Note de l'auteur : Voilà le chapitre 3, un peu plus tôt que prévu )

Je tiens tout d'abord à remercier I'm a maraudeur pour la correction de ce chapitre.

Merci également à I'm a maraudeur, Clina9, ainsi que Toph90 pour leurs reviews sur le chapitre précédent.

J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre-là. Je voulais commencer un rapprochement entre Léon et Gwaine tout en profitant de leur état 'second' dû à la fièvre pour les entrainer dans des actions et gestes qu'ils n'auraient pas eu en temps normal. Je ne sais pas si cet effet aura été atteint. Je l'espère.

Bonne lecture !


Chapitre 3 : Goûter à l'interdit

Lorsque Gwaine ouvrit pour la seconde fois les yeux, ce fut pour les écarquiller en ne reconnaissant pas l'endroit où il se trouvait. Le cœur battant, le souffle court, il ferma quelques secondes ses paupières, alors que son esprit s'échappait difficilement des brumes du sommeil. Mais lorsque ses pupilles distinguèrent à nouveau ce quise trouvait au-dessus de lui, sa surprise et son interrogation ne s'atténuèrent pas. Bien au contraire. Où se trouvait-il donc ? Il se souvenait vaguement de la clairière et du ciel étoilé de sa première prise de conscience. Mais la tente sous laquelle il était allongé ne faisait resurgir aucun souvenir.

-Gwaine ! Est-ce que ça va ?

Sursautant, il se mit en position assise, grimaçant au passage face à la douleur que lui renvoyait son torse, avant de tourner la tête en direction de ce timbre de voix si particulier. La tête lui tournait, et ses pensées étaient confuses. Il pouvait ressentir une lourde fièvre tenter de reprendre le contrôle sur son esprit, et faire tourner le monde autour de lui en une ronde déstabilisante et colorée. Cela ne l'empêcha toutefois pas de reconnaître immédiatement cette voix ayant peuplé si longtemps son rêve fiévreux. Un large sourire étira ses lèvres pâles, tandis qu'il dévisageait avec attention son camarade.

-Léon.

Il grimaça à l'entente de sa voix rauque, avant de reprendre la parole, faisant toujours de son mieux pour gagner la dure bataille contre sa fièvre toujours présente.

-Ce serait plutôt à moi de te poser cette question, s'amusa-t-il. Mais je me sens atrocement mal. Où sommes-nous ?

-Je l'ignore, admit l'autre chevalier.

Grimaçant, Gwaine hocha la tête, clignant à nouveau des yeux afin de stabiliser sa vue dans le but de s'enquérir plus amplement de l'état de santé de son camarade.

Ce dernier, également allongé sur le sol, se redressa à son tour. Sa tunique, ouverte sur le devant, laissa à Gwaine le loisir d'observer pleinement sa blessure. La plaie semblait commencer à cicatriser, même si le brun savait pertinemment que Léon aurait encore besoin de beaucoup de repos avant de reprendre la route. Tout comme lui, par ailleurs. Il ne pouvait par ailleurs pour le moment prétendre à quelque voyage que ce soit. Il n'était de toute façon même pas certain que ses pensées diffuses et ses membres engourdis lui permettraient de se lever.

-Quelqu'un nous a soigné, reprit le plus âgé en examinant son torse. Je ne pourrais être en vie autrement. Mais il y a quelque chose d'anormal. Je me souviens d'une clairière, au beau milieu de la nuit…

-Moi aussi, admit Gwaine en soupirant. J'ai tout d'abord songé à un rêve, mais cela était beaucoup trop réel pour en être un.

Ses souvenirs étaient toutefois toujours confus, et il pouvait encore sentir quelques brides de son rêve se refermer sur son esprit, et tenter de lui faire regagner cet état second. Mais il ne pouvait laisser la fièvre l'emporter. Pas encore. Pas avant qu'ils aient plus d'informations sur leur situation présente.

Quelques secondes s'écoulèrent, avant que Léon ne reprenne la parole.

-Je souhaiterais surtout savoir où nous sommes à présent.

Il tenta de se lever, mais fut aussitôt stoppé par la douleur lancinante traversant son torse et par une désagréable sensation de tournis. Ses pensées étaient confuses, et son corps tellement engourdi. Il avait l'impression que ses membres n'étaient eux-mêmes plus capables de le soutenir, comme si une fièvre étrange les avait envahis. Perdant l'équilibre, il trébucha et bascula en arrière. Il aurait pu atteindre le sol en une douloureuse chute si les réflexes de Gwaine n'avaient pas existé.

Le brun grimaça lorsque le corps de son ami bascula dans ses bras. La force de la chute était plus puissante qu'il ne l'avait envisagé, et son corps n'était actuellement pas en état d'endurer de tels chocs.

Il ignorait comment il était parvenu à rattraper in-extremis son ami, alors que son corps, léthargique, n'aurai dû pouvoir lui laisser l'opportunité d'une telle démarche. Peut-être était-ce là de la chance. Mais voilà que Léon se retrouvait dans ses bras…

Faisant fi de la souffrance aigüe engourdissant ses sens, il s'installa en position assise, et se concentra sur les sensations que faisait naître le lourd corps de Léon contre son torse. La tête de son ami était installée dans le creux de son cou, les cheveux de l'homme venant chatouiller sa peau.

Un frisson traversa Gwaine. Un frisson de bien être, de contentement. Il n'aurait jamais pu imaginer que tenir Léon contre lui pouvait s'avérer aussi agréable. Il ne pouvait cependant nier avoir de nombreuses fois songé à ce qu'il pourrait ressentir en une situation similaire…

-Est-ce que ça va ? Lui souffla-t-il sans chercher à s'échapper de cette étreinte si agréable.

Il pouvait sentir le torse du chevalier alors que la respiration de son ami s'effectuait de manière erratique. Cela n'aidait pas son esprit à se concentrer sur la situation actuelle, sur les dangers qui pouvaient les attendre à l'extérieur. Il ne parvenait toujours pas à saisir assez de forces pour se lever, pour explorer les alentours, pour enfin comprendre où ils se trouvaient et qui les avaient soigné. Seule lui importait la santé de l'homme contre lui.

-Je vais bien, admit Léon dans un murmure. Merci de m'avoir rattrapé.

Gwaine hocha la tête. Ses bras vinrent se nouer autour de la taille du plus âgé, expérimentant les sensations crées par ce corps terriblement masculin. L'une de ses mains descendit plus bas, se glissant sous la tunique de l'homme pour venir effleurer sa peau. Il sentit aussitôt Léon se tendre contre lui, avant de se relaxer à nouveau. Le ventre de l'homme était chaud et sa peau étonnamment douce. Les doigts de Gwaine exploraient doucement cet endroit, rencontrant une rugosité et des courbes singulières, étrangères.

Il ne savait plus ce qu'il faisait. La fièvre l'emportait à nouveau. Une fièvre cependant différente, plus appréciable, mais pourtant tout aussi entrainante. Ses mains glissaient comme mues par une volonté propre, alors que son esprit masquait la souffrance de son corps par des sensations autrement plus appréciables.

Bien qu'ayant une réputation de Don Juan, le chevalier n'avait eu que des relations avec des femmes. Il se savait pourtant également très populaires auprès de certains chevaliers ou serviteurs, mais aucun ne lui avait donné envie de sauter le pas. Cela n'était, de plus, pas encouragé par les lois de Camelot, lesquelles punissait d'un bannissement, dans le meilleur des cas, ceux étant surpris à entretenir de telles relations.

Et pourtant, malgré tout cela et pour la première fois, le corps d'un autre homme l'attirait irrésistiblement. Cela n'était bien évidemment pas récent. En temps normal, jamais il n'aurait pu profiter d'une opportunité de ce type. Léon était blessé, souffrant. Et Gwaine était dans un état similaire. Il n'avait cependant que trop rêvé de son ami pour laisser passer une chance de sentir le corps de l'homme, et de toucher du bout des doigts une réalité qui malheureusement de prendrait jamais forme.

Fermant les yeux, il tenta de calmer les battements frénétiques de son cœur. La présence de Léon, les muscles qu'il pouvait sentir aisément sous sa tunique, la chaleur de ce corps combinée à la perspective de ce qui pourrait se produire par la suite faisaient un peu trop réagir une certaine partie de son anatomie. Et cette dernière allait s'avérer particulièrement encombrante si Léon la sentait sous lui.

-Je ne me sens pas non plus en état de me lever, souffla-t-il pour se forcer à songer à autre chose.

Mais son imagination reprit aussitôt le dessus, piétinant sa raison embrumée et souffrante, qui finit par disparaître complètement…

Il s'installa plus confortablement, toujours sans lâcher le corps de son compagnon.

-Hmm…

Ce fut la seule réponse du plus âgé. Jetant un coup d'œil à ce dernier, Gwaine fut soulagé de constater qu'il était toujours conscient, et observait pensivement le haut de la tente. Il n'avait toujours pas commenté la position de la main de Gwaine, et ce dernier profitait de cette absence de réaction verbale pour descendre ses doigts un peu plus bas, les repassant toutefois sagement au-dessus des vêtements de l'homme.

Son érection commençait à devenir douloureusement encombrante, et il souhaitait savoir si Léon réagissait autant que lui à ces caresses impromptues.

Il eut une réponse évident et pleinement expressive lorsque quelques secondes plus tard Léon laissa échapper un souffle de surprise, pleinement audible dans le calme de la tente, très vite suivit d'un long gémissement. La main de Gwaine venait de rencontrer une excroissance d'une dureté et d'une courbure pleinement éloquentes. Il sentit sa propre érection durcir de plus belle, alors qu'il passait son pouce par-dessus le tissus renfermant celle de son compagnon.

C'était la première fois qu'il touchait ainsi un autre homme de cette manière, et les soupirs qu'émettait Léon ne faisaient rien pour stopper cet élan nouveau et encore inexploré.

Sa main se glissa un peu plus sur le tissu, empoignant pleinement cette partie si délicate de l'anatomie de son ami.

Léon nageait dans un nuage mêlant douleur et désir, fièvre et félicité. Sa chute ne l'avait pas aidé à regagner ses esprits. La douleur de son torse s'était intensifiée brusquement, le projetant un instant à la limite de la perte de conscience. Il était pourtant parvenu à rester éveillé, à garder une part de clarté dans cet océan de souffrance.

Il s'était relaxé. Allongé contre Gwaine, il avait profité de cette proximité inattendue et pourtant si agréable. Il n'aurait jamais pu imaginer que le corps d'un homme pouvait être aussi réconfortant et rassurant que celui d'une femme. La main rugueuse de Gwaine contre sa peau avait toutefois fait naître en lui un désir qu'il savait prohibé par les règles des Pendragons. Mais le plaisir traversant son corps était plus fort que la hantise, la honte et la peur du rejet et du jugement de son roi.

Il laissa Gwaine continuer ses caresses, se faisant rien pour réfréner ses soupirs et murmures d'appréciation. La fièvre et la douleur troublaient sa vision et ses pensées. Il en était pleinement conscient. Mais il ne pouvait se résoudre à stopper son compagnon. Cela était, par ailleurs, renforcé par la certitude que l'homme qui le caressait était dans un état similaire au sien. Peut-être que Gwaine avait eu l'intention de dissimuler celui-ci , mais Léon pouvait sentir pleinement de désir de l'homme contre son dos.

Il ne put réprimer un souffle de surprise lorsque la main du brun se referma sur ce renflement si embarrassant.

Fermant les yeux, un élan de panique fulgurante le prit soudainement à l'idée de ce que son ami s'apprêtait à faire. Ils étaient arrivés au point de non-retour. Passés cette limite, Léon savait que plus rien ne serait jamais pareil entre eux.

Gwaine écarquilla les yeux lorsque la poigne ferme de Léon se posa sur son avant-bras, l'enjoignant de cesser ses caresses. Choqué, il ouvrit la bouche pour s'informer de cette décision soudaine. Mais Léon fut plus rapide que lui.

-Arrête ! Balbutia-t-il. C'est…c'est mal. C'est interdit ! Nous ne sommes pas censés faire ça !

-Léon…, commença-t-il avec hésitation.

Mais son ami le coupa à nouveau.

-Nous pourrions être bannis, pour cela. Tu le sais très bien. Alors arrête. C'est juste la fièvre qui nous pousse à ce type de comportements.

Gwaine eut envie de rétorquer qu'il ne se sentait absolument pas fiévreux, si ce n'était pour cette fièvre si particulière générée par la proximité inhabituelle entre leurs deux corps. Il se retint cependant. N'étant pas quelqu'un respectant à la lettre les règles et les convenances, cela ne le dérangeait aucunement de faire quelque chose d'interdit par la loi (du moment qu'il n'était pas pris sur le fait).

Léon était cependant loyal à Arthur. Loyal jusqu'au bout. Et cela peinait le chevalier de savoir que son ami serait prêt à renoncer au bonheur dans le seul but d'être conforme aux exigences d'un roi.

Sa main s'écarta et vint se poser sur le sol, alors que Léon se dégageait doucement pour venir s'allonger à nouveau.

Gwaine grimaça. Le départ de Léon laissait sur son corps un vide étrange. Il en voulait plus. Tellement plus. Le désir courrait toujours dans ses veines et ne semblait pas vouloir disparaître. Le souffle court, il échangea un regard brûlant avec son ami, la passion mais aussi la peur se lisant aisément dans les yeux de son vis-à-vis.

Le brun ouvrit la bouche, s'apprêtant à tenter de raisonner son compagnon. Il avait besoin de lui. Et réciproquement. Mais les mots lui manquaient.

Prenant une profonde inspiration, il se lança finalement.

-Léon…

Il fut stoppé dans son élan lorsque l'entrée de la tente s'ouvrit soudainement, dévoilant un homme dont l'origine et l'appartenance ne laissaient aucun doute.

Les yeux de Gwaine s'écarquillèrent brusquement, tandis que le regard de Léon se teintait d'une lueur d'incertitude.

-Les druides…Souffla le plus âgé.

L'inconnu sourit calmement avant d'entrer dans la tente et de s'installer confortablement en tailleur face à eux. Il portait une longue tunique d'une couleur oscillant entre le bleu et le gris. Des cheveux d'un brun parsemé de mèches grises encadraient un visage calme alors qu'il les observait de ses yeux d'un bleu saisissant.

-En effet, sourit-il.

Il passa une main sur le tatouage circulaire marquant son cou. Tatouage que Léon ne cessait d'observer avec prudence.

-Je me nomme Erian.

-Je suis Gwaine, et voici Léon, répondit aussitôt le plus jeune.

-Enchanté, reprit Erian. Comment vous sentez-vous ?

Les deux chevaliers échangèrent un regard, mal à l'aise.

-Bien, finit par annoncer Gwaine. Trop bien pour quelqu'un qui devrait à présent être mort.

-Pourquoi nous avoir sauvés ? S'enquit Léon avec crainte. Après tout ce que Camelot a fait à votre peuple, vous auriez dû nous laisser mourir.

Il observait avec une méfiance non dissimulée Erian, lequel ne semblait toutefois pas s'en offusquer. Ce dernier ne répondit pas à la question du chevalier. Avançant vers lui, il posa une main sur la blessure de l'homme.

Léon gémit aussitôt de douleur et se courba en avant, essayant d'échapper à ce contact. Les yeux d'Erian brillèrent un instant d'une vive lueur dorée avant qu'il ne retire sa main.

Léon recula aussitôt, le dévisageant avec frayeur.

-Vous avez utilisé la magie, balbutia-t-il.

Erian acquiesça.

-Vous n'avez pas à la craindre. Je ne vous veux aucun mal. Je souhaitais juste vérifier l'état de votre blessure.

Mais Léon secoua la tête.

-Ne l'utilisez plus, je vous prie. Je guérirai seul !

-Léon, commença Gwaine.

Mais il se tut en notant l'état de choc dans lequel était son ami. Le chevalier était tétanisé, et observait avec terreur Erian, comme si ce dernier s'apprêtait à le tuer.

-La magie n'est pas mauvaise, murmura le druide. Vous n'avez pas à en avoir peur.

-Je n'ai vu que trop de fois la magie à l'œuvre, rétorqua Léon sombrement. Presque à chaque fois, elle était utilisée dans le but de nuire.

-Elle vous a sauvé la vie. A tous les deux. Si nous n'étions pas intervenus vous seriez déjà morts.

Léon hocha la tête suite aux derniers propos du druide, mais ne répondit pas, apparemment peu convaincu par les arguments de l'homme.

Gwaine était quant à lui tiraillé entre la volonté de remercier Erian pour son geste, et la peur profonde qui l'habitait en cet instant. Contrairement à la plupart des chevaliers, il avait beaucoup voyagé avant de rejoindre les rangs de Camelot. Il avait vu à l'œuvre de nombreux sorciers. Certains vouaient effectivement leurs pouvoirs à de noirs dessins. D'autres, en revanche, utilisaient leurs capacités pour guérir, pour améliorer les récoltes, ou encore pour amuser les foules. Et, cette magie-là, Gwaine la trouvait fascinante, pure, et surtout bien éloignée des pouvoirs maléfiques que craignait autrefois Uther.

-Merci pour votre aide, finit-il par murmurer. Mais je crois qu'il vaudrait mieux que nous partions.

-Je comprends votre point de vue, lui répondit Erian. Mais où iriez-vous ? Vous n'êtes pas en état de voyager, chevalier. Vous devez vous reposer.

Gwaine soupira longuement. Le druide avait raison, bien sûr. Il serait bien incapable de retourner à Camelot pour le moment. Son corps endommagé ne lui permettait pas un tel voyage. Cependant, il craignait tout de même de demeurer à cet endroit. La magie des druides était-elle utilisée à bon escient ? Il savait ce peuple pacifique en temps normal. Mais les persécutions perpétrées par les Pendragons n'avaient-elles pas eu raison de cette bonté d'âme ?

-Nous ne vous ferons aucun mal, reprit Erian comme s'il pouvait lire l'hésitation du chevalier. Je vous en donne ma parole.

-Très bien. Je peux essayer de vous faire confiance alors, murmura le brun en haussa les épaules.

Une grimace de souffrance lui échappa aussitôt alors qu'une douleur aigüe s'échappait de sa blessure.

-Laissez-moi soulager votre douleur, proposa aussitôt Erian en avançant une main vers le torse de l'homme.

Gwaine hocha la tête avec réticence, avant de gémir brusquement. Il se courba en avant, se mordant les lèvres pour ne pas hurler de douleur tandis qu'un pouvoir puissant quittait la main du druide pour pénétrer sous sa peau. Il pouvait sentir cette dernière s'ouvrir, se déchirer, puis se reconstituer aussitôt. La sensation était à la fois merveilleuse, excitante, mais aussi terrifiante.

Léon observait avec une méfiance croissante Gwaine dialoguer avec le dénommé Erian. Contrairement à son ami, il ne lui faisait pas confiance.

Comment pouvait-il mettre sa vie entre les mains de cet homme alors que ce peuple possédait des pouvoirs terribles ayant contribué à plusieurs reprises à une attaque de Camelot ? Il avait perdu nombre de ses camarades chevaliers dans les combats contre la magie. Et il ne souhaitait pas périr à son tour par l'action de cette dernière.

De plus, que se passerait-il si Arthur apprenait que Gwaine et lui avaient séjourné dans un camp de druides durant quelques temps ? Léon frissonna. Il préférait ne pas en imaginer les conséquences. Il avait déjà craint pour sa vie lorsque les druides l'avaient soigné avec la coupe de la vie. Et, même si Arthur n'était pas Uther, le chevalier savait qu'il ne montrait toujours aucune tolérance lorsque la magie était concernée.

Lorsqu'Erian posa sa main sur le torse de Gwaine, le sang de Léon ne fit qu'un tour. Comment osait-il utiliser la magie ainsi ? Et comment Gwaine pouvait-il lui faire confiance à ce sujet ? Erian pouvait très bien être animé de mauvaises intentions et vouloir par exemple les contrôler pour infiltrer ensuite Camelot.

Lorsque Gwaine se mit à gémir de douleur, le premier réflexe du chevalier fut de porter sa main à sa taille afin de sortir son épée. Mais il ne rencontra que le tissu de son pantalon. Cherchant frénétiquement dans sa tunique, il ne parvint même pas à situer la dague qu'il gardait toujours sur lui.

-Où sont nos armes ? S'exclama-t-il avec colère.

Ils n'avaient rien pour se défendre, aucun moyen de s'échapper de cet endroit si les choses tournaient mal. Qu'allaient-ils donc devenir ?

-Vous n'en aurez pas besoin, rétorqua Erian dont la main venait de quitter le torse de Gwaine.

Ce dernier s'effondra aussitôt sur le sol, les yeux fermés, la respiration calme.

-Que lui avez-vous fait ? Grogna Léon.

-Son corps a besoin de repos. Et le vôtre aussi, chevalier.

Léon ouvrit la bouche pour protester, mais Erian fut plus rapide, et il s'effondra à son tour sur le sol, plongeant dans un sommeil profond…

L'esprit de Gwaine batailla un instant, tentant de regagner la surface, de récupérer le peu de conscience qu'il possédait afin de s'éveiller à nouveau. Mais rien n'y faisait. La fièvre envahissait de nouveau ses sens, possédait une fois de plus ses pensées. Elle le mena vers un rêve saccadé, peuplé d'un Léon ne refusant pas ses caresses, le laissant aller plus loin que ses pensées les plus secrètes. Il gémit dans son sommeil, avant de finalement perdre la bataille, se laissant emporter plus loin, toujours plus loin…

FIN DU CHAPITRE 3


J'espère que ce chapitre vous a plu. Comme vous avez pu le voir, je considère que Gwaine pourrait avoir un avis un peu plus positif vis à vis de la magie. Après tout, on ne sait que peu de choses sur son passé "d'avant Camelot". Donc peut être a-t-il rencontré des druides ou des sorciers durant cette période. Je considère par contre que Léon, bien qu'ayant déjà été sauvé par des druides auparavant, a un avis bien négatif sur la magie, principalement à cause de son allégeance à Uther puis à Arthur.

Dans le chapitre suivant, nos deux héros iront tout de même un peu mieux, ce qui leur permettra d'avoir les idées un peu plus claires et d'aller plus loin dans leurs découvertes.

Pendant que je suis dans les annonces de ce qui se déroulera ensuite, je tiens également à informer les fans du coup Merlin/Gwaine que j'ai commencé un nouvel OS à ce sujet. Pour l'instant je n'en suis par contre qu'au début. Mais je pense avoir trouvé un sujet original.

Sur ce, n'hésitez pas à me laisser un commentaire afin de me faire part de vos impressions…