bonne lecture et pensez à l'auteur ^^ pour critiquer positivement ou non.
Mon repos fut de courte duré. Lestrade frappa à la porte à l'aube et John lui avait ouvert malgré la présence d'Anderson sur ces talons. Je craignais que cette situation n'attire des ennuis, aussi leur demandais-je de vider les lieux pendant que John préparait le thé dans la cuisine.
-Mais Sherlock, l'autopsie du chien a révélé de l'arsine dans ses poumons. Il aurait juste pu l'abandonner dans la rue, non il l'a tué de manière… Sherlock vous écoutez ?
-Je vous ai dit de partir, je ne veux rien savoir de cette affaire, répondis-je fermement.
-Qu'est ce qui se passe le taré ? Votre chien a rangé la niche, ça vous perturbe ?
Lestrade constata avec effarement que l'appartement était rangé et il fit part de son étonnement, non sans avoir demandé à Anderson de se calmer dans ses propos. Qu'y avait-il de si particulier ?
-Quoi ? Ce n'est pas naturel comme environnement. Ce n'est pas comme chez tout le monde ? demandais-je curieux.
-Vous n'êtes pas tout le monde Sherlock … Peu importe, cette affaire vous enthousiasmait hier et vous aviez raison, il y a bien …
-Taisez-vous et sortez d'ici au plus vite. Dehors ! m'emportais-je.
-Allez-vous faire foutre, cracha Anderson en pointant un doigt hargneux vers moi.
-Certainement pas par vous, je laisse ce déplaisir à Donnovan et je plains votre femme, répliquai-je acerbe.
John vint à mon secours et poussa la police vers la sortie en précisant qu'on ne venait pas insulter de braves citoyens à leur domicile sans aucun motif de bon matin. Il précisa discrètement à Lestrade que ça passerait. Tout allait bien, il me fallait du repos.
Du repos, j'allais en crever. L'inspecteur m'avait lancé un dernier regard d'incompréhension avant de plier devant l'insistance de John. A cet instant, je priais pour qu'on nous laisse tranquille. John me déposa une tasse de thé sur la table basse avant de se rendre dans sa chambre. Je savais qu'il prenait ses affaires avant d'aller sous la douche. Je songeais distraitement à son petit mot. Ce qu'il y avait de bien entre nous, c'était cette façon de communiquer sans froisser l'autre. Enfin, dans le sens John – Sherlock. Parce qu' à l'inverse, je devais constater que je le contrariais souvent par mes propos, à mon plus grand désarrois. Mais, j'essayais de trouver des solutions pour palier à l'agacement que je lui procurais, tout cela dans le but de lui plaire. Pour ne pas qu'il m'abandonne. L'attention constante qu'il me portait, m'avait fait prendre conscience que la solitude me pesait quand même. Même s'il valait mieux être seul que mal accompagné. Il valait mieux être accompagné de John que d'être seul.
Définitivement, John n'était pas mon chien et je ne le traitais pas comme tel. Pourquoi tout le monde semblait me renvoyer cette image ? Jusqu'à Moriarty avec son avertissement douteux ! Le jour où je tiendrais ce rat, je ne le livrerais pas aux autorités. Je le tuerai proprement sans procès. Le jugement a déjà été rendu. Il n'aurait pas dû menacer John.
« Je ferais de ton cœur un bain de cendres » Je tirerai dans le tiens et personne ne pleurera ! Misérable cloporte.
Je fus surpris dans mon délire par l'exclamation de John suivit d'un bruit sourd. Le bruit d'un corps qui tombe de toute sa hauteur.
Dans ma précipitation, en traversant la table basse, je projetais la tasse pleine sur le sol où elle se fracassa. Aucune importance. John. Arrivé dans sa chambre, je constatais qu'il était allongé devant sa fenêtre avec une grande difficulté respiratoire. Il se tenait la poitrine et avait du mal à s'exprimer. Tétanisé, je ne savais que faire face à ce spectacle déstabilisant.
Sa respiration finit par se calmer et je l'aidais à s'allonger sur son lit. Qu'est ce qui avait provoqué cette crise ? John n'était pas malade. La fenêtre était ouverte. Détresse respiratoire. Un gaz, un aérosol ? Il faudrait qu'il soit directif. Courte durée d'action sur les effets respiratoires. Des coups furent frappés sur la porte d'entrée.
-Ne bouge pas, intimais-je à John en murmurant.
Ce dernier dormait en se tenant la poitrine. Effet soporifique à ajouter au produit inhalé. Il n'avait pas réussi à prononcer un mot. Les coups se firent insistants.
En ouvrant la porte, j'étais persuadé de réduire en pièce l'importun. A la place, un énorme bouquet fut brandit à hauteur de ma vue. Les fleurs envahissant tout mon espace visuel, débordantes d'odeur. Le livreur ne savait pas qui avait commandé la livraison. Tout c'était fait par téléphone et on avait livré la carte à la boutique par coursier. Inutile.
Je lui claquais la porte au nez et ouvrait la carte avec précipitation. Même papier, même encre, même enveloppe que pour hier.
« Bon rétablissement Johnny Boy, sincères excuses Jimmy »
Je froissais la carte avec irritation. L'insistance de la police avait provoqué un avertissement plus direct. Nous n'étions pas en sécurité. Le téléphone de ma poche bipa.
To Sherlock
From James Moriarty
Faible dose de Dichlorure d'éthylarsine. Tu ne fais pas assez attention.
JM
To Le Rat
From Sherlock
Je ne suis pas responsable du zèle involontaire de la police. Je reste sur l'option John.
SH
To Sherlock
From James Moriarty
Sinon, je t'en décharge volontiers. J'ai tragiquement perdu mon dernier compagnon et je souffre de la solitude.
JM
Ce message me glaça et je me précipitais au chevet de John. Moriarty lui avait volontairement administré une faible dose et y avait ajouté un somnifère pour qu'il ne sente pas la douleur persistante sur les heures suivantes. C'était la substance utilisé sur le général et sur le chien à plus forte dose. Je m'étais trompé. Il ne tuera pas John, il me l'enlèvera. Il lui avait envoyé des fleurs ! Insupportable !
J'avais conclu que ce sale rat ne ferait rien à John ou en tout cas rien d'irréversible. Pourtant j'étais resté à son chevet jusqu'à midi passé, dans l'attente improbable qu'il se relève avant la fin de la journée. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée que ce psychopathe pourrait vouloir John, que d'une certaine manière il s'était attaché à lui, autrement que pour me blesser. Un étrange sentiment m'envahit.
Je finis par aller prendre ma douche pour chasser ce malaise. En fin d'après-midi, après avoir contemplé la pluie tomber sur Backer street, je m'étais lancé dans l'art.
A l'aide d'une bombe de peinture, je dessinais ce que j'estimais être le portrait de Moriarty. Satisfait de mon œuvre, je m'empressais de commencer l'entraînement au tir. Je le revoyais mimer la surprise à la piscine. J'aurais dû tirer ce soir là. Je suis sûr que nous aurions survécu à sa mort.
Au moment de recharger l'arme, je m'aperçu que la boite de cartouches était vide. Je fouillais donc le bureau pour en trouver une autre et tombais sur les fleurs que j'avais abandonné là au moment de leur livraison. J'allais m'en débarrasser et de ce pas. Hors de question de garder le cadeau empoisonné de cet être méprisable. Tenant le bouquet au dessus de la poubelle, je fus figé par la voix rauque de John. Il n'avait pas parlé de toute la journée et l'arsine avait quand même laissé des traces.
-Des fleurs ? Touchante attention. Je les aime, tu sais, dit-il légèrement hésitant.
Je voyais qu'il pensait que j'avais décidé de m'en débarrasser plutôt que de lui offrir.
-Je sais, mentis-je sans honte. Je voulais te les offrir.
Le téléphone bipa dans sa poche. Je le vis le retirer doucement et sourire en lisant le message. Il me le tendit pour que je puisse en profiter.
To John
From Jimmy M
Menteur !
Jimmy
-C'est lui qui les a acheté. Mais c'est moi qui te les offre, rectifiai-je crispé en tendant le bouquet devant moi.
-Que s'est-il passé ? finit-il par me demander en cherchant un vase.
Je lui parlais de l'arsine mélangée au somnifère et en profitais pour lui demander comment il se portait. A part une violente douleur au moment où le poison s'était vaporisé devant son visage, il n'avait plus aucun souvenir d'une quelconque sensation.
Je lus de la réprobation dans ses yeux pour le mur du salon. D'un haussement d'épaule, je balayai l'objection. Il fallait bien que je me défoule. Et puis, hormis ces quelques trous et ce portrait indésirable, l'ensemble de l'appartement me semblait toujours dans l'état dans lequel Madame Hudson avait bien voulu le mettre.
To Sherlock Holmes
From Lestrade
Un corps a été retrouvé à deux pas de chez vous.
Un ami à vous ?
Lestrade
Une photo était jointe au message. Le gars tenait encore une télécommande dans la main. Je ne serais pas étonné que l'on trouve un mini-drone pas loin. Un exécuteur des basses œuvres exécuté pour avoir obéi à un ordre indésirable. Moriarty était un psychopathe !
To Lestrade
From Sherlock Holmes
Règlement de compte après exécution de contrat. Affaire classé.
SH
L'inspecteur ne prit pas la peine de répondre. John nous prépara un thé et posa le plateau sur la table basse du salon. Je pris conscience à cet instant précis de la tasse de ce matin que je n'avais pas ramassé. John soupira et entreprit de nettoyer le tout en marmonnant.
Pour ma part, une question m'occupait. Qu'est ce que Moriarty voulait vraiment à John ? Il n'avait pas à … Ce fut John qui brisa le silence.
-Je ne suis pas sûr d'arriver à supporter qu'un criminel consultant s'intéresse à moi de cette façon.
-Moi non plus crois moi, répondis-je sombrement.
-Sherlock, je ne …
-Allons faire des courses, le coupais-je peu désireux d'avoir cette conversation.
-J'en ai fait hier, contra-t-il.
-Alors, allons chez Angelo.
