Chapitre III/

Finalement, le spectacle de Jin avait été annulé et repoussé à la semaine suivante. La blessure de son pied avait pris une jolie auréole bleue et douloureuse qui le mettait dans tous ses états. Le médecin lui dit que c'était normal et que s'il soignait ça correctement, il pourrait très vite reprendre ses spectacles. Ce fut la seule raison pour laquelle Jin accepta de se forcer au repos.

Il s'ennuyait à mourir chez lui. Il n'y avait personne sur MSN pour discuter durant la journée parce que tout le monde devait être occupé. Il devait attendre une heure tardive pour trouver quelqu'un du Japon, Yamapi le plus souvent, et quand c'était le cas, il était bon pour une nuit blanche tellement ils étaient aussi bavards par écrit que quand ils se voyaient.

Un soir, il eut la surprise de voir que Kame était connecté. Il ne venait que rarement. Il hésita pendant un moment à aller lui parler pour une raison assez compliquée.

Kame et lui discutaient bien face à face. Mais en dehors de ça, ils n'utilisaient jamais d'autres moyens de communication sauf pour raison professionnelle. Jin n'avait jamais passé plus de cinq minutes avec lui au téléphone. C'était comme s'il avait besoin de l'avoir devant lui pour trouver quoi lui dire. Ils étaient connectés tous les deux mais pourtant Kame ne venait pas. C'était quand même triste voir carrément vexant ! Kame n'était certes pas bavard mais tout de même, ils ne s'étaient pas vus depuis des mois ! Il se fichait à ce point de savoir ce qu'il devenait ?

Il cliqua sur son pseudonyme et attaqua avec sa subtilité habituelle :

« Alors tu me snobes ? »

La réponse de Kame vint au bout d'une bonne minute :

« Salut, comment ça va à LA ? »

Jin se mit à lui taper le menu de tout ce qu'il faisait sur de longs paragraphes. Kame posait des questions mais quelque chose énervait Jin. Alors qu'il utilisait toutes les ressources de la ponctuation et les tous les smileys possibles pour exprimer tonalités et humeurs, Kame écrivait sans le moindre signe. Jin savait que, par écrans interposés, il fallait toujours se méfier des interprétations. Mais quand même, c'était frustrant parce qu'il avait l'impression que Kame se fichait de ce qu'il racontait.

« Et chez Kat Tun alors, que se passe-t-il ? Parle-moi un peu de toi et des autres aussi ! »

« Tout va très bien, on répète pour la tournée. Je suis sûr que ce sera parfait. »

Jin eut la désagréable pensée que Kame lui disait ça pour lui montrer que le groupe pouvait se passer de lui. En plus il n'était pas bavard à l'écrit et il fallut le pousser pour qu'il raconte quelque chose dans les détails. Encore un truc qui énervait Jin parce que lui, il disait toujours plus qu'on ne lui en demandait.

« Et les autres ? »

« Junno s'est encore fait mal à la jambe. »

« Encore ? Il a voulu essayer une nouvelle acrobatie et il s'est lamentablement vautré ? »

« Ouaip »

« Celui-là alors ! C'est pas grave au moins ? »

« Non c'est rien, il en sera quitte pour boiter pendant quelques temps. »

-Tête de nœuds…murmura Jin en riant.

Junno était probablement le membre de Kat Tun avec lequel Jin s'était le plus disputé. Incroyable la capacité qu'il avait de lui taper sur les nerfs ! Et pourtant Jin l'aimait bien. Ca lui manquait même de n'avoir plus personne sur qui crier !

Il avait encore beaucoup de questions à poser mais Kame mit fin à la conversation plutôt brutalement :

« Je te laisse, je sors ce soir. A bientôt, bonne chance pour tes concerts ! »

Le temps que Jin réponde et Kame était parti. Ce n'était pas son imagination, il y avait vraiment quelque chose qui clochait. Kame devait lui en vouloir d'être parti une fois de plus. Kat Tun était très important pour lui, il s'y investissait corps et âme. Alors ça ne devait pas lui plaire de voir un membre jouer les électrons libres, surtout quand ce membre était l'un des plus populaires. Et qui sait…il était peut-être un peu jaloux ?

Jin fit une petite moue sceptique. Kame s'en fichait des Etats-Unis, il avait toujours orienté sa carrière vers le Japon. Il n'avait jamais vraiment manifesté de désir d'être en solo, Kat Tun lui correspondait bien car il en était le leader officieux, l'officiel étant le trop discret Ueda. Il avait du mal à l'imaginer jaloux de lui pour cette raison…

Tout de même, il était un peu troublé et attristé de sa froideur. Il aurait voulu trouver quelqu'un d'autre du groupe avec qui discuter mais personne ne vint ce soir-là. Vivement que Yamapi arrive, il saurait lui raconter par le menu tout ce qui se passait de l'autre côté du Pacifique.

Enfin son pied guérit et il put se remettre au travail. Les concerts annulés furent remplacés et lorsque Jin remonta sur scène, la salle était aussi pleine que d'habitude. Il constatait chaque soir l'énorme proportion de Japonais (plutôt Japonaises d'ailleurs) qu'il y avait dans la salle. D'un côté ça lui faisait plaisir d'avoir des fans prêts à faire des milliers de kilomètres pour le rencontrer, de l'autre, il ne pouvait s'empêcher de penser que ça faussait un peu la donne. Comment pouvait-il mesurer son degré de succès auprès des Américains si la salle était à moitié pleine de compatriotes ? Il y tenait tellement à cette percée en Occident !

Il ne l'aperçut qu'à la fin du concert, sur la gauche à une petite table très bien placée mais plongée dans l'ombre. Il portait ces fichues lunettes de soleil- comment pouvait-il y voir quoi que ce soit ? C'était peut-être pour éviter de déclencher une émeute parmi les Japonais parce qu'il était trop reconnaissable ?

Il était venu seul apparemment. Jin en fut assez déstabilisé. Après tout, il lui avait bien dit qu'il n'aimait pas son style de musique non ? Il termina le concert sous un tonnerre d'applaudissements puis il fila en coulisses en croisant les doigts pour que Yoshiki soit toujours là quand il sortirait.

Yoshiki n'était pas fan de R'n B loin de là. Et pourtant, il avait passé un bon moment. La voix de Jin l'avait surpris : elle portait loin, il était capable de couvrir pas mal d'octaves. Yoshiki était sûr qu'il pouvait chanter vraiment haut sans avoir besoin de faire beaucoup d'efforts. Il dansait remarquablement bien et son anglais était meilleur que le sien alors qu'il vivait à Los Angeles depuis plus de vingt ans ! Ses chansons et son style n'étaient pas d'une originalité folle dans un pays où régnaient déjà Justin Timberlake et Timbaland mais quand même, c'était une bonne surprise de la part de quelqu'un qui sortait de la Johnny's. Yoshiki se demandait même si Jin ne s'y ennuyait pas !

Il était venu le voir par curiosité. Parce qu'il s'était rendu compte que ses préjugés sur son boys band ne tenaient probablement pas le concernant. Il avait bien fait de venir.

Il resta à sa place parce qu'il savait que Jin l'avait vu. La salle se vida rapidement et bientôt, il le vit sortir des coulisses et le chercher des yeux. Pour lui épargner la moitié du chemin, il se leva et se dirigea vers lui.

Jin n'en revenait pas qu'il soit venu et redoutait un peu le verdict. Cependant, il se campa bien sur ses jambes avec un petit sourire. Lui, il était fier de ce qu'il faisait !

- Je suis un peu étonné de vous voir ici ! J'espère que vous ne vous êtes pas trop ennuyé !

- Absolument pas, répondit Yoshiki. J'ai beaucoup aimé. Tu as une voix des plus intéressantes et je peux affirmer que je m'y connais.

- Je vais rougir là ! Au fait, vous allez mieux depuis la dernière fois ?

- Ca peut aller.

De près, Jin voyait que Yoshiki portait encore une minerve, caché sous son blouson noir et que des manches, dépassaient des bras recouverts de brassards de la même couleur. Qu'est-ce qu'il avait donc pour être obligé de porter tout ça ? Mais il n'osa pas demander. Il avait un peu peur d'entendre Yoshiki lui dire qu'il avait une maladie grave. Il ne saurait plus comment réagir et il espérait fortement que ce n'était pas la raison.

- T'as faim ? demanda Yoshiki.

- Comme un ogre.

- Moi aussi alors viens, on va manger quelque part.

Ah oui ? Jin sourit et suivit Yoshiki sans plus hésiter. Il s'attendit à voir dehors la grosse Lamborghini blanche mais Yoshiki s'arrête devant une Audi noire beaucoup plus discrète en comparaison.

- Vous avez combien de voitures ?

Yoshiki sourit en actionnant l'ouverture automatique sur le trousseau de clés :

- Plusieurs, répondit-il d'un air joueur. J'aime les voitures et je fais mêmes des courses !

- Cool, commenta Jin en s'asseyant dans un intérieur qui sentait le cuir frais. Vous avez une moto ?

- Non, je n'ai pas le permis. Et puis ce n'est pas conseillé pour…enfin j'ai quelques problèmes de dos.

- C'est la batterie ?

- Oui…j'ai trop fait l'idiot pendant trop longtemps.

Toujours ce fond de tristesse qu'il sentait chez Yoshiki…Jin se prit à penser qu'il allait faire en douce une recherche sur sa vie. Peut-être qu'il arriverait un peu mieux à situer le personnage et à éviter certaines gaffes.

La voiture roulait mais le moteur était agréablement silencieux.

- Quel type de restau tu aimes ? demanda Yoshiki.

- Mexicain, lança Jin. J'ai envie d'un truc qui arrache si ça vous dérange pas. Vous fumez ?

- De temps en temps. J'en prendrai une au resto mais toi vas-y te gêne pas. Va pour le mexicain, j'aime la cuisine épicée aussi.

Jin ouvrit la fenêtre pour éviter que l'odeur de tabac reste incrustée à l'intérieur de la voiture, alluma sa cigarette et s'appuya sur le rebord de la fenêtre.

- Ca fait longtemps que vous vivez ici ?

- Plus de vingt ans. Je suis toujours en train de faire des allers-retours entre ici et le Japon. Mais le siège d'Extasy Records se trouve ici.

- Je trouve que quand on a connu LA, c'est difficile d'en repartir…

- Ca veut dire que tu n'es pas pressé de revenir à Tokyo ?

- Non c'est clair. J'ai un peu honte à cause de ma mère et de mes potes. Mais je me sens trop bien ici.

- Tu es là jusqu'à quand ?

- En principe jusqu'en octobre.

- Ca te laisse encore pas mal de temps.

- Oui. Et vous alors, vous faites quoi en ce moment ?

- J'essaie tant bien que mal de mettre une tournée sur pied. On n'a pas arrêté d'avoir des problèmes. Dire que je voulais une tournée mondiale et qu'on n'est pas allés plus loin que la Chine…

- Ah ouais quand même, une tournée mondiale…Vous allez aux Etats-Unis aussi ?

- On va tenter à Chicago. Pourvu qu'il n'y ait pas encore une tuile.

Ils arrivèrent au restaurant mexicain. C'était un petit établissement sans prétention, ce qui soulagea Jin. Vu l'aisance financière de Yoshiki, il s'était attendu à se retrouver dans un restaurant huppé. Il aurait eu l'air malin avec son jean et ses baskets ! En plus, ce genre de trucs c'était bon pour les rendez-vous galants par pour les bouffes entre amis.

Le restaurant était plein mais ils trouvèrent une table et enfin, Yoshiki enleva ses lunettes.

- Pourquoi vous les portez tout le temps ? Vous y voyez quelque chose quand il fait nuit ?

- Une mauvaise habitude, dit Yoshiki d'un air amusé. J'abuse un peu c'est vrai.

Dis plutôt que tu te planques derrière ouais !

Rha mais pourquoi sa petite voix intérieure se mêlait de ça ?

Toshi je te signale que les fans n'ont pas dû voir ton visage depuis la reformation du groupe !

J'aime pas ma tête et tu le sais.

Moi j'aime pas mes yeux alors qui se planque plus que l'autre ?

Hé ben on n'est pas rendus…

Pendant ce petit débat intérieur hautement psychologique, la serveuse mexicaine était arrivée et prenait la commande de Jin. Yoshiki revint sur terre juste à temps pour passer la sienne mais il eut l'impression que le ciel lui tombait sur la terre lorsque la jeune femme demanda d'un air parfaitement innocent :

- Nous offrons la tequila ce soir. J'en emmène une pour votre fils ?

Yoshiki fut tellement estomaqué que Ji fut répondre à sa place qu'il était majeur depuis un bail et que oui, il voulait bien de la tequila. Et quand la serveuse fut partie, il partit dans un gros fou rire en regardant Yoshiki :

- Si vous saviez la tête que vous faites ! C'est bon remettez-vous du choc ! C'était pas mal n'empêche !

Le pauvre Yoshiki se mit à balbutier :

- J'ai l'air si vieux que ça ?

- Mais non ! Elle a vu deux Japs dont l'un ressemble à un ado attardé dans son jean pourri et elle en a tiré des conclusions un peu trop hâtives, c'est tout !

- Ah bon…c'est toi qui fais jeune alors ?

- Tout à fait !

Mais ce qui était terrible pour Yoshiki, c'était que la serveuse aurait très bien pu avoir raison. Il avait au moins vingt ans de plus que Jin.

- Tu as quel âge ?

- Vingt-six.

Bon dix-neuf ans de plus en fait. Ce qui n'était déjà pas mal.

- Arrête de me vouvoyer, je me sentirais mieux.

- D'accord, répondit Jin avant de gober sa tequila d'un geste expert.

Le regard de Yoshiki tomba d'un coup sur sa gorge et pomme d'Adam. Puis son bras négligemment appuyé sur sa chaise, nu jusqu'au dessus du coude. On y voyait une veine saillante qui courait depuis le creux du coude jusqu'au début de sa main. Jin avait un léger début de barbe, une peau mate, des épaules et un torse bien développés. Il n'avait vraiment rien d'un ado malingre, il avait passé l'âge d'être appelé « garçon ». C'était un jeune homme à la santé florissante, débordant d'énergie et de vie. Des cheveux bruns, épais et touffus couronnaient cette prospérité. Yoshiki l'enviait. A son âge, il ne dégageait pas cette impression de vigueur et de force. C'était encore moins vrai aujourd'hui avec son corps abîmé.

Il posa le bout de ses doigts de la main droite sur la nappe et y sentit trois zones de contacts sur le tissu jaune et bon marché. Seulement trois. Il avait perdu le toucher dans les deux autres doigts après son opératio. Il pianota un instant sur la table. Il n'avait pas osé toucher son clavier depuis parce qu'il avait peur de découvrir que ça le gênerait pour jouer. Il allait bien falloir qu'il s'y remette pourtant…

En face, Jin rêvassait en regardant la salle. Il ne ressentait pas la moindre gêne devant Yoshiki, même lorsqu'ils ne se parlaient pas. Mais son silence finit par l'intriguer. A quoi pensait-il comme ça ? Sans ses lunettes, il lisait dans ses yeux qu'il était préoccupé par quelque chose.

Il vit Yoshiki pousser un soupir las et se rejeter brusquement au fond de sa chaise avant de se crisper brusquement avec une grimace de douleur.

- Putain de…, marmonna-t-il en retirant brusquement la minerve qu'il avait autour du cou.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé pour que tu doives porter ça ?

- J'ai été opéré de la nuque il y a peu de temps. La batterie aussi…

- Et ça a bien marché ?

- On a sauvé les meubles disons. Mais je serai toujours cassé, j'ai l'habitude. J'en ai ras le bol de cette minerve, j'ai chaud avec !

Yoshiki la posa sur ses genoux sous le regard perplexe de Jin.

- C'est pas dangereux que tu l'enlèves ?

- Si je m'amuse pas à faire du headbang, je suppose que non.

- Bon alors pour le pub-rock du front de mer, j'attendrai que t'ailles mieux, dit Jin en riant.

Il sortit son paquet de cigarettes et le tendit à Yoshiki :

- Allez fume un peu ça fait du bien.

Yoshiki ne se le fit pas dire deux fois et prit un mégo que Jin alluma.

Les plats furent apportés et Yoshiki fit que Jin avait pris un bœuf à la sauce chile :

- Fais gaffe, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère au niveau du piment !

- Tant mieux ! rétorqua Jin d'un air gourmand avant d'engloutir sa première bouchée.

Tout de suite, son visage devint rouge et il retint pour ne pas sauter sur sa chaise :

- Che suis malpoli…Itadakimach !

Yoshiki se mit à rire en voyant qu'il avait même les larmes aux yeux ! Jin s'obligea à avaler avec l'impression qu'il allait finir par cracher du feu.

- Oh la vache ! J'aime quand c'est fort mais là !

Il allait se calmer avec la sauce sinon bonjour les maux d'estomac !

Il souriait souvent, c'était quelque chose que Yoshiki aimait beaucoup. Jin semblait avoir grandi sans drames, sans problèmes graves pour entacher sa mémoire. Il était libre, insouciant et absolument pas timide pour un Japonais. Il était clair qu'il passait facilement par-dessus la réserve habituelle d'un jeune face un aîné. Et il se rendit vite compte aussi que Jin était bavard et expansif. Yoshiki lui demanda de lui parler un peu de sa vie et il eut droit à toute l'histoire au complet : sa mère qui l'avait eu à seize ans, son père qu'il n'avait pas connu, son frère, ses conneries d'enfant, ses conneries d'ados, la Johnny's, Yamapi, les Kat Tun, les groupies, les paparazzis, les amis, les amours, les emmerdes…il suffisait de le lancer sur un sujet pour qu'il le développe généreusement.

Jin mettait surtout l'accent sur Yamapi et les membres de Kat Tun comme s'il aimait bien parler d'eux à quelqu'un qui ne les connaissait pas. A travers lui, tout ce petit monde que Yoshiki méprisait quelque peu paraissait très sympathique. Au fond, ce n'étaient que des jeunes insouciants qui faisaient leur travail de bonne foi. Si quelque chose était douteux dans le système de cette agence (la Morning Musume était son exact pendant féminin en deux fois plus pervers), c'était dû aux hautes instances. Yoshiki demanda à Jin combien ils étaient payés. La réponse l'informa sans surprise qu'il s'agissait de clopinettes par rapport aux millions que l'agence devait brasser avec l'image de ses poulains.

Cependant, il ne fit pas d'aucune de ces réflexions à Jin. Il avait un sourire rayonnant qu'il ne voulait pas voir s'effacer. Il était jeune, il était heureux dans sa vie et il lui souhaitait de garder toujours ce moral-là.

Au bout d'un long moment, Jin commença à avoir une petite mine et à retenir ses bâillements.

- Tu es fatigué ?

- Souvent en ce moment. Je fais un peu trop la fête et avec les concerts par-dessus, j'suis mort.

D'autant plus qu'il avait bien profité de la tequila gratuite pendant tout le dîner !

Il n'était qu'une heure du matin lorsqu'ils sortirent du restaurant. Trop tôt pour un Yoshiki habitué à ne pas dormir.

- Tu as un autre plan ?

- Ben vous savez moi je vais souvent en boîte avec Joey, Dune et les danseurs de mon spectacle. Mais je sais pas si ça vous branche ce genre de trucs.

- Les boîtes pas vraiment, répondit Yoshiki avec un sourire d'excuse. Il n'est pas né celui qui me verra danser !

Jin n'insista pas davantage, il avait plus ou moins anticipé la réponse ! En plus, si Yoshiki venait de se faire opérer, il ferait mieux de laisser rentrer chez lui et d'aller se coucher lui aussi, histoire de reprendre un rythme un peu moins décalé.

Comme son appartement était trop loin pour qu'il puisse y retourner à pied, Yoshiki le ramena.

- Merci pour le dîner ! lança Jin d'une voix claironnante lorsqu'ils furent arrivés. Au fait, je voulais te demander : est-ce que je peux venir un de ces jours à la maison de disques ?

- Tu peux venir oui mais tu n'y verras rien de très intéressant.

- Tu rigoles ? Il paraît que c'était l'ancien studio de Madonna ! Et puis…je voudrais comment c'est un grand studio qui a vu passer beaucoup de stars et qui, pour une fois, n'a rien à voir avec Johnny's.

- Viens quand tu veux. J'ai un vigile qui gère les entrées. Je lui donnerai ton nom et il te laissera passer sans te taper dessus !

- J'espère bien ! Ton vigile, il est du genre grand, noir et baraqué ?

- Ouais ! Je suis obligé de faire ça parce que l'adresse du studio a été diffusée partout, n'importe quel fan peut s'y rendre. Les journalistes japonais sont venus le filmer plusieurs fois, on peut le retrouver en cherchant un peu. Ca a créé certains problèmes avec les fans les plus…hystériques.

- Je te comprends, soupira Jin. Moi j'ai été carrément traqué par une fan. Le genre cinglée qui prend des photos de moi en douce, dors devant ma porte et se masturbe devant ses murs couverts de photos. Flippant quoi…

Yoshiki éclata de rire :

- Il fallait la faire rentrer chez toi voyons au lieu de la laisser dormir devant ta porte !

Jin grimaça et répondit en riant :

- C'était pas mon genre ! Et même si elle l'avait été, elle me faisait trop peur ! Bon allez, je parle, je parle et je ne m'arrête plus ! Bonne nuit Yoshiki, je viendrai t'embêter très vite dans ton studio !

En attendant, je vais aller faire quelques recherches sur X-Japan pour ne pas mourir idiot.

Yoshiki le regarda partir en souriant. Il aimait décidemment beaucoup Jin, quel mec adorable !