Hybiscus & Castiel, Rosalya, Lysandre

Ecrit par Myosotie pour Hybiscus


Perdue dans cette obscurité inconnue, Hybiscus contemplai le plafond sans le voir. Sa main caressait machinalement son chat, Oz, dessinant des formes abstraites sur son pelage. Celui-ci ronronnait sur son ventre, inconscient de la tempête qui faisait rage dans la tête de sa maîtresse. Elle tourna la tête sur le côté et observa la silhouette allongée sur un matelas qui semblait être des plus inconfortable. Il s'agissait de Rosalya, sa cousine, un personnage haut en couleurs et manifestant une joie de vivre permanente. Toujours branchée sur deux milles voltes, il fallait lui couper la parole pour ne pas avoir comme relation avec elle qu'un monologue sans fin. Elle assumait son excentricité et en rajoutait même avec ses cheveux blancs, qui rendrait Raiponce jalouse par leur longueur, et en portant des vêtements sortis directement de l'époque victorienne. C'était elle qui avait obligé plus que proposé à Hybiscus de dormir dans son lit. La jeune fille, bien que fatiguée, n'arrivait pas à s'endormir malgré le confort que lui produisait le fait d'être en hauteur.

Le contraste entre la ville et la campagne était trop important pour qu'elle n'en subisse pas les effets secondaires. Ce qui la frappa tout d'abord était l'absence de couleur. Juste du vert. Elle avait beau chercher, elle ne voyait qu'une horizon d'un vert soutenu, troublée de temps à autre par une tâche pastelle causée par la beauté d'un champs de fleurs. Elle avait eu l'étrange impression d'avoir été projetée dans le tableau trop symétrique d'un peintre ayant perdu toute inspiration. Elle avait aussi été confrontée à du vide et à un silence si dérangeant à ses yeux. Habituée aux rues surpeuplées de son Paris et au ronronnement continuel des voitures énervées, jamais elle n'aurait pu imaginé qu'un tel endroit, où la seule mélodie qui le berçait était le cris d'oiseaux égarés, pouvait exister.

Pour ne pas sombrer dans un malaise qui lui était jusqu'alors inconnu, elle avait été obligé d'augmenter le volume de sa musique, se perdant volontairement dans son monde acidulé à la frénésie permanente.

Et puis il y avait surtout eu les retrouvailles avec sa famille. Les larmes de sa tante. Le sourire figé et désolé de son oncle. L'étreinte trop longue de sa cousine.

Elle avait peur qu'ils voient en elle le fantôme de ses parents. Elle craignait qui la condamne coupable de ce qui s'était passé, même si elle savait pertinemment qu'elle n'y était pour rien. Par chance, ils ne lui en parlèrent pas. Ils s'échangèrent, tout de même, quelques messes basses et de nombreux regards lourds de sens qu'elle intercepta sans difficultés. Elle n'y fit pas allusion. Elle était loin d'être sotte. Elle avait compris qu'ils attendaient qu'elle mette son cœur sur la table et qu'elle se confisse sans retenue. Chose qu'elle ne ferait jamais. Si elle était partie de chez elle avec de l'air dans ses valises et un portable vide de tout numéro dans sa poche, il y avait une raison.

Elle voulait commencer une nouvelle vie. Dans tous les sens du terme. Pour mettre ses plans à exécution, la veille, elle était rentrée dans un salon de coiffure au hasard. Elle avait envie de se faire une coupe à la limite de celle que porte les garçonnes. Et malgré les protestations du coiffeur, elle demanda une teinture blanche, sans savoir que Rosalya avait elle aussi pris cette initiative il y a quelques temps déjà. Le résultat lui avait plutôt plût : le contraste entre la pâleur de ses cheveux et l'étincelle qui entretenait en permanence le charbon de ses iris, donnant un côté angélique et radieux à son visage. Ensuite, elle entreprit d'enfouir les souvenirs qui avaient fait son passé dans un coin de sa tête. Pour ne jamais les en ressortir.

Ce ne fut que lorsque les premiers rayons du soleil percèrent à travers les volets mal fermés, qu'Hybiscus s'endormit.

Hybiscus observait avec fascination le personnage en face d'elle. Des cheveux sombres retombaient sur ses yeux gris aussi perçant que ceux d'un aigle. Sa tenue était des plus étrange et conviendrait mieux à un musée qu'à un jeune homme, bien qu'il la porte avec une élégance rare. Un tantinet énigmatique, il semblait être détaché du monde, comme si ce qui l'entourait n'avait qu'une importance minime pour lui. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. On pouvait le considérait comme froid et distant à première vue. Et puis de temps à autres, il devenait aussi enjoué que les valses d'antan. Un sourire timide se dessinait sur ses lèvres de la même manière qu'un rire franc pouvait éclater hors de sa bouche. Il s'appelait Leigh. Son nom pouvait rappelait la lumière, qu'il reflétait, d'ailleurs, parfaitement. Il incarnait à lui seul la lumière glaciale de l'Antarctique et celle bouillante des soirées frénétiques.

En un après-midi, elle l'avait se comporter froidement avec Rosalya tel un inconnu, pour ensuite la regarder tendrement comme si elle allait se briser dès qu'il détournerait les yeux d'elle. Il devait y avoir, dans le monde, qu'une personne comme lui et sa cousine l'avait rencontrer. Ils avaient appris à s'apprivoiser pour qu'ensuite leur relation vire à l'Amour fou. Le vrai. Le pur. Celui avec un grand A. Hybiscus avait toujours cru qu'il n'existait que dans les romans à l'eau de rose et qu'il était mort depuis bien longtemps déjà. Mais rien qu'à voir la passion dans les yeux de l'adolescente et la tendresse qui émanait du jeune homme lorsqu'il l'embrassait. Il possédait cet esprit paradoxal qui rééquilibrait à la perfection celui de Rosalya. Il pouvait l'empêcher de faire ses plus grosses bêtises comme il pouvait l'entraîner, complètement fou, dans des expériences impensables. Hybiscus était obligée d'être ravie pour sa cousine, mais elle éprouvait tout de même une pointe de jalousie pour cette amour digne d'un conte de fée.

Alors pour ne pas que l'on s'en aperçoive, elle lançait quelques conneries sans grandes intelligences ponctuées d'éclat de rire.

L'ambiance était détendue. Rosalya informait Hybiscus des rumeurs qui couraient au lycée tandis que Leigh s'étonnait ou s'indignait couramment. Jusqu'à ce qu'ils entendirent une porte claquer et des jurons s'élever du perron. Le jeune couple ne prit pas la peine de jeter un coup d'œil pour connaître l'identité des nouveaux arrivants, la réponse était évidente pour eux. Hybiscus se contorsionna sur son fauteuil pour espérer les apercevoir. Elle réussit à distinguer deux silhouettes masculines. Elle devina celle aux cheveux blancs comme étant Lysandre, le frère de Leigh, celui dont sa cousine lui avait parlé la veille. La ressemblance entre les frères étaient plus que frappante, que ce soit par leur goût vestimentaire ou leur ressemblance vestimentaire. L'autre essayait de garder tant bien que mal quelque chose au creux de ses bras. Un chien déboula à toute vitesse dans le salon, dérapa évitant avec expérience la table basse avant de s'affaler sur le tapis. Certainement un habitué des lieux. Lysandre franchit le palier le regard perdu dans des rêves qui semblaient n'appartenir qu'à lui, se présenta avec une élégance rare à Hybiscus puis caressa négligemment le beauceron.

L'autre resta sur le pas de la porte, luttant pour garder ce qui semblait être un chat entre ses bras. Au premier coup d'œil, Hybiscus su qu'il était la copie conforme de l'anticonformiste adolescent, celui qui a tout mais qui ne l'accepte pas. Il en jouait, ajoutant à sa tenue des accessoires dérangeant et s'affublant d'une chevelure provocante, vermeille. Elle reconnu vaguement le logo de son t-shirt comme étant celui d'un groupe de rock sans grand succès. Une griffure rougeoyante s'étalait sur sa joue, certainement récente suite au sang qui en perlait. Elle ne gâchait en rien l'harmonie de son visage, rajoutant même au côté rebelle qu'il voulait se donner. Rosalya souffla à son oreille qu'il s'agissait de Castiel, meilleur ami de Lysandre depuis le bac à sable et mec populaire au lycée.

Elle observa plus attentivement le félin qui se débattait. Sa couleur rousse lui était familière, ainsi que ses yeux ambres. Oz. C'était Oz. Brusquement, elle se leva et alla l'arracher des bras du jeune homme. Instantanément, il arrêta de fêler et se lova contre la poitrine de sa maîtresse, ronronnant de plaisir. Il eu le droit au regard furieux de Castiel et au grognement du chien bien déterminé à en faire son nouveau goûter. Hybiscus fit comme si elle n'avait rien vu, chouchoutant son chat à la place.

Elle apprit qu'ils l'avaient trouvé vers la maison de Rosalya. Lysandre voulait le ramener pour vérifier qu'il n'était pas blessé, mais étant légèrement allergique aux chats, il ne pouvait pas le porter. Castiel s'en occupa donc pour son plus grand bonheur. Celui-ci marmonna tout le long de l'explication.

Elle passa le reste du temps à caresser son chat, participant à la conversation distraitement. Castiel lui n'écoutait que vaguement, préférant pianoter sur son portable. Il ne parlait que pour lancer des piques à Oz et à sa maîtresse, cette dernière ne se gênait pas pour répliquer. L'ambiance était tendue entre les deux, mais les autres s'arrangeaient pour la rendre plus agréable. L'après-midi passa plus vite que ce que l'adolescente aurait voulu.

Mal à l'aise, Hybiscus n'arrivait pas à se résoudre de toquer à la porte. Elle avait peur de ne pas se faire accepter. Rosalya avait beau lui avoir promis de la présenter à tous ses amis, elle avait peur de devoir rester seule durant les pauses sous les regards moqueurs des autres. La rencontre avec le délégué s'était bien passée. Elle était forcée d'admettre qu'il était plutôt beau. Elle savait qu'il possédait son dossier, et qu'il connaissait donc son passé mais il avait eu l'intelligence de ne pas y faire allusion. Elle craignait que son professeur n'aurait pas le même tact que Nathaniel.

Alors qu'elle se décidait enfin à entrer dans la classe, des bruits de pas se firent entendre derrière elle. Elle se retourna pour voir un Castiel hautain, son rictus carnassier. Il passa devant elle, la couvrant d'un regard moqueur avant de s'engouffrer dans la salle, laissant la porte grande ouverte sur elle. Il la désigna du menton dans un éclat de rire.

_ Hey, viens, n'ai pas peur, ils vont rien te faire, j'veux bien que les mômes comme toi flippe pour rien mais y'a des limites, hein.

Certains se mirent à rire, d'autres suffoquèrent. Le professeur connaissait le caractère de Castiel et n'intervint pas, sachant que la moindre parole de sa part tournerait au clash. Tous se tournèrent vers elle, attendant patiemment sa réaction. Étant au centre de l'attention, elle était obligée de réagir. Elle ne voulait pas qu'on la prenne pour une faible dès son premier jour de cour, elle prit donc une grande inspiration avant de franchir le pallier de la salle. Elle s'avança rapidement jusqu'à lui et planta ses yeux noirs dans ses pupilles orage. Son regard empli de défi trahissait l'attitude désintéressée que ses bras croisés produisait.

_ Je suis peut être une gamine, mais moi au moins je n'ai pas besoin d'insulter pour me faire remarquer.

Hybiscus se retourna sans un regard, pour s'installer à la seule chaise libre au fond de la classe. Elle se força à ne pas entendre les commentaires du professeur et des élèves. Elle vit Castiel ouvrir la bouche puis se raviser et se taire. Son regard noir voulait tout dire, il n'y avait pas besoin de mot.

Le cours commença naturellement, comme si rien ne s'était passé. Elle s'ennuya et passa son temps à observer ses nouveaux camarades. Elle reconnu Lysandre, écrivant distraitement dans un petit carnet Castiel, à ses côtés, marquant le rythme d'une musique avec ses doigts sur sa table Rosalya bavardant joyeusement avec sa voisine, une métisse baraquée. Il y en avait d'autre qu'elle ne connaissait pas encore, mais qu'elle étudiait avec attention. Un personnage aux cheveux bleus électrique, jacassait bruyamment en l'attention de son voisin. Ce dernier n'écoutait pas, la tête penchée sur sa console. Ils devaient certainement être jumeaux, au vu de leur ressemblance physique. Au premier rang, une brune levait constamment la main, étant la seule à participer au cours. Une jeune fille aux cheveux violets faisait courir, passionnément, son stylo sur son cahier. Elle avait remarqué, dès son entrée dans la classe, une blonde pulpeuse riant plus fort que les autres. Elle se retournait en permanence pour parler à une asiatique et une brune, qui devait certainement être ses amies. Hybiscus savait pertinemment, suite à son attitude supérieur, qu'il s'agissait de celle qui se prenait pour la reine du lycée. Elle savait aussi qu'elle n'arriverait pas à l'apprécier, même avec toute sa bonne volonté.

Bien qu'elle est mal commencée, la journée s'était bien passée pour Hybiscus. Les amis de Rosalya s'étaient révélés sympathiques. Les filles l'avaient complimentée sur son style qu'elle avait mit plusieurs heures à peaufiné la veille. Elle s'était prise d'affection pour Violette, sa timidité l'avait attendrie et son talent l'avait impressionné. Alexy, le jumeau excentrique et gay, l'avait directement prise sous son aile la trouvant « Mignonne à souhait ». Elle l'avait tout d'abord trouvé étrange avec ses yeux grenadine et les chansons de dessins animés qu'il chantait en permanence, mais elle s'était rapidement laissée entraîner dans son monde enfantin. Castiel et elle s'était ignorés royalement durant l'après-midi pour la plus grande joie d'Ambre.

Contre toute attente, cette année se préparait sous les meilleures auspices.

Les jours s'enchaînaient et se ressemblaient partiellement. La relation entre Castiel et Hybiscus s'améliorait à vue d'œil. Les méchancetés gratuites se transformaient petit à petit en des piques faites juste pour rire. Cela c'était fait naturellement sans qu'ils aient eu besoin de faire un quelconque effort. Elle s'était rapprochée des autres filles et Iris l'avait même invité pour son anniversaire. La soirée se passerait la semaine prochaine et tout le monde en parlait, à croire que le lycée entier y allait. Alexy était devenu incontestablement son meilleur ami. Elle avait dû mal à se dire que la relation dont elle rêvait était devenu réalité. Cette nouvelle vie se montrait meilleure que la précédente. La seule ombre au tableau était Ambre qui ne manquait pas de jeter un regard noir à Hybiscus chaque fois qu'elle la croisait. Elle savait que cela n'allait pas durer longtemps, et qu'un règlement de compte serait inévitable.

Hybiscus adorait l'ambiance des soirées. Que ce soit pour le fait que les gens soient sur leur trente-et-un ou pour l'air électrique qui en faisait frémir plus d'un, elle les aimait. Elle avait revêtu une robe simple et s'était maquillée pour donner un effet naturel, cela était, pour elle, le cocktail parfait pour une soirée réussit. Rosalya avait, quant à elle, décidé de tout miser sur l'excentricité. Elle était tout simplement magnifique avec sa robe vintage et ses cheveux blancs tressés.

Elles arrivèrent en riant, volontairement en retard car d'après Rosalya « Les jolies demoiselles devaient toujours se faire désirer et attendre ». La musique battait déjà son plein. Elles saluèrent ensemble des connaissances et apprirent qu'elles n'avaient encore rien loupé. Iris se déhanchait sur la piste, radieuse. Kim et Violette étaient posées vers le buffet, mal à l'aise dans cette ambiance qu'elles rencontraient apparemment pour la première fois. Rosalya entraîna Hybiscus sur la piste. Elles dansèrent longtemps, jusqu'à en avoir mal aux pieds et être obligés de s'asseoir.

La soirée avait bien commencé lorsque Castiel y apparu. Il rentra dans la pièce comme si il était propriétaire du lieu. Il ne dit bonjour à personne et se dirigea directement vers Ambre, Lee et Charlotte. Il échangea quelques mots avec la blonde avant que celle-ci ne s'empare de ses lèvres. Hybiscus se mit à rire, certaine qu'il allait la repousser. Ce ne fut pas le cas. Il prolongea le baiser au plus grand étonnement de tous. La plupart regardait la scène, il était rare de voir le rockeur en couple surtout avec une fille qu'il avait mépriser durant plusieurs années. Il interrompit leur étreinte et releva la tête, fier de son effet, cherchant quelqu'un du regard. Il planta ses yeux dans ceux d'Hybiscus, un sourire moqueur et supérieur peint sur son visage. Il reporta son attention sur la bimbo tout en continuant de l'observait.

Aux yeux d'Hybiscus, il avait gâché l'ambiance de la fête. Elle n'arrivait plus à rire, elle le surveillait en permanence du coin de l'œil. Elle se sentait triste alors que l'instant d'avant elle était euphorique. Elle rentra chez elle plus tôt que prévu, prétextant un mal au ventre imaginaire, sous son rire cruel. Pourtant fatiguée, elle n'arriva pas à s'endormir, l'esprit trop confus. Elle ne savait pas ce qui lui arrivait et ne voulait pas savoir. Elle se trouvait bizarre, monotone. Elle n'arrivait plus à faire croire qu'elle était heureuse. Elle tombait amoureuse, c'était indéniable.

Lundi, il arriva en cours en retard, elle le constata malgré elle. Ambre ne vint pas, Lee et Charlotte se parlaient à voix basse en la foudroyant du regard. Hybiscus s'en étonna et se retourna. Castiel s'était placé juste derrière elle, les regards noirs lui étaient destinés. Il lui souri avant de rire doucement.

_ Si ces bouffonnes me mattent comme ça, c'est parce que j'viens de larguer leur meilleure amie. Juste un coup d'un soir. Mauvais en plus.

Hybiscus ne put se retenir d'afficher une expression béate sur son visage. Elle l'accompagna dans son rire muet. Elle était heureuse, beaucoup trop heureuse. Elle aurait dû être désespérée par son attitude relâchée et par son comportement vis-à-vis des femmes, mais elle ne l'était pas. Elle aurait dû ressentir de la peine pour Ambre qui s'était fait utilisée comme un simple objet, car même si elle ne l'aimait pas elle devait reconnaître qu'elle n'avait pas de chance, mais il n'en était rien. Elle était juste joyeuse, alors qu'elle n'avait, concrètement, aucune raison de l'être. Son soulagement accentua son rire.

_ Bah quoi ? T'étais jalouse, c'est ça ?

Elle rougit, instantanément, et se retourna face au tableau. Elle l'entendit se moquer de lui, mais ne répondit pas, sa réplique serait beaucoup trop maladroite.

Ambre revint quelques jours après, la tête haute et le regard fier. Les rumeurs disaient qu'elle s'était trouvée un nouveau petit ami, et qu'elle se remettait bien de sa rupture. Elle se montrait plus belle et pimpante qu'avant, et beaucoup plus souriante. Elle était magnifique. Au fond d'elle, Hybiscus l'enviait vraiment. Déjà pour sa beauté et ses formes. Elle avait un corps que chaque fille aimerait avoir. Aussi pour sa popularité, elle n'avait beau être très peu aimée, tout le monde la connaissait et elle avait pleins ''d'amis''. Sa capacité à faire semblant l'épatait. Elle savait qu'elle ne s'était pas encore remise de ses émotions, mais elle arrivait très parfaitement à le faire croire. Et elle était sortie avec Castiel. Même si cela avait duré peu de temps, elle avait réussit à l'embrasser et à coucher avec lui.

Hybiscus sortait du cours d'histoire avec Alexy quand elle croisa Ambre. Elle se dirigeait vers elle aussi rapidement qu'il était possible lorsque l'on porte des talons. Ses yeux, son visage, son corps, ses mouvements, son attitude, tout en elle respirait la colère. Elle se planta devant l'adolescente qui ne comprenait pas la raison d'une telle rage. La blonde leva la main, mais sembla hésiter. Elle lui planta un ongle juste sous l'œil. Son geste était à mis chemin entre la gifle et la griffure, comme si le choix entre les deux était trop dur pour elle. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle prenne de l'assurance. Un deuxième coup suivi. Une gifle cette fois ci. Hybiscus riposta. On essaya de les séparer, mais les deux jeunes femmes étaient bien trop occupées pour les écouter. Ambre l'accusait de lui avoir volé son mec, elle disait que tout était de sa faute, que depuis qu'elle était arrivée tout se passait mal pour elle. Elle pleurait. Hybiscus réalisa qu'elle était réellement désespérée, et que personne n'en avait rien vu. Elle ne répondit pas, et ne chercha pas non plus à la calmer. Elle ne faisait que de se défendre.

Castiel arriva. Il repoussa Hybiscus, et étendit ses bras devant Ambre pour la protéger. Elle avait compris, la partie était finie, elle avait perdu. Elle s'immobilisa, les yeux rivés sur le roux. Ce dernier lui criait dessus. Il l'insultait, certainement. Elle se moquait de ce qu'il disait. Elle tourna les talons et marcha le long du couloir. Elle ne courra que lorsqu'elle était certaine qu'on ne la voyait plus. Elle monta sur le toit, la porte étant ouverte. L'air frais lui fit du bien. Elle se laissa tomber à terre, les larmes caressèrent ses joues. Elle ne savait pas exactement pourquoi elle pleurait. Elle se sentait trahis par une personne qui ne portait aucune affection à son égard.

Elle entendit la porte s'ouvrir. Elle s'attendait à voir Alexy, Violette ou Rosalya, il ne s'agissait d'aucun d'eux. C'était une silhouette plus massifs qui s'agenouilla à ses côtés. Il la pris dans ses bras et la laissa pleurer contre lui. Il n'essaya pas de la consoler avec des phrases toutes faites, cela n'aurait servi à rien. Il attendit qu'elle se calma. Il prit son menton entre ses doigts, et le releva son visage vers lui. Il se pencha vers elle, lentement, patiemment. Elle brûlait d'envie qu'il clôt cet événement par un baiser. Il s'arrêta à quelques millimètres de ses lèvres, juste le temps de lui murmurer un « je t'aime » sincère, avant de l'embrasser.