Bonne Lecture.

Désolé pour le retard. :/


« 1. Si tu n'es pas mince, tu n'es pas attirante.
2. Être mince est plus important qu'être en bonne santé.
3. Tu dois t'acheter des vêtements étroits, couper tes cheveux, prendre des pilules diurétiques, jeûner,... Faire n'importe quoi qui puisse te rendre plus mince.
4. Tu ne mangeras point sans te sentir coupable.
5. Tu ne mangeras point de nourriture calorique sans te punir après coup.
6. Tu compteras les calories et restreindras tes apports.
7. Ce que dit la balance est le plus important.
8. Perdre du poids est bien / en gagner est mauvais.
9. Tu ne peux jamais être trop mince.
10. Être mince et ne pas manger sont les signes d'une volonté véritable et de succès »

Enfonce toi doucement dans cette abîme. Perds perds perds. Plonge au fond du puits où Ana t'attends.

Programme mortel.

Elle ne voyait tout simplement pas d'autres solutions que Ana. Elle avait accepté cette fatalité, comme si son corps n'allait plus jamais changer.


Tout change.

Tout se transforme.


Elle ne contacta pas Shikamaru immédiatement. Elle ne tenait pas à le revoir maintenant.

Car si il y avait bien un truc où elle était forte c'était ignorer les gens et les laisser mariner jusqu'à ce qu'ils pensent que vous êtes morte socialement.

Elle le laissa poiroter 1 mois. Un mois pendant lequel il n'envoya pas de message, ne chercha pas à la contacter de quelques manières qu'il soit possible de le faire.

Au bout de 1 mois elle devait déjà penser à se préparer pour la rentrée. Et oublia complètement le photographe.


Ana lui parle. Ana la trouve intéressante, cultivée et lui reconnaît une vivacité d'esprit extraordinaire.

Mais Ana lui montre des choses qu'elle ne veut pas voir.

Temari en a peur.

Alors elle les fuit.


Shikamaru resta 2 mois sans nouvelles de Temari. Il essaya plusieurs fois de l'appeler pour au moins la voir et lui donner son chèque mais elle ne répondit jamais.

Les premières semaines il resta longtemps à la bibliothèque dans l'espoir de l'apercevoir. Le soir, il rentrait, triste et se posait sur le canapé de son salon à observer la photo.

Cette photo que tout invité trouvait magnifique.

Puis le temps lui manqua. Les commandes décuplèrent avec l'arrivée des collections d'hiver.

Dire qu'il ne pensa plus à elle du tout serait mentir.

Dire qu'il l'oublia momentanément non.

Elle sortie de son esprit, tranquillement. En passant par la grande porte.


Le choc se produisit au mois d'octobre. 2 mois presque jour pour jour après que Temari soit devenue morte socialement parlant.

Il profita d'une de ses rares pauses pour aller chez l'imprimeur, faire imprimer son nouveau book avec comme première page la photo de Temari.

Il la croisa dans le hall de l'imprimerie. Assise sur un siège qui paraissait taillé pour 3 personnes tellement elle faisait mince dedans.

Mince fragile et inhumaine.

Le cœur de Shikamaru ralentit, puis rata quelques battements. Enfin l'occasion arrivait. Elle était devant lui.

Il s'approcha doucement et s'installa à côté d'elle.

- Alors on veut pas être payé ?

Elle ne sursauta même pas, souriant doucement.

- Si si je vous attendais .

- Je vous ?

- Monsieur le chéquier .

Il sourit et sortit son portefeuille de son sac.

- Alors j'avais dit... Ouais voilà.

Il lui tendit le chèque, elle vérifia quelques secondes et le rangea.

- Maintenant dis moi pourquoi tu ne m'as jamais répondu.

- Je devais ?

- Question de politesse très chere.

- Je ne suis pas polie et en plus je suis vulgaire quand je m'y mets.

- Je m'en fiche.

- Pourquoi tu me parles ?

- Pourquoi tu me réponds toi qui est malpolie ?

- Il y a des règles.

- Je vois.

Il soupira et se réinstalla dans le fauteuil.

- Reviens poser pour moi.

- Non.

- Je te payerais plus que la dernière fois .

- Non.

- Alors je t'invite à venir manger avec moi quelque part. Tu as faim ?

« Non.

Je n'ai pas faim.

Mon organisme me l'ordonne, tout me force à manger mais non.

Je ne peux pas. Plus. Jamais. »


- Oui.


Mais personne n'a le choix.

Personne n'a le choix de manger ou pas.

Toute la société la regarde.


Il la guida en silence vers un quartier ou ils auraient le choix du restaurant. Comme à son habitude Temari avait reprit du poil de la bête sans aucune explication et regardait telle une enfant les attractions du quartier.

- Chinois ? Pizza ? Thai ?

- Chinois. Je veux des Sushis.

- C'est bourratif.

- Mais j'ai tellemeeeent faaaaaaaim !

Il sourit ironiquement.

- Je vois je vois.

Ils trouvèrent rapidement un de ses restaurants chinois qui germent dans les grandes rues et s'y installèrent sous le regard curieux des cuisiniers. Il n'était même pas 18h15.

- Installes toi je t'en prie, lui dit-il en parfait gentleman.

Elle ne le remercia pas et s'assit.

Le serveur leur présenta le menu et directe la réflexion changea dans la tête de Temari.

Combien de calories? Combien de footing pour perdre tout ça ? C'est quoi cette ingrédient ? Il est gros ? Ana je veux continuer je fais comment ?

- Je vais prendre juste le menu avec les 4 sushis, la soupe miso, la salade et le bol de riz. J'aurais aimé prendre plus mais mon portefeuille va pas suivre; annonça t-elle après quelques minutes de réflexion.

- Je te le paye si tu veux.

- Non ça ira j'ai mon amour propre.

- C'est juste un restaurant.

- C'est un peu comme si je te payais des DVD pornos. Tu gardes ton argent j'ai le mien.

- C'est lamentable comme comparaison.

- Genre.

- Bon OK je me tais.

On les servit et alors qu'il mangeait tranquillement ces yakitoris il jetait des petits regards au plateau de Temari qui ne subissait aucune évolution.

- Tu manges pas ?

- Si si si. Alors dis moi tu as fait quoi pendant tout ces mois ?

- Mange et je te dirais.

Elle ouvrit des grands yeux. Regarda son assiette et repris son sourire de façade.

- Mais bien sur que je mange ! Mais parle moi !

- Non montre moi.

Elle rigola bien fort et s'exclama:

- Mais t'es parano je vais manger !

- J'ai retrouvé toute ta pizza la dernière fois dans ma poubelle

- J'avais pas très faim au moment là c'est tout.

- Alors montre moi que tu as faim.


Cette simple phrase suffit à l'énerver et à faire ressortir son caractère explosif. Personne ne lui donnait des ordres. Elle contrôlait tout. Son corps, tout.

Sa journée devait tenir dans un bol. Un bol pour céréales. On pouvait y mettre un yaourt, un tranche de jambon et un peu de riz, ou pâtes.

Un bol et une journée passe vite.

C'est le contrôle.

La vie ne lui échappe pas. Elle la contrôle.

Son corps est régit par des règles qu'elle s'est imposé elle même.

Elle en est le maître.

Personne ne l'obligera à manger.

Elle se leva, renversa le plateau de sushi et quitta le restaurant.

Sans un mot pour Shikamaru.

Sans un regard.


Le mois d'octobre passa rapidement pour elle.

Pour Shikamaru qui comptait les jours en regardant son téléphone toute les heures, attendant un message qui ne viendrait pas ce fut dur.

Dur, long.

Et seul.


Les chiffres sur la balance diminuent de jour en jour.

Chaque jour elle se pèse le matin pour vérifier. Le midi pour vérifier. Et le soir pour vérifier qu'elle n'a pas oublié ces chiffres qui deviennent de plus en plus petits.

Et vide de sens.

Au mois de janvier, elle s'évanouit pour la première fois.

Le ventre vide.

On la transporta à l'hôpital le plus proche pour analyser sa santé. Mais un hôpital étant un endroit où une jeune fille n'est pas très importante pour un simple évanouissement on l'a plaça à son réveil dans une salle d'attente pour consulter un médecin.

Elle n'y étais pas seule.

La jeune fille a côté d'elle était cadavérique. Maigre à en voir les os sur chaque partie de son corps.

Temari l'a trouva tout de suite intéressante. Elle, elle était belle. Elle, elle était bonne et les gens devaient la regarder dans la rue comme ils regarderaient Miss Univers.

Elle s'approcha d'elle doucement, se déplaçant de chaise en chaise.

- Bonjour ? , se hasarda t-elle.

L'autre fille se retourna, cheveux noir, yeux verts. Visage fin. Visage monstrueusement fin.

- Salut.

- Tu viens pour quoi ?

- Pour rien, je suis pas malade.

- Moi non plus.

- On me force à venir.

- Moi aussi.

- Pourquoi ?

- Je me suis évanouie.

- Ahaha ! Moi ça fait longtemps que ça ne m'arrive plus . Je vais bien ils devraient s'en rendre compte.

- Pourquoi es tu venue ici la première fois ?

- Par ce qu'ils me trouvaient maigre.

- Moi je te trouve belle.

- Il me reste encore à perdre.

- Moi aussi.

Il suffit d'une rencontre.

D'un regard.

D'un mot.

- Ana ?

- Ana.

On appelle cette événement « Sceller son destin »

Ou mourir à petit feu.

Cela dépend du point de vue cela dit.


- Je m'appelle Temari.

- Moi c'est Jay.

- Ça fait combien de temps que tu suis ce régime ?

- 3 ans. Et toi ?

- 6 mois.

- Tu t'en sors ?

- J'ai du mal des fois.

- Les habitudes viennent avec le temps.

Jay se pencha pour saisir son sac, caché sous sa chaise, en sortit une bouteille d'eau et la tendit à Temari.

- Bois avant de monter sur la balance. Bois autant que tu peux.

- Pourquoi ?

- L'eau fait grossir.

- Je ne suis pas malade.

- Moi non plus, mais eux le croient. Il faut les détromper.

- Merci.

Elle déboucha la bouteille et en but la moitié en se forçant autant qu'elle le pouvait .

Au moment ou elle arrêta, la porte s'ouvrit laissant apparaître un homme d'une quarantaine d'année.

- Jay ? Tu es prête ?

- Oui Monsieur.

Elle se leva, jeta un regard à Temari, lui sourit doucement et rejoignis le médecin.

La porte se refermât.

Temari quitta la salle d'attente, se faufilant discrètement dans les couloirs et s'enfuit de l'hôpital.

Elle n'était pas malade.

En aucun cas.


Quand les soldes d'hivers commencèrent elle se jeta dessus. Il lui fallait renouveler entièrement sa garde robe. Des vêtements larges. Des vêtements qui cachent ce qui lui reste à perdre.

Elle ne songe plus qu'a deux choses. Perdre du poids et travailler pour ne pas écouter son ventre protester.

Elle est grande elle fait ce qu'elle veut.


- Tu n'as plus de nouvelles d'elle ?

- Non plus du tout .

- Combien de temps ?

- 5 Mois maintenant.

- Depuis octobre ? Ouhlala..

- Que penses tu qu'elle est devenue ?

- Tu veux dire outre la possibilité qu'elle soit déjà..

- Tais toi.

- Eh bien là si elle continue elle va s'évanouir de plus en plus souvent. Perdre complètement contact avec la réalité. Devenir folle. Obnubilé par son désir de maigrir.

- Je ne peux rien faire pour l'aider...

- En tant que photographe tu es assez mal placé pour le faire. Elle ne supporte pas son corps, tu l'as met en valeur.

- Je veux qu'elle se sente belle. Je veux qu'elle se voit comme je la voie.

- C'est pas d'elle que tu parles mais de ta muse là.

- Pareil très cher.

- Tu me tues.

- Bon on y va ? J'ai une séance à 15h.

- C'est fou à quelle vitesse tu changes de sujet. Fais attention mon petit, l'anorexie frappe aussi les hommes.

- Ferme la rigole pas avec ça.

- Oui monsieur.

- Aurais tu enfin appris à me respecter ?, rigola Shikamaru.

- Non je rigolais gros tas.

- Tssss..

- Tiens il fallait que je te dise. J'ai cassé avec ma copine.

- Copine est un bien gros mot.

- Joue pas sur les termes exactes !

- C'était plutôt un plan cul très très long.

- J'ai envie de te dire No comment. NO COMMENT.

- Ahaha ! Allez on y vas pauv' tache.

- Je suis pas une pauvre tache ! Je suis un étudiant en médecine perdue sentimentalement !

- Sors avec un mec ou achètes toi un chien.

- Franchement ton comportement provoque en moi l'envie soudaine de t'exploser la gueule.

- Moi aussi je t'aime.

- Dégage.

- Huhu.

Ils se levèrent, payèrent en silence leurs repas et sortirent du restaurant. Alors que son meilleur ami commentait la rue et le temps qu'il y faisait, Shikamaru perdu dans ses pensées bouscula une jeune fille.

Elle avait les cheveux noirs. Des grands yeux verts.

Un corps caché par des vêtements trop larges.

Il voulu l'aider à se relever tout en s'excusant mais elle ne lui en laissa pas le temps. Plus rapide que Roger Rabbit elle se releva, sans le regarder, et repris sa route.

Il n'y prêta pas attention et repartit rejoindre son ami.


Cette jeune fille s'appelle Jay.

Elle avait 23 ans quand son cœur lâcha. Cœur qui ne supportait plus qu'une carcasse d'os.

Cœur qui n'étais jamais nourrit.

Elle mourut en quelques secondes.

Comme une anorexique sur dix, on l'oublia rapidement et on diagnostiqua qu'elle était malade depuis très longtemps et qu'on avait tout fait pour la soigner et la garder en vie.

Temari ne le sut jamais.

Shikamaru non plus.

Elle ne faisait pas partie de leurs vies.


Février.

Mars.

Avril.

Mai.

Le 3 Juin, Temari se rendit au musée dans le but d'effectuer quelques recherches liés à un dossier à faire. Elle y entra facilement en moins de 26 ans et se sentait très bien physiquement/psychologiquement pour une fois.

Après avoir visité quelques salles et pris des notes, elle ressentit un léger mal de tête qui ne l'inquiéta pas. Le ventre gargouilla lui aussi mais cela aussi était normal. Habituel et contrôlé.

Elle changea de salle et soudain le léger mal de tête se transforma en tempête. Elle n'y voyait plus rien ou presque, et titubait.

Elle s'effondra.

Lorsque l'ambulancier lui demanda, alors qu'elle était à moitié consciente, qui était la personne a appeler en cas de besoin, le seul nom qui lui vint à l'esprit fut porteur d'espoir.

« Shikamaru Nara »


Ce chapitre est court. Et il est en retard. Je suis vraiment désolé.

Certains peuvent le comprendre, d'autres seulement l'imaginer mais quand on écrit une histoire sur un thème difficile il faut très souvent être soi même un peu "dépressif" pour bien plonger dans la peau du personnage. Gros problème qui se pose actuellement pour moi qui suit très heureuse en ce moment.

Je m'excuse encore une fois et vous remercie pour tout les commentaires.

J'engage qui veut être mon correcteur et avoir des previews avant la sortie des chapitres xD

Merci beaucoup.

Bonne soirée, bonne rentrée. GOOD LUCK \o/