Salutation !
Je vous remercie infiniment pour vos encouragements suite au dernier chapitre ! Ils m'ont fait grand plaisir, et sahcez que je les attends toujours avec impatience !
Un grand merci donc à Naheiah, Melior Silverdjane, Delya, Waina, Julindy et ma chère Toutouille!
Je vous laisse à présent découvrir ce nouveau chapitre, qui j'espère, vous plaira.
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Chapitre 3. Une rencontre inattendue
Dans les dernières lumières du crépuscule détachaient la silhouette de deux cavaliers qui chevauchaient à toute allure, s'élançant sur la route qui grimpait dans les monts brumeux.
La dernière route prétendue sûr qui reliait le royaume sylvestre de la Forêt-Noire à l'Ouest de la terre du milieu.
-Wilwarin, Amdir, faisons une pause, voulez-vous, déclara un cavalier blond vêtu d'une armure de cuir brun finement travaillé.
-À votre convenance, mon prince, dit un elfe à la longue chevelure châtain dorée, je crois savoir qu'il y a une clairière plutôt agréable à une quinzaine de minutes d'ici. Un endroit calme à flanc de falaise avec un ruisseau, idéal pour monter un camp pour la nuit.
-Nous pourrions également nous rendre jusqu'à Cirith Forn, mon prince, cela serait plus sûr, fit l'autre elfe qui avait des cheveux d'ébène qui volaient librement autour de lui.
-La clairière, trancha le prince, je ne suis guère friand de la compagnie de ces humains des montagnes, aussi puants et cupides que des nains !
-Mais Amdir, lui, est plutôt friand de la compagnie leurs femmes ! Rit Wilwarin en élançant son cheval au galop, très vite suivit par l'elfe brun qui jurait de lu faire regretter ces mots.
Amusé par ces compagnons de route, le prince les imita rapidement pour ne pas les perdre, mais les laissant les deux autres guerriers à leurs chamailleries, il se mit à explorer la clairière.
Legolas n'avait pas quitté le royaume sylvestre où il avait vu le jour depuis près de cinquante ans, et cette mission hors de leurs frontières lui faisait l'effet d'une bouffée d'oxygène.
Voir le monde, et profiter de l'hospitalité légendaire du seigneur Elrond durant le conseil qui se tenait tous les cinquante ans.
Autrefois, Thranduil se rendait lui-même à ces réunions ou les trois souverains elfes tenaient séance pour parler du monde, et tenter de faire front commun contre le mal qui rodait en Terre du Milieu.
Mais depuis la mort de son épouse, le roi avait changé. Son caractère déjà réputé difficile s'était exacerbé, ainsi que son goût pour le bon vin qui le laissait parfois dans des états plus que triste à voir. Le roi avait toujours fait rigoureusement attention à ce que son peuple ne le voit uniquement sous son meilleur jour, mais son fils savait de quoi il retournait réellement.
Son peuple et son fils, ses principales préoccupations. Le Grand Roi des Elfes avait tourné le dos aux autres peuples elfes, et Legolas tentait tant bien que mal de maintenir les liens avec Noldo et Galladrim, se rendant lui même aux conseils où son père demeurait convié.
Ce dernier, marchant à pas de loup avec sa dague et son arc à la recherche d'une potentielle proie, espérant pouvoir profiter d'un repas chaud ce soir. La chasse faisait partie de ces passe-temps favoris, et ce, principalement car cela lui permettait d'être en communion avec la nature des jours durant sans avoir de conte à rendre à quiconque.
Le prince s'éloigna silencieusement de leur camp de fortune et s'enfonça dans l'épaisse forêt qui poussait à flanc de montagnes, dru et sauvage.
Mais il ne marcha qu'a peine une demi-heure avant qu'une chose ne vienne le troubler.
Les fines oreilles de Legolas entendirent de légers clapotis en amont de la rivière, et espéra avoir repéré quelque gibier qui offrirait à ces compagnons et lui de quoi manger pour plusieurs jours. Après tout, même les elfes pouvaient se lasser du lambas, et pour atteindre Imladris, il y avait encore prêt d'une semaine de route avec cela comme seule provision.
D'un pas silencieux, l'archer suivit l'origine du clapotis et alors qu'il bandait son arc en voyant s'agiter une ombre non loin, mais ce qu'il vit le surprit tant qu'il faillit laisser partir sa flèche.
Une très jeune elfe, à peine plus qu'une enfant, venait de sortir de l'eau, enroulant un drap de bain autour de son corps gracile. Elle ne l'avait pas entendu, et sans se douter qu'elle était observé, l'elfine s'était assise sur une souche d'arbre et entreprit de démêler ses longs cheveux d'un blond cuivrés.
Que pouvait bien faire une jeune elfe seule et si loin de tout royaume elfique ?
La curiosité le taraudait, mais le prince resta un moment-là, à simplement observer, tapis dans l'ombre, peu enclin à troubler cette scène empli de sérénité.
Comme si, à cet instant présent, il n'y avait plus de guerres en ce monde tourmenté.
Néanmoins, les règles de bienséance poussèrent Legolas à sortir de l'ombre pour se présenter. La jeune elfe fit un bon en le voyant arriver, et plus vite que l'éclair, elle brandit une dague de sa main gauche, serrant son drap de bain contre elle de son autre main.
-N'approchez pas ! S'exclama-t-elle avec assurance, si bien que seule une oreille elfe pouvait en entendre un léger tremblement d'inquiétude.
- Je ne vous veux aucun mal, déclara Legolas en levant les mains loin des dagues qu'il portait à sa ceinture. Je vous ai aperçu, et je m'inquiète de voir une jeune demoiselle seule dans ces bois... Les lieux ne sont pas sûrs.
Elle le détailla quelques instants avec méfiance, puis fini par dire en baissant légèrement sa garde :
- je vous remercie de votre sollicitude, maître archer, mais je ne suis pas seule. Les miens se rafraîchissent non loin.
Une réponse qui étonne beaucoup Legolas, car d'ordinaire, les jeunes elleth ne rataient jamais une occasion d'être bavarde et qui plus est, d'être chaleureuse. Hors cette dernière semblait vouloir en dire le moins possible, et même en tendant l'oreille Legolas n'entendait nul bruit pouvant provenir d'un campement d'elfe qui se trouverait à proximité.
Le prince, curieux par nature, et bien loin de se décourager, défit de sa cape et fit mine de la déposer sur les épaules de la jeune fille qui se laissa faire, le fixant toujours avec méfiance.
-Vous allez prendre froid, jeune demoiselle, si vous restez ainsi...
-Mes vêtements ne sont pas loin, dit-elle en montrant un tas de linge un peu plus loin, si vous permettez...
-Je ne puis vous laisser seule dans un endroit pareil, fit le prince avec un air malicieux en prenant les devants, si vous arrivez quelque chose, j'en serais responsable. Laissez-moi vous accompagner, demoiselle.
-Fort bien, déclara Niphredil en haussant un sourcil surpris, esquissant un sourire timide alors qu'elle commençait à rougir.
Une fois qu'elle arriva à sa pile de vêtements, elle lança un regard appuyer au prince, ne sachant pas trop comment lui faire comprendre qu'elle souhaitait un peu d'intimité sans le froisser.
Cet homme était très différent de tous ceux qu'elle avait vus à Cirith Forn. D'une beauté à faire pâlir la lune, il dégageait quelque chose de différents, une aura douce et délicate, dénuée de méchanceté, tout émanant une force certaine. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais ne trouvant pas les mots, elle se ravisa. Niphredil tourna délibérément le dos au prince, et lâcha :
-M'avez-vous donc suivit pour me voir nue ?
Le prince se détourna immédiatement en démentant, se maudissant de ne pas avoir deviné les intentions évidentes de la jeune fille. Cette dernière laissa échapper un petit rire cristallin, faisant rougir le prince qui observer la rivière avec une subite fascination.
Non, tout cela n'a vraiment rien d'habituel songea le prince. Son comportement tantôt méfiant tantôt provocateur, n'était celui d'une demoiselle qui avait grandit dans un des trois grands royaumes elfique.
À peine une minute plus tard, une petite main frôla son épaule. Une fois encore, il fut étonné de la voir dans une très simple robe gris clair ornait d'une épaisse ceinture de cuir finement marqueté. Un travail remarquable qui portait la signature des nains.
Mais ce qui attira son regard, c'était le regard halluciné de la jeune elfe qui dit désigna une de ses oreilles :
-Je... Pourquoi... Pourquoi tu as ses oreilles, comme moi... Ma tante disait qu'il n'y avait pas d'autres...
Legolas fronça les sourcils. Plus que de la surprise, cette fois, c'était une once d'inquiétude qui le saisit. C'était une elfe, à n'en pas douter, mais ni ses vêtements ni sa manière de se comporter n'était commune à aucun des peuples qu'il connaissait. Doucement, il prit l'une des mains de la jeune elfe et murmura d'une voix rassurante :
-Ce sont les oreilles des elfes, comme toi et moi. Je m'appelle, Legolas, fils de Thranduil roi de...
À ce seul nom, Niphredil eut un mouvement de recul, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise mêlé de peur. Elle fit un pas en arrière, et avant même que Legolas ne comprenne ce qui se passait, elle disparut comme l'éclair. Le prince tenta de la rattraper, mais la jeune elfe était plus petite que lui, et parvenait plus facilement à se glisser à travers le bois dense, et fini par le semer.
C'est donc l'esprit perplexe qu'il retourna au point d'eau, et découvrir qu'elle avait abandonné un ruban de soie bleutée.
Sa seule preuve que cette rencontre n'était pas le seul fruit de son imagination.
C'est donc bredouille et l'esprit perplexe que Legolas retourna auprès de ses deux camarades de route pour leur conter son histoire. Les deux guerriers peinèrent à y croire, tant cela leur paraissait imprudent, mais tous s'accordèrent sur une chose : ils devraient demain faire tout leur possible pour retrouver la petite elfe, quitte à retourner tout Cirith Forn.
Les trois elfes ne prirent que quelques heures de repos et chevauchèrent de nuit. Ils arrivèrent à la cité des Hommes perché dans les monts brumeux que plusieurs heures après le levé du soleil. Le village, entouré de palissade de bois avec des guetteurs installés à intervalles régulier, surveillant les signes d'une attaque des forces de l'ombre avec vigilance.
Une fois passé les gardes postés à l'entrée, les voyageurs découvraient souvent avec désarroi un village d'aspect assez rustre avec ses maisons faites de bois souvent vieillit et usés par les intempéries.
Mais lorsque l'on passe les portes de l'une des habitations, l'on découvrait des endroits chaleureux et confortables, voir luxueux, car le commerce allait bon train dans ce village posté à la rencontre de deux régions parmi les plus prospères de la terre du milieu.
Le matin était habituellement un des moments les plus calmes de la journée dans les villages des Hommes, mais ce jour, ce n'était pas le cas, au plus grand étonnement des trois elfes, ainsi que pour les habitants les plus matinaux. Tous pouvaient voir l'étrange spectacle que celui de dizaines de nains qui parcouraient les rues d'un pas pressé, portant de lourds parquetages sur leur dos.
L'écuyer d'une riche auberge fut à même de pouvoir offrir des renseignements tout en offrant soin aux montures fatiguées des elfes :
-L'guerre entre nains et orques s'est achevée ! Ils ont commencé à affluer depuis hier, à la recherche d'leurs enfants et d'leurs épouses. A ce qu'on dit, Thrain, l'ancien roi sous la montagne est arrivé ce matin avec son fils, et prêt de deux cents guerriers ! Ça va mettre de l'animation dans le village tout ça, je peux vous l'assurer !
-Avez-vous vu une elfe? Tenta Legolas en sortant de sa poche le ruban de soie, avez-vous vu une elfe rousse, plus petite que moi, d'apparence assez jeune qui se baladerait seule. Et qui porterait des rubans de ce genre dans les cheveux.
-Ah, non mon m'seigneur, poursuivit le jeune écuyer aux cheveux brun, z'êtes les premiers elfes qui passe par la depuis des années ! Alors une demoiselle seule... Je crois même n'avoir jamais vu d'femme elfe ! Par contre, ce ruban là , y'ressemble à ceux que porte la serveuse de l'agneau silencieux ! Une auberge à une centaine de mètres... Une magnifique demoiselle, bien trop belle pour être une simple naine, si vous voulez mon avis.
-A-telle les oreilles pointues ? Tenta Amdir, en jetant un regard entendu à Legolas.
-Ah, ch'erais pas vous dire mon seigneur, elles sont toujours enfoui sous tout un tas de nattes ! Mais allez la voir! La p'tiote ouvre souvent vers midi ! Le type qui tient l'auberge pense que son père est mort à la guerre :depuis quatre ans qu'elle est arrivée avec des nains, on ne l'a jamais vu! S'il ne s'est pas pointé au crépuscule, il la vendra au plus offrant ! Elle pourrait vous plaire, la gamine ! Moi j'dirais pas non, mais c'est pas un simple palefrenier qui l'aura !
Legolas serra les poings, scandalisé par ce qu'il venait d'entendre, mais Wilwarin jeta une pièce de cuivre au jeune homme et dit en elfique à son prince :
-Nous devrions aller nous assurer que cet imbécile sait ce qu'est une elfe... L'enfant est peut-être ici, en espérant un jour de croiser l'un des nôtres... Allons, mon prince, dans une heure, nous en aurons le cœur net.
Le prince acquiesça, et sans perdre plus de temps, ils se dirigèrent vers l'auberge de l'agneau silencieux.
Peu avant que le jour ne se lève, c'est avec un joie sincère que Thorin retrouva sa chère sœur, Dis, qui logeait dans la grange de l'auberge de l'agneau silencieux.
Ils ne s'étaient pas revus depuis six longues années, eux, qui furent autrefois si proches. La guerre et les temps de malheur avaient fait deux des adultes, trop tôt, trop vite, mais l'affection qu'ils se portaient demeurée intact.
Dis n'était plus la petite fille qu'il avait connue autrefois. C'était une belle jeune naine, qui arborait une longue chevelure blonde tressée dans un motif compliqué au port princier, orné de ruban aussi bleu que ses yeux.
Oui, c'était aujourd'hui une jeune naine qui devait songer aux choses de l'amour, et nul doute qu'en ses temps de paix à venir, bientôt Dis, trouverait un époux, et ses larges hanches ne tarderait pas à donner une nouvelle descendance à la lignée de Durin.
Thorin serra sa sœur contre son cœur, soulagée de la savoir saine et sauve, qui connaîtrait à ses côtés les jours prochains, qui seraient de nouveaux heureux pour les nains.
Le réconfort du nain ne dura hélas que peu de temps, car il ne tarda pas à apprendre que son jeune frère, avait périt dans la dernière attaque qui avait ravagé leur village, il y a quatre ans de cela.
Mais le cœur du prince était déjà endurci, et il s'accorda que quelques rares larmes dans les bras de sa sœur avant de se préoccuper de Niphredil.
Dis retrouva le sourire quand elle lui apprit que sa petite protégée allait très bien, et que malgré leur situation parfois difficile, cette dernière débordée de joie de vivre, et qu'en grandissant, elle développer une grande beauté.
-La beauté des elfes, soupira Thorin en Khuzdul, pour être sûr qu'aucune oreille indiscrète ne puisse l'entendre. Où est-elle ? J'aimerais la voir.
-Il n'y a pas que leur beauté, qu'elle a d'eux, soupira Dis. Malgré mes interdits, je sais qu'elle va dans les bois. Elle dit... Elle dit entendre les vieux arbres lui murmurer des choses... Elle dort peu, et profite parfois des voyages de Balin à l'Est pour fuir ma surveillance... Elle commence à se douter de quelque chose, Thorin...
-Biensur qu'elle se doute de quelque chose, répéta le prince, elle n'est pas un gobelin stupide ! Je lui parlerais... Mais pas aujourd'hui. Où est-elle ?
-Elle doit dormir dans la grange derrière la taverne avec les autres. Laisse la prendre encore un peu de repos, elle est rentrée de voyage avec Balin tard dans la nuit... Elle était très fatigué et troublée...
Thorin se rendit dans une grange emplie de paille où dormaient de nombreux nains. Sans hésitation, il monta vers l'étage par une échelle incertaine, et retrouva Niphredil. Elle ne dormait pas, recroquevillée entre deux ballots de paille, fixant son reflet dans un petit miroir, tripotant son oreille pointue avec un air perplexe.
Il resta dans l'ombre quelques minutes à la regarder, voyant comme elle avait grandi en son absence avec un pincement au cœur. Mais ce qu'il lui fit le plus mal, c'est de voir la peine dans ses yeux, le décidant faire un pas dans la lumière.
En le voyant, le visage de Niphredil s'éclaira, et elle se jeta dans ses bras, laissant tomber son petit miroir au sol sans ménagement pour se jeter dans ses bras :
-Père, tu m'as tellement manqué ! J'ai eu tellement peur que tu ne reviennes jamais...
-Je suis là, murmura Thorin, et cette fois, je ne partirais plus sans toi c'est promis ma princesse...
Ils restèrent là un moment à s'étreindre, puis Thorin l'invita à déjeuner dans la salle encore déserte de la taverne, ce qui leur permettrait de discuter sans éveiller les autres nains qu ronflaient de la grange. Dis avait commencé à préparer la salle en vue de l'ouverture, préférant laisser son frère parler tranquillement avec sa fille autour d'un repas.
Même s'il ne l'avait pas vu depuis plusieurs années, il n'eut pas le moindre mal à voir qu'elle était songeuse et troublée, et après une hésitation, Niphredil lui confia sa rencontre de la nuit dernière.
Le sang de Thorin se glaça en entendant son histoire, et la colère naquit en lui quand il entendit le nom de Legolas.
-... Il... Il dit que je suis comme lui... Que c'est pour ça j'ai les oreilles pointues... Mais ce n'est pas possible, n'est-ce pas, père ? Il se trompe... Ajouta-t-elle d'une voix tremblante.
Thorin poussa un soupir à fendre l'âme.
Il aurait voulu attendre encore un peu pour avoir cette conversation. Il aurait voulu lui en parler calmement, un soir autour d'une tasse de thé, et à tout prix, éviter qu'elle fasse une telle rencontre.
Il irait déverser sa rage et sa frustration sur Balin, pour avoir permis par sa négligence à une telle chose de se produire, mais pour l'heure, il devait fournir une réponse à sa fille qui avait les larmes aux yeux.
Comme si elle avait deviné sa réponse.
-Comme je te l'ai dit autrefois, ta mère est morte dans une attaque d'orque... C'était un elfe de la Forêt Noire... Je t'ai trouvé à côté d'elle, alors que nous venions de rencontrer son roi... Le père de l'elfe que tu as rencontré. Ces gens sont... Ils ne sont pas venus en aide aux leurs, comme ils ne sont pas venus aux autres... Niphredil, crois-moi, ces elfes ne sont pas des gens bien, et leur beau visage ne cache que lâcheté et sournoiserie.
-Père, gémit Niphredil, je sais que vous n'avez fait cela que pour me protéger... Je vous en prie, ne m'abandonnez pas...
-Jamais, répondit Thorin, la voix brouillée par l'émotion. Il hésita un instant et puis fermant les yeux et déclara : tu ne dois pas t'approcher des elfes à nouveau... Ils... Ils pourraient te faire du mal, m princesse. Thranduil est un monstre, qui te fera du mal s'il en a l'occasion ! Tu dois jamais revoir le prince Legolas, car la même cruauté coule dans ses veines...
-Il... Il n'a pas l'air méchant, murmura Niphredil, il disait vouloir me protéger... Il est peut-être différent des autres !
-Non ! S'exclama Thorin en saisissant son menton d'un juste dur, non tu ne dois pas croire ça ! Si tu lui en donnes l'occasion, il t'emmènera dans leurs cavernes, t'abreuvant de belles paroles, et il te privera de ta liberté ! Tu seras enfermée dans leurs cavernes, et jamais, le roi ne t'en laissera ressortir ! Pourquoi crois-tu donc que jamais nous ne croisons la route des elfes de la Forêt Noire ?
Ses mensonges et ses exagérations grossières dont il l'abreuvait lui écorchait les lèvres, mais Thorin était convaincu de faire ce qui était juste. Pour son peuple, mais aussi pour la sécurité de sa protégée, car sa colère envers les elfes l'avait aveuglée depuis bien des années.
Si le prince elfe remettait la main sur Niphredil, il perdrait sa future ambassadrice pour défendre le peuple d'Erebor auprès des elfes. Mais s'il savait en son cœur qu'auprès d'eux, elle n'aurait pas eu à travailler dans une auberge comme serveuse... Elle vivrait à l'abri de la guerre, dans l'insouciance dû à l'enfance...
Thorin resta avec sa fille et sa sœur durant la matinée, laissant son père, Train, les soins d'expliquer aux autres leurs plans. En effet, le roi en exil ainsi que son fils souhaitaient rejoindre le reste dès leurs dans les Montagnes Bleues où dit-on, il y avait nul guerre.
Un havre de paix, ou enfin, les nains d'Erebor pourraient se reconstruire.
Le départ s'effectuerait au plus vite, car Thrain trouvait déshonorant pour son peuple à devoir servir les Hommes qui s'enrichissaient sur son dos, et à présent les monts brumeux n'avaient plus rien de bien à offrir à ce peuple en exil.
Midi approcha, et alors que dis venait de finir de préparer la salle de l'auberge quand elle entendit frapper à la porte. Pensant que ses premiers étaient pour une fois bien matinaux, elle ouvrit la prise et fut des plus surprise en découvrant trois elfes devant elle, vêtu d'une tenue de cavalière.
C'était la première fois qu'elle en voyait, en dehors de Niphredil, mais il n'y avait pas d'erreur possible.
Ils étaient grands et élancés, dégageant une aura douce et rassurante que nul écrit ne serait rapporter avec exactitude, tant ils semblaient appartenir à un autre monde.
Ils viennent pour elle, comprit immédiatement la naine en voyant les elfes la dévisager avec un air à la fois déçu et condescendant.
-Bonjour madame, je suis le prince Legolas, fils de Thranduil, est je suis à la recherche d'une jeune fille de mon peuple que l'on aurait aperçu dans les environs.
-Il n'y a pas d'elfe dans cette ville, répondit précipitamment Dis, enfin... Il n'y a que vous, que j'ai vu depuis mon arrivée ici.
-Un palefrenier de la ville nous a dit qu'il y avait une jeune femme qui travaillait ici qui correspondait à la description à la jeune demoiselle que nous cherchions, insista Wilwarin en rejetant en arrière l'une de ces mèches brunes, pouvons-nous entrer ?
-Heum... Oui bien sûr, c'est une auberge ouverte à tous, je vous en prie, entrez, lâcha-t-elle nerveusement en s'écartant pour laisser passer les trois elfes. Elle passa derrière le bar et selon leur souhait, elle leur servit à chacun un café d'une main tremblante.
La nervosité de la jeune naine n'échappa pas aux trois clients, qui s'échangèrent un regard entendu alors que Legolas raconta l'histoire de sa rencontre de la veille à Dis, scrutant la moindre de ses réactions.
La naine était de plus en plus mal à l'aise devant le regard inquisiteur des elfes, et craignait par-dessus tout que Niphredil n'apparaisse à chaque instant. Sa nièce par adoption était partie avec son père lui donner une chambre pour qu'il puisse se doucher et prendre du repos, et elle risquait de revenir d'un moment à l'autre pour venir l'aider.
De plus, le prince Legolas semblait déterminé, et lorsqu'il brandit le ruban de soie, elle crut voir un espoir de le faire partir :
-Oh, ça, c'est un ruban qui provient de la cité de Foncombe ! Un marchand est passé il y a une semaine pour en vendre ! Peut-être voyageait-il avec la demoiselle ! Il disait se diriger vers la Lorien, je lui en ai moi-même acheter, comme vous pouvez le voir.
La porte derrière elle claqua, et Dis se retourna prestement, et découvrit avec soulagement Thorin, seul. Ce dernier, les cheveux encore humides du bain qu'il venait de prendre, se figea en voyant les trois elfes devant le comptoir :
-Que se passe-t-il, ma chère? Demanda le prince nain avec humeur, visiblement très contrarié par ses clients inattendus.
-Nous cherchons une des autres, répondit Legolas d'un ton glacial en reconnaissant le nain, et d'après nos informations, elle travaillerait ici.
-Il n'y a pas d'elfe ici, répliqua Thorin sans ciller, la mâchoire serrée, il n'y a que ma sœur, Dis. Et je doute que ce soit elle que vous ayez vu roder seule dans les bois cette nuit, elle n'est pas assez stupide pour encourir pareil danger.
Au grand dam de Thorin, à peine eut-il achevé sa phrase qu'il entendit la voix de Niphredil qui s'exclama en Khuzdul qu'elle avait besoin d'aide pour lasser son corsage.
Le prince en exil ferma les yeux, et soupirant, il ouvrit la porte qui accédait aux étages et tomba nez à nez avec sa fille. Il sentit le regard des elfes peser sur lui, et dans un instant de panique, il gifla le jeune elfe avec force, la projetant au sol et s'écria en sa langue maternelle, que nul elfe ne pouvait comprendre :
- Idiote ! Ils sont ici, pour venir te prendre ! Va donc te cacher rapidement ou ils te traîneront devant leur roi !
Il réalisa trop tard ce qu'il venait de faire, et malgré le remords, il n'avait pour le moment qu'une seule chose à l'esprit : se débarrasser du prince de la Forêt-Noire au plus vite. Il claqua la porte d'un geste rageur et s'exclama avec colère :
-Que regardez-vous ainsi ?
-C'était la voix d'une demoiselle, souffla Amdir, les yeux emplis de rage, alors que Legolas se contenait de fusiller le prince en exil du regard, scandalisé par la façon dont il traitait les siens.
-C'est ma fille, siffla Thorin, mon sang, et je puis vous assurer qu'elle n'a rien à voir avec les affaires des elfes.
-C'est donc ainsi que les nains élèvent leurs enfants, lâcha Legolas, les yeux emplis de dégoût et de mépris. Partons, et espérons que notre jeune amie à fait meilleur rencontre sur sa route.
Fin de chapitre.***.
Vos impressions ?
Je m'excuse platement pour les fautes d'orthographes et de grammaires qui ont pu se glisser ça et là, c'est moche, mais c'est hélas ma grande faiblesse.
Lexique sindar
Wilwarin : papillon
Amdir : espérance
