Salut tout le monde !

Désolée pour le retard, mais dès mon retour de vacances, j'ai été coincée au lit avec une angine. Du coup, maintenant que je suis rétablie, c'est partie pour le chapitre 2 ! J'espère qu'il vous plaira.

(réponse aux reviews :
Anorluin : merci beaucoup ! Ca me rassure que tu préfères la nouvelle version par rapport à l'originale :D J'ose espérer que mon style a un peu évolué depuis...
Taraimperatrice : oui, exactement, ça se passe pendant le tome 5 ! Et non, effectivement, à ce stade c'est un peu comme si tu étais connue pour être la fille de Hitler... Et pour ce qui est des éventuels futurs amis, eh ben je te laisserai le découvrir par toi même. ;)
Kyona-sama : au pire tu peux raconter l'intrigue de la première version tant que ça te chante, car celle de cette réécriture est tout de même vachement différente ! :D Et si tu as réussi à l'apprécier, cette première version, ben je t'en suis reconnaissante !
LesMaraudeuses1 : eh bien, te voilà servie ! :D (j'ai envie de m'adresser à toi au pluriel, vu que ton pseudo suggère plusieurs personnes °^° ) )

Arty'


La grande cantine de la Colonie était pleine et bruyante. Cependant, il fallait bien avouer que manger en plein air était bien agréable. Malheureusement... Eh bien, j'étais à la table des Hermès.

J'étais donc écrasée – et encore, le mot était faible – entre deux indéterminés à l'air maussade, essayant de profiter du peu d'espace qui m'était octroyé, sur la table, pour remplir mon gosier. Mais comme toujours depuis quelque temps, mon estomac était noué, aussi n'était-ce que par respect pour ces côtes d'agneaux si bien grillées que je forçais mon corps à se nourrir.

Comme à chaque repas, avant de commencer, nous nous étions dirigés vers le feu de camp avec nos assiettes respectives, et y avions chacun jeté le plus beau morceau de notre dîner. Et naturellement, nombreux furent les pensionnaires qui m'adressèrent des regards méfiants et inquisiteurs. J'avais eu besoin de plusieurs jours pour me rendre compte qu'ils redoutaient que je fasse part de mon offrande à Cronos.

Ridicule ! Déjà que ne pas pouvoir manger de meilleur élément de mon repas m'énervait, je n'allais pas en plus dédier ce sacrifice à l'ennemi de l'humanité – pour faire court.

Et de retour à ma place, j'avais enfin entamé mon repas.

Alors que mon assiette était presque vide, j'aperçus le dos de Percy. Naturellement, il était installé à la table des « Poséidons ». Et étant le seul pensionnaire de ce bungalow... Eh bien, il était seul, tandis que je supportais le nombre excessif de sang-mêlés partageant ma table. Le contraste entre nos deux situations m'amusa ; cependant, pas assez pour m'empêcher de penser à la façon dont notre dernière conversation s'était terminée.

Je l'avais questionné sur la mission qu'il venait de remplir : je n'étais jamais parvenue à en avoir les détails de la part des autres pensionnaires, mais... Disons que j'étais comme les murs : j'avais des oreilles.

Il m'avait donc annoncé la mort du chef des « Héphaïstos » : Charles Beckendorf. Ne le connaissant pas, je ne pus ressentir qu'une vague compassion à l'égard de tous ses amis – et de sa petite amie, également.

Mais ça n'avait été rien comparé à la nouvelle qui avait suivi – et alors, j'avais véritablement compris pourquoi Percy avait tant tenu à me rencontrer.

Il y avait un espion à la Colonie.

Combien de temps avant que la nouvelle se répande et incite chaque pensionnaire à me soupçonner plus que de raison ?

Un haut le cœur me ramena à la réalité, devant mon assiette à moitié entamée. Je n'avais définitivement plus faim : mes jours à la Colonie étaient sans doutes comptés – ou mes jours tout court.

Et comme si ma situation n'était pas déjà assez grave, lorsque tout le monde eut fini de manger, Chiron se leva, prêt à faire une annonce. Un instant, je fus terrifiée à la chique idée qu'il puisse avertir la populace de la présence d'un espion – histoire que tout le monde soit bien au courant – ce qui impliquerait un mouvement de foule dont je pourrais bien être la victime. Sans vraiment m'en rendre compte, j'adressai une prière aux dieux: certains pensionnaires n'avaient pas besoin de savoir maintenant, et le temps dont je disposais avant que la rumeur fasse son affaire m'était précieux.

Mais son annonce fut... Bien plus grave, en fait.

Il tapa du sabot, et l'attention générale se concentra sur lui.

– Bien, fit-il un fois le silence obtenu. Étant donné les circonstances, j'avais d'abord annoncé que la partie de Capture-l'étendard serait annulée... Mais j'ai subi une certaine pression (il adressa un regard lourd de sens aux « Arès » ) de la part de certaines personnes. Voilà pourquoi ce soir, les enfants, nous jouons !

Il y eut plusieurs cris de joie, et les pensionnaires se levèrent. Pendant que Chiron expliquait les règles aux éventuels jeunes atteints d'Alzheimer, les Héphaïstos et les Arès allèrent chercher leurs étendards. Pour ma part, je dus me faire violence pour déverrouiller chacun de mes doigts bloqués autour de mes couverts.

J'étais tellement morte.

Je ne pus retenir un rire lorsque le centaure rappela la close suivante : « ne pas tuer, ne pas mutiler ». La bonne blague ! Comme s'ils allaient se gêner. Ne disait-on pas « les lois sont faites pour être transgressées » ? Et je ne parlais même pas de mes remarquables – ironie, ironie – qualités de combattante qui ne me seraient sans aucun doute pas d'un grand secours.

Pour mon plus grand malheur, je fus placée dans l'équipe des « Héphaïstos ». Oh, l'idée ne me dérangeait pas, en soi... Non, ce qui était bel et bien digne d'affolement, c'était le fait que j'étais contre les « Arès ». Plus le temps passait, plus j'avais l'impression que les dieux avaient posé une malédiction sur moi, ce qui n'était guère plaisant – merci la famille ! Un instant, je songeai à m'éclipser discrètement pour attendre tranquillement la fin des jeux. Cependant, tous mes espoirs d'évasions furent écrasés par un grand gars que je ne connaissais pas :

– Toi, rejeton de Cronos, tu protèges l'étendard !

Et comme s'il se croyait très malin, il ajouta avec un sourire mielleux :

– Toute seule !

Je voulus répliquer, mais ma bouche s'ouvrit sur une absence totale de répartie. Il rit, et s'éloigna. Ce ne fut qu'alors que j'éructai :

– Mais... Je veux pas...

Je shootai dans le vide en grognant, et allai me chercher un équipement. En me croisant, Percy me donna une tape sur l'épaule accompagnée d'un sourire encourageant – mais c'étaient les derniers sacrements pour un condamné à mort. Cependant, il ne semblait pas avoir deviné ma détresse.

Je pris une longue et lente inspiration : ça allait bien se passer. Après tout, nous étions à la Colonie des Sangs-Mêlés – pas au Camping des Monstres Psychopathes. Les pensionnaires ne devaient pas être aussi méchants que ma paranoïa me le laissait penser...

Me furent confiés une armure, un glaive et un casque que je parvins tout juste à mettre, tentant de maîtriser les tremblements de mes mains – ce qui n'était pas une mince affaire. Après quoi le joyeux groupe se dirigea vers la forêt.

Plus nous nous approchions du terrain, plus mon estomac se serrait, et déjà, je ne sentais plus mes jambes. Allons, je devais me calmer... Ceux qui étaient assez sages pour éventuellement empêcher leurs comparses de me tuer étaient assez nombreux ! Je n'avais pas à m'en faire !

Je déglutis difficilement lorsque la tête de file se mit à trotter vers notre partie du terrain ; je suivis le mouvement, mais ne tardai pas à me retrouver dernière. Malheureusement, mon retard ne me sauva pas : j'étais déjà à mon poste, seule près de l'étendard, lorsque le son du cor retentit pour annoncer le début des jeux.

Le silence était assez pesant. La nuit était lourde, la chaleur orageuse. Mes doigts étaient crispés sur le manche de cuir de mon arme, même si j'avais bien peur d'être incapable de m'en servir. Je tournais frénétiquement la tête chaque fois que je percevais un son digne d'attention – des hurlements, notamment. Intérieurement, j'insultai les « Arès » de noms d'oiseaux – rossignol, merle, connards... Oh, j'ai dit ça ? – pour s'être opposés à l'annulation de ce jeu stupide.

Je pris maladroitement une profonde inspiration. Qu'est-ce que je faisais encore là ? Ma vie était en danger, tout de même ! Ne rien faire et attendre n'était rien d'autre que suicidaire !

Et puis, de toute façon, personne n'allait me tuer si nous perdions par ma faute. M'échapper pour rester vivante était quand même une attention louable à l'égard de ma bonne santé. Ce n'était qu'une partie de Capture-l'étendard comme il y en avait des tonnes ! – non ?

Résolue, j'abaissai ma garde et m'apprêtai à emprunter le chemin du retour. Mais à peine avais-je fait quelque pas qu'un cri résonna.

Juste derrière.

– Hé !

Je n'eus pas le temps de me retourner qu'un objet sifflait déjà dans l'air. L'instant d'après, un complexe assortiment de cordes et de boulets s'enroula autour de mes chevilles, et je m'étalai par terre avec toute la splendeur d'une baleine échouée.

Quelques secondes me furent nécessaires pour réagir – et encore, je ne fis que grogner en tentant de dégager mes pieds.

– Ne me dis pas que tu essaies de t'enfuir, comme ça ! Fit la voix qui s'était trouvée derrière moi.

Ses pas s'approchaient. Avec de plus en plus de frénésie, je cherchai à me libérer. Puis j'eus l'idée de me servir de mon épée, qui avait roulé un peu plus loin . Je tendis le bras, mais le pied de mon agresseur se posa sur la lame, condamnant tous mes espoirs.

Et figurez-vous qu'il n'était pas seul.

J'étais donc entourée de quatre Arès ricanant qui s'approchaient comme des reptiles. Quatre, c'était plus qu'il n'en fallait : un seul n'aurait aucun mal à me transformer en charpie.

– Bien sûr que non, mentis-je, répondant au premier de la troupe. J'avais juste... Vu quelque chose.

Plusieurs rirent. C'est bien, au moins, ils s'amusaient. Celui qui tenait mon épée coincée sous sa semelle se baissa pour la récupérer, et le jeta un peu plus loin. Cette vision seule me terrifia : j'étais désormais aussi démunie qu'un moustique aux ailes arrachées, condamné à la marche. Et alors que la panique montait, cette boule de chaleur grandissait dans ma poitrine, et cette voix intérieure murmurait à mon oreille avec de plus en plus de netteté.

Étant donné que ma seule chance d'échappatoire résidait désormais dans la disparition de ce qui attachait mes chevilles l'une à l'autre, je m'acharnai de nouveau dessus. Seulement, un des « Arès » m'attrapa par le T-shirt pour me soulever de terre, me saisir par le cou et me tenir devant lui – ne soyez pas surpris : il avait l'air aussi fort qu'un buffle, et sans vouloir me vanter, je n'étais pas bien lourde.

Par réflexe, j'attrapai son poignet à deux mains, et cherchai à rencontrer le sol du bout des pieds – cependant, il était déjà loin. Je suffoquais, mais ce n'était pas le pire.

Non : le pire, c'est qu'il avait son épée dans la main, et qu'il s'apprêtait à s'en servir.

J'étais prête à défendre mon cas malgré sa main qui obstruait ma trachée, mais il ne m'en laissa pas le temps :

– Ton père est un idiot ! Dit-il en ricanant. Comme si on allait pas deviner que l'espion...

Il me regarda avec fierté.

– C'est toi.

Je clignai des yeux.

Wouaw. Tant de sûreté dans ses paroles : épique. J'avais presque envie de dire « Bravo, tu m'as démasquée », pour rester dans la beauté du style « révélations auxquelles personne ne s'attendait ».

Il prit mon absence de réaction pour une provocation farouche, et il leva son épée.

– Aah, non ! Arrête ! Crachai-je.

– En fait, il aurait juste pas dû te déterminer !

– Ouais, fit un autre « Arès », ton camouflage serait mieux passé !

– Maintenant il va devoir trouver un autre espion.

– Bande de cafards visqueux ! Fis-je avec toute la véhémence que me permettait ma position. Je ne suis pas l'espion ! Ni l'espionne, d'ailleurs !

C'était logique, franchement ! Cronos n'était pas stupide, contrairement à ce qu'ils avaient dit. Jamais il ne m'aurait revendiquée comme étant sa fille s'il avait tenu à ce que je reste cachée parmi les sang-mêlés. Mais il ne fallait pas trop en demander à des « Arès » – même si je n'avais rien contre mon dieu de la guerre de neveu ( Mortel, de pouvoir dire ça. ) ses enfants n'en étaient pas moins légèrement benêts.

Et pour toute réponse, Stangulator plaça le bout de sa lame sur ma gorge. Réagis ! Faisait ma voix intérieure. Bouge-toi si tu ne veux pas mourir !

Mais c'était sans doute précisément ce qui allait arriver.

J'eus un gémissement : tout ce que je pouvais espérer désormais était de la pitié – de mes agresseurs, des dieux, d'éventuels autres spectateurs... De n'importe qui. Mais ne parvenaient à mes oreilles que des rires moqueurs et satisfaits.

Je fermai les yeux. Mais étrangement, je n'arrivais plus à avoir peur.

Soudain, je réalisai que la mort ne m'effrayait pas. Certes, mon cœur battait, mes membres tremblaient, le manque d'oxygène commençait à se faire sentir, mes muscles me faisaient mal à force d'être crispés... Mais je n'assimilais pas ça à de la peur. Plutôt à un réflexe de mon corps toujours un peu trop humain.

Peut-être faisais-je un cauchemar. Peut-être allais-je me réveiller. Mais je sentis la pointe de bronze céleste percer ma peau, et la scène demeura inchangée.

Puis la douleur vint.

– Non ! Criai-je.

Et j'entendis ma voix se répercuter sur chaque arbre qui nous entourait. La chaleur qui avait brûlé dans ma poitrine se répandit dans tout mon corps. C'était bouillant, mais également délicieux. Je ne pus d'ailleurs retenir un rire. Mes yeux s'ouvrirent ; je pus voir mon reflet dans ceux du fils d'Arès : une lumière éblouissante, d'une blancheur immaculée.

Il poussa un hurlement, et lâcha ma gorge. Une panique me saisit, et mon cerveau abandonna tous mes muscles : je m'effondrai au sol et me pelotonnai sur moi-même avec un gémissement. J'avais froid, j'avais mal, mais j'étais toujours vivante.

Derrière mes paupières, toute cette lumière avait disparu : il n'y avait plus que le noir et le silence de la nuit.

Non... pas le silence. J'entendais des plaintes et des sanglots, tout près de moi. Et plus loin, des murmures.

J'ouvris lentement les yeux, et me redressai. Ratatiné sur le sol, tout comme moi, le fils d'Arès qui avait tenté de me tuer gémissait en se tenant les yeux. Une de ses mains fumait, et l'odeur de peau calcinée qui s'en élevait était répugnante.

Je plaçai rapidement mon visage au-dessus du sol pour vomir, tentant de réprimer mes tremblements. Plus loin, les trois autres « Arès » étaient allongés par terre, essoufflés comme s'ils avaient couru un marathon.

J'entendis des bruits de sabots, et du coin de l'œil, vis Chiron franchir la foule de sang-mêlés qui s'était amassée ; personne, pas même le centaure, n'osait s'approcher de cette scène chaotique.

– Que s'est-il passé ? Demanda-t-il tout de même d'une voix autoritaire – mais je pus sentir l'inquiétude y poindre.

– Cette traîtresse a essayé de tuer Seb' ! Hurla un « Arès » d'une voix enrouée en désignant son frère allongé sur le sol.

– Menteur ! Fit Connor Alatir, un fils d'Hermès qui, avec son frère jumeau, m'avait déjà obtenu plusieurs paquets de chewing-gums par le passé. C'est vous qui avez essayé de la tuer !

– On vous a vu ! Ajouta son jumeau Travis avant de se tourner vers moi. On voulait venir t'aider, Evy, on avait bien dit qu'il ne fallait pas te laisser toute seule avec l'étendard ! Mais quand on est arrivés il y a eu cette, cette... lumière, et puis...

Il fronça les sourcils et baissa la tête, comme s'il avait honte de ne plus trouver ses mots.

– Quelle lumière ? Interrogea Chiron.

– Cette fille est un monstre ! S'époumona Seb', qui tentait de se relever, sans pour autant lâcher ses yeux. Elle m'a brûlé les yeux !

Puis il se mit à expliquer comment je m'étais mise à briller alors qu'il était juste venu discuter avec moi, mais je n'écoutais déjà plus : j'avais porté la main à la plaie que le fils de la guerre avait taillée dans mon cou, trouvant la douleur lancinante, puis j'avais porté mes doigts sanguinolents devant mes yeux. Je n'avais plus bougé, plus rien écouté à partir de l'instant où mon regard s'étaient posés sur le liquide brillant.

Il ne s'agissait pas de sang : je ne sais pas ce qui recouvrait ma peau, mais cette... Chose dorée ne pouvait pas s'être échappée de mes veines.

– L'Ichor ! S'étrangla une fille d'Athéna en mettant ses mains sur sa bouche, yeux écarquillés.

Je levai le regard sur la foule de demi-dieux : tous avaient les iris braqués sur moi, les lèvres scellées par la méfiance ou béantes de surprise.

Je couinai :

– Je crois que j'ai un problème.


Que pensez-vous de tout ça ? Les pouvoirs d'Evy ont-ils un rapport avec sa paternité... ou est-ce autre chose ?

Donnez-moi vos hypothèses ! Et à bientôt

Arty'