- Lauren, LAUREN ! Il est 8h45, qu'est-ce que tu fous ?
J'émerge à peine. J'étais en plein rêve. J'avais une putain de robe noire et blanche à moitié zébrée, sur une terrasse dans le sud de la France, un verre de Champagne à la main et derrière moi une vue panoramique sur la mer bleu azur; et se tenait à côté de moi un certain... TROLL ? OK. Cauchemar, peut-être. Je me lève péniblement, et avise Alexia dans l'embrasure de la porte de notre chambre, sur les nerfs. Elle est déjà entièrement prête et me regarde avec fureur. On croirait qu'aujourd'hui est un jour spécial.
- Lauren, je te rappelle que nous sommes le 23 septembre. Et je suppose que tu sais très bien ce qu'il se passe le 23 septembre ?
J'ai l'impression qu'elle s'énerve de plus en plus à chaque mot.
- Euh... Bon anniversaire? Je tente, avec un sourire embarassé.
Elle lève les yeux au ciel.
- Mais non, c'est les qualifications pour l'équipe de Quidditch. Et, au cas où tu l'aurais zappé, tu passes à 9h pour le poste de poursuiveuse. James t'attend déjà dans la salle commune. Il est complètement excité, il dit que tu vas faire un malheur.
Je m'affole. J'avais complètement oublié cette histoire de Quidditch, et j'ai environ deux minutes et trente six secondes pour me préparer. Ok, on va zapper l'étape douche, heureusement que j'en ai pris une hier soir. Je me précipite vers mes vêtements et attrape des vêtements de sport au hasard, je me lave les dents en vitesse dans la salle d'eau et me coiffe rapidement les cheveux de ma main, avant de sortir en trombe du dortoir pour me retrouver face à un James assis nonchalamment dans un fauteuil de la salle commune. On est devenus de bon potes, lui et moi, depuis qu'il m'a accompagnée au dortoir le premier jour. D'ailleurs, il est resté avec dans la salle commune, et inutile de vous préciser qu'on n'a pas lesiné sur la consommation d'herbe... Bon, il y a eu un léger dérapage, du genre petit bisous et... Plus si affinités. Mais d'un commun accord, on a décidé de passer outre cet épisode, le considérant comme un léger accident qui n'entacherait pas une possible future amitié. Bon, on n'en a pas parlé, pas du tout même, mais je sais qu'il pense la même chose. Comme si PAF ! On couche ensemble et on est amoureux. Non vraiment, aucune envie particulière d'approfondir la chose. Non que ce fut décevant, au contraire, ce mec a une capacité physique assez impressionante... Hmm, désolée. Bref. En tous cas on est devenus bon potes quoi. On se délire bien, quand même, icompris avec Tom, son meilleur ami. Franchement, ils sont plus cools que je ne le pensais, mise à part leur manie de sans cesse se foutre de ceux qu'ils n'aiment pas (MAIS j'avoue que j'y rigole parfois).
Je descends les marches de l'escalier menant du dortoir des filles à la salle commune et me dirige vers lui. Lorsqu'il m'aperçoit, il éclate de rire (étonnant, hein ?).
- Salut ! Bel effort vestimentaire, Narces.
Il me lance un sourire narquois, avisant ma tenue assez... Complexe. J'y jette un coup d'oeil. Je porte un sweat gris à capuche d'où dépasse, en bas, un T shirt marinière large, sur un jean (étant donné que mon jogging est porté disparu) bien trop serré pour faire du sport, et de fines baskets en toile noires (ah, j'ai aussi le malheur de vous annoncer que mes baskets ont été brûlées par Alexia un jour où elle essayait de les transformer en petit ourson pour le cours de Métamorphoses). Je rentre vivement mon T-shirt dans mon jean et lance un regard assassin à James.
- Ok, j'étais pressée, d'accord? Et dépêche-toi, je te rappelle qu'on doit être sur le terrain de Quidditch dans cinq minutes. Je le tire par le bras et l'entraîne vers la sortie. Il rigole encore et m'arrête alors qu'on traverse le petit tunnel qui mène au tableau de la Grosse Dame, alias la porte.
- Lauren, je suis capitaine de l'équipe, les qualifications commencent quand JE suis là, et tu sais bien que t'as pas besoin de t'entraîner.
Il me lance un regard compatissant, du genre "c'est pas grave, Lauren, on t'en veut pas même si t'es un peu conne". Je déteste quand il me lance ce regard. Je lui en lance un méprisant, avant de sourire avec complicité.
- Ecoute, James, je sais que tu as déjà choisi l'une de tes futures puirsuiveuses (alias, moi), mais laisse moi quand même montrer ce dont je suis capable, tu veux ?
Et hop, BAM ! C'est reparti pour la marrade.
- Non mais attends, tu crois que je vais te choisir en priorité? J'veux dire, tu penses vraiment que je vais faire du favoritisme? Tu rêves ma belle. Je disais juste que je te pense assez forte pour ne pas t'entraîner avant, n'est-ce pas ?
Je fulmine. Il a conclut ces saintes paroles par un sourire effroyablement narquois, mixé à l'habituel compassion et agrémenté d'un zeste de méchanceté (sans oublier le rictus dû à l'effet de son discours sur moi). Je le regarde avec indignation.
- James !
- Ok, Ok, je rigolais. Mais bon, t'as vraiment pas besoin d'entraînement, sérieux. Tu bats même Rose, et pourtant, c'est assez difficile de la surpasser. Il me lance un clin d'oeil complice, avant de me regarder avec contrariété, et je sens qu'il retient une petite colère : Et, au fait, c'est qui ce type là, ce serpentard qui s'asseoit toujours à côté de toi en potions ?
Je le regarde, incrédule. Qu'est-ce que ça peut lui faire, sérieux ?
- Perkins ? Oh, je sais pas. Il est assez sympa. Il est capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard, d'ailleurs.
James rougit de colère.
- Putain mais c'est un con ce mec, c'est un con et en plus c'est un Serpentard !
- James, calme-toi. Et il est pas con, tu vois. Plutôt intelligent même. Je rajoute avec un sourire malicieux : Je pourrais même me le taper. Sortir avec lui, pourquoi pas? Une relation, c'est peut-être ce qu'il me faut en ce moment.
Je regarde James avec un immense sourire. Qui disparaît aussitôt; Le beau brun a l'air très, très en colère. Mais genre, je l'ai jamais vu comme ça. Il a un regard assassin, et ça commence à me faire vraiment peur. Et le pire c'est que c'est moi qu'il matte avec fureur. Oh, oh.
- T'ES VRAIMENT UNE SALE PUTE, NARCES ! UNE PUTAIN DE SALOPE !
Et il se lâche sur le mur (qui lui, soit dit en passant, n'a rien fait) et le martèle d'un coup de poing qui laisse une grosse marque sur la paroi du tunnel, un léger affaissement vers l'intérieur. A ce moment, je réalise les paroles qu'il vient de proférer, et je m'énerve à mon tour.
- Potter, je te conseille de retirer immédiatement ce que tu viens de dire.
Ok, j'étais sensée faire peur, et à la place un chuchottement presque inaudible est sorti de ma bouche, trop oppressée par la peur du comportement de James. J'ai réellement l'impression qu'il va me frapper. Et là, tout s'enchaîne à une vitesse folle. James rabaisse la tapisserie qui nous sépare de la salle commune et me plaque contre le mur, tenant fermement mes deux mains. Nos visages sont à quelques centimètres et ses yeux ont un regard pétillant de passion mélangée à la fureur qu'il éprouve vis à vis de Perkins. Et il attrape mes lèvres des siennes. Elles sont chaudes, je sens son envie lorsqu'il m'embrasse avec ardeur. Je m'abandonne à lui. Je fonds sous son contact. Il s'arrête doucement, et lâche mes poignets, et prends délicatement mon menton de sa main. Ses yeux verts pétillants à présents ne sont plus emplis de fureur mais de déception, d'une réelle tristesse qui me transperce le coeur. Est-moi qui rend son regard aussi mélancolique ? Je me hais. Je savais, je savais que rien n'irait comme je l'avais prévu. Je vais faire soufrir James parce que je n'peux me lancer vers l'inconnu avec lui, c'est trop tôt, je n'peux pas. Je n'veux pas avoir à faire le deuil de notre relation comme j'ai fait celui de mon père si d'aventure ça ne fonctionnait pas. Mais c'est sans compter l'esprit têtu de James.
- Lauren, je peux pas. Je sais pas c'que tu as, je sais pas le truc qui fait que je peux pas passer un instant sans toi, mais c'est impossible, j'peux pas rester avec toi en ayant l'air de rien. Le jour de la rentrée, j'ai passé la meilleure soirée de ma courte vie. Honnêtement, je comprends pas, je me comprends pas, mais voilà, c'est comme ça, c'est tout. Et je t'en prie, ne le nie pas, tu éprouves la même chose.
Je baisse les yeux. Oui, c'est vrai. J'éprouve la même chose, même si je me suis résignée à faire comme si tout ça n'existait pas. Comme si James et moi étions juste deux potes qui se connaissent depuis peu et qui pourtant savent tout l'un de l'autre malgré le peu de temps passé ensemble. Non, tout ça c'était une illusion. Nous sommes juste deux êtres dont le contact a donné lieu à l'amour. Sans déconner. Ca me fait bizarre, je connais pas ça. J'ai jamais été amoureuse de mes ex. C'est un sentiment nouveau, et pourtant je sais très bien ce que c'est.
- C'est comme si on avait été faits pour être ensemble.
Je rougis de surprise lorsque je me rends compte que mes pensées sont sorties de ma bouche, sans que je m'en rende compte. James, qui attendait patiemment une réponse, sourit avec une douceur infinie et ses jolis yeux verts retrouvent leur gaieté habituelle. Et tout à coup il se met à crier, à hurler sa joie :
- Je suis amoureux de Lauren Ivy Narces ! J'AIME LAUREN NARCES !
Et je ris. Je ris de bonheur, du vrai bonheur. Celui que je n'avais pas éprouvé depuis la mort de papa. Je l'ai retrouvé, ce bonheur, et c'est grâce à James. Alors je mets fin à ses hurlements et je l'embrasse, je l'embrasse comme jamais je n'ai embrassé personne. Je le sens sourire tout en me rendant mon baiser. Je sens qu'il est aussi heureux que moi. Que l'euphorie à l'intérieur de lui explose comme dans mon corps. Je m'appelle Lauren Narces, j'ai 16 ans, et je suis amoureuse de James Sirius Potter.
Je me réveille en sursaut. Putain, c'était quoi ce rêve ? C'est la cinquième fois que ça m'arrive depuis la rentrée, depuis la soirée passée avec James. Merde, faut que je me calme. Je dois vraiment pas commencer l'année comme ça. D'ailleurs, je suis déjà poursuiveuse. Et là, je me dis qu'il est deux heures du matin, que je vais devoir aller fumer un pétard dans la salle commune pour pouvoir me rendormir et que demain, j'ai un putain de match de Quidditch. Géant, j'vais être en forme. Je me lève en vitesse, lève légèrement mon matelas et récupère mon matériel de roulage que j'y ai caché. Je mets mes tennis en toile noires et mon sweat gris (ceux là même que j'avais dans mon rêve, ironie du sort!) et, une fois arrivée dans la salle commune, j'ouvre la fenêtre et allume mon joint. Je grelotte.
- Putain, mais il fait trop froid ! - Ah oui, j'aime bien parler tout haut quand je suis seule (ne vous moquez pas!) - Vive l'Angleterre, vraiment.
- Aheum.
OK. Je me croyais seule. Je ne le suis apparemment pas. Espérons que ce n'soit pas un connard derrière moi, sinon je vais me faire pincer en train de fumer un stupéfiant moldu illégal à la fenêtre de la salle commune de Gryffondor. Génial, vous avez dit?
- Tu fais fumer, Narces?
Je pousse un soupir de soulagement en avisant Tom Collins, le meilleur pote de James.
- Mec, me refais plus jamais aussi peur. Je fais semblant de le menacer du regard.
- Et toi, ne reparle plus jamais toute seule, Lau'.
Je rougis légèrement, et lui passe le joint.
- Un point pour toi.
Il accepte le pétard et tire une longue taffe dessus, qu'il recrache quelques secondes plus tard, provoquant un nuage de fumée devant nous. Je l'observe. Il a un profil parfait, ses cheveux châtain sont ébouriffés comme s'il venait, comme moi, de se réveiller après un rêve assez tourmenté. Ses beaux yeux bleus regarde avec attention la fumée qui s'échappe de bouche rose aux belles formes. Sa peau est légèrement matifiée, contrastant avec le bleu azur de ses yeux. Putain, il est canon.
- Narces, je sais que je suis un Dieu, mais t'es pas obligée de me matter avec autant d'insistance tu sais. Je te rappelle que selon les Poudlardiens, nous sommes d'égale beauté (même si je suis sûre que je te surpasse!). Pas besoin de me jalouser ma jolie.
Il me lance un sourire malicieux. J'éclate de rire. Il est bon d'être avec Tom, chaque fois que je n'vais pas bien, il me remonte le moral en parlant de tout et n'importe quoi. Un peu dans le genre de James, mais ce n'est pas la même relation. D'ailleurs je n'vais pas commencer à parler de James, si vous voulez bien. J'ai eu mon quotat de niaiseries dans mon rêve. Non mais sérieusement, vous avez vraiment cru que c'était vrai? Que comme ça, boum, je tombe dans les bras de James et tout est bien qui finit bien? C'est pas la vie ça. C'est une utopie.
Tom me repasse le joint. J'aspire, j'expire. Et je sais que lui me regarde aussi, comme je le faisais quelques minutes auparavant. Je sais aussi qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez lui, pour qu'il soit levé à cette heure ci. Mais je n'lui demande pas l'objet de son insomnie, qu'il m'en parle s'il le veut.
- Alors, qui est l'heureux cavalier de Lauren Narces pour le bal d'Halloween ?
Je souris et lui lance un regard désespéré plein d'ironie. Je reprends mon sérieux et lui expose la situation.
- Personne. J'ai reçu des petites mots, des beuglantes, des lettres, parfois même on me l'a demandé en face mais j'ai refusé toutes les avances. J'ai pas envie de ça cette année.
- Viens avec moi !
Je le regarde avec un air incrédule. Pourquoi Tom Collins veut-il m'accompagner au bal d'Halloween, alors que tout le monde est persuadé qu'il y va avec Rose (et elle aussi en est persuadée, d'ailleurs) ?
- Tu n 'y vas pas avec Rose ?
Il détourne le regard vers l'horizon, observant le lac de Poudlard. Ses sourcils se froncent.
- Non. Et d'ailleurs, ça m'énerve qu'elle lance cette rumeur. J'ai aucune envie de m'la taper. Serieusement, j'ai jamais pu la supporter. Ca m'étonne vu les parents qu'elle a, mais elle est extrêmement imbue d'elle même et s'approprie le mérite de ses géniteurs.
- Oh, je fais. Je vois. Bah écoute, si tu veux, mais en toute amitié Collins !
Je lui souris et tire une énième taffe sur mon joint. Rose ne va pas être aux anges.
