Pomme en Or, épée de Glace

Un petit bonjour en ce beau samedi ! Voici donc le troisième chapitre. Encore un grand merci à ma correctrice !

Le chapitre 4 viendra un peu plus tard, car je risque de ne pas avoir internet la semaine prochaine !

Bonne lecture

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Chapitre 3 : Une marque de fabrique

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Un léger bruit le fit revenir à la réalité, et il fixa le corps endormit. Elle commençait à s'agiter étrangement, s'agrippant violemment à un coussin. Elle semblait crier, mais en silence. Il l'observa alors avec plus d'attention. Les gestes devenaient plus brusques, violents, comme une personne qui se protège puis se débat.

Sur un mauvais pressentiment il se baissa, bloquant au passage les mains d'Eloïse qui se réveilla sous cette pression.

Ses yeux fixèrent le visage fermé du professeur pendant quelques minutes, en reprenant difficilement sa respiration. Il ne bougeait pas, et regardait attentivement le visage crispé de la petite.

- Que s'est-il passé ?

- Je vous ai placé sur le canapé, et vous vous êtes mise à bouger énormément.

- Crié ?

- Non.

- Vous pouvez me lâcher ?

- Non.

Elle le regarda, surprise. Elle lisait une sorte d'amusement sur le visage du professeur. Sadique ?

- Si ce n'est pas dangereux, oui, finit-il par répondre sarcastiquement.

- Désolée de vous déranger, monsieur.

- As-tu fait exprès ?

- De ?

- Bouger autant.

- Non.

- Alors ne t'excuses pas, répliqua Snape en sortant de la pièce.

Il ramena une petite bouteille qu'il lui tendit.

- Boit.

- C'est quoi ?

- Du poison, fit-il agacé.

- Ha, ha.

- Ça t'aidera à dormir une petite heure sans rêve. Bois maintenant.

Elle prit alors le flacon, tout de même un peu méfiante, bu et sentit ses muscles se détendre dangereusement.

- Ne résiste pas, ça ne servira à rien. Dors.

Ce fut la dernière chose qu'elle entendit avant de sombrer dans un sommeil profond. Severus l'allongea à nouveau sur le canapé, faisant apparaître un drap sur elle. Il s'assit à côté, posant la tête d'Eloïse sur ses genoux, et pointant sa baguette sur la tempe de la petite brune.

Une chose le perturbait depuis son arrivée. Les jeunes filles de Poudlard étaient bien plus « vivantes » et énergiques que cette demoiselle que Dumbledore lui avait expressément demandé de chercher. Quelque chose clochait.

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Il était dans un grand hall, d'une maison semblait-il. Son regard fut attiré par la grande marche qui séparait cette pièce, à ce qui semblait être une salle à manger. Une petite fille bloquait le chemin à un homme plus âgé, plus âgé que lui-même. Cet homme était impulsif et visiblement mécontent.

- Arrête ton cinéma. Laisse-moi passer.

- Non.

- Ce n'était pas une question.

- Arrêtez de vous battre, de vous disputer, s'il-vous-plaît !

- Dans ta chambre ! Immédiatement ! cria l'homme.

Il la poussa par terre, et marcha rapidement vers l'étage. Une porte claqua. Des cris. Une chute. Deux, certainement. Des cris, et encore des cris.

La vision disparue, laissant place à une autre maison. Une femme venait de traverser violemment une porte fenêtre, un bras en sang, sous le regard de la même jeune fille. L'homme de la précédente maison hurlait toutes sortes d'injures sans se lasser.

Un autre lieu apparut. Un grand parc. La jeune fille était cachée derrière un arbre et on entendit distinctement le couple parental se plaindre que leur idiote et encombrante fille ne soit pas décédée lors de l'accident.

Une autre pièce apparut, des pots en terre explosés sur le sol carrelé. Des restes de fleurs et de la terre étaient éparpillés, et la fille, qui semblait un peu plus âgée, tentait de nettoyer derrière l'homme qui continuait sa crise de nerfs.

Puis une chambre, assez sombre. Le couple buvait. La femme expliquait à la fille qu'elle n'avait jamais voulue d'elle, le père renchérissant en la qualifiant d'erreur de la nature, comme sa mère. La fille, elle, ne bougeait pas, le bronchait pas, ne pleurait pas. Elle se contentait d'écouter, sans rien dire.

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Les jours passèrent, et Eloïse, Eléonore, découvrait un nouveau monde. Un monde où la magie s'apprenait dès le plus jeune âge dans les grandes familles sorcières, ou plus tard lorsque les enfants venaient de familles ayant oublié la magie.

Snape avait longuement réfléchi sur l'enseignement qu'il pourrait lui donner, et Eloïse ne semblait pas être une élève difficile. Il lui avait vaguement expliqué le fonctionnement d'un apprentissage chez les sorciers, les règles de vie et de fonctionnement du Maître et de son apprenti. Il évita cependant de trop lui expliquer les punitions qui s'en suivaient si l'apprenti n'écoutait pas son Maître.

Il l'évita, car cela faisait déjà une semaine qu'il fouillait dans les souvenirs de celle que lui avait confiée Dumbledore. Etait-il au courant de tout ce qu'elle avait vécu ? Des coups, des insultes, de l'ignorance de sa propre famille ? Il en doutait fortement. Albus souriait toujours en parlant de sa filleule, étant certain qu'elle eut une belle vie jusqu'ici et ne comprenant pas, ou ignorant, les questions de son enseignant.

Severus donnait donc à son élève des potions de sommeil, de temps en temps. Elle devenait un peu plus docile, et avait l'air plus reposée. Elle commençait le matin par une heure de théorie sur les Potions, pour ensuite apprendre les bases de la pratique. Deux heures après venait une heure de Sortilèges, et Snape lui expliquait les grandes lignes de l'Histoire de la Magie durant le repas. L'après-midi était consacré au jardin, ou plutôt la Botanique. Il lui apprit à reconnaître les plantes, et la délicatesse avec laquelle nous devons les soigner et nourrir. Il lui donna un livre théorique avancé sur la métamorphose, généralement utilisé pour les élèves à domicile. Elle avait beaucoup de questions, mais les notait sur un papier au lieu de déranger Snape toute les cinq minutes – ce pourquoi il lui fut reconnaissant.

Il se dit avoir eu beaucoup de chance. Elle semblait organisée et structurée et acceptait les critiques sans en faire toute une histoire comme ses élèves sans cervelle. Cependant il lui arrivait de vouloir la frapper quand elle posait la même question trois fois dans la même journée. Mais elle s'habitua à prendre plus de notes que nécessaire, craignant certainement une remontrance comme il en avait aperçu dans ses souvenirs.

Il fut impressionné par le calme de son élève. Il était strict et très précis dans ses gestes, reprenant Eloïse à chaque mauvaise manipulation lors des préparations des potions. Il la reprenait aussi régulièrement lors des cours de botanique, lui demandant de répéter par cœur les propriétés de telle ou telle plante.

- En parlant de pierres, répétez-moi la définition du Bézoard.

- Bézoard est un nom venant du persan, pādzahr, et qui signifie « préserve du poison ». C'est un corps étranger, qui ressemble à s'y méprendre à une pierre, que l'on retrouve dans l'estomac d'animaux ruminants et le plus souvent dans celui de la chèvre.

Il est cité depuis le 15ème siècle dans des écrits de médecins qui distinguent trois types de Bézoards.

Il y a les pharmacobézoards qui sont formés d'amas de médicaments ou de leurs enveloppes, les phytobézoards qui eux sont formés de débris végétaux, et les trichobézoards qui sont formés de cheveux ou de poils. Les amas sont favorisés par un ralentissement de transit digestif.

Les alchimistes Moldus et Sorciers s'intéressaient de près à cette pierre qui peut sauver la vie de personnes empoisonnées – mais cela ne fonctionne que si la personne concernée a une présence, au moins minime, de Magie dans les veines – et de par la constitution de cette pierre, les alchimistes trouvèrent au cours des siècles précédents différentes significations. Il y eut alors cinq sortes de Bézoard : le bézoard d'étain, d'or, lunaire, martial et minéral. Un bézoard minéral soignera tous les poisons communs, alors que les autres soignent des poisons bien précis et plus coriaces.

- Très bien. Maintenant parlons de la Mandragore.

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Eloïse n'était pas très fan de la Botanique, mais fut surprise de prendre un certain goût à la préparation des potions. Elle n'avait jamais aimé cuisiner, et c'était un thème à ne pas aborder avec elle car elle n'avait jamais réussi à se servir convenablement d'ustensiles de cuisine. Dès qu'elle mettait quelque chose au four, la nourriture en question se retrouvait brûlée. Peu importe qu'elle ait suivi à la lettre les instructions ou que quelqu'un lui ait montré et expliqué en détails tout ce qu'elle devait faire.

Mais Snape lui expliquait les erreurs à ne pas faire, ce que cela pourrait engendrer. Il semblait que cette sorte de malédiction sur le mot « cuisine » ait disparu avec son apparence d'avant.

Les Sortilèges lui plaisaient aussi, au contraire de l'Astronomie qui l'ennuyait un peu, bien que les livres soient intéressants. Elle s'intéressait aussi aux runes, et les heures de lecture passaient trop rapidement. Snape dû sévir à plusieurs reprises afin qu'elle arrête de lire et aille dormir. Elle avait toujours cette crainte de s'endormir et de refaire les mêmes cauchemars, bien qu'elle dormît mieux ces derniers jours.

Eloïse avait acquis de très bonnes bases en potions et quelques sortilèges simples durant la première semaine, et elle avançait de plus en plus rapidement. La deuxième semaine fut ponctuée de quelques heures de théorie sur la Défense en sortilèges par un des professeurs qui avait « du temps à perdre » comme avait dit Snape au détour d'un couloir. Pas qu'il trouvait son élève privée difficile, mais il ne comprenait toujours pas la décision de Dumbledore de la lui confier. D'autant plus que cela faisait plus de cinq jours qu'il n'était pas passé voir sa filleule. Pas que le vieil homme lui manquait, non, mais Dumbledore n'avait pas posé une seule question sur le bien-être de la jeune fille depuis son arrivée.

Le Maître des Potions, bien qu'il eût préféré son Manoir personnel au Château pour ses soi-disant vacances, sourit à la pensée qu'il aura au moins une fois réussi à faire quelque chose d'un de ses élèves. Car Eloïse comprenait rapidement les consignes et les mettait en œuvre. Elle avait des questions de plus en plus perspicaces et réfléchies. Il arrivait parfois, bien sûr, qu'il faille lui répéter une consigne plusieurs fois. Personne n'était parfait, et elle avait de temps à autre quelques difficultés à comprendre le sens d'une phrase.

Mais il n'avait pas besoin d'expliquer très longtemps pour qu'elle comprenne. Elle se débrouillait et son travail était d'autant plus réussi lorsqu'elle laissait un peu de place à son instinct. Sa magie, qui apparemment avait été bridée, fut ravivée par Snape qui ne demanda guère l'autorisation de Dumbledore. Il fit par ailleurs bien attention que la santé de son élève n'en pâtisse pas.

- Severus ?

Une femme, grande et mince, les cheveux roux et longs, sortit de la cheminée sous le regard d'Eloïse.

- Pompom, bonjour. Voici Eloïse, fit Snape en fronçant les sourcils.

Eloïse se leva rapidement, et se présenta devant l'infirmière, s'excusant auprès de Snape de ne pas s'être levée immédiatement.

- Pas de soucis, Eloïse. Comment te sens-tu ? Tu es ici depuis plus de deux semaines et je ne t'ai pas encore rencontrée, j'aurais pensé qu'Albus te ferait faire un check complet, fit l'infirmière qui semblait mécontente.

- Albus n'est pas venu depuis une semaine, Pompom. Il a certainement d'autres choses à faire.

- Il la délaisse beaucoup, je trouve.

- Je ne veux pas déranger, fit Eloïse d'une petite voix.

- Oh mais tu ne déranges pas, mon enfant. Allez, viens. On va le faire ici ce check, qu'Albus le veuille ou non. Ça te convient, Severus ?

Il acquiesça. De toute façon, ce n'était pas comme si Poppy lui posait réellement la question, et il préférait, les descendants de Merlin seuls savent pourquoi, être présent.

- Oh oh, fit l'infirmière, après son premier sortilège.

- Que se passe-t'il ?

- Rien de grave, ma belle. Mais je vois que ta magie a été bridée par deux fois.

- J'ai défait le sortilège il y a trois jours, Pompom.

- Oui, j'ai remarqué. Mais Albus va en entendre parler ! Il a bridé la magie de cette enfant à la naissance et lors de son arrivée. Bon Dieu mais qu'est-ce qui lui est passé par la tête ? Un petit corps ne peut guère supporter autant de magie confinée !

- C'est vraiment Albus qui a fait cela ?

- Oui Severus, il n'y a pas de doute là-dessus. C'est sa marque de fabrication.

Elle montra une croix légèrement grise sur l'épaule d'Eloïse.

- En y réfléchissant bien, ce n'est peut-être pas une bonne idée de lui en parler…

- Il s'en rendra compte, non ?

- Pas forcément Eloïse, si tu fais attention à ne pas t'énerver et brûler le château, fit Pomfresh.

- Pas rassurant…

- Ne t'inquiète pas ma grande. C'était déjà dangereux de sa part de te rendre ton apparence sans la présence d'un médicomage ou d'un guérisseur. Des fois je me demande s'il se croit capable de soigner les pires blessures. Non, non, non, ce n'est pas bon.

- Du calme Pompom, fit Snape d'une voix agacée. Eloïse va bien, c'est le principal, non ?

- Oui mais apparemment, ce n'est pas tout.

Pomfresh scannait la jeune adolescente depuis dix minutes déjà, et Snape connaissait la signification des couleurs. L'infirmière écrivait quelques phrases dans un carnet, et donna une liste à Snape.

- C'est bien toi, son tuteur pour le moment, non ?

- Oui, mais…

- Pour le temps qu'elle passera ici. Ceci reste entre nous. Faites ces potions à deux, et remplissez mes stocks pour l'an prochain aussi. Je sens que les Weasley vont nous en faire voir de toutes les couleurs. Eloïse, si tu as un souci, n'importe lequel, viens me voir, compris ?

Le ton autoritaire de l'infirmière ne rassura pas Eloïse, mais elle acquiesça lentement après un coup d'œil vers son professeur actuel. La femme repartit et elle voulut demander des explications au professeur qui lui fit signe de se taire.

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