Et voilà le nouveau chapitre ! Pour rappel, dans le chap' d'avant, la bande de Kathleen faisait une fête d'enfer chez les Serpentard. D'ailleurs Cassie a essayé de séduire Elijah en complimentant ses sourcils. ENFIN BREF. On continue à suivre cette joyeuse bande de tarés dans leurs vies quotidiennes !

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Mais avant tout... Voici les réponses aux reviews !

Salut Mayoune ! Contente que ça te plaise, je me fais rire toute seule en écrivant. C'est vraiment des cas, ces quatre tarés xD Ils dépassent de très loin le Quatuor et même les Rôdeurs niveau humour et rires... J'espère que ce chapitre te plaira tout autant !

Mwahaha, merci Loupiotte54 ! Ce chapitre était épique, effectivement x) Attend la suite, tu verras, ça s'améliore encore et on franchis toutes les limites de la connerie !

Hello Filk ! Je crois que l'expression "le karma d'une vache morte" je l'ai utilisée dans Renouveau en plus... J'aim les persos timbrés et ça se voit x) Bref ! Je sais pas si faire une couverture chauffante en plumes de phénix, ça va marcher, mais en tout cas Lucas et Cassie auront essayés... Ecrire ce chapitre m'a vraiment éclaté, avec le cambriolage de Dudu et compagnie xDDD

Yo Automne ! Ton pavé m'a fait mourir de rire x) La petite bande de Kath-Cassie-Lucas-Delmar va avoir son propre surnom, mais ça va arriver assez tard dans la fic... Et ça serai un demi-spoiler... xD BREF ! Ouais Delmar est une drama-queen de l'extrême, regarde ce qu'il arrive à faire avec juste des sélections de Quidditch, une frite et un peu de paranoïa xD Et Cassie la psychopathe qui veut les faire bouffer par un requin, c'est rien à coté de Kathleen qui elle y va franco avec un couteau ! Et hop, un peu de travaux manuels. Cassie est ta préférée... Oulà... Est-ce le moment de te dire que Cassie est inspirée de moi, de la Maison, de ma grande gueule doublée de lâcheté et de ma nullité dans les travaux manuels ? xD NON je n'écrirais pas Kathleen en train de braquer Voldy ! Mais surtout ne te prive pas de note toutes les répliques cultes, rien que de les relire ça me fait marrer x) Ouais, t'as raison, c'est pas une review, c'ets une One-Shot. Et c'était génial ! xD

Ah, merci Carminny ! Je publierai peut être plus souvent dans ce cas. Mais ça dépend aussi pas mal de mon Bêta, parce que le pauvre a aussi sa fic et ses partiels à gérer x) Kathleen et sa bande sont géniaux, je les adore x) Je suis en train de réfléchir à leur avenir pendant la saga Harry Potter, des idées ? =D

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Cette fic a un de ces succès, c'est fou. J'adore. C'est rare que je fasse des fics sans GROSSE intrigue, juste pour le fun. D'habitude je me laisse toujours entraîner par le scénario, mais là, nope, même pas x) Allez, je vous laisse au chapitre !

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Novembre

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Dimanche 1er novembre 1987, salle commune de Poufsouffle, rez-de-chaussée de Poudlard.

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– Beeeeeuuuuh… Je suis malaaaade…

– Ah c'est ça de faire la fête jusqu'à pas d'heure, marmonna Ethan Bones qui avait les yeux injectés de sang et le teint cireux mais qui arrivait à tenir debout parce qu'il était rentré à une heure décente.

Cassie lui renvoya un regard noir, puis devint toute verte et se détourna promptement pour vomir dans la bassine posée à côté du canapé. En entendant le bruit, Kathleen qui émergeait de son dortoir changea de couleur et se précipita vers les toilettes, Lucas retint un haut-le-cœur, et au moins quatre autres élèves de sixième ou septièmes année (et dont aucun n'appartenait à Poufsouffle) attrapèrent hâtivement leurs propres bassines. Seul Delmar, recroquevillé sur un fauteuil avec une couverture rouge étroitement entortillé autour de lui, ne broncha pas, parce qu'il avait été le seul à ne pas picoler.

Le spectacle classique des lendemains de fête.

La salle commune de Poufsouffle était la plus proche de l'entrée du château, alors il n'était pas rare que les fêtards incapables de retrouver leur salle commune ou de grimper les escaliers viennent pleurnicher devant l'entrée jusqu'au moment où un Poufsouffle secourable les laisser pénétrer dans leur antre. Généralement les élèves finissaient la nuit sur un des canapés ou des tapis de la salle commune des jaunes et noir.

– J'ai jamais été aussi malade, geignit Michael Gray.

– Je boirai plus jamais, renchérit Robert Gordon.

Oui, parce que les deux Gryffondors de septième année étaient là aussi. Candela les avait trouvés endormis dans le hall d'entrée pendant sa ronde, et elle avait eu pitié.

– Ça vous apprendre à mélanger Mandragore et alcool, les tança vertement un Préfet de Poufsouffle. Ça démultiplie l'ivresse mais ça fait pareil avec la gueule de bois.

Cassie émit un gémissement désespéré et se roula en boule sur son canapé. Delmar, dans son fauteuil, leur lança un regard narquois. Ben oui, lui il avait dormi comme une marmotte, et maintenant il était frais comme un goujon, avec une santé de cheval en prime. Ça rendait ses amis complètement chèvre.

– Vous savez, je connais un très bon remède contre la gueule de bois ! pépia-t-il.

Plusieurs élèves levèrent un regard plein d'espoir sur lui, mais Cassie et Lucas qui n'étaient pas cons émirent un grognement résigné. Les ignorant totalement, l'hindou déclara joyeusement :

– C'est de manger un sandwich bien gras au fromage et au lard frit dans une assiette sale.

– Je te déteste, gémit Lucas plongeant la tête dans sa bassine pour rendre le contenu de son estomac.

– Ah ah, je sais ! C'est trop drôle.

Kathleen réapparu à la porte de son dortoir survola du regard la salle commune jonchée d'élèves avachis comme des paquets de linge sale, puis agita légèrement la petite bouteille de verre qu'elle avait à la main :

– J'ai justement besoin de cobayes pour tester ma potion anti-gueule de bois !

– D'où tu sors ça toi ? fit Coralie Macmillan avec méfiance.

– La semaine dernière, on devait faire une potion de soin au choix dans la liste proposé, non ? Ben j'ai fait celle-là et j'en ai volé un échantillon. Et c'est l'occasion rêvée pour voir à quel point elle est efficace !

– Tu vas pas expérimenter sur eux quand même ! s'offusqua Ethan Bones.

– Bah pourquoi pas ? Faut pas un diplôme de Maître des Potions pour la faire ! Ok, c'est un peu au dessus du niveau des ASPICS, mais en examinant mon chaudron Rogue a dit que c'était passable, ce qui dans sa langue de pessimiste veut dire que c'était brillant et efficace. Alors, ouais, ça va probablement être absolument dégueu et avoir le goût de sandwich au fromage et au lard frit qui a moisi dans une assiette sale, mais au moins vous n'aurez plus l'impression que votre cerveau veux vous sortir par les yeux et qu'un putois a rampé dans votre œsophage pour y mourir et s'y décomposer. En plus le seul effet secondaire indésirable que vous risquez d'expérimenter, c'est d'avoir des gaz pendant deux heures ! Alors, qui est volontaire ?

D'un seul geste, tous ceux qui avaient une bassine devant eux levèrent la main. Kathleen jeta un regard triomphant à Ethan. C'était dans ce genre de moments que out le monde adorait son choix de carrière de future potionniste !

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oOoOoOo

Mercredi 4 novembre 1987, salle de cours, quatrième étage de Poudlard.

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Le prof de Défense de cette année était à chier, mais son assistant était bon. Et ouais, Cassie ne qualifiait pas souvent un prof de bon, pour la bonne raison parce qu'ils lui donnaient tous envie de se tirer une balle dans le pied tellement elle se faisait chier en cours, mais l'assistant-professeur Graham était intéressant. Déjà parce qu'il était tout à fait consommable, et que si elle s'ennuyait Cassie pouvait discrètement le mater et qu'elle avait quand même l'air d'être intéressée par ce qu'il racontait. Ensuite, parce que le dada de Graham c'était se défendre contre les créatures obscures, et que tuer les animaux semblait être un don inné de la petite Serpentard.

Du coup Cassie n'avait jamais eu d'aussi bonnes notes en Défense de toute sa vie.

– Je pourrais faire prof, fit-elle distraitement.

Lucas, son voisin, étouffa un ricanement :

– Tu n'auras peut-être même pas tes ASPICS, arrête de t'emballer. Tu devras plutôt faire une carrière où on n'utilise pas sa baguette.

– De la politique ?

– C'est marrant que tu pense à ça, sourcilla le Serdaigle. Je ne t'imagine pas faire de la politique.

– Bah pourquoi pas ? J'ai des beaux cheveux et j'adore mentir. Je suis faite pour le job.

– … C'est un critère ?

– Attend, t'as vu Lucius Malefoy ? Tu vas pas me dire que sa crinière peroxydée lui donne pas un avantage dans les débats !

Lucas ouvrit la bouche pour répondre, mais Graham se racla bruyamment la gorge, fixant les deux bavards d'un regard sévère :

– Une remarque, Ogden, Jorkins ?

– Non m'sieur ! firent les deux amis d'un air innocent qui ne trompait personne.

Graham les observa d'un air soupçonneux, puis reprit son cours sur les Détraqueurs. Cassie soupira puis, trouvant le sujet trop déprimant, elle se contenta de mater les fesses du prof, mises en valeur par un pantalon de costume noir et bien ajusté.

Ouais, pas de doute, Graham était son prof de Défense préféré.

Théoriquement Graham n'était que l'assistant du prof : le véritable enseignant s'appelait Dumortier et était français, et vieux, et barbu, et il puait comme un évier bouché depuis trois semaines par des restes de hachis parmentier. Sauf que Dumortier avait parfois des accès de tremblote qui le clouaient au lit durant deux jours de suite et qui se produisaient toutes les deux ou trois semaines, alors du coup il avait réclamé un assistant et tadam ! Ils avaient hérité de son petit-neveu Graham, étudiant en Créatures Obscures dans une faculté magique des Etats-Unis et à la recherche d'un emploi pour fiancer la fin desdites études.

L'assistant-professeur Graham, donc, était très compétent. Et mignon, Cassie avait-elle mentionné qu'il était mignon ?

Et en plus avec lui, ils avaient peut-être une chance de passer leurs ASPICS et d'apprendre quelque chose, pour une fois !

Fallait aussi dire que ses profs précédents avaient été des boulets. En première année il y avait eu Duff, une femme rondouillarde qui était pratiquement Cracmol et dont le seul fait de gloire avait consisté à accompagner un Briseur de Sortdans ses aventures, et qui du coup avait passé ses cours à leur raconter de fantastiques histoires sur les malédictions sans leur faire jeter un seul sort de toute l'année. Je vous raconte pas l'examen pratique, Cassie avait faillit perdre un œil parce que Léonie Barnes était pas foutue de lancer un sort sans s'auto-désarmer !

Bon, la première année avait été un peu n'importe quoi, aussi. A Halloween, Dudu avait annoncé que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était mort, et il y avait eu quatre jours de congé sabbatiques où les enfants étaient rentré chez eux et où toute la communauté sorcière avait fait la méga-fiesta, et pour tout le reste de l'année plus personne n'avait pris la Défense au sérieux !

En deuxième année il y avait eu Wanglar, un vieil ex-Auror dépressif et chauve qui avait traumatisé les élèves en leur parlant des mages noirs et des Mangemorts capturés (ouais parce que tant que c'était dans l'actualité, il en profitait le mec). Ça avait mis l'ambiance, puisque les trois quarts des élèves de Serpentard et les deux tiers de toute l'école étaient apparentés à certains de ces Mangemorts. D'ailleurs Wanglar avait du partir deux mois avant les examens parce que le grand frère de Justinien Rosier lui avait tendu une embuscade (mais personne n'avait rien pu prouver, preuve que le grand Rosier était moins con que son frangin. M'enfin ça c'était pas dur, vous avez vu la gueule de Justinien ? Ce mec avait le QI d'une huître et c'était pratiquement écrit sur son front).

Bon. Trêve de digression.

Après ils avaient eu Winston, qui ressemblait à un surfeur californien à la retraite : blond, bronzé, sourire éclatant et blagues à deux balles, mais au moins soixante balais d'âge. M'enfin, il n'avait pas été si mal ! Il avait voyagé tout autour du monde et leur avait donc appris des sorts amérindiens, hindous ou masaï, l'utilisation d'amulettes pour établir des protections, ou encore des chansons Inuits psalmodiées qui éloignaient prétendument les ténèbres… Lui les élèves l'avaient adoré. Surtout Delmar, d'ailleurs. Mais comme les autres, Winston ne leur avait pas trop donné l'occasion d'utiliser leur baguette.

Leur prof de quatrième année, Martinez, avait été duelliste mais il lui manquait les deux jambes et il était devenu sourd suite à une explosion de potion. Du coup il avait de hautes aspirations, un caractère de merde et beaucoup de frustration. C'était lui qui avait appris aux élèves à se servir correctement de leurs baguettes, à respecter les formes d'un duel, et à jeter quelques sorts d'attaques et quelques charmes défensifs passables. Mais un jour il avait dit à sa classe que les Potions c'était de la merde et qu'il valait mieux se reposer sur les sorts, et Kathleen était montée sur ses grands chevaux et… Bon, bref, ça avait fini avec dix-sept élèves collés et une guerre froide entre le professeur Martinez et toute la bande de Kathleen. C'était d'ailleurs durant cette année scolaire-là que Rogue avait donné le plus de points à Poufsouffle : Cassie avait presque été jalouse !

D'un autre côté Cassie était tellement une daube en Potions que Rogue ne lui avait jamais donné un seul point, à elle.

Bref. En cinquième année, ils avaient eut le professeur Fox. Une jeune femme de vingt-cinq ans à peine, qui avait été refusée chez les Aurors et était une empotée pas possible, mais très marrante. Tonks l'avait adorée, parce qu'elle avait les cheveux bleu pétant. Bon, ceux qui passaient leurs BUSES (donc l'année de Cassie) avaient été moins contents, parce que Fox était une grosse naze et qu'ils avaient du se monter des clubs de soutiens avec les sixièmes années pour pallier les lacunes de la prof.

En sixième années ils avaient eu Castro, affectueusement surnommé "professeur Gastro" parce qu'il était tout le temps malade, et que du coup il avait à peine fait la moitié du programme de l'année. Candela et Elijah avaient organisé des cours de soutien et des cours par correspondance, et c'était d'ailleurs pour ça qu'ils avaient sans doute été choisis comme Préfets-en-Chef. Bref, Castro avait été un homme jeune mais pâle, maigre et maladif, un peu comme Rogue mais sans l'air sinistre, et Cassie avait détesté ses cours parce que sa classe sentait la chambre de malade pas assez aérée.

Et cette année ils avaient Dumortier, vieillard tremblotant à la voix chuintante, qui passait environ un tiers de son temps à agoniser à l'infirmerie et qui sentait les égouts ! Avec lui franchement, on touchait le fond.

Donc sans conteste, elle préférait l'assistant-professeur Graham.

– Miss Jorkins.

Cassie se redressa brusquement sur son siège en réalisant que Graham lui parlait et que toute la classe la regardait et qu'elle avait rien entendu parce qu'elle était perdue dans ses digressions mentales :

– Oui ?

– Pouvez-vous me dire quelle est la manière la plus efficace de se débarrasser d'un Détraqueur ?

C'était quoi cette question à la con ?

– La fuite ? suggéra-t-elle à tout hasard.

Bon, elle voyait bien à la tête de Graham que ce n'était pas la réponse qu'il attendait.

– Ce n'est pas la réponse que j'attendais.

Qu'est-ce que je vous disais, hum ?

– Les Détraqueurs sont insensibles à la plupart des sorts, reprit Graham en se détournant (Cassie reporta direct ses yeux sur son postérieur et du coup Lucas lui donna un coup de pied sous la table pour l'obliger à écouter). Le feu pourra les ralentir, puisqu'ils n'aiment pas la chaleur et la lumière, mais ce qu'ils dévorent, ce qui les effraie, ce sont… Oui, Miss Coleman ?

Jessica Coleman, une fille de Serdaigle, baissa la main :

– Les émotions, surtout les émotions positives.

– Exact, un point pour Serdaigle. Pour se débarrasser d'un Détraqueur, il faut donc envoyer contre lui un sort émettant une puissante force positive, une projection d'émotions opposées à la nature même du Détraqueur. Qui connait ce sort ? Oui, Valentine ?

– Le sort du Patronus ! fit fièrement Danny Valentine.

– Exact, un point pour Serpentard. Le sortilège du Patronus est un charme très avancé, bien supérieur au niveau qui vous ait demandé pour les ASPICS. Il s'agit d'une projection corporelle d'émotions positives, apparaissant comme une lumière vaporeuse argentée et qui prend la forme d'un animal si votre sort est suffisamment puissant est stable. Ça repousse les Détraqueurs mais également les Moremplis.

C'était bien beau mais ils s'en foutaient non ? Quels étaient les risques de croiser un Détraqueur alors qu'ils gardaient Azkaban ou bien un Moremplis alors qu'ils vivaient sous les climats tropicaux, hum ? C'était l'Ecosse ici, pas la Papouasie Nouvelle-Guinée !

Cassie eut vite sa réponse :

– C'est un sortilège utile, déclara l'enseignant. Et surtout, vos examinateurs seront tous des sorciers et sorcières ayant connu la crainte des Détraqueurs sous le règne de terreur de Vous-Savez-Qui, et si vous êtes capables de lancer u Patronus lors de votre épreuve, vous êtes certains d'avoir votre ASPICS même si vous ratez le reste de vos sorts. Bien sûr, je ne m'attends pas à ce que vous y parveniez tous ! Mais même un effort conséquent sera apprécié par les examinateurs.

Ooooh, Graham avait été un Serpentard donc ! C'était bien pensé de sa part, envisager l'épreuve des ASPICS du point de vue des élèves mais aussi avec les points sensibles des examinateurs. D'ailleurs tous les Serpentards de la classe hochaient la tête avec approbation. Les Serdaigles avaient juste l'air constipés mais ça c'était sans doute parce que Graham avait insinué qu'ils allaient sans doute rater leur Patronus.

Mais ça c'était normal. Les Serdaigles prenaient souvent un air constipé quand on leur parlait d'échec scolaire.

Le plus marrant c'était qu'ils étaient loin d'être tous des rats de bibliothèque, non non non ! Ils aimaient faire la grasse matinée et lire des romans débiles sur les toilettes, ils rêvassaient en Histoire de la Magie, et se curaient le nez en Métamorphose. Mais ils avaient une réputation à maintenir alors même quand ils étaient des feignasses pas possibles, ils étaient super insultés dès qu'on leur disait qu'ils allaient rater une épreuve.

Bref.

– Nous allons consacrer cette leçon au Patronus, continua Graham. Et pendant le reste de l'année, à chaque séance nous réserveront cinq minutes pour revenir sur le sujet. Je vous encourage à pratiquer ce sort par vous-même ou avec vos amis. Chaque élève qui parviendra à produire un Patronus non-corporel gagnera vingt points. Chaque élève parvenant à créer un Patronus corporel gagnera cinquante points.

Des chuchotements excités se propagèrent dans sa salle et Cassie carra les épaules. Cinquante points pour un sort ? C'était dans la poche !

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Onze minutes plus tard…

Cassie détestait le professeur Graham. C'était définitif.

Expecto Patronum ! Expecto Patronum saloperie ! Tu vas marcher oui ?! Expecto Patronum !

– Je ne pense pas que c'est le bon geste, fit innocemment Lucas.

Lui, il prenait ça complètement à la rigolade. Il n'avait pas besoin d'un as dans sa manche pour avoir son ASPIC ! Que les autres s'agitent et essaient de faire apparaitre de la vapeur blanche s'ils le voulaient. Lucas allait collecter cinquante points en moins de deux semaines avec toutes ses bonnes réponses en cours, alors il s'en foutait royalement du Patro-machin.

Du coup, il regardait avec amusement Cassie qui, elle, était super-concentrée et très très agacée. Elle avait le visage rouge, les manches de son uniforme retroussée, et agitait sa baguette comme si elle se battait en duel contre un adversaire invisible.

Soudain la petite Serpentard pointa un doigt accusateur sur lui :

– T'as qu'à le faire si t'es si malin !

– Non merci, refusa Lucas en sortant de son sac son devoir de Sortilèges. Si c'est un truc optionnel, je vais pas m'emmerder à travailler dessus alors que j'ai du boulot obligatoire à boucler.

– Mais… ! Cinquante points Lucas !

Le Serdaigle leva les yeux au ciel. Il ne voyait pas pourquoi Cassie s'embêtait à amasser des points alors que de toute façon, sa Maison emportait toujours la coupe depuis quelques années.

– Je ne suis pas intéressé par la Coupe des Quatre Maison, se contenta-t-il de dire.

Il n'en avait jamais fait grand mystère, mais comme ce n'était pas un sujet qui venait souvent sur le tapis, il n'avait jamais eut l'occasion de dire ça à voix haute. Cassie le regarda comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête :

– … T'es pas intéressé ?

Lucas roula des yeux :

– C'est la Coupe des lèches-culs. Les profs donnent plus de points aux élèves qui fayotent ou qui dénoncent leurs camarades qu'ils n'en donnent aux élèves qui s'appliquent en cours. La Coupe aurait plus de sens si on était jugé par notre quantité de bonnes notes, mais le système de points juge les élèves sur leur capacité à satisfaire ou agacer les profs. Tout le système est biaisé, et du coup à la fin c'est nous qui sommes baisés.

– Merde, t'as raison ! réalisa Cassie. Ça veut dire qu'à Serpentard on est des lèches-culs ?

– Ça ou bien que les trois autres Maisons donnent des envies de meurtres particulièrement violentes aux profs.

– … Je vais faire une pétition.

– Tiens, en parlant de pétition, j'ai une idée pour toi. C'est à propos de Quidditch…

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oOoOoOo

Samedi 7 novembre 1987, stade de Quidditch, parc de Poudlard.

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Cassie avait les idées les plus tordues, Kathleen était celle qui faisait les trucs les plus fous, Delmar était celui qui avait le plus le sens du spectacle, mais des quatre, c'était sans conteste Lucas le baratineur. Du coup Cassie avait fait une pétition pour qu'il soit leur commentateur de Quidditch.

Ensuite, comme ça n'avait pas marché, Kathleen avait donné un laxatif surpuissant à Stebbins, le commentateur habituel, et du coup Lucas avait enfin mis la main sur le mégaphone sacré. Et quand les gens l'avaient vu à la place du commentateur, il y avait eut une ovation délirante.

Bon, et quelques grognements de désespoir de la part des profs. Certes.

– Et c'est parti pour le premier match de la saison ! clama Lucas. Les équipes de Gryffondor et de Serpentard sont sur le terrain, la tension est palpable, après tout c'est le score de ce match qui va donner le ton du reste de la saison, c'est bon vous la sentez la pression les gars ?

– Ogden je vous prierais de rester objectif, fit la voix de McGonagall.

– A vos ordres madame. Les Capitaines Delmar Hirapati et Auguste Selwyn se serrent la main…

Auguste Selwyn était un cinquième année, et un Poursuiveur comme Delmar. En temps normal ils s'entendaient bien, mais sur le terrain, pas de quartier !

– … Et le Souaffle est lancé… C'EST PARTI ! Le Souaffle est à Selwyn ! Il passe à Heart, qui passe à Rosier !

Eveline Heart et Justinien Rosier étaient les deux autres Poursuiveurs de Serpentard. Leur Gardien était une fille, dont le nom de famille était Goal (bonjour l'ironie), leurs batteurs étaient les jumeaux Laurent et Lucy Kennedy (eux aussi ils avaient un nom de famille bien pourri) et leur Attrapeur était le petit frère d'Elijah, un troisième année nommé Basile Shafiq.

– Et HIRAPATI INTERCEPTE ! Beau coup, un poil risqué, mais beau coup. Il évite un Cognard de Kennedy, un autre de l'autre Kennedy, dis donc les Batteuses de Gryffondor vous prenez des vacances ou quoi ?! Du nerf !

– Ogden, de l'objectivité on a dit !

– Vous admettrez professeur qu'ils ont pas l'air d'être des flèches, moi je ne fait que les motiver…

– Contentez-vous de décrire l'action !

– Mais c'est ce que je fais, c'est pas de ma faute si… Hirapati perd la balle ! Putain Delmar t'as deux mains gauches ou quoi, c'était facile ! Enfin bref Rosier la récupère, bon sang il est bien parti pour traverser tout le terrain, il évite un Cognard et OH PUTAIN ! Oui Selwyn a faillit percuter une Batteuse de Gryffondor, et du coup il a perdu le Souaffle et c'est Gray qui récupère la balle !

Outre Delmar, Michael Gray était Poursuiveur de Gryffondor, avec Vincent Hallen. Leurs batteuses étaient deux filles : Lara O'Mahel et Kelly Oswald. Leur gardien était Léonard Arvore, et leur Attrapeur était Charlie Weasley.

– Gray passe à Hallen, qui passe à Hirapati, ils se rapprochent des buts de Serpentard, Kennedy numéro un envoie un Cognard sur lui, ET UNE MANŒUVRE DU PARESSEUX, WOW, z'avez vu ça, c'est le grande classe ! Hirapati continue sa course, il esquive l'attaque de Heart, il passe à Gray, GRAY TIRE… ET ÇA PASSE ! DIX POINTS POUR GRYFFONDOR !

Un concert d'acclamations monta des tribunes des rouges et or, tandis que chez les Serpentards c'étaient des huées qui se faisaient entendre. Cassie ne se priva pas de se joindre aux cris, même si le Quidditch l'intéressait moyennement.

– Selwyn récupère le Souaffle ! Il passe à Heart ! Elle passe à Rosier ! Il esquive un Cognard d'Oswald ! Il repasse à Heart, qui évite Hallen et… OH LE TRICHEUR ! Hallen a attrapé la jambe de Heart et l'a tirée de son balai, ELLE SE CASSE LA GUEULE… Non, Shafiq passait juste à côté et l'a rattrapée avant qu'elle tombe ! Punaise c'est pas passé loin ! Mais a perdu la balle… PENALTY POUR SERPENTARD ! C'est quoi ces manières ?!

– Ogden, pas de commentaires personnels sur la manière de jouer…

– Du calme, c'est pas comme si j'en avait traité un de merdeux déloyal non plus…

– OGDEN !

– Ahem. Rosier prend position devant les buts, il tire, IL MARQUE ! DIX POINTS POUR SERPENTARD ! Et je dois dire que c'était un but particulièrement spectaculaire !

Rosier fit mine de s'incliner sur son balais, sous les applaudissements de sa Maison. Effectivement il avait tiré tellement fort que la balle et le Gardien des Gryffondor (un troisième année de petite taille) étaient passés à travers l'anneau de but !

Ça leur apprendrait à prendre des nains pour faire des jobs sérieux.

Arvore reprit sa place en zigzaguant un peu, sonné, juste au moment où Eveline Heart passait la balle à Auguste Selwyn et que celui-ci tirait. Cette fois le gardien se prit le Souaffle en plein estomac mais ne céda pas un pouce de terrain.

– Et le petit Arvore tient le coup ! clama Lucas. C'est Hallen qui reprend la balle, Kennedy lui envoie un Cognard dans la tronche mais O'Mahel le dévie et du coup c'est Rosier qui se le prend dans la gueule, ah ah ! Pardon. Ah Gray récupère le Souaffle, il esquive Heart et SELWYN LUI RENTRE DEDANS ! Ah non c'était une manœuvre audacieuse d'interception, du coup Selwyn se casse avec le Souaffle, Oswald lui envoie un Cognard, il esquive, putain O'Mahel l'attend avec un autre Cognard, OH PUNAISE IL PASSE TOUT JUSTE, il tourne, et IL PERCUTE SHAFIQ ! Ouais et cette fois je crois que c'est accidentel. Bah alors Selwyn t'as de la merde dans les yeux ou quoi ?

– OGDEN !

– Pardon madame. Bon du coup le Souaffle a été récupéré par Hirapati, il fonce, un des Kennedy essaie de lui mettre sa batte dans la gueule ce qui constitue quand même une faute mais IL PASSE ! Il a traversé presque tous le terrain, bon sang il arrive devant les buts, il passe à Hallen, HALLEN TIRE… ET GOAL BLOQUE. Pas de bol mec ! Heart choppe le Souaffle, elle revient vers les buts de Gryffondor, OH BON SANG WEASLEY LUI A COUPÉ LA ROUTE ! Bon c'est pas interdit à l'Attrapeur de participer mais quand même, là c'était gonflé. Et puis Heart n'a pas perdu la balle alors je ne vois pas ce que… GRAY L'ATTAQUE PAR-DESSOUS ! Heart lâche le Souaffle et c'est Gray qui le récupère, il passe à Hirapati, Rosier essaie de l'intercepter, Hirapati repasse à Hallen, ils arrivent devant les buts de Serpentard et Hirapati reprend la balle et IL TIRE ET IL MARQUE ! DIX POINTS POUR GRYFFONDOR ! Par le calbut de Merlin vous avez vu cette aisance, ce mec marque des buts comme on tire une chasse d'eau ! Quel homme mes amis, quel homme !

– Ogden, le match !

– Ah oui. Le Souaffle est récupéré par Gray, qui se prend direct un Cognard dans la face et lâche la balle, qui est récupéré par Selwyn, qui esquive un Cognard de O'Mahel et passe à Rosier, ah Weasley essaie à nouveau de lui couper la route mais pas de chance ! Rosier lui rentre en plein dedans et c'est Weasley qui manque de tomber de son balai ! Rosier continue à foncer vers les buts, il passe à Heart, Hallen essaie d'intercepter… Manqué, c'est Rosier qui reprend le Souaffle, IL TIRE ET IL MARQUE ! Et c'est Gray qui reprend la balle, et Rosier lui tombe dessus direct, il reprend le Souaffle, mais ce mec est impossible à arrêter ! Hirapati l'intercepte, il prend la balle, et tombe en plein sur les Kennedy, Heart reprend la balle… Elle tire ?! Mais elle est super-loin et…OH SELWYN A CHOPPÉ LA BALLE AU VOL ET IL TIRE ET IL MARQUE ! Putain là j'applaudis avec mes pieds, c'est trop mortel vous avez vu ça ? Mais vous avez vu cet enchaînement ?!

– Ogden ! Qu'est-ce que j'ai dis à propose de l'impartialité ?

– Vous savez cher professeur McGonagall, je remarque que vous critiquez ma partialité seulement quand c'est les Serpentard qui brillent et pas quand je complimente la virilité de mon pote Delmar. Loin de moi l'idée de critiquer votre professionnalisme mais et si vous me laissiez faire mon job ?

Il y eut un grand silence choqué où on entendit distinctement Rogue rigoler (ce qui donna lieu à un silence encore plus choqué), puis Kathleen beugla depuis les tribunes de Poufsouffle :

– PUTAIN IL EST LÀ LE VIF ! MÊME MOI JE LE VOIE !

Et du coup ça mis fin au débat parce que Charlie Weasley et Basile Shafiq se mirent à chercher le Vif d'un air paniqué, tandis que Lucas criait « Où ça, où ça, je le vois pas ! » ce qui était loin de les aider. En fait Kathleen n'avait rien vu, elle essayait juste de détendre l'atmosphère.

– BON ! cria Lucas au bout de trente secondes de panique. Weasley et Shafiq ont perdu une occasion de faire gagner leur équipe, les mecs je suis désolé de vous le dire mais vous êtes des boulets ! Mais c'est pas grave, le match continue et pendant que vous tourniez en rond comme de abrutis, HIRAPATI A PRIS LE SOUAFFLE ! Et accessoirement il a foutu un coup de pied dans le balai de Kennedy numéro deux quand il a voulu lui barrer la route, c'est un coup de pute mais techniquement c'est légal, mon cher Delmar je suis fier de toi je vois que tu développe ta créativité sportive… OH HIRAPATI TIRE ! Et Selwyn intercepte la balle juste devant le nez de Goal, SUPERBE MANŒUVRE ! Il monte, passe au-dessus d'Hirapati, esquive Gray, il passe à Heart, elle se prend un Cognard d'Oswald et Gray récupère mais NON ! ROSIER INTERCEPTE ! Il revient à la charge, il tire, ARVORE BLOQUE ! Dommage pour les lions, on reste à une égalité de vingt points pour chaque équipe !

Delmar était incontestablement le meilleur joueur : mais les deux autres Poursuiveurs de Gryffondors, Vincent Hallen et Michael Gray, étaient tous justes moyens. Alors qu'en face, Rosier était très bon, et le soutien que lui apportaient Heart et Selwyn était précieux. Et Dubois avait beau être enthousiaste et déterminé, il affrontait quand même des balles lancées par des élèves deux fois plus lourds et trois fois plus musclés que lui.

Du coup Serpentard marqua au moins cinq autres buts, alors que Gryffondor n'en marqua qu'un seul avant que soudain Lucas ne se mette à brailler comme un taré :

– LE VIF ! LE VIF EST LÀ BANDE DE CLAMPINS !

En effet la petite balle dorée était juste sous son nez, se baladant tranquillement devant la tribune des profs. Les deux Attrapeurs foncèrent droit dessus.

– Putain s'il y en a un qui se crashe sur la tribune ça va pas bien se passer, marmonna Lucas. WEASLEY EST EN TÊTE… IL TEND LE BRAS… IL L'A !

Et les deux Attrapeurs dévièrent leur course juste à temps pour ne pas s'écraser sur les profs. À en juger par la prise un peu crispée de McGo sur ses accoudoirs, c'était pas passé loin.

– CENT QUATRE-VINGT-DIX A SOIXANTE-DIX EN FAVEUR DE GRYFFONDOR ! s'égosilla Lucas. Ce match vous a été présenté par Lucas Ogden et son impartialité légendaire, signez la pétition pour que l'expérience se répète !

– OGDEN !

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oOoOoOo

Jeudi 12 novembre 1987, salle de cours, sixième étage à Poudlard.

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– Putain j'en ai ma claque de la mythologie, marmonna Delmar.

Kathleen lui lança un regard railleur par-dessus son dictionnaire de Runes, et du coup le Gryffondor se sentit obligé de préciser en gesticulant vaguement en direction de leur énoncé de cours :

– Non mais regarde-moi ça ! Un texte sur Zeus ! Encore !

Évidemment, son indignation aurait pu être plus vivement exprimée s'il n'avait pas été interrompu par un bâillement. Après le match de Quidditch et la fête consécutive le week-end dernier, Delmar avait pris un énorme retard sur ses devoirs et il avait du rogner sur ses heures de sommeil pour compenser. Surtout que comme les cours de Runes qu'ils voyaient en ce moment faisaient appel à la culture populaire sorcière et qu'il en était absolument dénué parce qu'il était Né-Moldu, il devait étudier deux fois plus pour saisir le sens des textes qui leur était donné. Et puis hier soir ça avait été l'anniversaire de Charlie Weasley alors ils avaient fait une grande fête chez les rouges et or (eh oui, Charlie était leur héros en ce moment !), et du coup… Bref, pour faire simple, Delmar était crevé.

On n'avait pas idée de faire bosser les élèves autant.

C'était de l'exploitation pure et simple, oui monsieur ! De l'esclavage, même ! C'était totalement dégueulasse, est-ce que les profs prenaient seulement en compte le besoin de sommeil des jeunes adolescents en plein croissance ? Non ! Ils s'en branlaient comme de leur première tomate farcie !

Un de ces jours Delmar allait faire une pétition, comme Cassie.

Ou non, il organiserait un débat. Il se mettrait debout sur la table et se lancerait dans une longue tirade, pointant un doigt menaçant vers Dudu et clamant "J'accuse.. !" jusqu'à ce que le directeur demande grâce et se mette à chialer !

… C'était beau de rêver.

Delmar soupira et repoussa son bouquin de Runes, croisant ses bras sur la table et posant son menton dessus. Son regard se porta sur Lucas et Cassie, deux tables plus loin. Ils partageaient un dictionnaire et un énoncé pour deux. Comment diable cet idiot de Serdaigle avait-il pu déjà perdre son énoncé de cours ? Ça faisait dix minutes que le prof les avait distribués !

A ce niveau c'était plus de la malchance c'était la malédiction du Triangle des Bermudes !

M'enfin, qu'ils se débrouillent. Il jeta un coup d'œil à Kathleen, constata qu'elle s'en sortait très bien et qu'il n'aurait plus qu'à recopier sur elle, puis chercha du regard la prof. La classe d'Etude des Runes ne comptait que seize élèves (sept Serdaigle, quatre Serpentard, quatre Poufsouffle et lui-même comme unique Gryffondor), mais le professeur Babbling était toujours très occupée, s'asseyant parfois vingt minutes entière avec un binôme d'élèves pour les guider et les observer dans leur traduction. En ce moment d'ailleurs elle était en train de corriger la prononciation de Lucien Kirkwood quant à la lecture des logogrammes grecs, sauf qu'elle n'avait pas un grand succès parce que comme elle était penchée vers la table, elle offrait une vue plongeant de son décolleté au pauvre Lucien qui en mélangeait toutes ses consonnes. Sa partenaire, Sheelah Faoilan (une Poufsouffle extrêmement réservée) l'observait d'ailleurs d'un air moqueur.

Ah oui. Précision très importante : le professeur Bathsheda Babbling était une belle femme de trente-deux ans aux formes généreuses, et du coup ça attirait pas mal de mecs dans sa classe.

Ah ah, les pauvres puceaux. Fallait être vraiment désespéré pour s'inscrire à un cours juste pour mater la poitrine de la prof !

… Bon okay Delmar s'était aussi un peu inscrit pour ça.

Mais bon au départ il avait surtout choisi les Runes dans ses options pour être avec le reste de ses amis. Ensuite pour choisir ses autres options ça avait été simple : il avait pris Divination parce que Cassie lui avait dit qu'on ne faisait que pioncer, et il avait pris Soins aux Créatures Magiques parce que ça avait l'air fun. Et comme il avait raté sa BUSE en Divination (entre autres parce qu'il avait annoncé à son examinateur qu'il aurait du mourir la veille), bah il n'avait plus que Soins aux Créatures Magiques maintenant.

Avant il partageait cette option avec Kathleen, se souvint-il en observant la Poufsouffle à travers ses cils, les yeux mi-clos. Ils se marraient bien. Delmar avait une relation particulière avec chacun de ses trois meilleurs amis : Cassie était la petite sœur, qu'on taquinait et adorait (ce qui était marrant parce que pour Lucas, Cassie était plus la grande sœur), et Lucas était son meilleur pote, celui à qui on pouvait tout raconter. Mais Kathleen, c'était avec elle qu'on déconnait le plus. Quand il avait douze ou treize ans, Delmar craquait complètement pour elle à cause de ça.

Bon, et puis il y avait eut l'été de ses treize ans, sa poussée de croissance, la musculation et la mue de sa voix, son succès auprès des filles (avant il n'était qu'un maigrichon marrant mais pas spécialement attirant), et puis il avait tiré un trait sur son béguin pour Kathleen. Il avait pris confiance en lui, avait eu une copine, bref il avait grandi.

… Tout ça pour dire quoi au fait ?

Il avait pris Runes pour être avec eux, voilà. Et même s'il n'était pas un mauvais élève comme Cassie (au contraire, Delmar était l'un des meilleurs de sa classe), ben il n'avait pas vraiment de passion pour cette matière. A vrai dire, avoir Runes à huit heures trente du matin un jeudi juste après une fête d'anniversaire qui avait duré jusqu'à l'aurore, franchement, ça le gonflait. Beaucoup. Ses yeux se fermaient tous seuls… Se fermaient…

– Delmar ! chuchota Kathleen.

Contrarié, Delmar ouvrit un œil et vrilla un regard mécontent sur la Poufsouffle, mais sans bouger un seul muscle :

– Quoi ?

Derrière lui, Babbling se racla la gorge :

– Fatigué, monsieur Hirapati ?

Delmar était bien trop crevé pour activer son instinct de survie, alors il se contenta de grommeler :

– Assez, oui.

– Vous devriez dormir davantage, afin d'être reposé pour vos cours.

Delmar ne remua pas d'un poil :

– Je garderai ça à l'esprit, merci.

– … Au cas où ça n'aurait pas été clair, vous ne pouvez pas dormir en cours d'Etude des Runes.

– Je sais, mais si vous faisiez moins de bruit, je pourrais.

Kathleen ne put s'empêcher de glousser tandis que leurs voisins immédiats ouvraient de grands yeux réprobateurs devant tant d'insolence. Babbling, après être restée bouche bée une seconde, se tourna vers la Poufsouffle pour tenter de reprendre contenance :

– Vous trouvez ça drôle Miss Diggory ?

Kathleen se hâta de se calmer, mais c'était bien uniquement parce que l'Etude des Runes était sa deuxième matière préférée (après les Potions, et avant la Botanique).

– Euuuh, non ?

– Alors concentrez-vous sur votre travail. Et ce sera cinq points en moins monsieur Hirapati, et je vous conseille de vous réveiller si vous ne voulez pas que ça passe à quinze.

– Vos désirs sont des ordres, salua Delmar en se redressant.

Babbling l'observa d'un œil soupçonneux avant de chercher un binôme d'élèves moins rebelles, et Delmar prit le temps de s'étirer en faisant craquer toutes ses articulations, puis toutes ses vertèbres. Kathleen secoua la tête d'un air amusé :

– T'as pas pu t'en empêcher, hein ?

Delmar rigola mais ne nia pas : Kathleen n'avait pas tort, il aimait se faire remarquer. Depuis tout petit il adorait faire le pitre pour amuser ses deux sœurs et deux frères, pour faire rire les gens, pour être le mec que tout le monde tolère parce qu'il est drôle. A l'école primaire, tous les caïds de la cour de récré le laissaient tranquille, même le gros Simon qui était raciste, parce que Delmar avait un talent pour taper des scandales pas possibles et se donner en spectacle, ce qui faisait mourir de rire les spectateurs de ce genre de scènes.

Bon ensuite il était entré à Poudlard, et il était devenu plus que le clown de service (il était devenu un mec populaire ! Un sportif ! Un canon ! Un playboy ! Une référence ! Il était le David Beckham de Poudlard… En plus indien), mais quand même, ça restait tellement ancré en lui qu'il ne pouvait pas s'empêcher de jouer les trublions insolents dès qu'on lui en donnait l'occasion.

– Tu peux parler, se contenta-t-il de répliquer. Toi tu fais chier la moitié des profs de Poudlard !

– Même pas vrai ! s'indigna Kathleen.

– Sinistra.

– Ok, si c'est Cassie qui t'as raconté ça, c'est pas vrai j'ai juste fait une seule blague sur Uranus, bon peut-être deux…

– Dumortier.

– Alors là ça vaut pas, personne le respecte, c'est une momie ce type ! En plus il chuchote, on l'entend pas en cours, il sait à peine jeter un Expelliarmus, pourquoi Dudu le vire pas, hein ?

– Graham, alors.

– Oui mais c'est pas pareil ! Il me fait chier avec son Patronus ! Je pensais pas qu'il m'entendrait dire que mon souvenir heureux serait d'enfoncer ma baguette dans un orifice de mon examinateur… Je l'ai même pas dis très fort en plus, ça prouve qu'il m'espionnait et donc que c'est lui qui a commencé !

– McGonagall.

– … Okay, là, oui, d'accord.

– Binns.

– Il compte pas, il se souviens pas des noms des élèves, comment veux-tu que je le saoule ? Il ne s'en rend sans doute même pas compte quand je raconte ma vie en cours !

– N'empêche, ça fait quand même quatre profs et un assistant dont tu pourris régulièrement la vie, donc est-ce que tu es sûre de vouloir chipoter sur le fait que j'ai mouché Babbling ?

La Poufsouffle prit un air boudeur, mais ne répliqua pas et retourna à sa traduction de Runes. Delmar fit une petite danse de la victoire intérieurement, puis s'avachit à nouveau sur sa table et se replongea promptement dans sa petite sieste.

Il voulait bien admettre que le boulot ça soit important mais là c'était pas possible, il était indisponible métaphysiquement !

En gros il avait une urgente envie de pioncer.

Et il était un sportif consciencieux, il ne pouvait pas dénier à son corps ses besoin élémentaires. Et donc voilà. Que Babbling aille voir en Papouasie du nord si les Néréides y étaient, il n'en avait rien à foutre, il avait un physique d'athlète à entretenir. Alors vite ! La sieste.

– Monsieur Hirapati, ça fera quinze points !

… Pas moyen de roupiller en paix ici !

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Mardi 17 novembre 1987, salle de cours, donjons de Poudlard.

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Kathleen avait toujours brillé en Potions, depuis sa première année. C'était la raison pour laquelle les Serpentards (mis à part Rosier) la toléraient et même l'appréciaient, alors qu'elle était généralement insupportable. Parce qu'elle était douée et que, en conséquence, Rogue l'avait à la bonne. A vrai dire il la traitait comme une Serpentard. Mieux, même, que certains Serpentards… Comme Cassie pour ne pas la nommer.

D'un autre côté Cassie était une vraie catastrophe. S'il avait pu, Rogue l'aurait sans doute transférée à Gryffondor.

Ou bien il l'aurait juste enterrée dans le parc, au choix.

Bref, Rogue détestait Cassie parce qu'elle était une Serpentard catastrophique et un danger public, était agacé par Delmar parce qu'il était un Gryffondor brillant, tolérait Lucas parce qu'il était un Serdaigle doué : mais il laissait tout passer à Kathleen et elle en était excessivement fière. A vrai dire elle était sans doute la seule élève de toute l'école à avoir de bonnes relations avec Rogue !

… Oui, bon, ça ne l'empêchait pas de le trouver moche et souvent désagréable, mais quand même, ça avait ses avantages d'être en bons termes avec le prof de Potions. Notamment le fait qu'il la laissait expérimenter durant les cours.

C'était pour ça que ce matin-là Kathleen préparait le Philtre Eternel demandé au reste de la classe, mais avait également à ses côtés un second chaudron dans lequel bouillonnait une variante du Philtre de Paix. Et comme elle réfléchissait mieux à voix haute elle faisait profiter Lucas de ses réflexions, parce que le Serdaigle s'était comme d'habitude installé à côté d'elle. Ca pouvait concerner les Potions comme la météo du jour, en passant par les potins que lui avaient raconté sa sœur ou bien le fait qu'elle ait perdu une chaussette récemment.

Bref, aujourd'hui, son grand sujet d'indignation c'était les premières années.

– Non mais tu te rends pas compte, vitupérait-elle en hachant des racines d'amarante. Ils sont partout ! Et quand je dis partout c'est partout, parce que tu peux pas t'empêcher de les remarquer. Oh ils sont petits, hein ! Mais par les pendants de Merlin qu'est-ce qu'ils sont chiants ! Quand je suis allée à la bibliothèque hier soir, eh ben il y en avait plein, pire qu'une infection de morpions ! Je te jure, on dirait qu'ils se reproduisent quand j'ai le dos tourné. Combien ils sont ces gnomes ? A chaque fois que je les croise le troupeau est plus imposant ! Et surtout, ça crie, ça chiale, ça gémit, ça se plaint, ça range pas les livres… Ils me donnent des pulsions homicides !

– Comme je te comprends, marmonna Lucas.

– Ah oui ? fit la Poufsouffle avec intérêt en cessant de hacher ses racines. T'as eut des problèmes de nains toi aussi ?

– Dans la salle commune, soupira le Serdaigle. Ils ont jeté un sort de Vigueur aux étagères avec les vieux grimoires, et évidemment le bazar s'est mit à s'agiter, à tordre les bouquins et à les balancer par terre. Deux-cent trente-et-un livres remplis de savoir inestimable putain ! Chacun valant plus que la valeur marchande de chaque tête de ces petits corniauds ! J'ai failli en balancer un par la fenêtre d'ailleurs. Si je le choppe…

Kathleen était passionnée par les Potions, Delmar par le Quidditch, Cassie par les entourloupes en tout genre : Lucas était passionné par tout ce qu'on pouvait écrire dans un bouquin. Maltraiter un livre était à ses yeux le plus grand des sacrilèges. En troisième année il avait balancé une soupière dans la gueule d'un élève qui avait renversé de la purée de carotte sur un grimoire.

– Je compatis, grimaça Kathleen. On n'a pas idée de laisser ces petits monstres vaquer dans le château et nuire à l'apprentissage de leurs aînés ! Moi, je dis, on devrait les tuer.

– … Tu sais que c'est mal, de tuer les gens. N'est-ce pas ?

– Bien sûr.

– Ok, je voulais juste vérifier. Occupons-nous d'abord de ceux de Serdaigle. J'ai lu quelques bouquins d'Agatha Christie, sais-tu comment on pourrait les faire monter dans un train ?

– Deux élèves préparant un meurtre, fit la voix onctueuse de Rogue derrière eux. Comme c'est choquant.

Lucas et Kathleen sursautèrent violemment et se retournèrent vers le prof, arborant l'expression figée du lapin pris dans les phares d'une voiture. Et bien que Lucas soit le grand baratineur du groupe, ce fut Kathleen (qui avait l'avantage de n'éprouver aucune peur devant Rogue) qui déclara joyeusement :

– Ah non, il ne faut pas vous méprendre professeur ! C'est vrai que dit comme ça il peut y avoir confusion, mais pas du tout. Vous m'imaginez, moi, avoir des projets aussi vindicatifs ? Absolument pas ! Je suis l'âme même de la tolérance et du pacifisme.

Putain il n'y avait qu'elle pour sortir des trucs pareils à Rogue. Lucas jeta un regard alarmé sur le prof de Potions, mais Kathleen continua à sourire sereinement tout en gardant un œil sur ses deux potions, parce que oui Rogue pouvait s'avérer franchement craignos mais il fallait avoir des priorités dans la vie, et personne ne se mettait entre Kathleen et ses potions sous peines de représailles graves et douloureuses qui se traduisaient souvent par des coups de louches dans la gueule.

… Bon elle n'avait jamais eu à mettre un coup de louche dans la gueule de Rogue mais elle n'hésiterait pas à le faire s'il s'interposait entre elle et ses chaudrons !

Mais elle préférerait atteindre un accord amiable. Parce que. Voilà. C'était pas qu'il lui fasse peur mais elle était quand même sûre qu'il était capable de la trucider avec une pince à échardes et d'utiliser ses organes internes comme ingrédients.

Glauque.

– Je n'en doute pas une seconde Miss Diggory, fit Rogue après un temps. Néanmoins je désapprouve vivement les bavardages durant mon cours. Vous pourrez méditer sur vos élans de tolérances et de pacifisme durant votre retenue, ce soir à six heures.

Kathleen hocha la tête d'un air qui se voulait repentant, et Rogue s'éloigna pour aller engueuler Jonathan Flume qui était en train d'ajouter trop de venin d'Acromentule à sa préparation. La Poufsouffle retint un soupir de soulagement, puis sourit largement :

– A chaque fois je me dis que ça va être la fois de trop, mais non, ça passe toujours.

– T'as quand même eut une retenue, souligna Lucas.

Kathleen haussa les épaules et rajouta la poudre de scarabées bleus dans son chaudron de Philtre de Paix, avant d'enchaîner sur le découpage des ailes de fées pour son Elixir éternel.

– Durant mes retenues, il me fait bosser des Potions, et c'est pas vraiment une corvée pour moi. Il va sans doute me faire discuter du Philtre de Paix et de ses possibles modifications.

Alors que n'importe quel autre élève collé se retrouvé à nettoyer les chaudrons à la brosse à dent ou à trier les entrailles de grenouilles à mains nues. Lucas leva les yeux au ciel tout en s'attaquant à la découpe de ses propres ailes de fée.

– De tous les profs, il faut que tu sympathises avec Rogue…

– Bah quoi ? se défendit Kathleen.

– Bah premièrement, il est moche, et on a établit qu'il sentait mauvais les potions.

– Nuance, on a établi qu'il sentait les condiments alimentaires. Et si c'est sur ça que tu veux baser ton argumentation je te ferai remarquer que McGo sent la croquette pour chat et que Chourave sent la ratatouille en cours de cuisson !

– Je constate que tu ne nie pas qu'il soit moche.

– C'est quoi cette discrimination ? Toi aussi au matin t'as une sale gueule.

– Oui mais lui c'est toute la journée.

– Cite-moi un seul prof qui soit mignon. Et Graham ne compte pas.

Lucas réfléchit deux secondes, puis lâcha :

– Flitwick.

– … Flitwick ?

– Ben quoi ? Il est petit, attendrissant, il a de grands yeux pleins d'espoir quand il nous encourage durant les cours, honnêtement il me fait penser à mon hamster.

– Ton hamster avait un caractère de merde.

– Bah il restait mignon.

Certes. Kathleen leva les yeux au ciel et continua ses deux préparations, et baissa le feu sous son chaudron de Philtre de la Paix pour laisser le temps à la potion de se fixer. Lucas se remit à hacher ses algues, et reprit au bout de quelques instants :

– Mais Rogue a un caractère de merde et il est moche. Qu'est-ce que tu lui trouves ?

– C'est bon, c'est pas comme si je voulait me le taper non plus ! protesta Kathleen.

Quoique. C'était une idée. Est-ce que ça lui assurerait de meilleures notes ? Elle avait constamment des Optimal mais si ça se trouve elle découvrirait une note supérieure ! Et puis ça mettrait un peu de piment dans sa vie sexuelle qui était pour l'instant aussi vide que le cerveau de Rosier face à une interrogation de Métamorphose. La Poufsouffle porta un regard songeur sur le prof de Potions. Qu'est-ce qui se disait au sujet des gens avec un grands nez, déjà ?

… Et puis non. C'état pas qu'elle soit excessivement sélective mas quand même, elle avait des standards et même si elle passait au-dessus du teint maladif et des dents jaunes, elle pouvait pas supporter les cheveux gras.

Elle reporta son regard sur Lucas. Le Serdaigle était en train de la regarder fixement et avait l'air un peu malade, et Kathleen fronça les sourcils :

– Bah quoi ?

– … Je sais exactement ce à quoi tu viens de penser.

Kathleen haussa les épaules, pas plus déragée que ça :

– Et alors ?

– Et alors je suis traumatisé à vie, gémit son ami. Non mais franchement, t'es vraiment une obsédée !

– C'est mes hormones qui me travaillent, répondit la Poufsouffle sans se dégonfler. Tiens, passe-moi les pattes d'araignées, tu veux ?

– Je fréquente vraiment des tarés, marmonna Lucas.

– Quoi, tu aurais préféré que je fantasme sur McGo ?

Le Serdaigle passa au vert, et Kathleen ricana. C'était toujours hilarant de jouer sur l'imagination très visuelle de Lucas. La Poufsouffle lui tapota dans le dos avec sympathie :

– Allez, te bile pas, va. Je suis pas gérontophile !

Oui parce qu'il y avait quelque chose d'extrêmement dérangeant à imaginer McGonagall en sous-vêtements. Pas que Kathleen soit familière avec la pratique, hein !

… Ok c'était un mensonge, elle imaginait fréquemment McGo en sous-vêtements pour ne pas s'ennuyer durant les leçons. Parfois elle l'imaginait aussi avec différentes coupes de cheveux. Et une fois elle l'avait imaginée en tenue de soubrette et elle avait fait un bruit dégoûté un peu trop audible et elle avait perdu dix points ! Elle avait bien failli expliquer à McGonagall que c'était pas dirigé contre ses capacités pédagogiques mais contre son tour de hanches, et puis finalement elle s'était ravisée parce qu'elle n'avait pas envie de finir transformée en presse-papier. La vieille chouette l'avait déjà menacée plusieurs fois de ça, en plus ! C'était fou comme les profs recouraient rapidement aux menaces et à la violence. C'était scandaleux ! Ils n'imaginaient pas l'impact que ça avait sur la psyché fragile et en plein développement de leurs jeunes élèves !

Bref.

– Rogue est vieux aussi, marmonna Lucas. Il a au moins…

Et là il marqua un temps d'arrêt en réalisant qu'il n'avait aucune idée de l'âge de son prof. Kathleen, qui était dans le même cas, zieuta discrètement le prof en question qui conseillait sèchement à Balthazar Greenwood de raviver son feu.

C'est vrai que c'était une bonne question, ça.

– Il doit pas avoir plus de trente ans, fit pensivement Kathleen. Vingt-huit ? Vingt-sept ?

– Ça veut dire qu'il a quoi, dix ans de plus que nous ? calcula Lucas. Mince, je pensais qu'il était vachement plus âgé ! Ça doit être à cause de sa gueule d'Inférius fraîchement déterré.

– Arrête de dire du mal de mon prof préféré, chouina Kathleen en lui donnant un coup de pied. T'es juste jaloux parce que ton prof préféré à toi ressemble à un hamster.

– Bah Flitwick au moins il a pas la personnalité d'un bouledogue avec une rage de dent, rétorqua Lucas.

Pourquoi un bouledogue ?

C'est vrai ça, si Rogue devait être un animal Kathleen l'aurait comparé à un opossum. Vous savez, le genre de bestiole famélique et sinistre qui vous fout les jetons en rôdant devant votre fenêtre au milieu de la nuit et en projetant d'immenses ombres sur votre mur, le genre qui fait des bruits dans les poubelles des rues désertes quand vous flippez qu'on vous suive, le genre d'animal super-louche qui vous rend complètement parano. Alors qu'en fait avec un bon shampoing et une cure de câlin, bah la bestiole se révélerait sans doute mignonne et pelucheuse !

Quoique, il faudrait plus d'un shampoing pour rendre Rogue mignon et pelucheux. Une demi-douzaine de bains et quelques séances d'orthodontie, peut-être ?

– Et en plus, il s'habille toujours en noir, fit Lucas d'un ton définitif.

Kathleen haussa un sourcil railleur dans sa direction :

– T'es la dernière personne pour critiquer ça.

– Je m'habille avec des couleurs ! protesta le Serdaigle.

– Et tu t'habille n'importe comment. T'as jamais deux chaussettes assorties et quand tu portes pas l'uniforme scolaire, tu prend les premiers trucs qui te tombent sous la main. Tu as de la chance que Cassie ou moi te renvoyons te rhabiller quand tu débarque avec un haut de pyjama en guise de chemise ! Et tu devrais ajouter un cœur de Botruc à ta Potion avant qu'elle ne vire au jaune fluo.

Avisant la couleur du liquide dans son chaudron, Lucas pesta et se hâta d'obéir. La Poufsouffle blonde rigola, et termina de touiller ses deux mixtures avant de jeter un sort de Conservation dessus. Ses deux potions étaient parfaites, comme d'habitude.

– C'est tes conneries qui m'ont distraites, râla Lucas.

– C'est toi qui t'es mis à imaginer que je me tapais Rogue.

– Ouais, ben c'était très traumatisant et je méritais pas ça !

– Chocotte va, lui balança la Poufsouffle.

C'est vrai ça. Aucune imagination, ce mec. Et qu'est-ce qu'il était sensible ! Bon, Rogue était loin d'être aussi canon que Babbling, Graham ou même Sinistra qui avait quarante ans, mais au moins il ne ressemblait pas à un rongeur comme Flitwick. Qui voudrait se taper un prof ressemblant à un hamster, hein ?

Y avait pas que les Serpentards qui étaient zoophiles apparemment.

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oOoOoOo

Lundi 23 novembre 1987, Grande Salle, rez-de-chaussée

L'emploi du temps des septièmes années était plein de trous afin de boucler les quantités faramineuses de devoirs que les profs leur donnaient. Du coup, le lundi juste après manger, les quatre Maisons avaient deux heures et demie de vide. Parfait pour une petite sieste, clamaient Delmar et Cassie.

Bon, ils auraient tous préféré que les deux heures soient placé en début de matinée, pour finir leur nuit. Mais le lundi matin, les Serdaigle et les Poufsouffle avaient Sortilège, et les Gryffondor et les Serpentard avaient Potions. Du coup, seule Cassie pionçait allégrement tandis que les autres se levaient pour aller en cours.

Bref, l'heure d'étude après le repas de midi était leur première occasion de la semaine de se retrouver tous les quatre. Du coup, ils déjeunaient ensemble et restaient ventousés les uns aux autres par la suite. C'était pour cette raison qu'ils squattaient tous la table des Poufsouffle : et Candela avait apparemment renoncé (comme tous les ans) à les en dissuader.

– Bah alors Delmar, tu t'es fait agresser ? se moqua Kathleen quand le Gryffondor s'assit en face d'elle.

L'hindou prit un air vexé en portant la main à sa mâchoire, où brillait une petite coupure encore rouge :

– Je me suis coupé en me rasant, ça arrive !

Lucas leva les yeux au ciel, ponta sa baguette sur le Gryffondor, et marmonna Episkey, faisant disparaitre l'écorchure. Cassie, elle, ouvrit de grands yeux incrédules :

– Tu te rase ?

– Bah quoi, ça t'étonne ?

– Mais t'as même pas de barbe !

Delmar eut l'air offensé, ce qui ne l'empêcha pas de se servir abondamment en riz au curry :

– Si, j'en ai une !

– Mon œil ! Ta barbe elle est imaginaire, j'ai jamais vu l'ombre d'un poil sur ta bouille !

Lucas leva les yeux au ciel, Kathleen ricana, et Delmar s'étouffa et se mit à protester. Autour d'eux, leur public habituel prenait place. Charlie Weasley, Nymphadora Tonks, Maxime Adler, Brenda Rain, et Olivier Dubois qui ramenait avec lui un nouveau-venu rouquin auquel personne ne prêta attention, parce que Cassie continuait à babiller en faisant de grands gestes, oubliant totalement son assiette de purée qui refroidissait :

– Attention, j'ai rien contre le fait que tu fantasme sur le fait d'avoir une barbe, hein ! C'est une ambition tout à fait respectable. Attention faut avoir un bon style si tu veux pas avoir l'air d'avoir un balai à chiotte planté sur la gueule mais pourquoi pas, c'est une idée, hein. Et je comprend tout à fait l'attrait que ça peut avoir sur toi ! La belle barbe, hein, pas le balai à chiotte. Quoique si tu veux un balai à chiotte, je juge pas non plus… Ok je rigole, je te jugerai totalement. Dis-moi, tu vise quel style avec ta barbe imaginaire ? On pourrait comparer nos aspirations en barbes !

– Ah parce que tu rêve d'avoir une barbe ? rigola Kathleen.

– Bah ouais. Juste pour pouvoir passer ma main dedans, comme Dumbledore !

La Poufsouffle cligna des yeux, visualisant l'image. Cassie poursuivit avec enthousiasme :

– Pour faire ça sans avoir l'air con il en faut une comme la sienne, blanche et tout. Donc en fait je pense qu'un de ces jours je vais retourner dans son bureau et lui couper la barbe dans son sommeil.

– C'est vrai que ça le rajeunirai, lâcha Lucas.

– Carrément ! Il pourrait ratisser les boîtes de nuits comme dans sa jeunesse !

Ça en était trop pour Delmar qui se plia en deux de rire, son front posé sur la table et les épaules secoués de spasmes. Kathleen remarqua enfin l'ami d'Olivier, qui les fixait bouche bée et avec de grands yeux choqués, et lui adressa un large sourire :

– Tiens, un nouveau !

Du coup tous les regards se braquèrent sur lui, et le gamin essaya simultanément de tous les regarder dans les yeux tout en se ratatinant sur lui-même. Charlie haussa les sourcils :

– Percy ?

– Tu le connais ? s'enquit Kathleen.

– C'est son frère grosse nouille, balança Cassie.

– Encore un ? s'ébahit Maxime Adler sans aucun tact. Mais vous êtes combien dans la famille ? Je perds le compte moi !

Charlie et Percy ouvrirent tous les deux la bouche pour répondre, mais furent devancés par Cassie :

– Mais c'est facile enfin ! Il y a Bill qui est en sixième année, Charlie ici présent qui a deux ans de moins, Percy qui a trois ans et demi de moins, puis les jumeaux Fred et George qui ont deux ans de moins, puis Ronald qui a deux ans de moins, puis Ginevra qui a un an de moins !

Ils la fixèrent tous avec de grands yeux.

– T'as l'air au point, finit par lâcher Tonks incrédule.

Cassie esquissa un large sourire :

– Z'avez vu le bordel que c'est dans ma famille ? Au moins les Weasley ont pas d'histoires de cousins au second degré qu'il faut voir à chaque vacances !

– Et toi t'en as ? s'enquit Maxime avec curiosité.

Cassie se redressa sur son banc et compta sur ses doigts :

– Alors mon père a un frère, mon oncle Albert, qui vient d'avoir un fils : il a aussi une sœur, ma tante Bertha. Ma mère a deux sœurs, Chloé et Lisa : Chloé a un fils, mon cousin Alexis, et Lisa a deux filles, Abigail et Clara. Mais mon grand-père paternel, papi Cassien, a aussi un frère : mon grand-oncle Edmund ! Et il a deux enfants qui sont donc les cousins de mon père, Cassandra et Dean ! Et Cassandra a une fille, ma cousine Amara Derby qui est en sixième année à Gryffondor. Mais en plus, l'oncle Edmund vient de se remarier, et sa femme a déjà deux enfants d'un précédent mariage, dont un fils qui va être papa ! Vous voyez, y a du niveau quand même. Alors retenir la chronologie Weasley, c'est pas dur !

Il y eut un silence le temps que tout le monde assimile ça, et Charlie sourcilla :

– C'est toujours compliqué la généalogie des Sang-Purs.

Kathleen marqua un temps d'arrêt, sa fourchette pleine de poulet à mi-chemin de sa bouche, et échangea un regard furtif avec Lucas. Cassie ne se dégonfla pas :

– Je suis Sang-Mêlé, patate.

Brenda Rain et Maxime Adler firent "Oooooh" comme si la Serpentard avait dit une grossièreté. Et c'était vrai que huit ans plus tôt, quand Voldemort trucidait allégrement les gens pour une histoire de parents impurs, que ça aurait pu être carrément contraire à l'étiquette. Surtout pour une Serpentard ! Durant leurs trois premières années de scolarité, Delmar et Cassie ne parlaient jamais, jamais de leurs familles, et Kathleen et Lucas s'empressaient de détourner le sujet dès que ça venait sur le tapis. Mais à présent, non seulement Voldemort était absolument décédé, mais en plus tous ses complices avaient été arrêtés.

Et puis Cassie avait suffisamment eut honte comme ça de ses origines quand elle était petite, alors à présent si quelqu'un s'avisait de s'en moquer, elle allait lui éclater la tête contre la table.

– Mais Jorkins, c'est pas un nom Sang-Pur ? réfléchit Tonks en se servant en poulet.

Kathleen et Lucas la fixèrent avec surprise puis se rappelèrent que Tonks était une Black. Sans-Mêlée ou pas, elle devait être calée en noms et en généalogie des grades lignées.

– Si, mon père est Sang-Pur, répondit Cassie. Donc du coup son frère et sa sœur sont Sang-Purs aussi, et toute ma famille paternelle est Sang-Pure. Mais ma mère est Née-Moldue.

– Mais alors, la famille du côté de ta mère, c'est des Moldus ? fit Olivier avec une certaine horreur.

Ah oui, les Serpentards étaient loin d'être les seuls avec des préjugés ! Et ce n'était pas parce qu'ils criaient pas à l'abomination que les Gryffondors étaient moins racistes. Pour eux comme pour la plupart des sorciers, les Moldus c'était un peu comme les chatons : ils étaient mignons, donc si on les torturait on pouvait aller en prison, mais c'était pas non plus des êtres humains. Ou du moins pas des êtres humains normaux. Enfin bref, ça serait ridicule de les considérer comme des gens, vous voyez ?

– Ouais, fit tranquillement Cassie en retournant son attention sur la purée dans son assiette. Mais ma cousine Clara fait de la magie accidentelle, donc je pense qu'elle ira à Poudlard aussi.

– Cool ! s'enthousiasma Charlie pour éviter à Olivier de faire une autre gaffe. Elle a quel âge ?

– Neuf ans. Elle sera dans la même promotion que Fred et George !

– Pauvre fille, fit mine de soupirer Charlie.

– Quoi, ils sont si terribles que ça tes frangins ?

– Oh, t'as pas idée…

Charlie et Percy affichaient d'identiques grimaces. Kathleen se contenta de ricaner :

– Tant mieux ! Ça mettra de l'animation dans cette école. Après notre départ, les profs vont s'ennuyer comme des rats morts !

– Quand tu te seras cassée je suis sûre que McGonagall va sabrer le champagne, se moqua Lucas.

– C'est parce qu'elle m'apprécie pas à ma juste valeur, fit dignement la Poufsouffle blonde.

– Comme la moitié des profs du château, pointa Delmar.

– Et ça ne serai pas le cas si tu te taisais un peu, renchérit Lucas.

– Oui mais vous savez bien que je suis nulle à ça ! geignit Kathleen.

– Au silence où à l'exercice d'un self-control basique ? railla Cassie.

Kathleen leur lança un regard furibond, et croisa les bras :

– Non mais c'est dingue, vous vous êtes tous liés contre moi, c'est ma fête ou quoi ? Et si on parlait plutôt de, de… De Lucas, tiens !

– Quoi Lucas ? répondit l'intéressé avec méfiance.

– C'est vrai que tu dragues Candela ?

Du coup tous les regards se braquèrent sur le Serdaigle. Celui-ci rosit, mais conserva sinon un flegme impeccable, et haussa les épaules :

– Tu es à la bourre niveau info, je l'ai invité à une fête en septembre et elle m'a envoyé bouler.

– Oui mais ce matin elle a reçu des fleurs ! argua Kathleen.

Lucas cligna des yeux, manifestement pris au dépourvu :

– Des fleurs ? Bah c'est pas moi alors.

Kathleen marqua un temps d'arrêt. Elle ne s'attendait pas à cette réponse. Zut, ça flanquait par terre tous ses projets d'asticoter Lucas avec ça !

… D'un autre côté, si quelqu'un draguait Candela Panda et était assez sérieux pour lui envoyer des fleurs, ça aussi ça avait l'air d'être un potin juteux.

– Ça aurait pu, dit-elle quand même.

– C'est vrai, s'incrusta Cassie. T'es inventif, Lucas, mais niveau relations sociales t'es un handicapé qui suis les codes préétablis pas à pas parce que sinon t'as aucune idée de quoi faire.

– Au moins offrir des fleurs est u symbole universel reconnu qui permet de ne pas se tromper sur les intentions de l'autre, fit dignement Lucas qui donnait l'impression de se raccrocher aux branches.

– Ouais, ben c'est une coutume à la con, asséna Delmar d'un ton définitif.

– Ah oui ? fit Tonks en se penchant vers eux d'un air intéressé (et en renversant son verre d'eau).

Cassie bondit sur l'occasion :

– Delmar a raison ! Pourquoi offrir des fleurs aux filles ? C'est nul les fleurs. Laissez les fleurs tranquille, offrez plutôt des cailloux ! Les cailloux, ça dure, c'est joli, ça ne fane pas, ça ne meurt pas et ça ne provoque pas d'allergies au pollen !

On sentait l'opinion de la fille qui faisait crever tout être vivant par sa simple présence en moins de quatre jours.

– Des diamants ? railla Lucas. Ça serait pas des diamants, le mot que tu cherches ?

– Carrément ! gloussa Kathleen. Et ensuite, quoi, un anneau ?

– Mais oui ! s'enthousiasma Cassie. Excellente idée ! Oubliez les cailloux, c'est trop cher et trop commun : offrez-lui un anneau forgé dans les flammes et dans lequel est gravé une inscription mystique, et utilisez-le pour piéger les dirigeants du monde et conquérir la Terre !

Il y eut un silence, puis Delmar leva les yeux au ciel :

– … Il y a littéralement toute une trilogie qui te dit que c'est une mauvaise idée.

Il était grand temps de leur faire lire les bouquins de Tolkien, avant que l'un de ces abrutis ne décide de devenir Sauron n°2 et de soumettre la Grande-Bretagne à sa volonté. Un Seigneur des Ténèbres par décennie, c'était bien suffisant !

… Quoique. Avec Cassie comme Seigneur des Ténèbres, ils n'avaient pas fini de se marrer !

.

oOoOoOo

Dimanche 29 novembre 1987, infirmerie, quatrième étage de Poudlard.

.

Kathleen ouvrit les yeux, réprima un grognement de douleur et referma les paupières. Par le string en dentelle de Chourave, qu'est-ce qu'elle avait mal au crâne !

– Elle est réveillée ! s'exclama une voix reconnaissable entre toutes.

Kathleen se força ignorer sa migraine et souleva une paupière, prudente. Autour d'elle se penchaient les visages inquiets de toute son équipe de Quidditch, de Lucas, Delmar et Cassie, et de toute sa promotion de Poufsouffle.

– K's'ki s'passé ? marmonna-t-elle en portant une main à son crâne.

Elle toucha la texture douce d'un bandage et grimaça. Apparemment ce qui s'était passé impliquait un coup à la tête…

– T'as gagné le match ! lui annonça Delmar d'un air ravi.

Cassie lui flanqua une claque à l'arrière du crâne :

– On s'en fout, là !

– Si si, c'est très important, intervint Henry Chester. Kathleen, c'est ton dernier coup qui nous assuré la victoire !

– Uh, grogna la Poufsouffle. Ah bon ?

Elle ne se souvenait de pas grand-chose. Elle balançait des Cognards comme d'habitude, et puis… Elle en aurait manqué un ? Ça ne lui ressemblait pas… Devinant sans doute sa confusion, Lucas expliqua :

– Quand les attrapeurs ont vu le Vif, t'as envoyé un Cognard à l'attrapeuse de Serdaigle pour l'empêcher de l'attraper : et du coup Higg en a profiter pour t'envoyer un coup de batte dans le crâne.

Outch. Delmar résuma l'opinion générale :

– Quel enculé ! Je te jure si je le choppe je lui fait bouffer ses organes !

– Euh merci Delmar, mais ça ne sera pas nécessaire…

– Bien sûr que si ! s'échauffa Violette Cedria, leur Gardienne. Ça fait trop longtemps que Higg nous fait chier. Un de ces jours on va lui faire la peau !

– Ouais, il l'aura pas volé ! renchérit quelqu'un.

– Des années qu'on le supporte, cette fois il a dépassé les bornes ! ajouta un autre.

Il y eut un brouhaha d'approbations, d'exclamations, de menaces et de projets vindicatifs. Kathleen roula des yeux mais ne put s'empêcher de sourire. Elle avait la tête dans le cirage et était probablement droguée aux antidouleurs jusqu'à en oublier la cinquième loi de Gamp, mais elle se sentait touchée par le soutien de ses amis.

– T'inquiète pas va, fit Cassie en lui tapotant l'épaule comme si elle avait lu dans ses pensées. On va pas te laisser tomber.

– Et les gens vont faire la queue pour trucider Higg ! ajouta Lucas avec une sinistre satisfaction.

Anthony Higg faisait partie (avec Rodolphe Wilkes et Jessica Coleman) des meneurs de Serdaigle, et c'était un insupportable connard prétentieux qui n'admettait jamais sa défaite. Ça avait commencé en première année et depuis, il lâchait pas l'affaire !

Attention, petite remise en contexte :

Après le règne de Serpentard (la seule Maison qui affirmait ne pas avoir la trouille de Voldy parce qu'ils étaient purs, destinés à la grandeur, bla-bla-bla) et sa conséquente disgrâce (avouez que c'était un peu la honte de voir autant de vos parents et cousins condamnés à Azkaban pour tentative de génocide), bah ça avait été un peu la guerre entre les trois autres Maisons pour savoir qui allait devenir le nouveau caïd de la cour de récré. Gryffondor aurait pu obtenir la place, vu que Dumbledore les favorisait honteusement, mais ses élèves étaient de tels boulets qu'entre les duels, les disputes, les catastrophes en cours et l'absence totale d'entente et de solidarité, le beau projet était tombé à plat. Franchement il y avait des jours où Kathleen éprouvait une très grande admiration pour McGo, parce qu'elle portait à bout de bras toute une Maison de dégénérés profonds et suicidaires. Mais bref. Serdaigle avait émergé en haut du panier, et c'était généralement eux qui arrivaient en deuxième à la Coupe (parce que les Serpy s'accrochaient comme des moules à leur rocher au vestige de leur gloire passée), et la plupart des Serdaigles étaient persuadés qu'ils auraient du être premiers et qu'ils ne l'étaient pas uniquement à cause de leurs scores pourris au Quidditch.

C'était vrai que leur équipe était assez nulle. La victoire était donnée d'avance…

ENFIN BREF. L'important c'était que quelques Serdaigles qui étaient en quatrième ou cinquième année à la chute de Voldemort avaient ancré dans l'esprit de leurs cadets qu'ils étaient à présent le sommet de la chaîne alimentaire, et que du coup les petits cadets avaient grandis persuadés que tout leur été dû parce qu'ils étaient la meilleure Maison, et qu'en conséquence Higg et Wilkes étaient devenus les meneurs de Serdaigle ainsi que des connards imbuvables, et qu'eux et leur petit groupe d'adorateurs et de fans évitaient généralement d'adresser la parole à Lucas où à ses amis tarés.

– Flitwick l'a collé pour deux semaines, tenta Henry Chester. Vous ne pensez pas qu'il est assez puni comme ça ? Il ne faudrait pas virer dans l'excès !

– Tant qu'il respire, c'est encore trop ! râla Cassie. Quand je pense que cette ordure a dit qu'il avait fait un faux mouvement, l'air tout content de lui !

– C'est pour ça que tu lui as jeté un Furunculus ? s'intéressa Hiddelton.

– Tu as fait quoi ?! lâcha Kathleen en fixant la Serpentard.

Les Furunculus de Cassie étaient légendaire, nécessitant généralement une admission à l'infirmerie. Il fallait sacrément la mettre en pétard pour que la petite brune décide de gratifier quelqu'un d'un de ces sorts !

– Eh, c'est bon ! se défendit Cassie. De toute façon, c'est pas comme si ça changeait grand-chose à sa tronche de cake, non ?

Higg était une sorte de panneau publicitaire ambulant de mise en garde contre l'acné. C'était devenu proverbial à Poudlard. Aucun soin du monde n'y faisait quoi que ce soit, au point que Delmar avait fait circuler en quatrième année une rumeur disant qu'en fait Anthony Higg était maudit.

– Tu as été collé, lui rappela Delmar. Collée par Rogue. Encore.

– Mais il venait de taper Kathleen ! s'insurgea Cassie.

Elle était moins prompte à faire du rentre-dedans aux gens que ses trois amis, mais si elle devait comparer son agressivité latente à un phénomène chimique elle le comparerait à un pet. Il sortait toujours quand on s'y attendait pas et en plus ça puait pour toutes les personnes présentes.

– Mais Rogue n'avait pas l'air trop fâché, les informa Lucas. A mon avis t'as rien à craindre, Cassie. Il doit être tout fier que tu ais réduit le fier Batteur de Serdaigle à un tas de pustules qui se gratte le cul contre les gradins en hurlant à la mort.

L'image mentale fit ricaner Kathleen, qui le regretta aussitôt parce que ça fit bouger ça tête et que. Aïe. Voilà.

– Et tu aurais du faire comme nous, l'attendre au coin des vestiaires pour lui refaire le portrait ! contra Coralie Macmillan.

– Vous avez fait quoi ?! croassa à nouveau Kathleen.

– T'inquiète, contrairement à ton andouille de copine on s'est pas fait prendre, la rassura Ethan Bones. Candela nous a couverts !

… Candela avait participé à une violation du règlement ? Candela avait couvert une agression contraire au règlement ? De manière volontaire ?

Ils étaient sûr qu'elle aussi elle n'avait pas pris un coup sur la tête ?

– On te vengera, Kath ! s'exclama Delmar.

La Poufsouffle blonde roula des yeux :

– Vous me raconterez, hein ?

– T'inquiète, badina Cassie. Tu me connais, je suis incapable de la boucler.

Pas faux. Kathleen gloussa, et elle ne fut pas la seule. Malheureusement, leur hilarité fut aussitôt interrompue par Pomfresh, qui fit irruption dans la pièce d'un pas furieux :

– Allez, ça a assez duré ! Vous êtes bien trop nombreux, tout le monde dehors ! Cette jeune fille a besoin de repos !

– Cette jeune fille a besoin de justice ! clama Delmar tandis que les autres le traînaient vers la sortie.

– Je ne veux pas le savoir, monsieur Hirapati ! C'est une infirmerie, pas un tribunal !

– C'EST UN SCANDALE ! JUSTICE, JE DEMANDE JUSTICE !

– DEHORS !

– VOUS NE POURREZ PAS ME FAIRE TAIRE !

– NE ME TENTEZ PAS HIRAPATI !

Cassie, qui s'était attardé au chevet de Kathleen, se pencha vers elle et souffla :

– T'inquiète, on est sur le coup.

– Bizarrement, c'est surtout ça qui m'inquiète ! marmonna la Poufsouffle.

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A suivre ! J'espère que le plan de la revanche de Cassie va vous plaire x) Vous le verrez dans deux semaines !