Hop, la suite. Merci pour ta review, Kelidril :)

Comme tu vois, je me suis empressée de poster la suite (mais je n'ai pas oublié de me relire, donc toutes les fautes d'orthographe sont passées à la moulinette... enfin, j'espère que je n'en ai pas oublié :p )


Godchild – Chapitre 2

Une nuit mouvementée

Kakashi m'emmena dans son appartement. Peu de paroles furent échangées, il devait être contrarié, à moins que ça ne soit son humeur habituelle.

Il déverrouilla la porte, et m'invita à entrer. La pièce était plongée dans la pénombre ; il faisait nuit depuis un moment. Une fois que mon hôte eut allumé la lumière, je découvris un petit salon ouvert sur une cuisine, ainsi qu'un couloir donnant sûrement sur sa chambre et sur la salle de bain. Une habitation petite, mais confortable, pile comme je les aimais.

Il s'agissait assurément d'un appartement habité par un homme célibataire, mais il était beaucoup moins en désordre que ce à quoi je m'attendais. Il faut croire que toutes les histoires qu'on raconte ne sont pas vraies.

J'aperçus à côté du canapé une étagère remplie de toute la collection des Icha Icha. Ah, voilà pourquoi Naruto avait tant tenu à rapporter à son professeur le dernier volume qui n'était même pas encore paru ! Amusée, je m'absorbai dans la contemplation des différentes couvertures. Je les connaissais toutes par cœur, ainsi que leur contenu. J'avais même participé à l'écriture de certains des livres, en donnant quelques idées à Jiraiya.

- « Voilà, vous êtes ici chez vous. », m'annonça Kakashi avec nonchalance. « Vous pourrez dormir dans ma chambre, je prendrais le canapé. Installez-vous, je vais prendre une douche. »

Et il disparut dans le couloir. Quelques secondes plus tard, j'entendis le bruit de l'eau sous pression qui coulait, et j'osai enfin poser mon sac par terre et me détendre un peu. En attendant de pouvoir aller me coucher (je n'osais pas aller dans la chambre de Kakashi sans sa permission), je me mis en pyjama, dénouai et démêlai mes cheveux, puis m'assis sur le canapé.

La fatigue du voyage me rattrapa peu à peu, et je tombai dans un état somnolent.

Dans un demi-sommeil, j'eus l'impression que deux bras me soulevaient et m'emmenaient un peu plus loin pour m'allonger dans un lit. Oh, c'était Jiraiya qui venait me border... Non... Je devais rêver qu'il me bordait, puisqu'il ne le faisait plus depuis longtemps... Les bras s'éloignèrent, mais je m'y accrochai, voulant retenir ce rêve agréable. Je blottis mon visage contre un cou, serrai un torse masculin entre mes bras, et soupirai de bien-être. Je me sentais si bien dans ces bras protecteurs... Si chauds... Tiens, pourquoi Jiraiya avait-il l'odeur de Kakashi ?

*

Je suis dans une forêt. Il y fait de plus en plus sombre, à mesure que je m'enfonce à l'intérieur. Je ne sais pas pourquoi, mais je vais vers le cœur de la forêt. Je sais que je dois y aller, car j'y suis attendue. Les branches s'écartent doucement devant moi pour me laisser passer.

Je passe à côté d'arbres millénaires. Leurs troncs sont immenses et emplis de souvenirs des temps anciens, leurs branches montent si haut que je ne peux pas les distinguer. Leurs feuilles se rejoignent, cachant le ciel. J'ai l'impression d'être sous une immense voûte verte. Je sais que je me rapproche de ma destination.

Une clairière. Elle n'est pas très grande, mais une trouée dans les feuilles l'éclaire. Je sais que je suis arrivée au cœur de la forêt : cet endroit est sacré. Au milieu de la clairière, il y a un petit lac, entouré de quelques bougies qui brûlent sans jamais se consumer. Et au milieu de ce lac, il y a quelqu'un.

Il s'agit d'une femme. Elle porte un long vêtement du même vert sombre que la forêt, on dirait un yukata, mais en beaucoup plus beau. Le lac ne doit pas être très profond, puisque l'eau lui arrive jusqu'à la taille, et ses vêtement son à peine humides. Ses cheveux sont rouges vifs, et ses yeux sont du même vert que les jeunes feuilles aux printemps. Il émane d'elle une aura surnaturelle.

Je m'avance doucement, jusqu'à me retrouver au bord du lac. Je m'assied sur la rive, sans oser toucher l'eau. Elle me regarde, et me sourit.

- « Bienvenue, Alea. Je t'attendais... »

Sa voix est une musique, aussi claire et mélodieuse que le carillonnement de milliers de clochettes de cristal. Elle s'approche de moi sans déclencher la moindre ondulation dans l'eau, et son parfum floral embrume mon esprit.

- « Tu n'es pas encore prête, mais l'heure est venue de commencer à jouer ton rôle. Il est temps pour toi de grandir, et de suivre ta destinée. »

- « Ma destinée ? »

- « Dans un langue ancienne oubliée des hommes, ''alea'' signifie ''la destinée''. Ta venue avait été prévue il y a longtemps, de même que celle du jeune Naruto, ou de celui qui se surnomme Pein. »

- « Pourquoi ? »

Ma voix est pâteuse. Subjuguée par la présence de la belle femme, j'arrive à peine à aligner quelques mots, et mes idées sont embrumées. Pourtant, ses mots se gravent dans mon esprit.

- « La partie à commencé, et son enjeu est le pouvoir. Tu n'es encore qu'un simple pion, mais tes pouvoirs vont commencer à se développer, et tu deviendras la Reine, la pièce maîtresse que tous voudront s'approprier. Mais le choix n'appartiendras en définitive qu'à toi seule, et tu scelleras le destin de tous ceux qui te sont chers. »

Je ne sais pas quoi dire. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, et puis de toute manière, il ne s'agit que d'un rêve, non ?

- « Va maintenant, chère enfant. Je t'aiderais autant qu'il me sera possible. Nous ne nous reverrons plus avant longtemps. »

Les contours de la clairière s'estompent, et la femme commence à s'enfoncer doucement dans l'eau. Paniquée, je cherche à la retenir, mais mes mains passent au travers de son corps.

Je me retrouve dans le noir. Des images ainsi que des noms défilent alors dans mon esprit. Deux silhouettes habillées de manteaux noirs avec des motifs de nuages écarlates. Sasori et Deidara. Un jeune garçon avec une outre sur le dos, capturé par les silhouettes... Gaara. Les images continuent à défiler, et je comprends que je vois le futur. Gaara va se faire tuer, et Naruto arrivera trop tard pour le sauver...

*

J'ouvris les yeux sur un plafond blanc, et me redressai si vite sur le lit que je fus prise de vertiges. Il me fallut quelques secondes pour reprendre mes esprits. Mais quel était donc ce rêve étrange ? Bah sans doute mon subconscient qui me jouait des tours. Je baillai longuement.

Tentant d'oublier les images effrayantes de la fin mon rêve, je me plongeai dans la contemplation de la chambre dans laquelle je me trouvais.

Elle était assez petite, et sobrement meublée. Un lit, une armoire, une chaise, un bureau. Le plus intéressant qu'il y avait à voir était les deux cadres de photos qui étaient juste au-dessus du lit. Me redressant sur mes genoux, je posais mon menton sur mes avant-bras, et observais les personnes sur les photos avec attention. Sur la première photographie, la seule personne que je reconnus fut un Kakashi enfant (déjà masqué), avec un air renfrogné tout simplement adorable. Les deux autres enfants à côté de lui devaient être les membres de son équipe, et l'homme qui les surplombait était leur instructeur. Ah oui, Minato Namikaze, devenu le Quatrième Hokage. Comme il avait l'air jeune !

Sur la photo d'à côté, l'instructeur était désormais Kakashi. Son œil brillait d'une lueur à la fois fière et amusée, alors qu'il ébouriffait les cheveux d'un Naruto boudeur, et de celui que je reconnu comme étant Sasuke. Au milieu, la petite Sakura avait l'air d'être aux anges. Je n'aurais su dire pourquoi, mais la présence et l'emplacement de ces deux photos avait un côté très nostalgique, qui me fit soupirer tristement.

- « Quoi, je suis si laid que ça sur ces photos ? », retentit une voix nonchalante.

Je ne l'avais pas senti venir, et j'avais encore les nerf à fleur de peau à cause de mon étrange rêve. C'est pourquoi je poussai un cri perçant, et bondis par réflexe dans le coin du mur et du plafond, en position défensive, m'accrochant à la surface lisse avec mes mains et pieds imbibés de chakra. Il ne me fallu qu'une seconde pour identifier l'intrus, et calmer les battements de mon cœur. Kakashi, habillé de pied en cap dans son uniforme de shinobi, était appuyé dans l'encadrement de la porte. Son visage n'affichait pas d'expression précise, mais son oeil brillait d'hilarité.

- « On dirait un chat mouillé », se moqua-t-il. « Allez, descendez, je ne vais pas vous manger... Ni vous plaquer sauvagement contre un arbre. »

Mes yeux lancèrent des éclairs. Furibonde, je sautai souplement de mon perchoir improvisé. Je me préparai à envoyer une réplique cinglante quand un détail me revint à la mémoire. Ou plutôt, quand une absence de détail me revint à la mémoire.

- « Euh... Comment suis-je arrivée ici ? Vous... Vous m'avez porté ? Je n'ai donc pas rêvé ? »

Par pitié, tous les dieux de du monde des vivants et même des morts, ceux qui existent et ceux qui n'existent pas, faites que cela n'ait été qu'un rêve ! Avant de rêver de forêt, j'avais juste rêvé que Jiraiya me bordait, et puis c'est tout, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ??

Hélas, le regard légèrement amusé de mon interlocuteur me répondit par la négative, et je sentis que mes joues prenaient une couleur rouge soutenue. Jamais, de toute ma vie, je ne m'étais sentie aussi embarrassée.

- « Oh... Je suis vraiment, vraiment navrée... J'espère que je n'ai rien fait d'incommodant... »

Il ne répondit rien à mon regard suppliant pendant de longs et douloureux instants, me laissant me noyer dans l'incertitude, puis je devinai le pli d'un sourire sous le tissus sombre de son masque. Ça l'amusait ! J'étais en train de me couvrir de honte, et ça le faisait rire ! Le salaud !

- « Rien de grave », finit-il par dire de son habituelle voix calme. « Vous vous êtes accrochée très fort à moi, vous m'avez serré dans vos bras, et vous avez affirmé que je sentais bon. Puis vous êtes retombée endormie aussitôt. »

Je dus sans doute pâlir exagérément, car son visage prit une expression soucieuse, et il se pencha vers moi, comme si j'étais sur le point de m'évanouir. À présent, il devait fortement douter de ma santé mentale... Ah, c'était bouquet ! Vraiment, Alea, bravo ! Te voilà en contact avec la civilisation depuis moins de vingt-quatre heures, et tu te débrouille déjà pour passer pour une demeurée !

Pour ajouter à mon trouble, je pris brusquement conscience que mon pyjama ne consistait qu'en un tee-shirt trop grand pour moi, qui me couvrait à peine le haut de mes cuisses, chose qui ne m'avais jamais posé de problème auparavant. Mais pour la première fois de ma vie, j'étais nettement moins habillée que la décence ne l'exige, et ce devant un homme adulte.

AAAAARGH !!!

- « Merci d'être venu me flanquer la frousse de ma vie, maintenant je vais m'habiller, si vous le permettez. Vous m'expliquerez le programme de la journée tout à l'heure. »

Sans ménagement, je poussai Kakashi hors de sa chambre et lui claquai rageusement la porte au nez. Ah ! Maudit soit-il pour me mettre si mal à l'aise !

Je me préparai rapidement, pris une douche en vitesse, et le rejoignit dans le salon. Comme je m'y attendais, il était assis sur son canapé et lisait tranquillement le dernier volume des Icha Icha Tactics. Ah, les hommes !

Désireuse de me faire pardonner ma conduite indécente de la veille, j'explorai prudemment sa cuisine.

- « Vous avez déjà prit votre petit-déjeuner ? »

- « Non. »

Charmant. À peine un peu plus de conversation que le canapé sur lequel il était installé. Ma gêne à l'idée de chercher dans ses affaires disparut aussitôt.

Sans prêter la moindre attention au regard désapprobateur de mon hôte, je fouillai allègrement dans le frigidaire et les placards. Je réussis ainsi à dénicher de quoi nous préparer deux copieux bols de céréales. Je les posai sur la table basse devant le canapé, et m'assis en tailleur sur le sol avant d'entamer le mien.

Il me fallut une ou deux minutes pour me rendre compte qu'il ne touchait pas à sa nourriture. Puis une chose me revint soudain en mémoire : Jiraiya avait mentionné une fois le fait que Kakashi n'enlevait jamais son masque en public, et que personne ne connaissait son visage.

Agacée, je lui lançais un regard appuyé, auquel il répondit par un regard poliment interrogatif. L'innocence même. Je soupirai. Bon, d'accord, vous gagnez, monsieur le mystérieux ! Je pris ma longue tresse rousse, et l'enroulai autour de mes yeux en un bandeau improvisé.

- « Voilà, vous pouvez manger maintenant, alors dépêchez-vous avant que ça ne refroidisse ! », le morigénai-je tout en continuant à manger sans réelle difficulté.

J'entendis son rire étouffé. Je crois pouvoir dire qu'il était touché par mon geste. Bon, peut-être que les choses n'allaient pas si mal se passer, en fin de compte... Tant que j'évitais de m'endormir sur son canapé et de le câliner sans le faire exprès.


Après le petit déjeuner, il m'invita à aller rejoindre le terrain d'entraînement de la veille. Puisque j'allais devenir une ninja certifiée de Konoha, et que j'étais sous sa garde, il voulait tester un peu mes capacités. Cool, j'allais aussi pouvoir tester les siennes. Il me suffirait de lui raconter le prochain volume que Jiraiya compte écrire, de toute manière...

Il m'accompagna vers le terrain numéro 7, sans décoller les yeux de son bouquin. Tant mieux : ça me fera une raison de plus de lui taper dessus. Sur le chemin, nous croisâmes Naruto et Sakura, affolés. Leurs visagent s'éclairèrent quand il nous virent, et ils coururent dans notre direction.

- « Kakashi-sensei ! », cria le blond. « Un message vient d'arriver du Pays des Sables ! Gaara a été enlevé par deux ninjas de l'Akatsuki ! Tsunade nous réclame dans son bureau. »

Gaara ? Je connaissais ce nom... GAARA ?!? Ce n'était donc pas un simple rêve ?! Préoccupée, je suivis les trois ninjas jusque dans le bureau de la Cinquième, et elle nous détailla l'enlèvement du Kazekage, les yeux remplis d'urgence. Comme dans mon rêve ! J'observai Naruto à la dérobée : ses mâchoires étaient crispées, et ses poings étaient serrés à s'en faire blanchir les jointures.

- « Nous ignorons l'identité précise des deux agresseurs, mais ils sont extrêmement dangereux, étant des membres de l'Akatsuki. »

- « Sasori des Sables Rouges, et Deidara », soufflai-je.

Septs yeux me détaillèrent avec étonnement. Je fermai les miens et me pressai les tempes pour essayer de me rappeler plus de détails sur ce qui semblait avoir été une prémonition. De nouvelles images apparurent dans mon esprit à mesure que je me concentrais, se superposant aux anciennes. Je vis plus précisément leur combat, ainsi que l'intervention d'un jeune homme nommé Kankuro. C'était des images du passé. Puis je vis Gaara en train de hurler, et quelque chose s'échapper de lui. Une image du futur : il allait mourir.

- « Deidara... » murmurai-je d'une voix sibylline, encore perdue dans mes visions, « Deidara manipule des explosifs à qui il peut donner n'importe quelle forme, même celle d'un oiseau. Il... C'est lui qui a vaincu le Kazekage. Sasori est un maître marionnettiste, un ancien du village caché de Suna. Il a empoisonné un garçon... Kankuro. Le... Le frère de Gaara. C'est un garçon intelligent, il a laissé un moyen de les pister... Il vont bientôt commencer à extraire le bijuu de Gaara, et il ne va pas y survivre si nous n'intervenons pas à temps... »

Je rouvris les yeux, étrangement épuisée, alors que les images s'estompaient dans mon esprit. Que signifiait tout cela ? Alors mon rêve n'en était pas vraiment un ? La belle femme existait pour de vrai ?

- « Comment sais-tu tout ça ? », m'interrogea Tsunade, méfiante. Ouille, vu son regard, elle n'avait pas encore du parvenir à digérer la révélation de mon existence.

Saisie de vertiges, je chancelai, mais la poigne ferme de Kakashi m'empêcha de m'affaler au sol. Naruto se précipita à mes côtés, le visage crispé d'inquiétude.

- « Des visions. » expliquai-je dans un souffle. « Une cette nuit, et une deuxième à l'instant. »

Pourquoi ma voix était-elle devenue si faible ? Sakura appliqua sur mes épaules ses mains entourées de chakra, et je me sentit beaucoup mieux en quelques secondes. Décidément, je commençais à apprécier cette petite.

- « Jiraiya ne m'a pas dit que tu pouvais prévoir l'avenir. », reprit Tsunade en fronçant les sourcils. Son regard était étrangement dur.

Mais enfin, qu'est-ce qu'elle croyais, que j'étais un agent de l'Akatsuki envoyée comme espionne auprès de Jiraiya depuis l'âge de deux ans ?! Ridicule !

- « C'est que je n'avais jamais eu de prémonition avant ce matin. »

Gênée, je passai la main derrière ma nuque et sourit d'un air très narutesque. Les autres me regardaient avec sur le visage des expressions mitigées. Ils hésitaient sûrement sur la question : « elle se moque de nous ou quoi ? ».

- « Aucune importance ! », coupa Naruto. « L'important, c'est d'aller sauver Gaara immédiatement. Grâce aux visions d'Alea, nous savons qui sont nos ennemis avec plus de précision, alors ne perdons pas de temps ! »

- « Je vous accompagne », décrétai-je. « Mes talents (et je ne parle pas que de mes visions) vous seront utiles. Et puis vous n'avez qu'à prendre ça comme une occasion de me tester et voir si je mérite votre bandeau frontal ! »

- « Bien, mais tu es sous l'autorité de Kakashi, ne l'oublies pas. », capitula Tsunade. « Rendez vous le plus vite possible au village de Suna, alors. L'équipe de Gai vous y rejoindra en renfort. »

Tiens, pourquoi cette lueur ennuyée dans l'œil de Kakashi ?