La chaîne hifi diffusait en boucle les Gymnopédies d'Erik Satie tandis que Rachel, confortablement assise dans son canapé en cuir blanc, lisait « Tipping the Velvet » de Sarah Waters, son téléphone à portée de main. Qui vibra à cet instant. La Diva posa son livre, prit son portable et haussa les sourcils en voyant le texto.

Prépare ton lit. S

- Je vais la tuer. Maugréa la jeune femme en se levant car elle savait que sa soirée était foutue.

Comme pour confirmer ses dires, la sonnette retentit et Rachel alla ouvrir pour tomber nez à nez sur une Quinn éméchée soutenue par une Santana hilare.

- Qu'est ce que… commença Rachel.

- J'te ramène la poivrote. Répliqua Santana.

- Suis pas une poivrote. Marmonna Quinn qui, visiblement, n'était pas dans son état normal.

- C'est ça…. Pas moi qui me suis enfilé deux bouteilles de vodka et qui ne peut pas rentrer chez moi.

- Pourquoi Rachel ? Articula péniblement la blonde.

- Parce que si je te laisse ronfler dans mon bureau, une ou deux dindes viendraient te tenir compagnie.

Amusée par ce qu'elle entendait, Rachel éclata de rire sous le regard stupéfait de la photographe.

- On dirai un vieux couple. S'exclama la jeune femme entre deux rires.

- Tu as un aperçu de ce qui t'attend. Déclara la Latina en souriant. (Secoue Quinn). Ho, mémère, va falloir que tu secoues ton gros cul.

La mémère en question se détacha de l'étreinte de son amie et ce fut d'un pas, qui se voulait ferme et décidé, qu'elle entra directement chez Rachel pour aller s'allonger sur le canapé.

- Voilà une bonne chose de faite. Fit Santana en mettant les mains dans ses poches.

- Peut être mais va falloir que tu m'aides à mettre Quinn dans mon lit. Dit Rachel qui se mordit la lèvre car elle venait de faire un double-sens.

Santana s'en rendit compte et eu un sourire goguenard.

- Je vais te laisser te battre contre tes hormones.

- Santana…

- Tu te démerdes avec la viande saoule. (Sort un trousseau de clés et lui lance)Ce sont les clés de sa voiture et rappelle lui qu'elle a un déjeuner important demain midi. Enfin, si vous arrivez à sortir du lit.

- Pourquoi tu ramènes tout au sexe ?demanda la petite brune en soupirant.

- Parce que c'est le cas. Répondit la Latina. Bon, je file avant que des mâles en rut sautent sur mes filles.

- T'es sûre que tu n'es pas Mère Teresa ? Pouffa la Diva.

- Certainement pas ou alors perverse et décadente. (Un ton plus haut) Bonne nuit la poivrote !

- Embrasse Britt de ma part.

- Va te faire foutre Satan !

Santana sourit et s'en alla, laissant Rachel seule avec Quinn. Cette dernière avait les yeux fermés et semblait dormir. Tout en faisant le moins de bruit possible, la brune alla dans sa chambre pour récupérer un oreiller et une couverture pour la dormeuse qui ouvrit les yeux en voyant la Diva.

- J'dort pas !fit la blonde en se relevant.

- T'es sûre d'être raide ? Plaisanta Rachel en posant le tout sur un fauteuil.

- Très drôle.

- Si tu te sens assez courageuse pour te mettre debout, va prendre une douche. L'eau froide te fera du bien. Proposa la jeune femme en souriant.

- Pourquoi t'es aussi gentille avec moi ?

- Le cœur a ses raisons que la raison ignore. (Quinn se lève) La salle de bain est la deuxième porte à droite dans le couloir. C'est même marqué dessus.

- Merci.

Quinn trouva assez facilement la salle de bain et fit couler l'eau de la douche. La blonde se déshabilla et vit son reflet dans le miroir. Elle s'observa pendant quelques minutes et trouva qu'elle avait l'air fatiguée. A des années lumières de la Quinn que Rachel et Sarah avaient connues. La photographe se passa une main sur le visage et alla sous la douche. Et, pour la première fois en dix ans, Quinn sentit des larmes couler sur ses joues.


Trois quart d'heures plus tard, Rachel commençait à s'impatienter. La jeune femme ne désirait qu'une seule chose, se coucher dans son lit, loin, bien loin de la tentation qui se nommait Quinn Fabray.

- Elle s'est endormie sous la douche ou quoi ? Maugréa Rachel tout en récupérant un short et un t-shirt pour la blonde. (Arrive devant la porte) Quinn, tout va bien ?

- Rachel pouvait distinctement entendre le bruit de la douche et fut surprise de ne pas entendre de réponse de la part de la photographe.

- Tant pis, j'entre, que tu sois décente ou non.

La brune ouvrit la porte et s'arrêta sur le champ en voyant Quinn sous la douche, la tête baissée et les mains posées sur le carrelage du mur. Sans réfléchir, Rachel posa les affaires sur le sol et entra, habillée. Elle fit pivoter Quinn et fut surprise de la voir pleurer. La jeune femme la prit dans ses bras et lui caressa les cheveux.

- Tout va bien, je suis là. Murmura Rachel d'une voix apaisante et en fermant les yeux. Tout va bien…

Quinn referma ses bras sur Rachel et murmura :

- Je suis pathétique.

- Mais non. Répondit la jeune femme sur le même ton. Tu es quelqu'un d'exceptionnel

- Non. Tous ceux que j'aime finissent par me fausser compagnie d'une manière ou d'une autre…

La blonde se tut et serra plus fort la brune. Cette dernière commençait à ne plus faire abstraction de ce corps nu collé contre le sien et dit, d'une voix tremblante :

- Il faudrait que tu songes à t'habiller.

- Non. Répondit Quinn en regardant Rachel.

- Quinn, je suis trempée et j'aimerai bien avoir de l'eau chaude pour tout à l'heure.

La blonde esquissa un sourire et fini par sortir de la douche, au plus grand soulagement de la Diva.

- Je t'ai ramené de quoi te changer. Indiqua-t-elle en prenant une serviette de bain pour se sécher. Je… Je vais dans ma chambre.

- Je peux dormir avec toi ? demanda la jeune femme d'une petite voix.

Rachel opina de la tête et, sans rien ajouter de plus, sortit de la pièce.


Elle était allongée dans son lit quand le matelas se creusa, signe que Quinn était assis. Dans la pénombre, Rachel ne pouvait distinguer ses traits et, dans un sens, la blonde était contente que la brune n'allume pas la lumière.

- Allonges toi. Murmura la brune au bout de quelques minutes de silence.

Quinn obtempéra et croisa les bras en dessous de sa tête, fixant un point invisible du plafond.

- Qu'est ce qui te tient éveillée ? demanda Rachel qui devinait que la blonde ne dormait pas.

Quinn se retourna pour faire face à la brune et, sans rien dire, l'attira contre elle. Une de ses mains migra sur la joue de Rachel et la blonde sentait qu'elle allait regretter ce qu'elle allait faire mais tant pis. Il fallait qu'elle mette un terme à la tension qui l'habitait, à tout ce que son esprit lui renvoyait. Des flashs de leur seule nuit ensemble.

Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, Quinn se pencha vers Rachel et l'embrassa. Et le monde cessa de tourner.

- Quinn…

- Chut. Tu en as autant envie que moi. Répondit la jeune femme en approfondissant le baiser.

Ni l'une ni l'autre n'avaient envie d'arrêter quoique ce soit. Elles firent l'amour, non de manière urgente et précipitée mais en prenant leur temps, comme si les dix ans qui les avaient éloignées l'une de l'autre n'avaient jamais existés, comme si le temps s'était figé pour qu'elles puissent enfin s'aimer.

Et c'est ce qu'elles firent. Quinn découvrit avec plaisir que Rachel n'avait plus rien à voir avec la jeune femme de dix huit ans, timide et maladroite, qui valait découvert le plaisir physique. La brune faisait l'amour comme elle chantait. Avec passion. Quand à la blonde, elle était restée ancrée dans ses vieilles habitudes. Tout contrôler et ne laisser voir que ce que sa partenaire voulait voir. Enfin presque parce que la langue et les mains de Rachel lui faisaient voir monts et merveilles.


Deux bonnes heures plus tard, Quinn tenait dans ses bras une Rachel qui dormait, un sourire sur ses lèvres, ignorant tout de la culpabilité que ressentait la blonde. La photographe se sentait coupable d'avoir cédé si facilement à la tentation, d'avoir donné à la Diva ce qu'elle voulait avoir et d'avoir la désagréable sensation de tromper Sarah mais ce qui la surpris le plus, c'est qu'elle était restée à ses côtés.

- Tu es restée. Murmura Rachel, les yeux fermés.

- Je me sens bien.

- Tant mieux. Si tu te sens bien, je me sens bien. Pourquoi est tu partie ?

- Il y a dix ans ? Parce que j'étais perdue.

- Dans quel sens ?

Quinn ne répondit pas et se contenta de caresser la tête brune. Elle sentait que ce n'était pas le bon moment d'aborder le sujet Sarah et préféra embrayer sur autre chose.

- J'ai un déjeuner prévu de longue date ce midi. Cela te dirai de venir avec moi ?

- Cela veut dire que tu me laisse entrer dans ton monde ? demanda Rachel, surprise de la proposition de son amante.

- Je pense que tu vas l'adorer. Répondit Quinn avec un sourire en coin.


Main dans la main, les deux jeunes femmes entrèrent dans un restaurant sous le regard bienveillant d'une femme d'une soixantaine d'années qui s'était levée en voyant Quinn.

- Liebchen ! s'exclama t'elle en venant à leur rencontre, dans un anglais parfait.

- Bonjour Ellen. Fit Quinn en l'embrassant sur les joues. Vous allez bien ?

- Oui. Fit Ellen en souriant. Tu m'avais caché que tu connaissais Rachel Berry.

- Nous étions ensemble au lycée. Rachel, je te présente Ellen Von Unwetz, l'une de mes idoles et mentor.

- La Ellen ? dit la chanteuse, stupéfaite. La Papesse du porno-chic ?

- En personne. Fit Ellen avec un sourire amusé. (En allemand, à l'attention de la blonde) C'est elle ?

- Oui. Répondit Quinn dans la même langue.

- Lui as tu parlé de tu sais qui ?

- Non.

Rachel avait suivit cette courte conversation sans en comprendre un seul mot et était surprise de constater que Quinn était parfaitement bilingue.

- J'ai appris l'allemand quand je travaillais avec Ellen. Expliqua Quinn en anglais sous le regard amusé de l'allemande. Disons que j'en avais un peu marre de ne pas comprendre ce qu'elle me disait.

- C'était surtout pour pouvoir draguer mes assistantes. Contra la plus âgée en éclatant de rire et en s'asseyant.

Quinn et Rachel s'assirent à leur tour et un serveur leur apporta une bouteille de champagne.

- En guise d'apéritif. Dit Ellen.

- Comment avez-vous connu Quinn ? S'enquit Rachel.

- Yale. Je venais faire une visite de courtoisie à une amie qui enseigne là bas et j'ai été littéralement soufflée par une photo. Tout y était. La beauté, la mélancolie, la lumière qui donnait un jeu d'ombre assez intéressant… Et c'était une photo prise avec un appareil traditionnel. (Sourit) Tu étais en quoi… Deuxième année ?

- Tout à fait. Dit Quinn en rougissant.

- Qui plus est que j'ai demandé à voir la personne qui avait prit cette photo. En me voyant, Quinn a failli tomber dans les pommes.

- Mettez vous un peu à ma place. C'est comme ci j'avais rencontré une rock star.

- Enfin bref, la demoiselle que voici a attendu la fin de son année scolaire pour débarquer à Berlin. (Sourit) Et tu t'es très vite habituée à mon rythme de travail.

- Pas qu'à votre rythme. La vie nocturne berlinoise est très intense.

- Surtout la fois ou j'ai du aller te chercher parce que tu étais trop saoule pour prendre un taxi.

- Ellen…

- Ose me dire le contraire. Rétorqua l'allemande avec un sourire en coin.

Quinn tira la langue à son amie et Ellen éclata de rire face à ce comportement enfantin.

- Pour en revenir à nos moutons, j'ai pris Quinn sous mon aile et je l'ai formée mais votre amie m'a fait des infidélités en allant travailler avec Anne.

- Vous m'en voulez toujours ?

- Absolument. Répondit Ellen, hilare.

Rachel était complètement sous le charme de la plus âgée qui l'avait mise à l'aise dès le début. De son côté, Ellen était plus que ravie que de voir son ancienne élève en si bonne compagnie.

- Et vous Rachel…. Superstar à Broadway ?

- Oui. J'ai réalisé mon rêve.

- Je vous avait vue dans « les Misérables » et j'avais été bluffée. Une telle voix sortir d'un aussi petit corps… Tout bonnement fascinant.

Le reste du déjeuner se passa dans une ambiance calme et détendue. C'est ainsi que Rachel su que Quinn avait commencé à photographier quelques mannequins lors des Fashion Week, que ses premières photos concernaient le stade olympique de Berlin et que lors de son premier vernissage, elle avait réalisé toute une série de photos sur la Forêt Noire au fil des saisons. Sans oublier quelques photos pour des artistes plus ou moins connus.

- Mais ton coup de maître reste quand même le dernier album de Mylène. Avait dit Ellen. Du Fabray 100% pur jus.

Sous le compliment de son ancienne mentor, Quinn avait rougit.


Rachel se tenait debout, au beau milieu du salon de la photographe qui était partie se changer et regardait le décor.

Quelques étagères croulaient sous les livres, le coin télé était plus que fourni et quelques photos étaient accrochés aux murs. Un piano à queue noir trônait au beau milieu du salon et la chanteuse s'en approcha. Tout en effleurant les touches d'ivoire, la jeune femme fredonna « someone like you » sous le regard de Quinn qui était adossée contre le chambranle de la porte. La jeune femme l'écoutait religieusement et songeait que Rachel avait tout à fait sa place dans son univers.

Sans faire de bruit, Quinn se mit derrière Rachel et posa ses mains sur les siennes.

- Pourquoi ? demanda la brune.

- Parce que je sortais d'une histoire douloureuse. Confessa la photographe. Et que j'avais passé toute l'année scolaire à faire de ta vie un enfer.

- Douloureuse dans quel sens ? dit Rachel tout en sachant pertinemment que soit la blonde ne répondrait pas ou soit donnerai une réponse sibylline.

- Je pensais ne plus pouvoir aimer.

Les mains de Quinn migrèrent vers la taille de la Diva et elle colla son corps contre le sien. Rachel comprit que Quinn avait répondu à la question qu'elle lui avait posée ce matin et songea que la jeune femme était toujours du genre « je vous laisse montrer que ce que je veux bien vous montrer ».

- Rhaaaa! Mon pire cauchemar est devenu réalité ! s'écria Santana sur le pas de la porte.

- Bordel, tes parents ne t'ont jamais apprit à frapper ? rétorqua Quinn tout en se détachant de Rachel.

- Un peu plus et mini-Barbra passait à la casserole sous mes pauvres yeux.

- Qu'est ce que tu fous ici ?

- « Someone like you ». Rachel, tu ne veux pas aller voir Britt ? J'dois parler à ce qui te sert de copine. Fit la Latina en se mettant les mains dans les poches.

Rachel opina de la tête et fila. Restée seule avec Quinn, Santana se passa une main dans les cheveux.

- Alors ?

- Alors quoi ? fit Quinn en levant les yeux au ciel.

- Ça fait quoi de s'envoyer en l'air avec une naine ? dit la jeune femme, goguenarde.

- Tu avais prémédité tout ça…. C'est pour ça que tu ne m'as pas empêchée de boire hier soir. Lopez je vais te…

- Du calme Fabray. Je n'aurai pas eu cette idée de génie, tu serai en train de faire un solitaire avec Berry.

- Je l'aurai quand même fait.

- Au bout de combien de temps ? Tu aurai encore mit dix ans ?

- De quoi j'me mêle ? rétorqua la blonde qui commençait à voir rouge.

- Ça fait dix ans que je te vois baiser tout ce qui ressemble de près ou de loin à Sarah ou Rachel.

- Je fais ce que je veux de mon cul.

- Ouais, t'as raison mais sache une chose blondie. Rachel n'attendra pas éternellement que tu lui parles de Sarah. Elle a le droit de savoir.

- Je sais.

- T'attend quoi dans ce cas ? Le déluge ? La fin du monde ?

- Mais je t'emmerde ! Explosa la blonde. Tu veux que je lui dise quoi ? Que je suis complètement perdue entre elle et Sarah ? Que je me sens coupable de l'aimer parce que je suis encore amoureuse d'elle ? Tu crois que ça m'amuse ? Même si ça doit me bouffer de l'intérieur, je ne lui en parlerai pas.

- Me parler de quoi ? demanda sèchement Rachel qui se tenait sur le pas de la porte, visiblement furieuse.

- Dès qu'il s'agit de foutre la merde, t'es vraiment une championne Lopez. Dit Quinn en toisant la Latina.

Curieusement, Santana ne répondit pas et un sourire se dessina sur ses lèvres.

- Essayez de ne pas vous entretuer.

- Va voir Britt… Elle est furieuse contre toi. Rétorqua Rachel.

- Merde. Lâcha la jeune femme en quittant la pièce au pas de course.

- Qui est Sarah ? demanda sèchement la brune.

- Cela ne te concerne pas.

- Pardon ? Si, cela me concerne. Qui est Sarah ?

- Fout moi la paix. Rétorqua la blonde sur la défensive.

- C'est qui ? Ta copine ? Ta maîtresse ? Ta femme ? Tu t'es bien foutue de moi.

- Ouais, c'est ça. J'adore me foutre de la gueule des gens, c'est dans ma nature. (Soupire) Maintenant, tu te calmes et tu vas m'écouter.

- Comment veux tu que je sois calme après ce que je viens d'entendre ? Tempêta la Diva. « Je me sens coupable de l'aimer parce que je suis encore amoureuse d'elle » Je suis le lot de consolation dans ton histoire foireuse ? Tu sais quoi ? Va la retrouver et laisse moi tranquille.

- Encore faudrait il qu'elle soit ici.

- Et tu continues de te foutre de ma gueule…

- Mais merde Rachel, je viens de te dire que je ne pouvais pas !

- Et pourquoi ? J'y suis. Sarah a eu vent de ton aventure et a rompu avec toi. Dit-elle, amère.

- Ah oui ? J'aurai bien aimé que ce soit le cas. Cela aurai été plus simple.

- T'attend quoi pour aller la retrouver ?

Quinn se rapprocha de Rachel et posa ses mains sur ses épaules. Le regard chocolat croisa le regard vert et la brune y vit de la tristesse.

- Je ne peux pas. Même avec la meilleure volonté du monde, je ne pourrai pas.

- Arrête tes phrases sibyllines.

- Sarah est morte. Lâcha Quinn tout en laissant couler une larme sur sa joue.

Interdite, Rachel regardait la larme qui coulait sur la joue de la femme qu'elle aimait. La chanteuse était tellement surprise de l'annonce de la blonde qu'elle ne savait pas quoi faire.

- Depuis quand ? murmura Rachel.

- Cela fait dix ans cette année. Répondit la photographe d'une petite voix et en laissant tomber ses bras le long de son corps. Voilà pourquoi je ne peux pas la rejoindre.

Sans doute n'étais-ce pas la bonne solution et qu'elle s'en mordrait les doigts mais Rachel tourna le dos à Quinn et s'en alla.


- Je ne te félicite pas. Fit sévèrement la danseuse à une Santana qui rentra la tête dans ses épaules. C'était à Quinn de lui en parler et non à toi de provoquer une dispute pour ce que cela se fasse.

- Tu voulais que je les laisse dans un semblant de relation ? T'es aussi fautive que moi. Rétorqua Santana avec une mauvaise foi évidente.

- La porte d'entrée était ouverte et Rachel a tout entendu. (Soupire) Tu ferais mieux de filer au cabaret pour t'occuper de la compta.

- Et toi, tu vas faire quoi ? répondit la jeune femme, soulagée de la réponse de sa compagne.

- Parler à Rachel. Tu as foutu la merde et je vais essayer d'arranger les choses. Et emmène lord T avec toi. La dernière fois, il matait un porno….


La scène était déserte, seulement occupée par un piano à queue éclairé par un projecteur. Rachel y était assise et contemplait les touches d'ivoire. La jeune femme était encore sous le choc de la révélation de Quinn. Elle revoyait sans cesse une larme couler le long de sa joue et sa fuite.

- Quelle conne. Murmura la Diva.

- Tu parles de toi ou de Quinn ? demanda Brittany en la rejoignant.

- De moi. Elle pleurait Britt. Quinn pleurait et je suis partie. Tu étais au courant pour Sarah ?

La danseuse opina de la tête et s'assit aux côtés de la chanteuse.

- Tu ne vas rien me dire n'est ce pas ?

- C'est à Q de te raconter son histoire mais je peux essayer de répondre à tes questions.

- Pourquoi ne m'a-t-elle rien dit ?

- Peut être parce que Q attendait le bon moment.

- Toi et San…

- Nous connaissions Sarah. C'était une de mes amies mais elle était dans un autre lycée. (Soupire) L'année qui a suivi son décès, Q a été imbuvable avec tout le monde.

- Surtout avec moi. Murmura Rachel.

- Oui et non. Objecta doucement Brittany. Heureusement que tu n'étais pas une Cherrios parce que ce fut l'enfer pour nous. A côté d'elle, coach était une enfant de chœur. Te concernant, Q s'était juste contentée des vacheries habituelles.

- J'avais passé deux années tranquilles et d'un coup…Je suis devenue la looseuse n°1…

- Avec San, nous avons fait en sorte que cela se limite qu'aux slushies et insultes. Je ne pense pas que tu aurai aimé des conneries sur ton casier ou des séjours dans les poubelles.

- Je l'ignorai.

- En même temps, tu connais San. Elle n'irait pas clamer sur tous les toits qu'elle est ton amie.

Rachel esquissa un sourire et Brittany passa un bras autour de ses épaules.

- Il faut que tu écoutes Quinn. Cela t'éclairera sur beaucoup de choses.


Assise dans son canapé, Quinn regardait un carton posé devant elle. La jeune femme ne l'avait pas ouvert depuis la mort de Sarh mais savait ce qu'il contenait. Des lettres, une pellicule, des partitions et un carton à dessins. Leur histoire était contenue là dedans.

La photographe l'ouvrit et récupéra seulement la pellicule tout en se demandant si elle valait la peine d'être développée. Quinn rangea le carton et retourna s'assoir.

Sa colère contre Santana était retombée. Elle connaissait parfaitement les raisons qui avaient poussé la Latina à agir comme elle l'avait fait et la jeune femme ne devait pas la blâmer pour ça. Un léger sourire étira ses lèvres quand la photographe se rendit compte que Rachel était derrière elle. La brune venait juste d'arriver et alla s'assoir en face de la blonde.

- Je ne pensais pas que tu allais revenir. Avoua Quinn en baissant la tête.

- Parle-moi de Sarah. Demanda Rachel d'une voix douce.

Quinn resta silencieuse pendant quelques secondes et ce fut d'une voix tremblante qu'elle dit :

- Elle s'appelait Sarah et elle fut ma première. Premier amour, première fois et ma plus grande douleur… Rencontrée grâce à Britt et nous avons tout de suite accroché. (Sourit) Sarah s'est très vite fait à l'humour particulier de San et, comme toi, lui clouait le bec. C'est elle qui m'a initiée à la photo et au piano. En fait, elle m'a initiée sur beaucoup de choses…

- De quoi est t'elle morte ?

- D'une saloperie qui t'emporte sans que tu t'en rendes compte. Répondit Quinn d'une petite voix. Et cela fait mal de perdre quelqu'un qu'on aime quand on a dix sept ans.

Un silence s'installa pendant lequel la photographe alla chercher deux bières dans le frigo.

- Et moi ? demanda Rachel. J'avais passé deux ans tranquilles…

- Tu n'existais pas à mes yeux. (Se passe une main dans les cheveux) Comment te le dire… Je savais qui tu étais et ce que tu faisais. Je savais que tu étais amie avec San et Britt et tout le temps ou j'ai été avec Sarah, je n'ai pas pensé à toi. Certaines choses que je ressentais pour toi étaient passées sous silence. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je venais de perdre Sarah et tu me faisais tourner la tête… C'est pour ça que j'ai été aussi infecte avec toi. (Soupire) Je revenais du cimetière quand je suis venue te voir le soir de la remise des diplômes. Je voulais te voir une dernière fois avant de partir à Yale. Je voulais que la dernière image que tu aie de moi soit la meilleure.

- Elle l'a été. Assura Rachel. Ce soir là, j'ai découvert une autre Quinn et c'est ce qui m'a fait définitivement tomber amoureuse de toi.

- Nous aurions pu être ensemble beaucoup plus tôt si je n'étais pas partie. Objecta la photographe.

- Non. Il y a dix ans, nous n'étions pas prêtes. Enfin, tu n'étais pas prête. Tu avais besoin de liberté et d'espace, choses qu'à l'époque, je n'aurai pas pu te donner.

- C'est long dix ans.

- C'est juste une goutte d'eau dans l'océan de la vie. A dix-sept ans, nous n'étions pas assez mûres pour avoir une relation.

- Maintenant, oui mais il faut juste…

- Juste quoi ?

- Laisse-moi quelques jours. Dit Rachel dans un souffle.

- Parce que je viens de te parler de Sarah. Constata Quinn, surprise de la réaction de la chanteuse. Je viens de te parler de quelque chose qui compte pour moi et tu veux m'abandonner.

Rachel se passa une main dans les cheveux et regarda Quinn, indécise sur ce qu'elle devait faire.

- De quoi as-tu peur ? murmura la blonde.

- De ce que Sarah représente pour toi. Déclara Rachel en se levant et en partant de l'appartement.


La troisième partie est en cours d'écriture

A bientôt,

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