Salutations,

Bienvenus à ceux qui prennent la lecture en cours de route et merci à ceux qui me suivent. Voici le le deuxième chapitre, l'intrigue prend forme petit à petit et le profil des différents personnages s'étoffent. Changement de POV ici : introduction de Ron qui, vous le verrez, est plus complexe que dans la saga littéraire que nous connaissons tous. Toutefois, je tenterai de ne pas trop dénaturer son caractère originel. Dans l'attente de vos retours, enjoy yourself et excellent week-end ;)


CHAP II – Rêve et cauchemar

Ronald Weasley venait de se réveiller en sursaut. Pendant près d'une demi heure il était resté assis sur son lit, à regarder droit devant lui un point dans l'obscurité, la respiration haletante. Il se demandait quelle mouche pouvait l'avoir piqué pour avoir pu rêver de Malefoy. Oui, car il s'agissait bien de Malefoy dont il était question. Il hurlait de douleur, il gémissait recroquevillé sur lui même. Il tenait son bras en sanglotant, la manche relevée laissait apercevoir une marque rougie. Ron avait encore l'odeur de la chair brûlée dans les narines ce qui le perturbait énormément. Son propre bras le faisait souffrir à présent, il le malaxa doucement et l'examina d'un peu plus près sous la lumière lunaire, il n'y avait aucune rougeur ni même une démangeaison. Il se leva de son lit et alla chercher un paquet de cigarettes qu'il avait soigneusement planqué à l'intérieur de sa table de chevet, une mauvaise habitude qu'il avait prise récemment avec les jeunes du village d'à côté. Il ouvrit légèrement la fenêtre et y cala un morceau de bois, se plaça sur le rebord où quelques allumettes étaient subtilement cachées derrière un rideau. Il en craqua une et alluma une cigarette qu'il porta à sa bouche, puis il tira une longue bouffée. Il toussota un peu. Cela ne faisait pas longtemps qu'il fumait, il n'avait pas encore la technique. Il repensa à son cauchemar, il ferma les yeux pour repasser en boucle les derniers images gravées sur sa rétine : Malefoy en pleurs tombant à genoux. La manche relevée sur son bras laissait entrevoir la marque des Ténèbres.

Drago Malefoy était devenu un mangemort. Il en était persuadé. A seize ans ? Impossible ? Justement. On ne se méfiait jamais de l'eau qui dort et Malefoy était tellement insignifiant qu'il pouvait engendrer des dégâts colossaux sans attirer l'attention.

Devait-il en parler à Hermione, à Harry? Sûrement, mais il verrait ça plus tard. Il était bien trop tôt pour se prendre la tête. Il ne sentait pas de leur dire qu'il fondait son pressentiment sur un rêve. On ne le prendrait pas au sérieux. Il n'était jamais pris au sérieux de toute façon. Cependant, rien de l'empêcherait de garder un oeil ouvert lorsqu'il retournera à Poudard et de tirer cette histoire au clair. Ron retourna à son lit pour prendre un objet carré en plastique sur sa table de chevet. Il s'agissait d'un wakeman à pile que son père lui avait refilé après l'avoir trafiqué dans son atelier. Ron avait mit un certain à comprendre comment fonctionnait cet appareil, là encore il avait du demandé au moldu d'à côté de lui expliquer. A y songer, il avait du paraître complètement idiot ce jour là, mais bon n'empêche que ce fut un mal pour un bien car il avait découvert un artiste génial. En effet, à l'intérieur du wakeman il y avait une cassette d'un chanteur qui s'appelait David Bowie et depuis qu'il avait entendu sa musique il ne pouvait plus s'en passer. Il mit ses écouteurs et appuya sur le bouton 'play'.

I, I will be king And you, you will be queen

Though nothing, will drive them away

We can beat them, just for one day

We can be heroes, just for one day

And you, you can be mean

And I, I'll drink all the time '

Cause we're lovers, and that is a fact

Yes, we're lovers, and that is that (1)

Ron grilla une deuxième cigarette, il était plus détendu. La douleur à son bras s'atténua peu à peu et son coeur se fit moins lourd. Il était resté peut être une heure ainsi, immobile à contempler les étoiles, à la recherche de constellations avant que les premiers rayons solaires ne se montrent. Il vit alors son père transplaner dans le champ de blé près du Terrier. Ron éteignit la musique, sa cigarette et se retira de la fenêtre. Il s'habilla promptement, enfila un vieux T-shirt, un pantalon foncé au bas élimé et mit ses converses usées. Il descendit dans la cuisine. Presque simultanément la porte d'entrée claqua. Son père se dirigea dans la cuisine en remarquant à peine son jeune cadet venu l'accueillir. Arthur Weaskey, d'habitude si joyeux, était hagard. Il avait les traits tirés, sa cape était couverte de poussières grises, enfin plus qu'à l'accoutumé. La nuit avait du être dure encore une fois. Depuis le retour officiel de face de serpent les mangemorts s'en donnaient à coeur joie, détruisant tout ce qu'il y avait sur leur passage. Ron vint s'asseoir à la table. Soudainement, il porta sa main à son flanc droit. Il avait l'impression qu'on l'avait frappé si fort qu'il eut le souffle coupé. Il tomba de sa chaise. Arthur Weasley, qui venait de réaliser la présence de son fils, réagit.

- Mon grand, s'inquiéta t-il. Tu as mal quelque part?

- Ce n'est rien, un point de côté sûrement.

- Laisses-moi voir ça, ordonna le père. Lèves ton t-shirt.

Ron s'exécuta sans broncher.

- Ben, dit donc, tu as un sacré bleu ma parole. Il est déjà bien violacé. Tu t'es cogné récemment?

- Non, répondit Ron, étonné. Madame Pomfresh a soigné les derniers bobos laissé par les tentacules du cerveau. Depuis, il m'est absolument rien arrivé. Je te promets!

Arthur sonda son jeune fils pour savoir s'il lui mentait mais il vit rapidement qu'il lui disait la vérité. Ron était un piètre menteur, même pour lui. Il alla chercher le pot de dictame et commença à l'étaler sur la zone bleutée.

- Tu es bien matinal aujourd'hui, s'exclama le vieux sorcier.

- Eh! Tu sais, je peux être un lève tôt si je veux.

- Je te taquine, dit-il à son jeune fils en lui ébouriffant les cheveux.

- Maieeeuuhhh! Tu sais combien de temps il m'a fallu pour obtenir ce décoiffage extrêmement naturel ?

Arthur ne put s'empêcher de sourire. Pendant qu'il massa son fils il ne put s'empêcher de noter que le bleu de son fils était exactement au même endroit où était le sien. Drôle de coïncidence pensa t-il. Dès que l'essence de dictame entra en contact avec sa peau, Ron sentit un soulagement instantané. Le bleu se résorba en quelques secondes. Un bruit à l'étage attira l'attention des deux hommes. Ils regardèrent la vieille pendule qui indiqua que l'aiguille de Molly Weasley quittait la case "en train de dormir" pour se placer sur la case "à la maison".

- Je crois que ta mère est réveillée. Et si on lui faisait la surprise de préparer le petit-déjeuné, qu'est-ce que t'en dis ?

- Je m'occupe de dresser les couverts, proposa Ron.

Quelques minutes plus tard, la table fut dressée et les toasts grillés. Erol toqua à la fenêtre de la cuisine, Ron l'ouvrit, nourrit le vieil hibou avant de détacher de sa patte l'édition du matin de la gazette du sorcier. Ron ne prêta pas attention à la couverture qui titrait la destruction du pont de Brockdale par les mangemorts et de l'action héroïque d'un modeste employé du Ministère qui aida à sauver des moldus coincés sous les décombres malgré une blessure aux côtes.

Pendant ce temps, à Londres, il régnait un chaos indescriptible. Le pont de Brockdale n'était plus, un grondement l'avait emporté et avec lui des dizaines d'automobilistes. Seuls les sirènes rouges et bleus des secours éclairaient encore les rives de part et d'autres de la rivière désormais nue. Au loin, on pouvait entendre dans le ciel le vombrissement d'un hélicoptère. Les derniers blessés venaient d'être évacué vers les centres hospitaliers du secteur et les enquêteurs sur place s'activaient à recueillir des éléments pour les scientifiques et analysaient les fondations pour trouver la cause de l'effondrement. Non loin de là, les médias offraient en exclusivité les premiers images de l'évènement. Le malheur n'attendait pas.

Près d'un pilier en miette, un homme de petite stature en trench foncé progressait doucement avec une lampe torche, il fallait dire qu'il n'était plus tout jeune. Il avait le front dégarni et des poches assez marquées au niveau des yeux. Malgré la fatigue il était

A première vue, il ne voyait aucune trace d'explosif. L'inspecteur Dale était perplexe, il ne savait pas ce qui avait pu causer l'effondrement du pont. D'après les témoignages qu'il avait pu recueillir il n'y avait eu aucune secousse ressentie avant la catastrophe, ni la moindre déflagration. Un accident? Les câbles avaient-ils lâché? Alors qu'il était en pleine réflexion quelqu'un l'interpella :

-Inspecteur Dale, regardez ce qu'on a découvert!

Le dénommé Dale rejoignit son collègue enjambant tant bien que mal les gravas. Il ne mit pas longtemps à l'atteindre.

Le policier lui montra un masque grotesque en forme de tête de mort qui lui était malheureusement familier.

-Vous avez l'air de savoir ce que c'est, je me trompe?

-La dernière fois que j'ai vu cette chose c'était il y a près de seize ans. Je pensais ne plus jamais revoir cette horreur. Si c'est ce que je crois il va nous falloir l'aide d'un spécialiste qui a déjà travaillé sur le sujet. Aller me chercher Harry Dresden au plus vite.


(1) RIP David Bowie

(2) RIP Alan Rickman, éternel Rogue.

(3) Qu'arrive t-il à Ron?

(4) Le fameux Harry Dresden arrive au prochain chapitre.