Edward Eppes est le petit-neveu de Charlie le frère de Don.
Que s'est-il donc passé pour que Don se retrouve dans une époque autre que la sienne ?
Voici la suite !
Bonne lecture !
Partie 3 :
Don se troubla un instant : Il était vrai que, dans la salle d'interrogatoire, il avait noté des ressemblances avec son frère Charlie. Méfiant, il ne baissa pas son arme.
«-Prouvez-le ! » Ordonna-t-il, fermement.
Edward Eppes, sans se départir de son calme, murmura :
« -Album photo de famille. »
Un hologramme surgit du néant, entre les deux hommes et prit la forme d'un album photo sous les yeux étonnés de Don qui avait sursauté. Les pages de l'album se mirent à tourner toutes seules, dévoilant des images de personnes souriantes : Des instantanées de vie de famille heureuse et insouciante.
Don, fasciné, reconnut son frère mais avec des années en plus, une jeune femme blonde entourée d'enfants et un homme châtain qui présentait une sérieuse similitude avec Alan Eppes.
« -Mon père, Kevin Eppes. Précisa Edward, en surveillant les traits de Don. Grand-père Charlie disait qu'il était le clone vivant de son père. Moi, j'ai hérité de votre frère. »
Il vit que l'agent était traversé par des émotions différentes : Incrédulité, nostalgie, mélancolie et peine…
Il se doutait que le jeune homme réalisait les conséquences humaines et affectives sur sa vie. Ce dernier se rendait compte que tous ceux, ayant compté dans sa vie, n'étaient plus. Il était condamné, malgré lui, à une solitude irrévocable, douloureuse et injuste.
La révolte envahit le jeune agent fédéral qui abandonna l'album des yeux et abaissa, légèrement, son arme.
« -Ce ne sont pas des preuves. Fit Don, d'un ton incisif. N'importe qui peut « bidouiller » des photos sur le net. »
Edward reformula alors une autre demande :
« -Paquet ! »
Un paquet émergea de la banquette par une ouverture et le jeune PDG s'en saisit. Avec un sourire, il le tendit à Don qui l'accepta.
Prudemment, il déchira l'emballage du paquet et souleva le couvercle. Des larmes scintillèrent aux coins de ses yeux et une émotion déferla en lui : C'était son premier gant de base-ball. Alan, son père, lui avait enseigné les rudiments de ce sport avec ce gant.
Don le retourna vivement et une date, incrustée dans le cuir, acheva d'ébranler le jeune agent.
« -Papa avait marqué ma première victoire, ainsi. Se chuchota-t-il, ému, en s'essuyant les joues. La date de la compétition que j'ai remportée. Avant d'intégrer une équipe professionnelle. »
Il posa le gant sur ses genoux, rangea son arme et questionna Edward du regard.
« -Votre père est décédé, ainsi que mon grand-père. Révéla le jeune PDG, en comprenant la question tacite. Il n'a pas supporté votre « Disparition » et mon grand-père vous a consacré sa vie. Mon père a pris le relais. D'où « Tecbiologie » et sa raison d'être. »
La fin fut lâchée dans un soupir empreint d'un soupçon d'amertume. Don remarqua l'expression absente du jeune homme et sut que celui-ci avait eu une enfance, peut-être dorée, mais une enfance avec un père obsédé par ses recherches.
Edward revint à lui et sourit, affichant son calme habituel.
« -Soyez sans crainte, Don. Rassura-t-il, sincère et chaleureux. Je ne vous en veux pas. L'objectif de mon père est enfin réalisé. Vous êtes ici, sain et sauf. Certes, pas dans votre époque mais vous êtes là. »
Don s'aperçut que la limousine s'était garée vers les marches menant à une immense tour en verre et béton. Une infrastructure dont l'architecture et la hauteur sidéra le jeune agent.
Un homme, probablement un garde, à son allure et à son attitude compassée et vigilante, vint leur ouvrir la portière et Edward, le remerciant, incita Don à le suivre.
« -« Tecbiologie ». Présenta-t-il, en pénétrant dans un hall vaste et lumineux. Résultat des travaux de votre frère, de mon père et des miens. Soyez fier : Vous avez contribué à ce projet, indirectement. »
Don promena des regards curieux et un peu perdus sur les murs, les gens qui devaient y travailler et pénétra dans un ascenseur aux parois de verre.
En douceur, l'engin emmena les deux hommes à une hauteur vertigineuse et sa porte, coulissante et silencieuse, s'ouvrit sur un laboratoire.
A leur arrivée, des hommes et femmes, en blouses blanches, se figèrent et braquèrent leur attention sur Edward et Don qui se sentit mal à l'aise.
Celui-ci devina que ce devait être l'élite des chercheurs et des scientifiques, devant leur air intéressé et les appareils de recherche.
« -Excusez-les. Pria Edward, en avançant parmi les appareils. Ils sont très curieux de nature et le fait que vous êtes « l'aboutissement » de leurs efforts n'arrange pas les choses. Puis vous devez subir des examens médicaux pour votre santé. »
Un scientifique, le chef de cette section, accourut vers eux. Il s'efforçait de dissimuler son exultation et son impatience par une démarche sobre et lente. Mais ses yeux brillants trahissaient une curiosité professionnelle et son excitation d'approcher le « résultat » de ses recherches.
« -Bonjour, monsieur Eppes. Fit-il, respectueusement à son patron. Il me parait en bonne santé. »
Don réprima une envie de lui en « coller » une, agacé par les regards avides de ses collègues et la lueur de satisfaction dans les yeux du chef de la section. Il détestait être considéré comme une curiosité.
Edward s'immisça, habilement, entre Don et son chef de section et diplomate, il suggéra de procéder aux tests avec une équipe réduite.
Le personnel fut choisi avec soin et le reste dut quitter la pièce, désappointé.
Don subit un scan entier, allongé dans une machine qui donna un schéma fidèle du corps de l'agent. Une femme lui préleva du sang et un échantillon de son ADN, concluant les examens médicaux.
Se rhabillant, Don rejoignit Edward qui discutait avec le chef de la section. Stoppant à quelques mètres d'eux, il se plongea dans la contemplation de son petit-neveu.
Celui-ci constituait le seul point de repère fiable de l'agent dans ce monde futuriste et un sentiment proche de la fierté s'empara de Don : Edward était une personne bien.
« -Tout va bien. Annonça Edward, en regagnant l'ascenseur. Je vous emmène dans votre appartement. Grand-père disait que vous aimez votre indépendance. Ernie, mon avocat et expert informaticien, vous a donné une existence légale. »
Don le suivit jusqu'à la limousine, attentif et une fois dans la voiture, demanda :
« -Une existence légale ? Et pourquoi Charlie tenait-il tant à m'envoyer dans votre époque ? »
Edward sourit, rassurant et répondit :
« -Vous restez Don Eppes, je vous rassure. Votre état civil a juste changé de date et de filiation : Vous êtes mon cousin et vous travaillez, en tant que fonctionnaire de l'OCP. Vous êtes le détective Eppes. Vous avez été muté à Delta City. Vous commencez votre service demain. Quant à la raison de votre « voyage » dans mon époque, je vous l'expliquerai. En temps voulu. »
Voyant l'impatience et la contrariété de Don, le jeune homme adopta une attitude sereine.
« -Faites-moi confiance. Conseilla-t-il, en le fixant droit dans les yeux. Adaptez-vous à votre nouvelle vie. Vous serez plus en mesure d'appréhender ce que je révélerai plus tard. »
Don médita la recommandation, sans un mot et se résigna, finalement, à suivre ce conseil judicieux et plein de bon sens.
La limousine s'était arrêtée, près d'un immeuble résidentiel. Edward tendit une carte magnétique à Don qui la saisit et sortit du véhicule.
« -Tout est sous contrôle biométrique. Prévint son petit-neveu, tranquillement. L'appartement est entièrement modernisé. Il suffira de donner un ordre à haute voix et vous obtiendrez ce que vous désirez : Lumière, visionneuse holographique…La carte est votre ordre d'affectation pour votre commissariat. Vous l'introduisez dans votre voiture et elle vous y conduira. »
Don écouta ces explications, déboussolé et n'était pas sûr de savoir se débrouiller dans un appartement aussi sophistiqué.
« -Croyez-moi, Don. Dit Edward, d'un ton confiant. C'est plus simple que cela n'y parait. Tenez, une carte avec mon adresse et ma ligne personnelle. N'hésitez pas si vous avez besoin de quoique ce soit. »
Don prit l'autre carte et inspirant profondément, il se décida à découvrir son appartement.
«-Une chose, encore. Ajouta Edward, espiègle, pendant que la limousine commençait à démarrer. Evitez de « chatouiller » votre partenaire de terrain : Personne n'aime être traité de « tas de ferraille » ! »
Sur ce conseil, Edward laissa Don complètement médusé et statufié. Robocop allait être son coéquipier.
A suivre.
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