My Master
Chapitre 3
Parfois je me lève le matin, les cheveux évidemment en bataille et j'ai de profonds doutes. Suis-je normal, je veux dire…je ne changerais ma vie pour rien au monde, mais je me demande pourquoi j'ai besoin de la soumission pour être heureux. Mais ces questionnements ne persistent pas longtemps, je songe à Severus et je réalise que je ne pourrais pas avoir meilleure définition du bonheur.
Ce matin est l'un de ces matins, je tente de comprendre ce qui ne s'explique pas. Severus dormira encore un petit moment, simplement le temps nécessaire pour que je prépare le déjeuner. Il arrive à la cuisine, se dirigeant silencieusement vers moi avant de me saisir brusquement les cheveux de la nuque et d'ainsi faire se rencontrer nos regards.
- Bon matin Maître, fais-je en souriant.
Cette entrée en scène n'est pas négative, il n'est pas en colère, s'il me traite ainsi c'est qu'il sait que j'en vibre et j'imagine que Lui aussi apprécie cela. je lui appartiens il peut bien user de mon corps selon son désir, c'est tout ce que j'espère.
Il tire un peu plus su mes cheveux alors qu'il dépose ses lèvres sur les miennes, je Lui retourne la passion y mêlant aussi toute ma dévotion.
Il réchauffe mon popotin de quelques tapes bien placées et je souris encore. je n'ai pas nécessairement mal, simplement une douce chaleur m'accompagne alors que je retourne le servie je me dépêche quelque peu, habituellement Il n'a pas besoin d'attendre, ce matin j'accuse un certain retard. je dépose un bol de fruits, des rôties, du thé et des confitures devant Lui, sans omettre bien sûr des ustensiles. Une fois le repas en place je m'agenouille à ses pieds, alors que sa main joue doucement dans mes cheveux. Il savoure son thé et je soupire de soulagement quand je le vois sourire, je crains toujours de mal le préparer. Il glisse doucement un bout d'orange dans ma bouche et moi c'est sans toute ma soumission que je savoure. Par intervalles fréquents Il me nourrit en lisant distraitement son journal.
- Et la serviette de table, demande-t-il à la fin du repas?
Cette fichue serviette! Je sais pas comment je fais, mais je l'oublie régulièrement, je baisse les yeux, le cœur serré, les yeux qui veulent s'inonder, je me sens misérable. Il n'a pas besoin d'en dire davantage. Il n'a pas besoin d'élever la voix, Il sait que simplement m'afficher mon oubli me fera amèrement regretter.
- je m'excuse, fais-je doucement alors qu'Il m'indique d'un signe de tête d'aller la chercher.
Ce n'est pas une faute horrible. Il ne me punira sans doute pas mais ce n'est pas le point. Je veux tant être parfait et je ne parviens qu'à prouver le contraire.
Et s'Il se lassait de mon imperfection? Et s'il trouvait un meilleur soumis? j'ai besoin de Lui, mais jusqu'à quel point le contraire est-il réciproque?
- N'y pense plus, m'ordonne-t-il après quelques minutes de silence. Je sais que tu dois être en train de ressasser tout cela, mais ça suffit maintenant. Je sais que tu feras l'effort d'y penser la prochaine fois.
Je hoche ma tête vigoureusement, il est certain que j'allais m'efforcer. Il me prend le menton entre Ses doigts et guide ma bouche vers la Sienne. J'avais prévu demander la permission pour aller voler ce matin, mais je n'ose même pas en faire la demande et si ça se trouve je suis en train de m'autopunir. Et ça aussi c'est mal Lui seul a le droit de me punir, mon corps Lui appartient, mon âme aussi, si je me punissais je prouverais ainsi que je n'ai pas confiance en son jugement, ce qui est faux, bien entendu!
FIN POV Harry
Il ne demanda pas pour aller dehors, il tenta de s'auto justifier, qu'il ne faisait nullement de l'autopunition, qu'il n'avait simplement pas envie d'y aller, qu'il avait seulement changer d'idée, mais il ne pouvait espérer se berner ainsi. Il savait qu'il ne voulait pas demander la permission parce qu'il se trouvait mauvais, parce qu'il s'en voulait, parce qu'il ne croyait pas mériter ce privilège. Il resta à l'intérieur, s'occupant de l'appartement, nettoyant lentement le peu qu'il y avait à laver.
Il regardait à l'extérieur, perdant son regard dans les chauds rayons du soleil, sentant presque le vent battre dans ses cheveux.
Severus revint après ce qui paru être une éternité, Son dîner prêt sur la table, un Harry qui nerveusement venait de déposer la serviette de table et les derniers ustensiles. Severus lui sourit doucement, lui indiquant d'un signe de tête qu'il pouvait prendre place.
Harry était soulagé de n'avoir rien oublié.
- Qu'as-tu fait ce matin, Harry, demanda Severus, alors qu'il lui servait une bouchée de salade?
- J'ai nettoyé Votre appartement, Maître, répondit-il.
- Et que comptes-tu faire cet après-midi?
- Je l'ignore Maître lire, peut-être…
- Harry, Harry, Harry, fit Severus en comprenant de quoi il en retournait. Je t'ai dit ce matin que tu devais cesser de te tourmenter, que j'avais jugé que c'était oublié.
Harry fixa le sol honteusement, il l'avait encore déçu, il ne parvenait jamais à agir correctement.
- Je ne voulais pas…je…m'excuse.
- Tu t'es refusé à me demander de sortir car tu t'en voulais d'avoir oublié une simple serviette de table!
- …j'oublie si souvent…, murmura Harry.
- Je serai le juge de cela, Harry! Tu crois que tu es davantage à même de te punir, que tu sais mieux que moi ce qui doit être fait.
- Non Maître…non…je ne veux pas insinuer cela, j'ai confiance en Vous…
- Alors pourquoi as-tu agis ainsi?
- Je m'excuse, pleura-t-il.
- Tu seras puni, Harry, fit Severus. Non pas pare que tu as oublié la serviette ce matin, tu seras puni car tu as pris une décision qui ne te revenait pas.
Harry était rouge des pieds à la tête, il se sentait misérable, il avait simplement envie d'être puni sur le champ pour enfin être pardonné et se retrouver dans les bras de son Maître, tremblant oui, mais pur de nouveau.
- Je te punirai ce soir. En attendant ce temps, je t'invite à aller à l'extérieur, à voler sur ton balai et surtout à bien réfléchir sur qui t'aura amené dans une telle situation.
Severus lui releva la tête en lui prenant doucement le menton et il le fixa tendrement.
- Je t'aime Harry, tu es très important pour moi, mais je ne peux pas te permettre un tel écart de conduite et tu le sais.
- Oui Maître, je comprends.
Severus sortit de table en frottant affectueusement la tête du jeune homme. Ce dernier se hâta de tout ranger et il sortit, son balai bien en main. Il vola longuement, sentant un certain calme l'envahir. Lorsqu'il rejoignit enfin la terre ferme il remarqua Neville qui le regardait approcher.
- J'aimerais avoir ta grâce sur un balai, avoua ce dernier, à défaut de celle-ci je n'ai qu'une maladresse qui est certainement devenue légendaire.
- Je n'ai pas vraiment de mérite, tu sais, fit Harry un peu sur ses gardes.
Il avait appris à s'y tenir avec ses amis, ils ne comprenaient pas ses choix de vie et les discussions qui s'en suivaient n'avaient généralement rien d'intéressant. Un silence embarrassant semblait vouloir s'installer et Harry s'impatientait de ces incompréhensions, de ces situations similaires qui le faisaient sentir si différent, si marginal.
- Es-tu heureux, Harry, finit par demander Neville?
D'abord surpris, Harry sentit la colère le prendre d'assaut. Il dû faire appel à tout sa volonté pour ne pas exploser devant l'imprudent qui se mêlait d'un sujet qui de toute évidence ne le concernait pas!
- Pourquoi me demandes-tu cela, Neville?
- Parce que je suis ton ami, je veux comprendre ce que tu vis et je veux surtout m'assurer que tu es heureux, car si tu l'es alors peu importe comment tu décides de vivre ta vie, cela me suffira. J'ai entendu parler les autres et je ne peux faire autrement que trouver qu'ils font erreur. Je ne crois pas que c'est malsain de vivre une relation comme la tienne, tant que tu es heureux je considère qu'au contraire c'est un choix très sain.
C'était bien la première fois qu'Harry entendait de tels propos. Il amorça alors une longue conversation avec Neville, dévoilant des choses qu'il n'avait jamais pris la peine d'expliquer à quiconque car les gens étaient rarement intéressés à en savoir davantage que le minimum. Il parla de ses désirs, de son amour, de tout ce qui le faisait vibrer. Sa soumission était bien entendu au cœur de cette discussion, Harry tenta de mettre en lumière cette relation non conventionnelle, afin que Neville puisse en saisir toutes les particularités, les nuances.
- Je n'ai certainement pas la prétention de tout comprendre Harry, finit par avouer Neville, mais je ne trouve certainement pas malsain ce que tu vis, à la limite je trouve cela très intéressant, même excitant. Je peux aussi comprendre pourquoi les autres ont peur, tu vois…dans une société où on encourage les gens à se responsabiliser, il est certainement un peu déstabilisant de voir quelqu'un nager de manière si flagrante à contre courant. Je ne dis pas que tu n'es pas responsable, je dis simplement que tu as remis ton droit de décisions à Severus et qu'en ce sens tu n'es plus à même d'être aussi responsable qu'une autre personne.
Neville cessa momentanément de parler, regardant le soleil s'étirer au loin.
- Je crois sincèrement, que tu as besoin d'être soumis à Severus pour être heureux et que dans cette perspective c'est une bénédiction presque que vos routes se soient croisées.
- Merci Neville, si tu savais combien j'avais envie de parler, combien j'en avais de besoin, j'ai beau être heureux, mais toute personne aussi heureuse soit-elle a besoin de se vider de temps en temps.
Le silence s'installa alors, laissant les deux garçons songeurs.
- Tu as peur, demanda finalement Neville?
- Peur?
- Je ne veux pas te paraître trop curieux, alors sens-toi libre de me répondre ou non…mais as-tu peur d'être puni? Je ne sais pas comment je pourrais supporter l'idée, vois-tu…moi ça me rendrait mort de trouille.
- Ne te berne pas, Neville, je suis terrifié. Je n'ai pas peur de Lui, au contraire je mettrais ma vie entre ses mains sans aucune crainte. Mais j'ai peur des punitions, peu importe le nombre de fois qu'elles surviennent, je les crains et je crois que c'est normal. Ça serait très étrange que je les aime…Et puis ce n'est pas tellement la douleur que je crains, c'est la honte qui y sera annexée.
- Je crois que je peux comprendre, Harry. Peut-être pas parfaitement, mais je crois que je suis en moyen de saisir l'essentiel. Ce que je ne saisis pas parfaitement je crois que je devrais le vivre pour le comprendre…
- Ça m'a vraiment fait du bien de te parler, Neville, je dois rentrer maintenant, mon Maître n'appréciera sans doute pas que j'ajoute à l'offense initiale un retard.
- Je ne vais pas te souhaiter bonne chance Harry, car la chance n'a rien à voir avec cela, je vais simplement te dire que je vais penser à toi et que si tu as envie de parler dans le futur je serai toujours là.
Harry regarda longuement Neville et finalement il se jeta dans ses bras, soulagé d'avoir un tel ami, soulagé qu'enfin une personne prenne la peine d'écouter ce qu'il avait à dire, qu'une personne prenne la peine de le comprendre.
Il retourna au château, le cœur un peu plus léger, il savait à quoi s'attendre, il ignorait quelle forme prendrait le châtiment, mais cela l'importait peu. Il savait qu'il devait être puni, il savait que c'était mérité.
En entrant dans l'appartement, il ne pu faire autrement que de constater le calme qui y régnait, le calme, en fait un silence morbide. C'était simplement l'effet de son imagination, il le savait, l'appartement n'avait rien de plus calme qu'en d'autres temps. Harry alla ranger son balai, ses mains étaient froides, mais il ne s'en préoccupa aucunement. Il retira ses vêtements pour enfiler simplement un survêtement noir. Il faisait chaud même s'il ressentait encore ses mains froides, il savait que l'appréhension en était responsable. Il se rendit dans le salon désert et se prosterna devant l'entrée, sachant que très rapidement Severus entrerait.
Il l'entendit entrer dans le salon, il l'entendit cesser de marcher, il sentit même ses yeux brûler sur lui, mais pendant tout ce temps Harry ne bougeait point. Sa respiration n'avait rien de très régulier, malgré ses efforts pour qu'il en soit autrement. Ses mains moites glissaient un peu contre le sol, il sentait son cœur frapper contre sa poitrine, tout ceci n'avait rien d'intéressant.
- Redresse-toi Harry, fit Severus, et calme-toi par le fait même.
Rassurer Harry n'était pas la chose à faire en ce moment, il fallu à Severus toute la volonté du monde pour y parvenir. Il savait qu'il devait d'abord se concentrer sur ce qui allait suivre et ensuite prendre son bien-aimé dan ses bras et le consoler. Déroger de cette suite logique n'aiderait Harry en rien.
Severus sortit quelques items de la grande armoire de bois, sachant pertinemment qu'Harry suivait chacun de ses mouvements des yeux. Il n'avait pas l'intention d'étirer la punition dans le temps, il ne désirait pas non plus faire souffrir son protégé inutilement. Seulement lui donner une leçon pour qu'il évite de recommencer. L'attente était la première étape de la sentence. Le faire patienter jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus.
Harry n'avait déjà plus beaucoup de patience, il voulait tellement que ce soit terminé, il voulait parler de Neville à Severus, il voulait surtout être pardonné.
- J'imagine, entama Severus en brisant le fil de pensée de Harry, qu'une après-midi à réfléchir t'a déjà apporté plusieurs pistes des comportements que je voudrais te voir éviter. J'imagine également que tu en es venu à une conclusion.
- Oui, Maître, fit doucement Harry.
Un silence s'installa péniblement et Harry sentit sa nervosité le tirailler. Il ne savait pas s'il devait ajouter quelque chose ou bien si se taire était la meilleure astuce.
- Alors, s'impatienta Severus?
- Oui, fit rapidement Harry. J'ai compris que je ne devais pas interpréter vos paroles, que je ne devais pas prétendre savoir mieux, que je ne devais pas me punir alors que vous ne l'aviez pas jugé nécessaire.
Severus hocha lentement la tête, Harry su alors que sa réponse était adéquate.
- Tu es entré volontairement dans cette relation Harry, et tu y restes avec la même liberté. Tu sais malgré le fait que je sois celui qui décide, tu as toujours le droit de décider de mettre un terme à cette relation. Si tu restes, tu m'indiques que je suis encore celui en contrôle et donc, le cas échant, je suis celui qui décide quand sévir si besoin il y a. Tu comprends?
- Parfaitement Maître.
- Bien, alors j'imagine que tu acceptes ce qui suivra, tu acceptes la conséquence de tes gestes?
- Oui, Maître, fit cette fois Harry avec une voix qui tremblait un peu.
- Je ne désire pas d'entraver pendant la punition, ce sera à toi de contrôler ton corps et de ne pas te sauver des coups. T'entraver ne servirait à rien. Car si tu acceptes la punition, tu comprends que tu ne dois pas bouger, je n'ai pas à faire le travail pour toi. Installe-toi à genoux sur le divan, appuie tes bras sur le dossier et demeure ainsi.
Harry obéit sans dire mot, se positionnant comme Severus l'avait demandé, n'osant même pas bouger ne serait-ce que le gros orteil. Il ferma doucement ses yeux et inspira longuement. Il devait simplement se concentrer et comprendre que chaque coup l'éloignerait de sa faute initiale. Contrairement à ce qu'il aurait pu penser la douleur fulgurant ne fut pas au rendez-vous. Oui les coups qui tombaient le blessaient quelque peu, mais rien de bien dramatique, rien qui ne pouvait le blesser vraiment. Il compta les coups dans sa tête et fut surpris qu'une fois rendu à cent ils cessèrent. Il n'osa pas se retourner, il n'osa pas questionner, il attendit simplement. Severus recommença à frapper les fesses de Harry, devenues rouges entre temps, mais cette fois au lieu d'utiliser sa main, il utilisait une cuillère de bois. Harry détestait cet instrument qui faisait horriblement mal, qui brûlait fortement et qui laissait des traces longtemps après, mais il ne dit mot. Tentant de garder son calme et de respirer. Après tout la douleur n'était pas là pour rien, c'était mérité, c'était dû.
- Tu sais, j'imagine, fit Severus en continuant à administrer des coups, que je n'apprécie pas te punie, que je déteste même cela, mais quel choix me restait-il après l'affront de ce matin? Car avons-nous que ce n'était pas la première fois que tu agissais ainsi. Je veux te voir apprendre Harry, apprendre à me laisser le soin de sévir, de juger, d'intervenir.
- J'ai compris, marmonna Harry qui n'en pouvait plus de supporter la douleur. Maître j'ai compris, répéta-t-il comme en transe.
- Encore une fois Harry, ce sera moi le juge de cela, je jugerai quand tu auras compris, quand tu en auras eu assez.
Harry sanglotait maintenant, regrettant tellement son action, souffrant sous la douleur. Il voulait que ça se termine, il le désirait tellement. Et les larmes coulaient encore et tellement qu'Harry n'avait même pas remarqué que les coups avaient cessé, que Severus s'était assis à côté de lui et qu'il lui laissait reprendre son souffle. Harry se redressa doucement et il se laissa aller dans le bras de Severus. Terminant d'essuyer ses sanglots, laissant à son cœur le temps de reprendre un rythme normal.
- Je t'aime, tu sais, fit doucement Severus.
- Je Vous aime aussi, enchaîna Harry.
Maintenant plus rien n'avait de l'importance, Severus l'aimait, il était pardonné, la vie ne pouvait pas être meilleure.
