Chapitre III:
-Où est encore partie cette bubuzuke?
-Calme toi Haruka-chan...
-Comment je peux être calme alors qu'elle a encore désertée ses fonctions de présidente!
-Une tasse de thé Yukino-san? Haruka-san?
-Comment est-ce que tu peux être aussi détendu face à la situation! On a une fête de bienvenu pour les nouveaux élèves à organiser et une soirée pour nos sponsors à planifier! Et cette bonne à rien trouve le temps de s'amuser à cache-cache! Vraiment...
-Je suis sûr que Shizuru-san à une bonne raison d'être en retard. Cela dit, rien ne nous empêche de commencer sans elle et de l'informer de nos décisions.
Shizuru-sama n'est pas là...Où peut-elle bien être...
-Haaaa!
Haruka ouvrit la porte brutalement ce qui fit basculer l'espionne au sol.
-Qu'est-ce que... Hey toi! On peut savoir ce que tu manipules là?
-Mani...pule...?
-C'est «Manigance» Haruka-chan.
-Tu ne serais pas Tomoe Marguerite, la première année et "fan n°1 de la seito kaichou"?
-Si! Suzushiro-senpai
-Qu'est-ce que tu viens faire là? Shizuru n'est pas ici si c'est elle que tu cherches. Et si jamais tu l'as trouve fais lui savoir qu'elle va passer un sale quart d'heure! Parole de Suzushiro Haruka!
La blonde sortie alors suivit de Yukino, qui lança un timide regard à celle qui était toujours au sol. Tomoe se releva et parcouru l'immense académie à la recherche de Shizuru.
Pendant ce temps, la présidente amenait Natsuki à son endroit fétiche, celui qu'elle n'avait jamais montré à personne, même si elle devinait que d'autres l'avaient trouvés avant et après elle. Cela dit, elle n'avait jamais croisée âme qui vive, Natsuki était une privilégiée qui ignorait cet acte de confidence que lui offrait la belle présidente.
-Dis Shizuru, tu n'as pas des choses plus importantes à faire au lieu de me donner une bonne raison de sécher les cours?
-Alors cet endroit te plaît?
-Hum... Je pense revenir ici souvent à la place des cours.
-J'en suis heureuse, même s'il est vrai que sécher les cours n'est pas très bon pour ton dossier.
-...
Natsuki contemplait l'horizon, une légère brise lui fit fermer les yeux pour profiter de cet instant de pur bonheur. Quand à Shizuru, son instant de pur bonheur n'était autre que de fixer sa cadette. Elle était comme hypnotisée par les traits de son visage, les courbes de son corps, ses lèvres qui paraissaient si douce, ses cheveux qui dansaient avec le vent. Dès cet instant elle sut que son cœur avait été dérobé par un être qui ne ressentirait, probablement, jamais la même chose ou alors qui l'a fuirait comme la peste. Natsuki ouvrit les yeux, sentant un regard pesant sur elle, elle vit alors un tout autre visage que celui de la calme présidente auquel elle avait était habitué jusqu'à maintenant. Rougissante elle détourna les yeux sans plus attendre.
-Qu'est-ce qu'il y a? J'ai quelque chose sur le visage?
-Non... Rien du tout...
Sur ces paroles dites avec langueur, Shizuru s'installa derrière sa cadette afin d'entourer sa taille de ses bras. Natsuki, surprise par le geste n'osa néanmoins pas bouger, elle semblait se complaire dans cet acte si rare et pourtant si désiré par son coeur. Sa raison reprit les devants et ces quelques mots s'échappèrent d'entre ses lèvres:
-Qu'est-ce que tu crois faire exactement?
Elle repoussa son assaillante, se retourna vers elle mais regretta bien vite son geste, la présidente lui déroba un baiser à cet instant précis. La seule chose qu'elle voyait était ces boucles ambre - devenues dorés par les rayons du soleil - cascader contre son visage, les lèvres humides de son aînée contre les siennes, qu'elle devina sèches, fit battre son coeur avec rapidité. Un sentiment étrange s'empara de son être, elle ne savait le décrire: était-ce du bonheur, de la culpabilité, du regret? Natsuki ne savait pas de quoi il en retournait, ni même comprendre cette guerre interne. Sa seule réaction fut virulente, elle tenta de gifler Shizuru, mais la présidente retint son bras fermement. Elle sentit que ce baiser devenait de plus en plus passionnel, sa peur lui fit attraper la veste crème de sa camarade pour la retourner afin d'être à califourchon sur elle. Shizuru à la fois surprise trouva, malgré tout, très agréable la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle ne dit pas un mot, observant ce qu'allait bien pouvoir faire celle qui lui faisait perdre tous ses moyens. Dans une grande hésitation, les iris aux allures de pierres précieuses se fixèrent un long moment, c'est alors que la brune se leva brutalement pour interrompre son immersion dans les yeux cramoisi de la belle présidente. Sa chevelure de jais fouettait l'air dans sa course effrénée, elle tentait de fuir vite et loin, mais que tentait t-elle de fuir? Sa peine? Pourquoi était-elle triste? Sa culpabilité? Qu'avait-elle fait de mal?... Toutes ces sensations l'accablaient, poussant son instinct à fuir plus vite et loin encore de la menace que représentait la Présidente. Shizuru, quand à elle, soupira et resta assise près de ce lac tout l'après-midi durant.
