Voici donc la troisième et avant-dernière partie de cette histoire

Cette nuit-là, Steve eut beaucoup de mal à trouver le sommeil, beaucoup trop perturbé par les révélations de son petit-ami. Dans ces circonstances, il ne pouvait que l'admirer pour son courage. Après ce qu'il avait subi, il avait même du mal à croire qu'il ait accepté d'entretenir une relation avec lui. Ce qui lui fit réaliser que soit Danny lui vouait une totale confiance ou alors s'était-il laissé emporter par des sentiments mélangés ? Il priait vraiment pour que la première solution soit la bonne.

Le blond s'était encore réveillé deux fois cette nuit, pris par un cauchemar où Steve eut beaucoup de mal à l'en sortir encore. Maintenant que cette totale confiance entre eux s'était établie, il se promit de protéger aussi longtemps qu'il vivrait l'homme si fragile dans ses bras… En commençant par donner une bonne correction au connard qui avait pourri la vie de l'homme qu'il aime. Ne sachant ni où il habite, ni comment réussir à le contacter, il resta éveillé une bonne partie de la nuit à cogiter là-dessus.

Quand le soleil se leva enfin, il se dégagea de son étreinte avec Danny, s'y prenant avec la plus grande délicatesse pour ne pas le réveiller. Il constata avec satisfaction que ce n'était pas le cas et remit avec douceur sur lui la couverture dont il les avait couverts durant la nuit. Ayant une soudaine envie de prendre l'air, il se leva, se mit en tenue de sport et partit faire un footing puis quelques kilomètres de nage, plus courte pour éviter que Danny ne se réveille paniqué. Il voulait vraiment revenir le plus rapidement possible.

Entrant dans le salon, il vit soulagé que le blond dormait toujours profondément. Il le trouvait si beau ainsi, si calme… Cet homme capable de si grandes colères, ça le rassurait de le voir ainsi. Et il comprenait mieux pourquoi aujourd'hui : pour avoir eu affaire à d'autres victimes de viol ces trois dernières années, il savait que ces personnes étaient capables de comportements plus qu'agressifs, colériques et parfois non maîtrisés. Il leur fallait aussi beaucoup de temps pour établir un lien de confiance avec d'autres personnes. Et il était très fier de faire parti de ceux-là ! Il l'aimait tellement, il ne voulait surtout pas qu'il lui arrive encore du mal. Mais tant que cette personne serait encore dans la nature, il n'était pas sûr que ce soit le cas ! Il avait donc pris une décision et avant de leur préparer un bon petit-déjeuner, il monta prendre une douche et passer un petit coup de fil.

« Oui allo ! Oui désolé, je sais qu'il est tôt mais j'ai vraiment besoin d'un coup de main, pour un ami ! »

« J'espère que c'est pour une bonne raison, Steve ! Je ne dois être au bureau que dans deux heures ! »

« Je sais, je sais mais justement je voulais te prévenir que moi et Danny- sauf affaire de haute importance- ne serions pas là de la journée ! Je peux donc te faire confiance pour… »

« Bien sûr, pas de souci ! Tout va bien ? Danny va bien ? »

« Je t'expliquerais plus tard, Chin ! En attendant, peux-tu me rendre un service ? »

« Oui sans souci ! »

« Trouve-moi tout ce que tu peux sur le reste de la famille de Danny : tantes, cousins qui vivent ou auraient vécu dans le New Jersey ! Concentre-toi essentiellement sur un de ses cousins qui s'appelle… Stéphane ! »

« Tu es sûr que tout va bien, bro ! Tu as une voix toute bizarre ! »

« Trouve-moi les infos, c'est tout ce que je te demande ! Et surtout, ne dis rien à Danny ! »

« Mais… »

« S'il te plaît ? »

« A vos ordres, boss ! Je te rappelle dès que j'ai trouvé ! »

« Merci ! A plus tard ! »

« A plus tard ! »

Il raccrocha sans attendre puis partit prendre sa douche…

(…)

Une demi-heure plus tard, Danny se réveilla, une bonne odeur de café envahissant ses narines. Un mal de crâne l'envahissait et il se demanda d'abord pourquoi. C'est à ce moment qu'il se rappela des événements d'hier soir. Il ne se souvient pas d'avoir autant pleuré, surtout devant quelqu'un. Cela faisait peut-être 32ans mais pour lui, c'est comme si c'était hier. Il se souvenait parfaitement de tout et encore plus des conséquences que cela a amené dans sa vie : une grande envie de vomir à chaque fois qu'il voyait une pizza couverte d'ananas, ses tendances à facilement s'emporter contre quelqu'un- en particulier Steve- amené par un immense manque de confiance en lui. Il a beau se la jouer beau parleur comme ça, cette épreuve n'a en rien aidé. Le renfermement sur lui-même, sa timidité avec les hommes comme les femmes qui lui plaisaient. Il savait depuis longtemps qu'il était attiré par les hommes, mais jamais il n'avait eu envie de faire confiance à l'un d'entre eux. Quoi de plus normal, me direz-vous ? Jusqu'à hier soir où toutes ses barrières s'étaient effondrées grâce au seul homme en qui il faisait entièrement confiance. Sa fille et son ex-femme n'ont jamais été au courant. A cette dernière, il n'en avait pas trouvé l'utilité. Sa fille ? Peut-être un jour, si les signes qu'il pourrait facilement reconnaître aujourd'hui étaient présents chez elle. Il avait tellement peur qu'il lui arrive la même chose. Sa fille, sa raison de vivre… Il ne sait même pas de quoi il serait capable s'il apprenait qu'un homme avait eu l'audace d'abuser d'elle. Il ne chercherait même pas à comprendre : le vrai Danno se réveillerait !

Pour lui, c'était fini, il n'y avait plus rien à faire- juridiquement parlant. Il avait tellement hésité sur ce point mais le manque de preuves, le nombre d'années et la maudite prescription jouaient en sa défaveur. Il ne lui restait plus qu'une chose : avancer et avancer, seul ou accompagné, psy ou pas, Steve ou pas. Oh mon dieu, Steve !

Steve qui était resté auprès de lui toute la nuit, qui l'avait réconforté à chacun de ses cauchemars, qui l'avait écouté tout du long… Que pensait-il de lui maintenant ? Etait-il dégouté de lui ? Le voudrait-il toujours dans sa vie, sentimentalement et professionnellement parlant ? Il a du mal à croire que ce soit le cas : qui voudrait d'un homme aussi faible et aussi fragile que lui ? Ce n'était pas possible ?

Il sursauta quand il sentit une main se poser sur son épaule, mais fut vite rassuré quand il tourna son regard vers les yeux si clairs de l'homme qu'il aime. Une lueur d'inquiétude et de sympathie y régnaient. De la pitié ? Non, il ne lui semblait pas… Quoique !

« Ca va babe ? » Babe ? Bon ça ne veut rien dire mais y a un peu d'espoir enfin…

« Euh oui, ça va. Juste… J'ai très mal à la tête là maintenant. »

« Tiens je t'ai préparé des aspirines à avaler avec ton café. J'espère que ça va t'aller. »

Il s'apprêtait à se reculer pour aller dans la cuisine mais une main se posa sur son bras. Relevant ses yeux dans le regard océan du blond, il y vit un mini sourire auquel il répondit, un sourire dans lequel il espérait pouvoir exprimer qu'il ne fallait pas s'inquiéter et qu'il serait là quoi qu'il arrive. Mais vu le visage du blond, il réalisa que ça ne suffirait pas.

Alors doucement, sans brusquerie, il prit son compagnon dans ses bras et l'enlaça tendrement contre lui. Les larmes étaient finies, maintenant place à un câlin de réconfort, une embrassade pour montrer qu'il ne lui reprochait rien, qu'il le comprenait et qu'il serait toujours là quoi qu'il arrive.

« Merci. Merci babe. »

« De rien. Je serais toujours là pour toi, pour le pire comme pour le meilleur et absolument rien ne me fera changer. »

A ces mots, Danny se décala un peu de l'étreinte pour pouvoir le fixer dans les yeux, cherchant la moindre once de mensonge, de doute, le moindre signe de dégoût. Il n'en trouva aucun mais pourtant il avait encore un peu de doute.

« Tu… Tu es sûr de vouloir de moi ? Moi qui suis tout… Qui suis tout… »

« Je t'aime Danno. Je t'aime et je t'aimerais toujours. Et quoi que t'ai fait cette ordure, je ne bougerais pas. Il me faudrait autre chose pour me faire partir. Je ne suis… Je ne suis peut-être pas fort avec les mots et je peux parfois te sembler… Sourd à tes propos. Mais je serais toujours là si tu vas mal. Et j'attendrais le temps qu'il faudra. Si tu veux qu'on prenne notre relation en douceur, il n'y a aucun souci. Je saurais être patient, je ne veux pas te forcer à faire quelque chose que tu ne veux pas ou pour lequel tu ne te sens pas prêt. »

« C'est la première fois où je t'entends autant parler. C'est que tu dois vraiment être sincère alors ! »

La tentative d'humour avait réussie et ils laissèrent échapper un petit rire. A la fin, ils échangèrent un dernier regard rempli d'amour et de compréhension. Prudemment, comme une sorte de demande silencieuse, Steve approcha ses lèvres de celles de son comparse. N'y voyant aucun blocage, il les posa sur les siennes. Un baiser tendre et amoureux pour confirmer que rien n'avait changé. Ils se séparèrent au bout de quelques secondes, collant leurs fronts l'un contre l'autre. Plus besoin de mots, tout était dit.

Le téléphone se mit à sonner à cet instant. Steve décrocha immédiatement en voyant le numéro de Chin s'afficher.

« Chin, t'as quelque chose pour moi ? »

« Oui et je pense que tu vas être heureux. J'ai trouvé la trace de ce fameux Stéphane. Ça t'intéresse ? »

« Et comment ! Attends je prends de quoi noter ! »

Il nota les coordonnées, sous le regard interrogateur de son petit-ami. Il l'ignora pour le moment, cherchant dans son téléphone un de ses contacts dans le New Jersey.

« Oui c'est Steve. Oui désolé de t'appeler aussi tôt. Mais j'ai besoin d'un grand service là… »

Les yeux de Danny s'ouvrirent en grand quand il comprit ce que Steve voulait faire. Il ne va pas le tuer, quand même ? Il risquerait sa vie uniquement pour… Pour moi ?

« Oui tu me dois bien ça. Ecoute voilà ce que je veux que tu fasses… »

Tbc…

Je reviendrais bien sûr dessus dans le dernier chapitre. Je ne préfère rien dire sur ce que j'ai prévu pour garder une petite once de suspense dans cette histoire si difficile. Merci encore à ceux qui continuent à me suivre et pour vos messages de soutien.