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Chapitre 1: L'invité
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_ Oh, c'est pas vrai !
Hermione poussa un juron sonore. Elle avait mal calculé son transplanage et avait atterri à moitié dans la mange des cochons. Pestant, elle se dégagea brusquement.
_ Eh bien, c'est un langage bien fleuri pour notre « Miss-Je-Sais-Tout » nationale, dit une voix moqueuse non loin d'elle.
En tournant la tête, la Gryffondor vit George Weasley qui tenait d'une main un gnome tentant de s'échapper avec des petits cris aigus.
_ J'ai mal calculé l'atterrissage, maugréa Hermione. Et puis qu'est-ce que vous faites debout si tôt ?
_ Maman nous a demandé d'aller aérer les tentes pour le mariage, répondit Fred qui balançait un gnome au loin. Wouaw ! Je t'ai encore battu George. Je lance plus loin que toi.
Hermione alla vers la maison, faisant de son mieux pour éviter les mauvaises herbes. Elle n'eut pas le temps d'atteindre la poignée que déjà, Mme Weasley ouvrait la porte en grand.
_ Hermione ! Ma chérie, comment vas-tu ?
_ Très bien, mentit la Gryffondor en serrant la mère de Ron dans ses bras.
Mme Weasley enleva la boue de ses chaussures d'un coup de baguette magique tandis que M. Weasley la saluait en sortant. Lupin, Kingsley et Fol Œil étaient dans la cuisine, l'air soucieux et en pleine discussion qu'ils interrompirent sitôt qu'elle entra.
_ Ah, Hermione ! Quelle surprise ! l'accueillit Kingsley. Tu m'excuseras, je dois filer au ministère.
_ Nous ne t'attendions pas avant demain, dit Lupin. Que s'est-il passé ?
Hermione jeta un bref regard à l'édition de La Gazette du Sorcier posée sur la table, mais secoua la tête avec un sourire.
_ Oh, j'avais juste envie de revenir plus tôt.
Mais cela n'avait échappé à Maugrey. Son œil magique se posa sur Hermione tandis qu'il repoussait le journal du revers de la main.
_ Bonne initiative, marmonna-t-il en se laissant aller contre le siège. Tout va bien, là-bas ?
_ Ça va, marmonna Hermione, évasive.
Des pas précipités se firent entendre et Ron fit interruption dans la cuisine, encore en pyjama et les cheveux en bataille.
_ Hermione ! dit-il d'un ton enthousiaste.
_ Ron, va te laver et te changer, ordonna Mme Weasley. Fred et George n'en sont qu'à faire un concours de lancer de gnomes… Quant à toi, Hermione chérie, tu as peut-être faim ? Tu peux aller te reposer si tu veux, je crois que Ginny est en train de ranger la remise…
_ Ça va aller, Mme Weasley, répondit précipitamment la jeune femme. Je serai ravie d'aller aider Ginny…
_ Eh Granger, l'appela Maugrey d'un ton bourru. Paraît que t'es douée en potions, non ?
_ Alastor, non ! se récria Mme Weasley. Hermione n'a pas besoin de ça.
_ Besoin de quoi ? s'enquit Hermione. Vous faites une potion ? Je peux vous aider si vous…
_ Non, non, Hermione chérie, ne t'inquiète pas, coupa la mère de Ron. J'ai tout sous contrôle. Mais peut être qu'aider Ginny ne sera pas de trop.
Avec appréhension, Hermione sortit de la cuisine par la petite porte, juste à temps pour voir un énorme chaudron avec une potion semblable à de la vase qu'elle connaissait bien. Du Polynectar.
« Voilà qui serait utile », pensa-t-elle alors qu'une idée germait dans son esprit.
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Deux jours plus tard
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_ Et donc Maman a établi un planning chargé pour tout le monde à l'heure près, commentait Ron alors qu'ils allaient dans chacune des chambres pour y poser des draps propres.
Hermione agita sa baguette, pensive. Le vieux matelas et les oreillers de M. et Mme Weasley lévitèrent pendant que les draps se changeaient d'eux-mêmes.
_ Ron, tu sais à quoi sert le chaudron de Polynectar dans la cuisine ?
_ Ah, ça, répondit l'interpellé. C'est le plan de Fol Œil. Tu sais qu'on doit récupérer Harry ce soir, n'est-ce pas ?
Les oreillers tombèrent aussitôt alors qu'Hermione le regardait, choquée.
_ Il n'envisage quand même pas…
Ron hocha la tête. Hermione s'esclaffa d'un rire qui n'avait rien de joyeux.
_ S'il croit qu'Harry va le laisser faire ça, dit-elle en levant les yeux au ciel.
_ Malheureusement, c'est le plan le plus susceptible de marcher, soupira Ron.
Hermione demeura pensive pendant un moment, pendant qu'ils montaient les draps à l'effigie des Canons de Chudley dans la chambre de Ron.
_ Ron, dit-elle en se tournant vers le jeune homme. Qu'est-ce qu'il va se passer cette année ? Maintenant que Dumbledore…
Elle ne put terminer sa phrase, sa gorge se serrant sous l'émotion. Quelques mois étaient passés, mais tout cela semblait encore irréel. Ron jeta vaguement un coup d'œil par-dessus son épaule, comme pour vérifier qu'ils étaient seuls.
_ Il faut que je t'avertisse de quelque chose, murmura-t-il.
D'un coup de pied, il referma la porte de sa chambre.
_ Maman a passé l'été à essayer de me faire parler, dit-il à voix basse. Elle veut savoir ce qu'Harry prévoit de faire maintenant que Tu-Sais-Qui est de retour. Le ministère risque de tomber d'un jour à l'autre et… elle veut savoir pourquoi on ne retournera pas à Poudlard cette année. Alors attends-toi à ce qu'elle te tombe dessus.
Le cœur d'Hermione s'arrêta et elle poussa un long soupir.
_ Je ne peux pas laisser ta mère savoir ce qu'il s'est passé avec mes parents.
Devant l'air dubitatif de Ron, elle lui raconta ce qu'elle avait fait, laissant deux larmes tomber sur ses joues. Aussitôt, il l'attira dans ses bras.
_ Tout va bien aller, la rassura-t-il. Quand tout sera fini, nous irons les retrouver et tout sera comme avant.
Hermione se calma peu à peu.
_ Mais toi, Ron, se lamenta-t-elle. Tu ne peux pas quitter ta famille. Les Mangemorts te connaissent, s'ils voient que tu as disparu avec Harry Potter ils…
C'est alors qu'un bruit sourd se fit entendre au-dessus d'eux. La Gryffondor leva la tête, perplexe.
_ Maintenant que tu en parles, j'ai eu une idée pour remédier à ça, déclara lentement Ron.
_ Une idée ? répéta Hermione, dubitative.
Ron hocha la tête.
_ Il faut que tu voies ça, murmura-t-il.
Et il l'entraîna au grenier.
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_ Ron c'est brillant !
Le concerné rougit.
_ Je ne l'ai pas fait tout seul, tu sais, répondit-il, modeste. Papa m'a beaucoup aidé avec Fred et…
_ Ah, vous voilà, lança Mme Weasley en remuant avec sa baguette le contenu d'une marmite. Bill et Fleur devront arriver pour le déjeuner. Hermione, tu veux bien aider avec la crème aux noisettes ? Ron, tu n'as qu'à t'occuper de faire la vaisselle.
_ Fred devait s'en charger hier soir ! protesta le dernier garçon des Weasley.
_ Et il a dû partir fermer sa boutique, répliqua sa mère. Et maintenant, au travail.
Ron s'apprêtait à répliquer quand Hermione posa un bras sur son épaule et secoua la tête d'un regard entendu. Le jeune homme retint un soupir irrité, puis s'avança vers sa mère, toujours concentrée sur la marmite.
_ C'est du ragoût ? demanda-t-il. Comment tu le prépares…j'ai très envie d'apprendre, ajouta-t-il précipitamment au regard surpris de sa mère.
_ Vraiment ? Eh bien, c'est facile, tu n'as qu'à mettre des oignons dans un filet d'huile et…
C'était le moment. Hermione souriait en sachant que voir Ron dans une cuisine pour autre chose que manger, c'était aussi probable que Fred et George devenant de sérieux fonctionnaires du Ministère. Cependant, cela ne l'empêcha pas de se concentrer. Ni une, ni deux, elle sortit sa baguette et la pointa discrètement vers le chaudron de Polynectar tout en faisant mine de s'attabler devant la montagne de pomme de terre.
La potion couleur vase s'éleva en un mince filet et alla droit dans la fiole qu'Hermione tenait discrètement sous la table de sa main gauche, tout en surveillant discrètement Mme Weasley débiter sa recette de cuisine sous l'œil distrait de Ron. Une bonne minute passa, puis…
_ Molly ! Il va nous falloir deux couverts de plus ! lança Arthur en entrant par la porte de derrière, se passant la main sur le visage. Bill et Fleur arrivent plus tôt que prévu, finalement.
D'un habile mouvement de poignet, Hermione reboucha son flacon plein de Polynectar et se redressa aussitôt alors que Mme Weasley se retournait.
_ Tiens, tu n'as qu'à t'entraîner, lança-t-elle à Ron en lui mettant une cuillère en bois dans la main.
Désemparé, Ron se tourna vers Hermione avec de gros yeux. Elle hocha la tête et glissa le flacon de Polynectar dans sa poche, non sans lui avoir jeté un sortilège de Réduction.
_ Bill et Fleur ? répéta Mme Weasley. Oh, alors Bill n'aura qu'à dormir avec Charlie et Fleur peut dormir dans la chambre de Percy.
Chacun fit bien attention à ne pas relever la note larmoyante de sa voix au nom de Percy.
Puis, des cris amusés se firent entendre dans le jardin.
_ Oh ! lança Mme Weasley, exaspéré. Maintenant, Fred et George s'amusent à lancer les seaux rouillés. Arthur, fais quelque chose ! Ron, va l'aider.
Trop heureux d'échapper à la corvée cuisine, le jeune homme ne se fit pas prier.
_ Quant à toi, Hermione chérie, il faut que tu m'aides pour les pâtés.
Mme Weasley lui fourra une poche à douille remplie de crème de noisette dans les mains.
_ Et voilà, tu as juste à mettre dans les pâtés, dit-elle joyeusement. Je sais que ça irait plus vite à la magie, mais pour une obscure raison, je n'arrive jamais à le faire sans déborder. Ce sera plus prudent comme ça.
Hermione hocha la tête et s'attela à la tâche. Au bout de deux minutes, elle comprit pourquoi Mme Weasley avait préféré la méthode la plus longue.
_ Alors, dit cette dernière d'un ton dégagé, il paraît que Ron, Harry et toi n'allez pas continuer vos études, l'année prochaine à Poudlard ?
La Gryffondor comprit qu'il s'agissait de l'interrogatoire dont Ron s'était empressé de l'avertir, sitôt qu'elle était arrivée. Elle répondit prudemment :
_ Effectivement…
_ Oh…
Mme Weasley fit une pause, juste le temps pour rajouter des carottes qu'elle venait de couper dans le ragoût.
_ Et je peux savoir pourquoi ?
Hermione choisit ses mots avec soin.
_ Dumbledore a malheureusement laissé derrière lui quelques… choses à faire.
_ Quelles choses exactement ? s'enquit Mme Weasley avec un ton ferme qui n'aidait pas.
_ Je ne peux pas en parler.
_ Franchement, Hermione, je pense que l'heure n'est pas aux cachotteries, répliqua Mrs Weasley en se tournant vers elle. Imagine ce que tes parents diraient ! Tu ne peux pas les impliquer dans le monde de la magie, alors j'estime qu'Arthur et moi avons le droit de savoir !
Hermione était encore trop fragile pour parler de ses parents, mais l'heure n'était pas aux larmes.
_ Dumbledore a tenu à ce que cela reste privé, je suis désolée.
_ C'est ridicule ! Tu es à peine une adulte, Hermione. Ce n'est pas à toi, encore moins à Harry ou Ron de s'occuper de ce genre de choses. Je veux dire, Dumbledore était un grand sorcier, mais n'avait aucune conscience de l'imprudence que c'est d'embarquer trois enfants dans une telle mission alors que tout l'Ordre est là pour…
Hermione dut son salut à un craquement sonore dans le jardin, suivit du rugissement de Maugrey lorsque sa jambe de bois se prit dans le seau ensorcelé par Ron.
_ Alastor ! s'écria Mme Weasley. Nous ne t'attendions pas avant des heures.
_ Toujours se tenir prêt, Molly, répliqua ce dernier. Tout le monde est bien là pour ce soir, n'est-ce pas ?
_ Est-on obligé d'inclure les enfants ? répliqua Mme Weasley, inquiète.
_ Je veux venir, dit aussitôt Hermione. Nous devons aider Harry.
_ J'aime ton esprit, Granger.
_ Ne l'encourage pas, enfin !
_ Rassemblez tout le monde, ronchonna Fol Œil. Réunion dans trente minutes pour faire le point pour ce soir.
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Mme Weasley regarda avec appréhension son mari et plus de la moitié de ses enfants transplaner dans l'air frais du début de soirée.
_ Ça va aller, maman, la rassura Ginny. Ils ramèneront Harry, sain et sauf, et sans problème.
Elle tapota l'épaule de sa mère, puis dit :
_ Allez, viens. Tu ne voudrais pas qu'Harry n'ait rien à manger quand il arrivera, n'est-ce pas ?
Mme Weasley soupira :
_ Non, j'imagine.
Elle retourna à la cuisine, et versa du thé dans une tasse, ainsi que quelques pâtés qu'elle et Hermione avaient faits cet après-midi qu'elle mit dans un plateau.
_ Ginny, tu veux bien surveiller la dinde ? s'enquit-elle.
La benjamine des Weasley acquiesça sombrement et laissa sa mère monter au premier étage. Elle tourna le dos à la porte de la chambre de Ginny et d'Hermione et marcha droit vers le mur vide d'en face qu'elle traversa sans problème.
Elle se retrouva dans une nouvelle chambre minuscule avec une grande fenêtre qui donnait sur le dehors. Une porte dérobée menait vers une salle de bains spécialement aménagée. Mais Mme Weasley posa le plateau sur le petit bureau en bois et toisa avec pitié Drago Malefoy, allongé sur le lit et lui tournant le dos.
_ Je me suis dit que tu avais peut-être faim, Drago, murmura-t-elle.
Aucune réponse du concerné.
_ Je sais que ce n'est pas facile, continua Mme Weasley. Mais comprend que c'est pour ta sécurité... Nous veillerons sur toi du mieux que nous pourrons. Et si tu as besoin de parler, Lupin, Arthur ou moi nous pourrons t'écouter… ou bien les enfants, quand nous les aurons informés de ta présence, ajouta-t-elle.
Malefoy ne répondit toujours pas. La mère de Ron n'insista pas, et repartit.
_ Mange, lui dit-elle avec gentillesse. Je reviendrai dans la soirée.
Le Serpentard attendit deux minutes avant de se retourner lentement. Il était seul. Alors, il se leva et repartit vers la fenêtre, d'où il avait vu Hermione et la moitié des Weasley disparaître dans un craquement sonore. Le chant des grillons lui paraissait aussi insupportable que l'attente.
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Comme précisé dans l'annonce, seul le chapitre 2 sera updaté sur ffnet, puis tout le reste de la fic sera sur Archive Of Our Own, mais vous pouvez toujours follower ici pour être averti quand je publie là-bas, car je publierai des annonces ^^
A bientôt et n'hésitez pas à lâcher une review !
Heibi
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