Closed
Disclamer : Tous les personnages (sauf certains de mon invention) et tous les lieux reviennent à J.K Rowling.
Résumé : Nom : Draco Lucius Malfoy - Motifs de l'emprisonnement : Accusé d'avoir été un partisan de Voldemort – Accusé de complicité dans le meurtre de Ginevra Molly Weasley. Six ans après la fin de la Guerre, Draco Malfoy demande sa mise en liberté conditionnelle…
Note : Chapitre 3 pour vous servir ! La suite ne viendra pas avant la semaine prochaine, je pars quelques jours en vacances. En attendant, je vous souhaite une bonne lecture !
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Chapitre 3
Le Portoloin du Ministère la conduisit dans une pièce exiguë, sans fenêtres. Seules deux torches l'éclairaient. Hermione frissonna. Elle regrettait d'avoir laissé sa cape légère dans le bureau. Sirius, le parrain d'Harry, avait souligné une fois que la prison restait un lieu froid, quel que soit le nombre de vêtements que nous avions sur le dos. Des années après, Hermione confirma ses propos.
Soudain la porte s'ouvrit et un homme de taille imposante, entra. Une épaisse touffe de cheveux frisés noirs entourait son visage, à moitié mangé par une barbe défiant celle d'Hagrid. Il portait la tenue réglementaire de la prison, lui donnant une allure stricte.
- Veuillez m'excuser pour l'accueil peu chaleureux Miss Granger, dit-il en tendant une main virile, contrastant avec ses yeux bleus enfantins. C'est ici que nous recevons nos visiteurs.
Hermione lui serra la main en priant pour ses pauvres doigts.
- Disons que cela nous met dans l'ambiance…
- Croyez-moi l'ambiance est beaucoup moins sordide qu'auparavant… Bref, je manque à tous mes devoirs, je ne me suis pas présenté… Je m'appelle Janus Law, directeur de ce prestigieux établissement.
La jeune femme tiqua sur le « prestigieux » mais cela ne sembla pas perturber son interlocuteur. Cependant, elle reconnaissait volontiers que Janus Law avait réussi à redorer l'image de la prison, suite à la défection brutale des Détraqueurs pendant la Guerre. A présent, elle était gardée par des hommes, costauds et bien humains.
- Quand j'ai pris la direction d'Azkaban à la fin de la Guerre, j'ai décidé d'humaniser les lieux, expliqua Law, tandis qu'ils parcouraient un dédale de couloirs.
- Cette prison renferme de dangereux meurtriers, cela ne doit pas être un lieu de détente, riposta Hermione durement.
Ils passèrent devant une cellule, dont l'occupant, agenouillé devant le mur du fond, prononçait des paroles incompréhensibles dans une litanie désespérée qui donna des frissons à Hermione. Humanisée ou pas, Azkaban restait un lieu de désolation.
- Certes, mais il me semblait inapproprié de reprendre des créatures en tant que gardiens. Les Détraqueurs étaient trop facilement influençables.
- Les nouveaux gardiens ne le sont-ils pas tout autant ?
- J'ai confiance en mes hommes, répondit le directeur. Ils me sont reconnaissants de leur avoir donné une seconde chance suite à leurs activités illégales durant la Guerre.
Il l'avait conduite devant une porte blindée. Elle indiquait qu'ils rentraient dans une zone protégée et apparemment très gardée au vue du nombre d'hommes qui sillonnaient les grandes allées. Hermione fut surprise par la modernité des lieux. Les sols et murs, de couleur gris clair contrastaient avec les couloirs sombres qu'ils venaient de parcourir. A sa gauche, se trouvait une grande pièce blanche, qui semblait être la salle de repos des gardiens. Elle distingua deux lits au fond, une petite cuisine, agrémentée d'une grande table. Deux hommes, installés autour, se restauraient tranquillement.
- Cette zone est la plus récente de la prison, reprit Law en l'invitant dans la fameuse salle de repas. Il existe d'autres endroits de ce type dans la prison, j'essaye de moderniser au fur et à mesure mais ceci est très long.
- J'avoue que cela est très surprenant, j'étais restée sur une image assez sordide…
Le directeur lui servit un verre d'alcool. Hermione protesta, elle n'était pas présente ici pour la détente.
- Croyez-moi, vous en avez besoin. Malfoy ne vous rendra pas la tâche facile.
Elle but son verre d'une traite. Il n'avait peut-être pas tort.
- D'ailleurs, je constate qu'il n'est pas dans la plus mauvaise partie de la prison, commenta-t-elle.
- Draco Malfoy n'est pas un prisonnier ordinaire, rétorqua Janus.
Sa supérieure lui avait souligné la même chose le matin-même. A part une fortune considérable et un égo démesuré, en quoi différait-il des autres prisonniers ? Law sembla lire sa question sur son visage.
- Chaque année, il nous fait des dons par l'intermédiaire de Maitre Duchannes, qui gère la fortune familiale. De ce fait, nous l'avons installé ici.
Sous l'étonnement, Hermione en lâcha son verre, qui se fracassa sur le sol. Tel père, tel fils. L'argent les sortait toujours des situations les plus embarrassantes. Cependant, elle considérait ses dons comme de l'argent sale. Law n'était pas aussi intègre qu'il le proclamait, il ne devait pas accepter cet argent, cela s'apparentait à de la corruption.
- Je vois, commença-t-elle froidement. Alors cela signifie que le pauvre prisonnier, pauvre au sens désargenté bien entendu, prit en flagrant délit de trafic de Polynectar se contente d'une petite cellule sordide dans une zone désaffectée de la prison tandis que le meurtrier riche se la coule douce dans une cellule aux barreaux dorés… Le Ministère est-il au courant de ces dons ?
- Bien entendu Miss Granger, sinon je ne vous en aurais pas parlé. Le Ministère approuve toute action qui leur évite de sortir de l'argent pour Azkaban. Je prends là où je peux, comprenez-vous ?
- Pas vraiment non, rétorqua-t-elle. Je me mets à la place de toutes ces familles brisées par ces gens qui ont l'air de bien profiter de leur séjour en prison.
- -Être dans une cellule éclairée ne signifie pas que leur situation est meilleure, le poids de la culpabilité est le même. Vous n'êtes pas impartiale Miss Granger, Malfoy a détruit votre belle-famille. Ne montrez pas cette faiblesse, il vous mangera sinon.
- Je n'ai pas peur du grand méchant loup.
Cependant, Hermione était moins rassurée qu'elle voulait bien le montrer. « Allez Draco à nous deux » se dit-elle. D'un signe de la main, Law l'invita à le suivre.
La pièce dans laquelle attendait Hermione ressemblait fortement à une salle d'interrogatoire moldue, telle qu'elle l'avait vu dans des séries policières que ses parents suivaient. Une simple table, deux chaises et un grand miroir en tain occupait le mur derrière elle.
- Deux gardiens se trouvent derrière le miroir, lui avait expliqué Law. En cas de problème, ils interviendront. Je vous laisse vous installer, nous allons chercher Malfoy.
L'épais dossier posé devant elle, la jeune femme commençait à s'impatienter. Elle triturait nerveusement l'élastique de la pochette. Elle n'aurait pas refusé un deuxième verre de Whisky Pur Feu.
La porte s'ouvrit et Hermione adopta immédiatement une attitude froide et professionnelle. Draco s'installa sur la chaise, face à elle. Il n'avait pas vraiment changé en 6 ans. Ses cheveux blonds coupés courts entouraient son visage pâle. Des cernes foncées entouraient ses yeux gris, qui cependant n'avaient pas perdus de leur éclat. Il avait beaucoup maigri, ses joues creuses l'attestaient.
- Vous avez une heure, déclara le gardien.
Hermione acquiesça et il sortit. Pour se donner contenance, elle ouvrit le dossier et croisa les bras contre sa poitrine.
- Si j'avais su que le Ministère t'enverrait suite à ma demande, je m'en serais abstenu, dit-il de sa voix trainante.
- Cela m'aurait facilité la tâche, je ne suis pas là par gaité de cœur.
- Laisse-moi verser une larme Granger… Pauvre petite médiatrice envoyée contre son gré dans la tanière du grand méchant.
- Le sarcasme ne t'aidera pas dans ta situation Malfoy, rappelle-toi que je suis en position de force, pas toi.
Il posa ses mains menottées sur la table et approcha son visage d'elle. Hermione se figea mais ne cilla pas. Elle devait lui tenir tête, ne pas céder, sinon elle était fichue.
- Ne fais pas trop ta maligne, susurra-t-il. Je suis peut-être enfermé mais j'ai conservé mon franc parlé. Tu constateras rapidement qu'Azkaban n'a eu aucun effet sur moi.
Ces paroles firent tilt dans l'esprit de la jeune femme. Elle ouvrit le dossier à la page des observations et sortit une plume neuve de son sac. Elle écrivit quelques lignes sous l'œil curieux de Malfoy.
- Je peux savoir ce que tu notes ?
- Tu sais dans mon monde, il arrive que certains moldus soient disculpés quand il s'avère que leur état psychologique les rend irresponsables de leurs actes. Tu vois où je veux en venir ?
- Pas vraiment, mais tu vas vite éclairer ma lanterne. Je constate que certaines choses ne changent pas.
- En effet Malfoy… Alors, en gros, des meurtriers sont libérés et suivent une thérapie lorsque des psychothérapeutes décrètent que la folie les a conduits à commettre l'irréparable et que cela ne dépend pas d'eux.
- Les Moldus m'étonneront toujours…
- J'ai lu ton dossier, reprit la jeune femme. A l'époque, tu n'étais pas fou, tu ne l'es toujours pas selon tes dires. Tu étais donc parfaitement conscient de tes actes lorsque tu as maintenu Ginny Weasley alors que ton père lui jetait le sortilège de la mort.
- Où veux-tu en venir Granger ?
Hermione sourit. Elle avait l'avantage sur lui et cela lui procurait un bien fou. Cependant, elle se doutait que cela ne durerait pas.
- Hmm je te pensais plus intelligent que ça… Si tu avais prôné la folie, cela aurait pu être un argument très convaincant pour ta mise en liberté. Tu serais sorti, avec la seule contrainte d'aller voir un psychomage plusieurs fois par semaine. C'est vraiment dommage que je ne puisse pas m'appuyer là-dessus…
Malfoy serra les poings, les traits de son visage se crispèrent. Hermione crut le temps d'une seconde qu'il allait se jeter sur elle.
- Espèce de sale…
- A ta place, je ne terminerais pas ma phrase, coupa la jeune femme. Bref Malfoy, si nous en venions aux faits. Tu demandes une mise en liberté conditionnelle, je peux savoir quelles sont tes motivations ?
- Hmm je ne sais pas, peut-être retrouver ma liberté, répondit-il narquois.
Elle le dévisagea longuement, faisant monter la tension dans la petite pièce. Elle suspendit sa plume au-dessus du parchemin et plongea dans ses yeux gris.
- Cela me parait un peu mince comme argumentation… Sois un peu plus précis ou je note mots à mots ce que tu viens de me dire. Je doute qu'on te prenne au sérieux.
Soudainement, il tendit ses mains menottées et lui arracha la plume. Elle se cassa en deux sous le regard étonné d'Hermione. Un des gardiens entra brusquement dans la pièce, attrapa Malfoy et le colla fermement à sa chaise. Le jeune homme se débattit pendant quelques secondes, puis abandonna en jetant un regard noir à Hermione.
- Tout va bien…merci d'être intervenu, dit celle-ci au gardien. Je pense pouvoir gérer la suite.
Le gardien lui fit un signe de tête et sortit.
- Ecoute-moi bien Granger, tout cela ne m'impressionne pas, cracha Malfoy. Tu as intérêt à faire les choses correctement, sinon je ferais de nos entretiens un enfer et je me plaindrais à la direction. Tu sais, ils m'aiment bien ici…
- Ne t'inquiète pas, je suis très professionnelle, rétorqua Hermione, en rangeant ses affaires.
Malfoy attrapa sa main, sans être brusque cependant. Cela n'empêcha pas à Hermione de frissonner. Ces mêmes mains avaient maintenus Ginny…
- Que crois-tu faire là Granger ?
- L'heure est pratiquement écoulée… je reviendrais dans une dizaine de jours.
- Si loin ? Au mois de septembre aussi, tant qu'à faire…
- J'ai un travail Malfoy, des gens qui comptent sur moi, une vie et les modalités de tes entretiens ont été décidées ainsi, point barre... Ton exigence s'arrête là…
Le même gardien réapparut et se posta au côté du prisonnier. Hermione les salua tous les deux. Au moment où elle passait le pas de la porte, Malfoy se tourna vers elle.
- Tu parles d'une vie Granger, je pari que ton petit-ami pleure encore la mort de sa sœur, je ne parle même pas de Potter… Tu n'es qu'une fichue béquille, rien de plus…
- Peut-être, mais ce n'est pas moi qui suis enfermée dans une cage, dorée certes, mais elle reste une cage, rétorqua-t-elle.
- Oh si tu es enfermée, mais tu ne sembles pas l'avoir compris encore…
Elle ne répondit pas et sortit, troublée par ses paroles. Une fois arrivée dans la pièce, le Portoloin en main, elle put souffler. Sa confrontation avec Malfoy l'avait beaucoup ébranlée même si elle n'avait rien montrée. Elle était plutôt fière d'elle d'avoir dominé l'entretien. Elle se doutait cependant que la prochaine entrevue serait une autre paire de manche. Malfoy ne savait pas qui viendrait, il n'avait pu préparer des joutes verbales. Durant la semaine, il aurait le temps de chercher ses points faibles et de les exploiter, Hermione n'en doutait pas.
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Le dîner refroidissait depuis longtemps lorsque Ron rentra du travail. Hermione en avait l'habitude. Elle s'obstinait tout de même à préparer le repas à des heures fixes. Elle espérait sans doute qu'un soir, son petit-ami ne rentre pas à des heures impossibles.
Elle mit la table. La nappe immaculée aurait fait de nombreuses envieuses. Elle disposa la serviette orange pour Ron, la verte pour elle. Comme un rituel, les couleurs ne changeaient pas. D'un coup de baguette, elle réchauffa le gratin de pâtes qu'elle avait confectionné. Rien de bien compliqué… elle n'avait pas eu l'envie de cuisiner. Et son petit-ami se contentait de peu.
Ron vint la rejoindre, sa veste négligemment posée sur le petit canapé. Cela exaspéra Hermione, qui ne manquerait pas de passer derrière pour la ranger sur le porte-manteau dans l'entrée. Il posa ses lèvres sur son front.
- Alors comment s'est passé ton après-midi ? Demanda-t-il alors qu'ils s'asseyaient tous deux à table.
Hermione fut surprise par la question. Ron était bien la dernière personne à qui elle pouvait parler de son entretien avec Malfoy.
- Tu es sûr de vouloir en parler ?
Un silence gênant s'installa. La jeune femme les servit en gratin, attendant patiemment une réaction de son interlocuteur.
- Je… je suis désolée Hermione. Non, je ne veux pas en parler… je suis égoïste, tu vas affronter ça toute seule…
Il ne l'a pas regardé, sa fourchette triturant nerveusement une pauvre pâte. Hermione se retint de soupirer. Bien sûr qu'elle affronterait ça seule, Ron ne voulant pas s'aventurer dans cette galère. Le temps d'une seconde, elle sentit une bouffée de colère montait en elle… qui s'essouffla très vite. Ron n'était pas responsable. Elle avait accepté ce dossier alors elle le porterait à bout de bras. Pour la première fois depuis longtemps, un sentiment de solitude lui serra les entrailles.
