FIX YOU.
Chapitre 2 : Cela ne fait que commencer.
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Durant quelques minutes, le Docteur expliqua le cas de la jeune femme à ses étudiants, en interrogeant quelques-uns au hasard. Ces derniers se trompèrent visiblement dans leurs réponses et furent rabroués avec sarcasme par leur professeur. Etrangement, le soignant qu'Elena avait vu comme si doux et compatissant avec ses patients se révélait être un véritable tyran avec ses subordonnés.
Elena se sentit rapidement mal à l'aise sous les regards curieux des jeunes adultes. Quand soudain, sans qu'elle ne l'ait vu venir, l'homme tira le drap la recouvrant jusqu'à ses genoux. A partir de ce moment elle eut l'impression d'être dans un cauchemar. Oui, l'un de ses affreux rêves que tout adolescent a fait au moins une fois dans sa vie où on se retrouve nu devant tout un groupe de personnes. Sauf que là, c'était bel et bien réel. Elle ne portait pas le moindre vêtement ou même sous-vêtement pour masquer son intimité. Le corps frêle et meurtri de la jeune femme était maintenant exposé à tous dans ses moindres détails.
Incapable de protester oralement (pas de manière intelligible en tous cas) , ou de faire le moindre mouvement pour se couvrir, elle ne pouvait que tenter de relativiser, se répétant que le regard de l'assemblée (composée majoritairement d'hommes par-dessus le marché) était purement professionnel. Elle ne tenta pas de se rebeller, redoutant d'attirer un peu plus encore l'attention alors qu'elle était déjà au comble de la mortification. Cette humiliation lui était insupportable. Bien qu'elle tente de rester impassible, ses larmes se mirent à couler tandis que le docteur continuait de converser avec ses élèves.
Touchant son corps à différents endroits tout en expliquant de quel type de blessure il s'agissait et comment cela devait être traité, le trentenaire ne jeta pas un regard à la lycéenne. La bonne opinion qu'elle avait sur ce médecin s'évapora vu la manière dont il se comportait à l'instant.
Ce qui lui parut aberrant, c'est qu'aucun des jeunes médecins n'eut l'air perturbé par sa situation. Aucun ne semblait voir à quel point cela était dégradant. Même ses larmes passèrent totalement inaperçues auprès de toute l'assemblée. A l'exception d'un jeune métis dont elle croisa le regard. Il la regarda durant plusieurs secondes, l'air touché par les larmes silencieuses de la brune. Mais il détourna finalement le regard, l'air embarrassé, et se reconcentra rapidement sur le docteur .
Un objet.
Elle se sentait tel un objet dont on se sert. Le même genre de sensation qu'un peu plus tôt avec l'infirmière blonde, mais en infiniment pire. Et ce qui lui fit d'autant plus mal, c'est qu'elle avait une nouvelle fois l'affreuse impression que cette humiliation n'était que le commencement de sa nouvelle vie. Son regard se perdit, fixant un point invisible. Elena pria pour qu'ils terminent rapidement.
Quand soudain la porte de sa chambre s'ouvrit, sortant Elena de ses songes et interrompant le médecin dans son presque-monologue.
Dans son champ de vision la jeune femme ne distingua qu'une sombre silhouette qui se figea, puis sa vision s'affina et elle le reconnut. Cette fois elle eut l'impression de toucher le fond. Elle crut mourir de honte que Damon la voit ainsi. Le brun fixa la scène se jouant devant lui, un peu désorienté.
Lorsque son regard azur croisa les yeux mouillés d'Elena, l'expression de Damon se mua en effroi, comprenant la situation dans laquelle la jeune femme se trouvait. Bousculant l'homme en blouse blanche pour rapidement recouvrir Elena du drap blanc et protéger ce qu'il restait de sa pudeur, il s'écria ;
- « C'est quoi ce bordel ? »
- « Je peux savoir qui vous êtes pour vous permettre d'entrer ici comme dans un moulin ? » répliqua le docteur en haussant le ton et bombant le torse face à Damon.
- « Je peux savoir qui vous êtes pour la traiter comme ça ? » fulmina le vampire la voix tremblante de rage. « Déjà commencez par virer vos gamins avant que je les mette dehors moi-même. »
- « Monsieur » commença le trentenaire en élevant la voix « je vais vous demander de sortir. »
Damon ne répondit pas de suite. Le regard fixé sur le visage d'Elena il essuya délicatement quelques larmes sur ses joues du revers de la main.
- « Certainement pas » répliqua Damon délibérément plus calme, mais vibrante malgré tout d'hostilité, « alors à moins que vous ayez des soins à lui prodiguer je vous prie de quitter cette chambre. Elena ne vous servira pas de cas d'école. »
- « Elle m'a donné son accord. »
- « Pas pour ça ! »
Les deux hommes s'affrontèrent du regard. Et comme Elena s'y attendait, c'est finalement le médecin qui baissa les yeux et marmonna à son équipe ;
- « Tout le monde dehors. »
Avant que l'homme ne quitte la pièce, Damon le rejoignit, l'attrapa par le bras, puis usa de la compulsion ; « Vous allez personnellement vous assurer qu'Elena ne serve plus de cobaye et qu'on respecte son intimité ». L'homme répéta bêtement avant de quitter la pièce, refermant la porte derrière lui.
Le brun se débarrassa de sa veste, puis vint s'asseoir sur le bord du lit de la jeune femme, veillant à ne pas la bousculer. Durant un moment, tous deux gardèrent le silence, se regardant dans les yeux pendant que Damon caressait les cheveux d'Elena.
- « Ça ne se reproduira plus, je te le promets. On m'a dit que tu n'étais pas encore tout à fait réveillée. Si j'avais su, je serais venu bien avant… Jeremy n'est pas en ville, je l'ai appelé. Il arrive le plus rapidement possible. »
Mon dieu... Que cela fait du bien de le voir ! Elena mourrait d'envie de le prendre dans ses bras. Ou plutôt que lui, la prenne dans ses bras. Lorsqu'il était arrivé, une fois la sensation de honte passée, presque instantanément, elle s'était sentie rassurée, sachant qu'elle pouvait compter sur lui pour la protéger. Comme toujours.
- « Tu m'as fait une de ces peurs » dit-il en lui déposant un baiser sur le front. Il se tut durant un moment puis ajouta « Je m'en veux tellement de t'avoir laissée seule. »
Il traça du bout du doigt le long de la sonde gastrique que l'infirmière avait fixée sur la joue de la jeune femme à l'aide d'un sparadrap pour éviter que le tube ne bouge.
- « Ça doit être gênant. »
Elena acquiesça.
- « J'imagine bien » marmonna Damon en scrutant les alentours du lit d'Elena. « Tu sais quoi ? C'est la première fois de ma vie que je vois une personne reliée à autant de tubes et de machines bizarres. Ça te donne un petit air de la fille de Frankenstein. »
Elena eut envie de sourire. S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé autour d'elle au milieu de l'apocalypse de son existence, c'était Damon. De son ton qui était passé de soucieux à volontairement détaché, à sa posture nonchalante (en l'occurrence assis sur le rebord de son lit les pieds sur la tablette a roulette), c'était sûr : Il restait égal à lui-même.
Bonjour les gens !
Je remercie Tudee, Lea Michaelson et BeingFearless, merci pour vos reviews ! Mais je remercie plus encore Belmene, ma correctrice, qui corrige si gentiment mes textes et qui a du ajouter toutes les parenthèses de ce chapitre car je ne maitrise pas vraiment (heu… pas du tout même) l'utilisation de ces dernières.
Oui, ce deuxième chapitre aura mis un peu de temps à arriver, certes. Mais pour une fois j'ai de très bonnes excuses (comme mes examens entres autres) ! ^^
Mais qu'en pensez-vous ? Review !
Xoxo, Ludy
