Hello, les gens ! Voici le chapitre 3 :). Bonne lecture !


Retour au bercail

« Elle n'est pas avec toi Sayanelle ? demanda Lathania, inquiète.

— Hum, elle est restée dans la voiture, pour se calmer un peu... commença-t-il pour expliquer l'absence de Sayanelle.

Mais, elle n'était pas très loin, car vers la sortie de l'hôpital, elle les attendait, les bras serrés contre son torse et les yeux légèrement rougis. Un faible sourire tira les traits de son visage et elle s'approcha de Lathania pour la prendre dans ses bras. Jiraya posa sa grande main sur son épaule et de l'autre lui caressa le dos, d'un geste doux.

« Qu'est-ce qu'il y a Sayanelle ? demanda-t-elle, enlaçant à son tour son amie.

— Rien, rien. C'était un peu trop pour moi, je suis contente que tu n'aies rien... c'était pas une journée facile de base, mais alors la soirée, disons que c'était de trop. Mais allez, elle croisa les bras, tant que tu vas bien et que Mathieu n'est pas mort au combat, tout va bien.

Mathieu tenta de rire mais la douleur était trop vive.

« Saloperie. Ces prochaines semaines ne vont pas être une partie de plaisir... »pensa-t-il.

— Ca va aller ? demanda Lathania en s'approchant de lui pour l'aider à marcher.

— C'est bon, t'en fais pas, je peux marcher tout seul.

— C'est ce qu'il dit... plaisanta Jiraya.

— Je vous ramène à la maison, me faut juste votre adresse, demanda Sayanelle en ouvrant la porte de sa voiture.

— C'est le bâtiment 12 de la rue Nord, marmonna Mathieu après s'être installé à l'arrière, presque déjà à moitié assoupi. »

La jeune texane s'installa derrière à ses côtés et, épuisée par cette soirée mouvementée, ne tarda pas à s'endormir. Secouée par le mauvais état de la route, elle s'appuya contre l'épaule de Mathieu, ayant lui aussi sombré.

Sayanelle freina, se retourna pour leur dire qu'ils étaient arrivés et observa les deux avec un sourcil haussé. Elle échangea un regard avec Jiraya qui sortit son smartphone et immortalisa l'instant.

— On y est ! lâcha Sayanelle pas trop fort pour ne pas réveiller Lathania. Elle sortit de la voiture et s'approcha pour dire au revoir à Jiraya, celui-ci la prit dans ses bras et la serra fort contre lui.

Elle émit un petit rire gêné.

— Tu m'appelles ? demanda-t-il en la lâchant, Sayanelle resta un peu contre son torse et se retira tout doucement, opina du chef avec une jolie moue."Et te fais pas charmer par Jaime, il n'a pas d'honneur, alors il te volera à moi." rajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie, mais elle comprit le sous-entendu :

— On verra, Jiraya. On verra, elle lui tira la langue. "Tu me dois ton prochain chapitre, rappelle-toi !"

Le lourd claquement de porte réveilla Mathieu et Lathania en sursaut.

« Pardon ! Je suis vraiment désolée ! s'exclama-t-elle en constatant qu'elle dormait sur lui.

— T'excuse pas, on a eu une sacrée journée, sourit-ilavant d'ouvrir la porte et de sortir comme il pouvait.

— Attends ! Ta veste !cria-t-elle en sortant à son tour.

— Non, tu me la rendra une autre fois. »

Un sourire timide fut sa seule réponse.

« Bon les petits gars, une bonne nuit à vous ! s'exclama Sayanelle en grimpant dans la voiture.

— Tu me ramènes ou je rentre à pied Saya ?

— Je te laisse moisir sur le trottoir, bien sûr ! plaisanta Sayanelle en tapotant sur le siège du passage avant, rejoins-moi devant, on pourra mieux faire les mamies, elle laissa échapper un rire timide, amusée. »

Après s'être tournée vers Mathieu et Jiraya, elle leur adressa un grand sourire, les remercia et se jeta dans la petite voiture et claqua vigoureusement la porte grinçante. Mathieu lui rendit son sourire et la regarda s'engouffrer dans la voiture, jusqu'à ce que la voiture se soit éloignée et ait disparue à l'angle de la rue.

— Quelle soirée... murmura Jiraya en se grattant la tête, rêveur. Et quelles morceaux de femmes... ! Maintenant, une bonne nuit de sommeil et je serai "d'attaque" pour allez bosser à l'hospice. Tu peux t'appuyer sur moi, pour grimper les escaliers, si tu veux. Même si je suis moins charmante que Lathania, je devrai faire l'affaire.
— Ouai... répondit d'abord Mathieu, dans la lune, arrête, elle m'a juste aider, c'est tout, ajouta-t-il suite à la remarque de son ami, mais j'accepte ton aide volontiers, mon fiancé, plaisanta-t-il en échos à l'hôpital, puis posa sa main sur Jiraya le temps de monter jusqu'à leur appartement.
— En tant que futur époux, mon bien-aimé, tu pourrais essayer de ne pas te faire tuer par un fou furieux. Que ferais-je sans toi, hein ? ironisa-t-il pour semblant, il s'était inquiété pour son ami et il s'était rendu compte que s'il le perdait, il serait bien con... bien triste surtout. "Si jamais, quand je rentre du boulot, y a Kakashi qui passera probablement pour se faire une petite partie de console. On pourra sans autre lui raconter notre mésaventure et il me donnera de sympathiques conseils pour que Jaime ne me vole pas ma Sayanelle ! »

Mathieu tenta de ne pas trop rire à l'ironie de son ami. Il roula des yeux et soupira.

— Alalala... toi et les femmes. Il ne te faut pas grand-chose pour qu'une femme te fasse tourner la tête à toi. Pas de soucis, de toute façon je suis cloué à la maison pour l'instant...

— Tu veux qu'on parle ?! Si je tenais pas à cette fille, elle serait soit dans mon lit soit dans la rue avec le poignet brisée parce qu'elle m'aurait giflé. Je me comporte comme un chevalier servant pour l'instant.

— Pour l'instant ? Ta darkside de mâle en chaleur va bientôt ressortir ? Et tu as des reproches ou des leçons à me faire pour me dire "Tu veux qu'on parle?" plaisanta-t-il autant que sa douleur le lui permettait. »

Les escaliers étaient une rude épreuve, lui demandant plus de force que n'importe quel autre geste.
— Non, je vais me comporter comme un brave type. Si tu n'as pas remarqué, je m'assagis, c'est peut-être l'âge qui fait ça. Et... hum, j'ai bien vu que t'en pinçais pour la petite Lathania, si tes yeux pouvaient baver ou éjaculer, ils le feraient. Jiraya se tut après sa remarque. "Je pourrais mettre c'te phrase dans un de mes bouquins..., elle est assez original.

— Déjà, t'es qu'un gros dégueulasse, et ensuite, je ne vois pas pourquoi tu dis ça...

Ils arrivèrent à l'appartement après une montée des marches intenses et douloureuses pour le jeune français. Heureux de retrouver son bon vieux canapé, il se laissa tomber doucement dessus avant de soupirer de soulagement.
« Je crève de faim du coup, comme on a toujours rien mangé… ronchonna-t-il un peu
— Pourtant Sayanelle t'avait proposé des frites. Je peux te faire des pâtes, messire.

— C'est ta copine, pas la mienne, j'allais pas lui faucher ses maudites frites pleine d'huile. Va pour les pâtes, laisse moi deux secondes, le temps de mourir. »

Mathieu se leva péniblement et se dirigea vers la cuisine.

« Si tu pouvais mourir en silence, ce serait bien aimable, mon brave. Et elles n'étaient pas grasses ses frites, juste parfaite. ET RESTE ASSIS VEUX-TU ! C'est moi qui me charge de la bouffe. »

— Pardon, j'y tâcherai la prochaine fois. Tu veux dire aussi parfaite que ses fesses ? Et calme-toi, pas besoin de crier. »

Un de leur voisin frappa violemment contre le mur en demandant de faire silence.
« Toi-même ! répliqua Jiraya.

— Ferme ta gueule toi vieux bâtard ! gueula Mathieu en entendant le voisin frapper, putain mes côtes...

— Ola ! Moi, monsieur, je ne m'intéresse pas à elle pour ses fesses ! Rola, vieux, je suis sérieux quand je dis que je l'aime bien et pas que pour son physique, soit elle me plaît bien mais j'ai vu mieux physiquement. Il se tut, enregistrant ce qu'il allait dire : le physique fait pas tout. Pour une fois que je le dis ! Il rigola et se félicita en applaudissant doucement, puis il remit l'eau à chauffer. Et bouge moins, tu dois limiter tes mouvements, ordonna Jiraya avec sérieux.

— Parce que tu penses que je m'intéresse à elle pour ses fesses ? Non, laisse moi reformuler ça : tu penses que je m'intéresse à elle tout court ? C'est pas elle qui... il se tut quelques instants avant de poursuivre, c'est pas elle qui me ferait de l'effet. Oui maître, je ne bouge plus. Amène-moi à bouffer alors, je crève de faim. Cette bière avait un goût de pisse, ça me crame l'estomac.

— Cessons de faire les enfants, marmonna Jiraya en jetant un coup d'oeil à l'eau qui faisait des grosses bulles, il sortit les pâtes du placard et les vida dans l'eau accompagné d'une pincée de sel. Elle te plaît, oui ou non ? Peu importe ce que tu me répondras, je te crois. »

Mathieu resta silencieux, se frotta le visage puis passa ses deux mains dans ses cheveux.

« Boarf, elle est pas mal.

— Ok. »

Jiraya s'installa sur un tabouret de leur cuisine et sortit un petit bloc-note de sa poche qu'il commença à recouvrir de quelques notes, il s'arrêta un instant, vérifia ses messages, grimaça et continua de griffonner idées et phrases sur le papier bientôt noirci d'encre.

D'un geste machinal, Mathieu alluma la télé en attendant de pouvoir se remplir l'estomac. Son téléphone vibra au même instant dans sa poche. C'est avec surprise qu'il lu le message et jeta un oeil derrière lui, pour vérifier si Jiraya était toujours occupé avant de répondre. Il cliqua sur envoyer, un sourire aux lèvres.

L'eau coulée dans le siphon et les pâtes dans les assiettes, Jiraya prit celles-ci, remplit généreusement et recouverte de sauce. Il passa l'assiette de Mathieu et s'installa à ses côtés pour manger son souper.

« Bon ap'.

— Bon ap' vieux. Tu peux changer si tu veux, je sais que t'aimes pas les nouvelles.

— C'est vrai, montre une image pessimiste du monde, j'ai hâte de recommencer une autre vie, commenta Jiraya en s'enfournant une bouchée de pâtes dégoulinantes. Mais, tu peux laisser... et tu échanges des petits SMS avec qui ? J'ai bien le droit de savoir... en échange de mon vol de téléphone au début de la soirée, hein. »

Mathieu avala sa bouchée et regarda Jiraya, ne sachant trop quoi répondre. C'est vrai que le vol de téléphone lui donnait le droit de savoir, et ça serait lâche de refuser, et encore plus inadmissible de mentir à son ami. Il soupira.

« C'est Lathania. Je ne sais pas comment elle a eu mon numéro. »

« Et nous apprenons à l'instant qu'un large réseau de trafique de drogue à été arrêté dans la région de Saint-Etienne, en France, coupa le présentateur. Le trafic avait lieu de cette petite ville située au sud de la Suisse et s'étendait jusqu'à Paris, parfois même à l'étranger. La police pensait qu'après l'arrestation du pilier de cette affaire, 7 ans auparavant, Mike Sommet, le trafic cesserait, mais il s'avère aujourd'hui que ce réseau ai prit davantage d'ampleur. »

Surpris à l'entente de ces nouvelles, Mathieu tourna la tête en direction de l'écran et écouta, silencieux. Jiraya jeta un regard inquiet à son ami, écoutant les nouvelles :

« Ça va aller mec ? » Un grand sentiment de culpabilité habita Jiraya pendant le reste de la soirée pensant à ce que lui, faisait, pour s'offrir un avenir meilleur.

« Oui ça va, merci. »

Son assiette finie, il se leva péniblement l'amena dans le lave vaisselle. Il regarda l'heure et s'étira un bon coup.

« Bon, à la douche et après au lit. Enfin, pour moi, toi tu fais ce que tu veux, rigola-t-il.

— Je finis mes pâtes. Et je vais directement au lit, je me doucherai demain, il lui sourit. Bonne nuit ! »

Mathieu lui adressa un sourire et partit dans la salle de bain et referma derrière lui. L'eau chaude lui brûlait avec intensité les multiples hématomes qui recouvraient ses côtes. Il s'appuya contre le mur, tendu par la douleur. Il repensa à ce qu'avait dit le présentateur au sujet de sa ville natale. Il ferma les yeux et frappa soudainement du poing contre le carrelage de la douche…


Jiraya observa, étrangement triste, le corps se faire recouvrir d'un tissu blanc. Il était mort. C'était le premier mort qu'il vivait dans son métier... des balles avaient perforées le poumon droit du patient ainsi qu'un bout du cœur. Il sentait la rage bouillonner légèrement en lui, tout doucement, mais il savait qu'un de ces quatre ça allait exploser. Ce n'était qu'une gamine. Dix ans. Qu'une putain de gamine... Le médecin leva les yeux vers l'aide-soignant qu'il était, peut-être avait-il quelques mots de consolation à lui déballer, mais il se contenta de le regarder et annonça l'heure du décès et quitta la pièce, pour annoncer la nouvelle au père célibataire qui attendait dans la salle d'attente. Le bras en écharpe.

Ville de merde...