CHAPITRE TROIS: UNE LUEUR D'ESPOIR
-Qu'est ce qu'il y a, j'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas ? demanda Sirius en souriant.
Son regard se posa ensuite sur Harry, il le dévisagea un moment et ouvrit la bouche, les yeux écarquillés.
-Tu…
Sirius l'avait reconnu ! Et il était bien là, devant lui, en chair et en os ! C'était comme si ses souvenirs de la bataille au Département des Mystères, et son corps disparaissant sous l'Arche n'étaient que de mauvais souvenirs, des mauvais rêves qu'il avait fait, des choses qu'il avait imaginés !
-Sirius !
Il courut vers lui et prit son parrain dans ses bras, ne pouvant retenir quelques larmes de couler le long de ses joues.
-J'ai cru que tu étais mort !
-Mort ? Ah ben sympa ça fait toujours plaisir. Mais heu…
Harry le serra un peu plus contre lui, comme s'il avait peur qu'il disparaisse. Il était bien réel, il pouvait le toucher. Et lui au moins savait qui il était. Il pourrait certainement lui expliquer toute cette histoire, lui dire ce qui s'était passé.
Sirius était là devant lui en effet, pourtant il y avait quelque chose qui clochait. Pas de forte étreinte dans son dos, pas d'ébouriffage de cheveux, pas de signes d'affection particuliers…Harry prenait Sirius dans ses bras mais ce dernier avait les bras levés, et ne semblait pas disposé à le serrer contre lui.
-Heu…continua-t-il. Je suis pas contre les signes d'affections en public, à partir du moment où ils sont partagés avec des gens que j'apprécies, ou au moins que je connais.
Harry s'éloigna instantanément de lui, en le regardant l'air perdu.
-Mais, c'est moi ! Tu m'as reconnu. Quand tu es entré tu as vu que c'était moi.
-J'ai surtout vu que tu ressemblais comme deux gouttes d'eau à un vieil ami à moi quand il était jeune. Tu as vu Remus, c'est le portrait craché de…
-De James. Oui je sais. Et c'est bien ce qui m'inquiète.
-C'est dingue, lança Sirius en s'approchant de son ami. J'en ai presque des frissons, regarde !
-Arrête ce n'est pas drôle. Ça n'a vraiment aucun sens, rumina Remus en commençant à faire les cents pas dans la pièce. J'ai cru que mes yeux me jouaient des tours, à cause du stress et de la fatigue, mais toi aussi tu as remarqué la ressemblance. Quand il a dit s'appeler Harry Potter, j'ai cru à une mauvaise blague. À un moment j'ai même pensé que c'était James lui même qui était revenu je ne sais comment. J'avais l'impression de perdre la tête. Je n'y comprends plus rien. Ca doit être un métamorphomage, je ne vois que ça.
-Harry Potter ? répéta Sirius en se tournant vers Harry, n'ayant pas suivi le reste des paroles de Remus. Mais Harry est mort il y a longtemps, le soir où…
-Oui je sais.
-JE NE SUIS PAS MORT ! Vous allez arrêtez avec ça !
-Faut te calmer mon vieux tu sais, lança Ron.
Mais Harry ne l'écouta pas. Cette fois il en avait assez de toute cette histoire ! Plus le temps passait, plus il était perdu mais cette fois il en avait marre, et il explosa. Il avait besoin de prouver véritablement son identité, craignant de devenir fou.
-J'ai d'abord cru que c'était un nouveau jeu, ou bien une sorte d'expérimentation que vous faisiez sur moi, et je ne trouvais vraiment pas ça drôle! Seulement, vous allez l'air de parler sérieusement, mais pourtant je ne suis pas fou, je sais ce que je dis.
-On a jamais dit que tu étais fou, dit Mrs. Weasley en essayant de le calmer.
-Oui enfin il a pas vraiment toute sa tête quand même, ajouta Kingsley.
-Je suis Harry James Potter, le fils de James Potter et Lily Evans, vos amis d'enfance quand vous étiez à Poudlard, lança-t-il à l'intention de Remus et Sirius. Et si ce n'était pas le cas, comment je saurai que vous, mon père et Peter Pettigrow, vous étiez amis, vous étiez les Quatre Maraudeurs : Lunard, Patmol, Queudver et Cornedrue. Que vous avez créé la Carte du Maraudeur, une carte qui montre en détail Poudlard et toutes les personnes qui s'y trouvent, et l'endroit exacte où elles sont en temps réel.
-Comment est ce que…commença Remus.
-C'est sérieux pour la carte? lança Ron.
Mais Harry n'avait pas l'intention d'en rester là. Il avait trop pris sur lui cette dernière demi-heure, on l'avait pris pour un Mangemort, pour un menteur, pour un fou ! Pas question qu'il se contente de cela.
-Vous êtes un loup-garou et pour que vous ne restiez pas seuls les soirs de Pleine Lune, vos amis ont décidé d'apprendre à devenir des animagus. Sirius se transforme en gros chien noir, Pettigrow en rat et mon père était un cerf. Toi, toi tu t'appelles Nymphadora Tonks, poursuivit-il sans faire attention à l'expression d'incrédulité qui était apparue sur le visage des deux Maraudeurs. Seulement, tu détestes qu'on t'appelle par ton prénom alors tout le monde t'appelle Tonks.
-Mais…
-Comment peut-il savoir tout cela !? s'exclama Sirius.
-Tu es métamorphomage, et extrêmement maladroite ! Vous – il se tourna vers Mrs. Weasley qui tressaillit – Molly Weasley, vous êtes mariée à Arthur Weasley. Il est passionné par tout ce qui est en relation avec les moldus. Il a ensorcelé un Ford Anglia qui peut voler et devenir invisible. Vous avez cinq grands fils qui ont quitté Poudlard, Charlie, Bill, Percy, et les jumeaux Fred et George qui n'arrêtent pas de faire des bêtises et qui travaillent sur l'invention de leurs propres produits de farces et attrapes.
-C'est…
-Il y a aussi Ron – il se tourna vers le jeune homme – tu viens de terminer ta cinquième année à Poudlard. Tu es fan des Canons de Chudley et tu as une peur bleue des araignées. Et vous avez aussi une fille, dit il en regardant de nouveau Mrs. Weasley. Ginny, qui a un an de moins et qui…
-Une fille ?
L'expression sur le visage de Mrs Weasley était passée de l'incompréhension, à la surprise puis à l'anxiété.
-Je n'ai pas de fille. Cette Ginny n'existe pas.
La gorge de Harry se serra.
-Elle n'existe pas? Mais…
-On dirait que tu as mal appris ta leçon morveux, clama Fol Œil en sortant sa baguette.
-Maugrey, arrête ! lança Sirius.
-Pourquoi ? De toute évidence on lui a fait apprendre ces informations sur vous, dans le but de nous embobiner pour mieux ce débarrasser de nous.
-Non c'est impossible, dit Remus. J'ai toujours caché ma condition de loup-garou aux autres.
-C'est Fenrir Greyback qui t'a transformé !
-On n'a pas la preuve que c'est un Mangemort !
-Tu veux rire ? Bien sûr que c'est un Mangemort !
-Il agit pour son propre compte, et celui des loups-garous. Et ils détestent les sorciers, même Tu-Sais-Qui.
-Et alors ? Peut-être que Fenrir est différent. Il a pu renseigner les autres Mangemorts sur ton état.
-Il est au courant pour les Maraudeurs, lança Sirius.
-Oui, grinça Fol Œil entre ses dents. Tout comme l'est Peter Pettigrow apparemment, qui n'est nul autre que le lèche botte de Tu-Sais-Qui. Alors non, ce n'est pas une preuve suffisante pour moi !
-Il sait que je déteste qu'on m'appelle Nymphadora.
-Comme ta timbrée de tante !
-Il était avec elle quand on l'a trouvé! s'exclama Tonks.
Le bout de la baguette de Fol Œil se planta dans la poitrine de Harry.
-Tiens tiens, comme par hasard.
-Je ne suis pas un Mangemort! clama pour la énième fois Harry.
-C'est pas possible ! Il est au courant pour Ginny !
C'était Mrs. Weasley qui venait de parler. Elle était restée muette jusque là, certainement sous le choc de ce que Harry lui avait dit, mais elle prenait finalement sa défense.
Bien sûr que je suis au courant pour Ginny ! Et vous, pourquoi est ce que vous faites comme si elle n'existait pas ! Je commence à en avoir vraiment marre !
-Mais vous et Arthur vous n'avez pas de fille qui s'appelle Ginny, grogna Fol Œil.
-Non c'est vrai. Mais on en avait toujours voulu une. On s'était promis que si un jour ça arrivait, on l'appellerait Ginny.
-Qui d'autre est au courant de ça ?
-Personne ! Personne à part moi et Arthur.
-Et Arthur, où est ce qu'il est ?
-En mission, répondit Mrs. Weasley alors que des larmes commençaient à couler le long de ses joues. En mission avec Bill et Charlie. Ils auraient dû être rentrés depuis un moment.
Fol Œil se tourna alors vers Harry, une lueur de folie et de fureur dans les yeux.
Oh merde !
Sa stratégie se retournait contre lui. Maintenant qu'il avait parlé de Ginny, ils étaient tous persuadés qu'il avait dû attaquer Mr. Weasley pour lui soutirer des informations assez personnelles pour pouvoir s'introduire ici et s'en prendre à eux. La réaction de l'Auror ne se fit pas attendre, et il lança un sortilège Doloris en plein sur Harry, à bout portant. Ce dernier fut projeté un peu plus loin dans le salon, près de la fenêtre, et il s'écrasa lourdement sur le sol, le souffle coupé, une douleur insupportable traversant tout son corps.
-Maugrey arrête! s'exclama Sirius en sortant sa baguette.
-Pourquoi ça ? Ce morveux est louche, il ne nous a pas tout dit !
-C'est pas en le torturant que tu vas réussir quoi que ce soit !
-Ah oui et depuis quand la torture ne sert-elle pas à soutirer des informations !?
-Depuis que c'est toi qui t'occupes de torturer et que tu tues les sorciers avant d'avoir le temps de leur poser des questions !
-Pousse toi de mon chemin Black ! J'ai déjà perdu une jambe, un œil et un morceau de nez. Je vais pas laisser un Mangemort métamorphomage me prendre autre chose, sous prétexte que toi et l'autre là-bas vous êtes trop sentimentaux.
L'autre en question était bien évidemment Remus, et il s'interposa également aux côtés de Sirius alors que Harry reprenait difficilement son souffle, toujours à terre.
-Tu sais bien qu'on ne peut pas mettre de côté ce détail !
-Et pourquoi cela ? Parce qu'il dit s'appeler Harry Potter ? Tonks est métamorphomage aussi, elle pourrait prendre exactement la même apparence si on lui demandait !
-Hey ! Ne me mêles pas à cette histoire Maugrey !
-Alors essayons d'en savoir plus ! Si c'est une nouvelle ruse des Mangemorts, il faut qu'on en apprenne le plus possible.
Fol Œil sembla hésiter mais finalement il abaissa sa baguette.
-Ok, comme vous voulez. Mais je veux qu'il reste attaché ! Et si je me rends compte qu'il se fout de nous ou s'il tente quelque chose, il aura affaire à moi !
Les deux amis avaient l'air soulagé, et Sirius aida Harry à se relever. Après s'être assuré qu'il n'avait rien de grave, il le fit asseoir sur un fauteuil et lui envoya un sortilège d'entrave.
-Tu n'as pas de cordes autour de toi, mais ce sortilège t'empêche de bouger d'ici. Si tu te lèves du fauteuil et que tu tentes de faire un pas, tu es renvoyé automatiquement en arrière dans le fauteuil. Compris ?
-Et pour Arthur, Bill et Charlie ? demanda Mrs Weasley toujours en sanglotant. Il faut envoyer quelqu'un à leur recherche !
-Kingsley et moi on peut aller voir s'il y a des traces là où ils étaient censés aller, proposa Tonks.
-D'accord.
-Pas question. Vous n'y allez pas que tous les deux, s'exclama Remus en s'approchant d'eux.
-Remus ! On peut se débrouiller ! s'exclama Tonks.
-Non ! C'est beaucoup trop dangereux. Tu…
-Nicolas n'a qu'à venir avec nous, lança Kingsley. Et s'il y a le moindre souci, on revient directement.
-Nicolas, mais heu…commença Remus.
-Tu n'es pas jaloux quand même? lança Tonks en plaisantant.
-Jaloux ? Non, bien sûr que non ! Pourquoi, je devrais ?
-Tu sais bien que non ajouta Tonks avant de s'approcher de lui pour l'embrasser tendrement.
Il la prit dans ses bras doucement avant de la serrer contre lui en lui rendant son baiser.
-Mais ça suffit ! Il y a les chambres pour ça! s'exclama Sirius.
Harry lui était sous le choc de ce qu'il venait de voir.
Remus et…Tonks…Argh…Et dire que Ron regarde ça et qu'il n'est pas choqué !
En effet, le jeune homme assistait à la scène sans broncher. Il donnait apparemment plus d'intérêt à Harry et à son histoire – qu'il jugeait certainement invraisemblable – qu'à l'échange de salives entre Remus et Tonks. Visiblement c'était quelque choses qui arrivait régulièrement. Il n'arrêtait pas de le dévisager, ce qui mettait Harry bizarrement très mal à l'aise.
-On y va, lança Tonks après avoir détaché ses lèvres de celles de Remus.
-Prévenez Scrimgeour de là où on va. Je vais chercher Nicolas.
Tous deux sortirent de la salle, alors que Remus et Sirius commencèrent de nouveau à réfléchir sur le cas de Harry. Fol Œil lui ne semblait pas disposé à leur donner un coup de main, il s'était assis dans un fauteuil, juste en face de Harry et il jouait avec sa baguette. Harry en avait marre de le voir en face de lui ainsi, son œil magique scrutant le moindre de ses battements de cils. C'était encore pire que d'être passé aux rayons par les yeux bleus électriques de Dumbledore.
Et là il eut un électrochoc ! Dumbledore ! Mais oui bien sûr ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt !? C'était le seul à pouvoir l'aider, le seul à certainement savoir ce qui se passait ! À savoir d'où venait le problème, et surtout comment le résoudre ! Comment avait-il pu être aussi idiot ! Il n'attendit pas une seule seconde plus !
-Je veux voir le Professeur Dumbledore, IMMÉDITAMEMENT ! hurla-t-il.
Fol Œil arrêta de jouer avec sa baguette, alors que tous les autres s'étaient tournés vers lui, une lueur étrange dans le regard. La gorge de Harry se serra, et il déglutit difficilement en repensant à la conversation avec Mrs. Weasley peu de temps avant, à propos du fait que Ginny n'existait pas.
-Dumbledore existe n'est ce pas ? N'est ce pas ?!
