Auteur: Si on prenait le temps
Titre: Si on prenait le temps
Disclaimer : Les personnages et le cadre de Poudlard appartiennent à J.K.R, je ne les utilise que pour inventer mes propres histoires, sans en tirer profit
Rating: M pour des relations explicites entre deux hommes et un langage cru par moment.
Pairing + Warning: HP/DM, mon couple préféré. Homophobes, s'abstenir.
Note: Bonne nouvelle, j'ai eu plus de temps que prévu (merci les RTT !) donc j'ai fini de diviser le récit en chapitres, il y en aura 15. J'ai également pu me relire. Donc je vais accélérer les publications (deux à trois chapitres par semaine) le temps de faire une troisième relecture. Assez parlé de moi, je vous laisse avec le chapitre 3.
Bonne lecture.
Chapitre 3 : Rentrée
Enfin arrivés au manoir du 12 square Grimaud, les jeunes gens se séparèrent. Pour son plus grand malheur, Harry se retrouva seul avec Ginny.
- Harry, commença-t-elle, je crois que je n'ai pas été très compréhensive avec toi…
- Au contraire, Ginny, s'empressa de continuer Harry, je trouve que tu as plutôt bien pris la chose…
- Hermione m'a parlé sur le chemin du retour…
Harry sentit sa gorge se nouer. Hermione lui avait parlé… de quoi exactement ? Il n'eut pas à attendre longtemps la réponse.
- Comment ne t'es-tu jamais rendu compte que tu étais gay ? demanda-t-elle de but en blanc. Je veux dire, tu t'es réveillé un jour en te disant que les femmes ne t'intéressaient pas, ou bien c'est moi qui… t'ai dégoûté ?
Devant la mine triste de Ginny, Harry se sentit vraiment mal à l'aise.
- Ginny, tu ne pourras jamais dégoûter personne. Tu es une fille sublime, mais je me posais des questions depuis un certain temps, et il est apparu que je ne suis pas indifférent à la gente masculine…
- Tu n'es pas attiré par mon frère n'est-ce pas ?
Harry explosa de rire devant l'expression de panique sur le visage de son ex petite amie. Ce qui ne lui plut pas, apparemment.
- Si ce n'est pas ça, alors comment ?... Son visage s'éclaira alors, elle venait d'avoir une illumination…Malfoy…
« Oups, je suis cuit, elles sont deux à la savoir maintenant, il ne manquerait plus que Ron le sache et je suis sûr que tout Poudlard sera au courant demain matin… ». Ginny sembla remarquer la lueur de panique dans les yeux de Harry.
- Ne t'inquiète pas, je serais une tombe. Est-ce que Hermione est au courant, parce qu'il faut que j'en parle à quelqu'un.
- Je croyais que tu avais dit que tu serais une tombe…
- Oui, mais Hermione est au courant, n'est-ce pas ?
- Oui…
- Je suis soulagée, c'est elle qui le dira à Ron.
- Attend, mais dire quoi à Ron ? Harry ne contrôlait plus rien du tout là…
- Que tu as craqué sur Malfoy. C'est un peu soudain, mais c'est vrai qu'il fait de l'effet sans son casque de gel sur la tête et son masque d'indifférence…
« Alors c'était ça qui m'avait échappé chez Malfoy, il ne porte plus de gel… Il est beaucoup mieux maintenant, comment j'ai fait pour ne pas m'en apercevoir? je l'ai maté toute la journée… Oups, lapsus révélateur… » Harry se dit qu'il devait faire comme avec Hermione et remettre les choses en place dès le début.
- Je ne craque pas sur Malfoy, il semblerait que je craque pour les mecs ayant le physique de Malfoy, ce n'est pas pareil du tout, Ginny.
- Tu as raison, ce serait beaucoup plus embêtant si Malfoy avait décidé de passer du côté de la Lumière et de devenir gentil, reconnaissant et aimable…
Elle lui fit un petit sourire en coin, que Harry reconnu comme étant la marque de fabrique d'Hermione, puis elle disparut dans le couloir, le laissant tout à ses pensées tournées vers l'ex Serpentard.
Le temps du dîner était arrivé bien vite, ils avaient tous très faim, les bonbons ne font pas un déjeuner très satisfaisant. Aussi, après avoir préparé leurs affaires pour la rentrée, ils se jetèrent tous dans la cuisine pour le dîner. Molly et son mari, rentré du travail, étaient en bout de table. Il avait été décidé par Harry dès le début de leur cohabitation que les Weasley, qui lui faisaient office de parents, auraient les places d'honneur, même si la maison lui appartenait. Ce qui avait beaucoup ému ses amis durant cette période difficile, après que le Terrier ai été brûlé par les Mangemorts. « Encore de ma faute », ne pouvait s'empêcher de penser Harry.
Ainsi, Harry était placé à la droite de Arthur, puis les autres se plaçaient comme ils voulaient. Ce soir-là, Malfoy se retrouva à côté de Harry, « Comme par hasard » se dit Harry en envoyant un regard noir aux deux filles qui faisaient comme si de rien n'était. Heureusement pour lui, la table était très grande et les places espacées, étant donné qu'elle avait l'habitude de servir de table de réunion à tout l'Ordre du Phénix durant les heures sombres de la guerre.
Molly leur avait préparé un repas de gala pour leur dernier soir au manoir. Ils n'avaient plus de soucis d'argent étant donné que Harry avait imposé de participer grandement aux frais de la maisonnée. Tous leurs plats préférés étaient représentés.
- Maman, tu as même fait de la purée de patates douces, s'ébahie Ginny.
- Oui, j'ai essayé de vous faire plaisir, chaque plat est le préféré de l'un de vous. J'espère que je ne me suis pas trompée pour toi, Draco ? Demanda-t-elle alors que Draco ne quittait pas des yeux un plat de lasagnes.
- Comment avez-vous su, Madame Weasley ?
- Tu peux m'appeler Molly, comme les autres, et j'ai mes indics… Lui répondit-elle avec un clin d'œil.
Malfoy lui fit un sourire renversant, enfin, du point de vue de Harry et la remercia chaleureusement. L'ambiance se fit bien plus décontractée et il apparu même que Malfoy prit part à la conversation entre Ron et Harry,naturellement, et sans hostilité. Ils parlèrent de Quidditch en se charriant un peu, mais gentiment. Harry n'en croyait pas ses yeux, et à voir l'expression sur le visage des autres personnes autour de la table, il n'était pas le seul. Quand Malfoy fit entendre son rire clair et pur pour la première fois, il y eut un blanc, tout le monde se retourna vers lui, incrédules. Il baissa la tête, gêné.
- Désolé.
- Tu n'as pas à t'excuser pour ça Draco, on est juste un peu surpris, c'est la première fois que tu te montres naturel avec nous. Comprend-nous, ça fait un choc… Lui expliqua Hermione.
- Tu m'as appelé Draco… Visiblement, il n'en revenait pas.
- Eh bien, entre Gryffondors, on s'appelle par nos prénoms. Lui répondit-elle avec un clin d'œil.
- Merci Hermione, avec tout ce que j'ai pu te dire, …vous dire, ou vous faire, à vous tous, continua-t-il en parcourant la tablée des yeux, je ne pensais pas que vous pourriez m'accepter aussi vite.
- Tu as beaucoup changé, Mal…Draco, se reprit Harry avec un sourire. C'est toi qui as fait le premier pas en faisant tomber ton masque, tu es un des nôtres maintenant.
Draco lui fit le sourire resplendissant qu'il avait vu plus tôt et Harry sentit son cœur battre la chamade dans sa poitrine.
- C'est grâce à Severus, expliqua-t-il, quand il m'a recueillit, il m'a remis les idées en place. C'était vrai ce que j'ai dit à Pansy tout à l'heure sur le chemin de traverse. Il m'a ouvert les yeux. Il s'est comporté comme un père avec moi. Il m'a permis d'aller de l'avant, d'oublier les préceptes que mes…parents m'avaient inculqués.
Il avait buté sur le mot « parents », et Ginny, à sa droite lui caressa gentiment le bras. Il lui fit un sourire de remerciement que Harry n'aperçut que furtivement. Le brun se rendit compte qu'il ne voulait rater aucun des sourires de Draco, cela faisait s'éclairer ses yeux, la plupart du temps éteints. « Je vire Poufsouffle, il ne manquait plus que ça…et en plus, j'arrive très bien à l'appeler Draco, maintenant».
La conversation dévia sur les achats faits plus tôt dans l'après-midi et le repas s'acheva sur une tarte à la Mélasse, dessert préféré de Harry et en passe de devenir celui de Draco, au vu des yeux gourmands qu'il lançait à chaque cuillère avalée. Ceci remis sur le tapis le petit problème de Harry, qui ne faisait que grossir à chaque bouchée goulue de Draco. Il remercia tout de même Merlin, et à l'occasion les filles, pour l'avoir placé à côté de lui et non pas en face. Il n'aurait certainement pas pu s'empêcher de lui sauter dessus et de lui faire goûter autre chose que cette tarte. « Mon Dieu, je deviens pervers et obsédé. Bon, ne pas le regarder, penser à autre chose, comme à McGonogall et Rusard dans la salle sur demande… » Harry se sentit tout de suite beaucoup mieux et parvint à ne plus relever les yeux de son dessert, histoire de ne pas tenter le diable…
Tout le monde étant fatigué de cette journée harassante, il fut décréter que l'heure du coucher serait avancé. Ainsi, les garçons se dirigèrent vers leur chambre en disant bonsoir aux filles. Draco lança un regard interrogateur à Harry quand il vit que Ron et Hermione se roulaient le patin du siècle alors que Ginny et lui se faisaient un simple signe de la main. Harry fit signe à Draco de le suivre dans la chambre. Il referma la porte derrière lui et le regarda d'un air penaud. « Comment dire à Draco que Ginny et moi c'est fini tout en lui cachant que je suis apparemment gay ? Parce qu'il ne faut pas pousser, il est peut-être un peu plus ouvert d'esprit, mais sûrement pas à ce point là… ».
- Ginny et moi c'est fini depuis hier soir. Déclara Harry de but en blanc.
- Eh bien, ça a du être une séparation amicale parce qu'elle ne semble pas t'en vouloir. Mes ex sont loin de se comporter comme elle… Répondit Draco, l'air impressionné.
A la mention des ex de Draco, Harry se sentit mal à l'aise. « Je ne vais quand même pas devenir jaloux, mais je leurre qui ? En plus, je croyais que je n'étais pas attiré par Draco mais par son corps… Je me tuerais pour avoir osé penser ça ».
- J'étais persuadé que Ginny et toi alliez finir ensemble. Continua Draco avec une expression que Harry ne sut pas déchiffrer sur le visage. La vie réserve bien des surprises…
- A qui le dis-tu, marmonna Harry en allant chercher son pyjama. Je prends la salle de bain du couloir, tu peux utiliser celle de la chambre.
Harry n'avait pas du tout envie que la scène de ce matin se reproduise. Quand il revint vêtu de son pyjama rouge en coton, il se trouva ridicule devant un Draco très élégant et aussi très sexy, vêtu uniquement de son bas de pyjama noir, certainement en soie, vu la souplesse du tissu tombant parfaitement sur le fessier musclé de son propriétaire. Harry dû se gifler mentalement pour la douzième fois ce jour-là. Il passa devant Draco et se coucha le plus vite possible pour masquer son état d'excitation avancé. Draco se coucha également et reprit la conversation avant qu'un silence pesant ne tombe.
- Harry, je ne plaisantais pas quand je vous ai dit merci tout à l'heure à table. Je le pense vraiment. En fait, une ligne de conduite de Séverus est de me forcer à dire le plus souvent possible ce que je pense. Ne pas me cacher derrière une façade, un masque comme tu l'as si bien dit toi-même. Je sais que tout cela peut sembler soudain pour vous, mais j'ai fait ce choix il y a plusieurs mois maintenant, et je m'y tiens.
Harry écoutait Draco en silence, les yeux baissés sur sa couverture pour ne pas dévoiler son trouble. Entendre Draco l'appeler par son prénom lui avait serré le cœur.
- Moi aussi je pensais ce que j'ai dit, je respecterai ma promesse, personne ne te touchera.
Ce n'est que quand les mots étaient déjà sortis de sa bouche que Harry compris le double sens de ses paroles. Trop tard, Draco riait déjà.
- Eh bien, c'est gentil, mais j'espère qu'on n'en arrivera pas à ces extrémités, parce que je compte bien être touché… Finit-il d'une voie sensuelle qui fit rougir Harry jusqu'à la racine des cheveux.
Sur ce, Ron entra dans la chambre déjà en pyjama, se coucha et éteignit en leur disant bonne nuit. Ils répondirent en cœur et Harry entendit Draco se retourner dans son lit. Harry se sentit beaucoup plus à l'aise maintenant qu'il était dans le noir. La dernière phrase de Draco ne l'avait pas laissé indifférent et il était encore excité de l'avoir vu torse nu dans son pyjama. Il se refusa à faire le moindre geste vers son érection de peur de se faire repérer par l'un de ses camarades de chambre. Aussi, il visualisa l'image qui avait bien marchée tout à l'heure. La scène entre la directrice et le surveillant. Il du se concentrer énormément pour réduire l'inconfort dans son pyjama et il craignit que l'image mentale qu'il avait crée ne le traumatise à vie.
Lorsque son problème physique fut réglé, il se pencha sur son problème mental. « Oui parce qu'il ne faut pas être très net pour fantasmer sur l'homme qui était encore mon ennemi ce matin.» D'ailleurs, il était étonnant que toutes ses certitudes dans la vie aient été bousculées en une seule et misérable journée à marquer d'une pierre blanche. « Depuis ce matin, j'ai découvert que j'était finalement gay (bien que je m'en doutais un peu), que j'était attiré par Draco, et que ce dernier n'était pas l'être sans scrupules et sans sentiments que j'ai toujours cru ». « Ce fut une journée riche en rebondissements » Conclu Harry avant de se retourner et de s'endormir profondément.
Quand il se réveilla, il aurait juré n'avoir dormit que quelques minutes. Il avait froid, était couvert de sueur et tremblait. « Encore un cauchemar ». Il n'était pas rare qu'il se réveille au milieu de la nuit à la suite du même cauchemar, qui tournait en boucle dans son esprit. En fait c'était plutôt des souvenirs. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Il avait dû être déboussolé aujourd'hui, pour que ses souvenirs réapparaissent.
Cependant, quelque chose clochait. Il n'avait pas encore ouvert les yeux mais il entendait une voix lui parler.
- Harry…Harry, tu as fais un cauchemar, réveilles-toi.
Harry ouvrit les yeux pour distinguer une silhouette dans l'obscurité. Cela ne pouvait être que Draco. Ron avait le sommeil tellement lourd que jamais il ne s'était réveillé suite à un cauchemar de Harry.
- Draco ?
- Oui, tu as fais un cauchemar, je t'ai entendu gémir, et tu tremblais. Est-ce que ça va maintenant ?
D'un geste que Harry aurait pu considérer comme tendre si il n'avait pas été dans un demi coma, Draco remonta les couvertures sur lui et le borda.
- Ca t'arrive souvent ? Demanda-t-il l'air inquiet.
- Ca faisait un petit moment qu'il n'était pas revenu, mais ce n'est pas la première fois. Merci Draco…
- De rien, rendors-toi maintenant. Répondit ce dernier d'une voie douce, berçante.
Harry sentit le poids de Draco se retirer de son lit et il aurait voulu le retenir. Mais il se contrôla et referma les yeux. Il se rendormit avant d'avoir eu le temps d'entendre Draco retourner dans son lit.
Le lendemain, c'est une Hermione surexcitée qui entra en trombe dans leur chambre et commença à tirer les couvertures des trois garçons pour les faire se lever.
- C'est le jour de la rentrée, tout le monde debout, on retourne à Poudlard !!
- C'est pas Noël, non plus, Hermione, modère ta joie, grogna Ron. Mais il se laissa quand même réveiller plus tendrement quand Hermione vint se blottir dans ses bras.
Draco et Harry émergèrent lentement puis se levèrent de leur lit en même temps, se retrouvant assis au bord de leur lit respectif, face à face, leur tête à quelques centimètres de distance. Draco se leva rapidement ce qui aurait du régler le problème mais qui ne fit qu'augmenter le trouble de Harry quand celui-ci se retrouva avec les yeux au niveau de l'entrejambe de Draco. Il se mit à rougir violement sans que Draco ne s'en rende apparemment compte car il se dirigea vers la salle de bain avec ses affaires sous le bras.
- Harry, tu n'es pas très discret…
- Je ne vois pas de quoi tu parles Hermione. Répondit celui-ci en essayant de recouvrer son sang froid.
- J'ai raté quelque chose ? Demanda Ron voyant les yeux courroucés de Harry faisant des allées et venues entre lui et Hermione.
- Rien Ron, je vais prendre la salle de bain du couloir.
Sur ce, Harry pris ses affaires et s'enferma dans la salle de bain en se disant pour la première fois de la journée qu'il était maudit. Il prit une bonne douche froide, histoire de ne pas courir de risques et de bien commencer la journée et rejoignit les autres autour du petit déjeuner.
L'ambiance était détendue, comme la veille au soir. Qui eut cru que Draco se sentirait aussi à l'aise au milieu de tous ces Gryffondors ? « Et en aussi peu de temps » Se dit Harry, qui ne digérait toujours pas que son monde ait pu basculer en seulement 24 heures. Il prit la même place que la veille, aux côtés de Draco et commença à manger en silence.
- Bien, Harry, est-ce que toutes tes affaires sont prêtes ? Demanda Molly. Nous ne devons pas être en retard à la gare.
- Oui Molly, ma malle est dans ma chambre, et Hedwige est dans sa cage, elle est revenue ce matin.
- Les enfants, vous descendrez vos affaires après votre petit déjeuner et on partira aussitôt.
Tous acquiescèrent et la fin du repas se déroula en silence. Au moment de monter chercher leurs affaires, Harry rejoignit Draco.
- Draco, je voulais te demander de ne rien dire à Ron ou Hermione à propos du cauchemar de cette nuit. Ils s'inquièteraient. On a prit l'habitude de se méfier des rêves que je fais, mais ceux-là son inoffensifs.
- Tu peux m'en parler si tu veux… Enfin, je sais que tu dois être déboussolé, et je suis aussi un peu perturbé par la tournure que prennent les choses entre nous tous, mais tu peux compter sur moi. Je ne leur dirais rien.
Puis, il poursuivit :
- Qu'est-ce que tu veux dire par « On a prit l'habitude de se méfier des rêves que je fais », tu fais des rêves prémonitoires ?
- Non, mais durant la guerre, j'avais une sorte de connexion avec Voldemort. (Draco tressaillit à l'entente du nom, ce qui fit sourire Harry). Je voyais des messages qu'il m'envoyait de manière plus ou moins consentante.
- Et maintenant, tes cauchemars, ils te montrent quoi ?
Devant l'hésitation de Harry il se reprit rapidement.
- Je suis désolé, je suis trop indiscret. Je ne voulais pas paraître curieux.
Harry trouva la mine contrite de Draco adorable et voulu le rassurer.
- Non, je te remercie de t'en soucier. Je ne pensais pas que cela me ferait du bien d'en parler. Et sans te vexer, de t'en parler à toi. Continua-t-il avec un sourire que lui rendit au centuple son vis-à-vis. Le cœur de Harry chavira encore une fois. En fait, ce sont plutôt des souvenirs de la bataille finale. Ce n'est pas original, mais, je revois la mort des gens se battant du côté du bien. Le plus curieux, c'est que je vois celle des gens que je n'ai pas vu tomber moi-même. C'est comme si j'avais été sur place à chaque mort. Je me suis dit que ce devait être un effet secondaire d'avoir tué Voldemort.
Puis, il reprit de manière plus légère.
- Mais, comme je te l'ai dit, les rêves se font de plus en plus rares, cela faisait près d'un mois que je n'en avais pas fait. Alors, pas d'inquiétude.
Draco semblait préoccupé mais ne répondit rien. Ils descendirent toutes leurs affaires dans un fouillis indescriptible, comme tous les ans. Ron se prit les pieds dans sa cape et fit tomber la cage de son hiboux qui hulula à la mort. Heureusement que le portrait de Mrs Black dans le hall avait enfin pu être retiré parce qu'elle aurait insulté toute la maisonnée. Ils prirent la voiture rallongée magiquement de Arthur Weasley. Hermione dû se mettre sur les genoux de Ron, pour son plus grand bonheur, Ginny se retrouva à l'avant, coincée entre ses deux parents et Harry et Draco étaient collés l'un à l'autre à l'arrière.
Harry pouvait sentir la main de Draco tomber peu à peu sur sa cuisse, emportée par le poids de la cage d'Hedwige. Quand elle s'y trouva définitivement, Harry se sentit rougir, mais Draco ne semblait pas perturbé plus que ça. « Bien sûr qu'il s'en fiche, c'est comme si Ron posait sa main sur moi, ça ne me ferait ni chaud ni froid » Se dit amèrement Harry. Puis il se morigéna pour avoir ressentit du chagrin à l'idée que Draco n'éprouvait rien à son contact. Lorsque la voiture s'arrêta enfin devant la gare, Harry en bondit et attrapa la cage de sa chouette dans un même mouvement sous le regard surpris de Draco.
- Tu es malade en voiture ? Demanda-t-il, étonné, alors que si quelqu'un n'était pas habité à utiliser des engins moldus, c'était bien lui.
- Seulement quand il fait trop chaud.
Ouf, l'excuse toute trouvée. En effet, ils avaient beau être en plein Londres, l'été avait été chaud, et se finissait de manière torride « sans mauvais jeu de mot… » Pensa Harry.
- D'ailleurs, j'aurais pensé que tu ne ferais pas le fier dans une voiture. Tenta de contourner Harry.
- Je fais très bien illusion… En fait, j'étais terrorisé. On n'a pas idée d'inventer des engins de mort comme ça. J'ai gardé ma baguette à la main en permanence, au cas où il nous faudrait un bouclier.
Il semblait en effet beaucoup moins sûr de lui maintenant qu'il y repensait. Mais ce que retenu Harry, c'est que Draco avait encore fait tomber son masque devant lui. En fait, il semblerait que ce masque n'ait plus refait son apparition depuis que Draco était entré au manoir. Harry pourrait s'y habituer. « Non, je m'y suis déjà habitué. Pour tout dire, je ne pourrais plus m'en passer, maintenant… ». Comment avait-il pu devenir accro à Draco en si peu de temps? Parce que c'était ça, il en était accro, en deux jours, il ne l'avait quasiment pas quitté des yeux. Ca lui était physiquement impossible. Il se promit d'en parler à Hermione, il devait exister un sort qui avait cet effet. Il devait trouver le contre sort très rapidement…
La petite bande se retrouva rapidement sur le quai 9_3/4 et trouva un compartiment libre. Ils dirent au revoir à Molly qui les serra tous dans ses bras. Même Draco qui eut une moue incrédule mais touchée. Puis ils s'écroulèrent tous sur les banquettes du compartiment en poussant un soupir de soulagement collectif.
Alors qu'ils se remettaient doucement de leur arrivée dans le train, la porte du compartiment s'ouvrit sur Luna et Neville. Ginny serra sa meilleure amie dans ses bras et les deux nouveaux passèrent d'embrassades en embrassades jusqu'à ce que Neville arrive devant Draco. Visiblement, dans le chahut général, il ne l'avait pas encore remarqué. Neville stoppa net alors qu'il allait faire un pas pour le saluer et la stupeur se lit sur son visage. Luna, qui comme d'habitude n'était pas sortie de ses pensées, s'avança et prit Draco dans ses bras, comme elle l'avait fait avec Harry quelques secondes plus tôt. Dire que Draco fut surprit est un faible mot. Il était dépassé par les événements. Pourtant il lui rendit son étreinte de manière un peu empruntée mais sincère. Pendant ce temps, Neville jeta un regard éloquent à Harry qui lui fit un signe de tête encourageant.
- Neville, comme tu peux le voir, il y a eu certains changements…
- Tu veux dire dans le genre – Malfoy est le bienvenu - ? Demanda Neville, incrédule.
- Effectivement, non seulement il est le bienvenu mais en plus il va falloir t'y faire. C'est un Gryffondor maintenant.
Neville vacilla, il fut rattrapé par Ron et s'affala sur une banquette. Harry raconta alors l'histoire depuis le début, encore une fois, et Neville sembla de plus en plus nerveux.
- Tu veux dire qu'en plus, il risque de nous apporter des ennuis avec les Serpendards ? S'indigna-t-il.
- Ce que je veux dire c'est que Draco a besoin de notre soutient, qu'il a fait beaucoup pour nous durant la guerre, qu'il a changé et que je l'accepte comme ça, que ça te plaise ou non. Commença à s'énerver Harry. Il ne comprenait pas pourquoi Neville semblait le plus difficile à convaincre.
- Laisse Harry, répondit Draco en posant une main réconfortante sur son bras, c'est normal que cela le panique un peu. Je n'ai jamais été très tendre avec lui. Il faut le comprendre. Je vous en demande beaucoup d'un seul coup. Il faut lui laisser le temps de digérer la nouvelle. Neville, sache que je n'ai jamais voulu que nos relations soient à ce point désastreuses, mais nous en étions arrivé à un point de non retour ou il était important pour mon propre bien de sauver les apparences. J'ai changé, ou plutôt, j'ai choisit de vous montrer mon vrai moi, dans la mesure ou je vous demande un service, c'était le moins que je puisse faire.
Il termina sur un sourire mélancolique et se rassit sur sa banquette, entraînant avec lui Harry dont il tenait toujours la manche. Harry ressentit une sensation de froid quand la main de Draco le lâcha. « Je suis pathétique » Se dit-il.
Quant à Neville il ne dit plus rien pendant une bonne demi-heure. Jusqu'à ce que le chariot de friandises arrive et qu'il propose de partager les dernières chocogrenouilles avec les autres. Il tendit le paquet à Draco qui le remercia d'un sourire. La glace était brisée. Apparemment, on ne pouvait pas résister bien longtemps au nouveau Draco.
Le reste du voyage se déroula sans encombre. Harry fut même étonné de ne pas croiser de Serpentards dans le train. Ils préparaient un mauvais coup, c'était sûr. Il ne lâcherait pas Draco d'un centimètre. « Juste pour respecter mon engagement auprès de McGonogall, je ne tire aucunement partie de la situation… » Tenta-t-il de se justifier.
Cette année, Hermione et Ron étaient préfets des élèves de huitième année de Gryffondor. Ils s'éclipsèrent donc pendant environ une heure dans le compartiment des préfets. Quand ils revinrent, il était bientôt l'heure de l'arrivée et Hermione semblait passablement énervée.
- Je n'arrive pas à croire que le Professeur McGonogall ait pu faire de Parkinson un préfet. C'est tellement injuste.
- Qui est l'autre préfet ? demanda Draco, curieux.
- Blaise Zabini. Répondit Ron. Tu penses quoi de lui ?
- C'est mon meilleur ami, répondit aussitôt Draco avec un sourire confiant, c'est pour ça que Pansy est préfete, c'est pour que Blaise puisse l'avoir à l'œil. Je fais entièrement confiance à Blaise.
- Pourquoi n'a-t-il pas de problèmes avec les autres de sa maison alors ? demanda Harry, méfiant.
- Parce qu'il n'a jamais pris part au conflit. Sa famille s'est toujours tenue à l'écart de la guerre. Ce n'est donc pas un traître à proprement parlé. Sa famille est très riche et respectée. En plus, il n'a pas de « prophétie » comme épée de Damoclès au-dessus de la tête, lui.
- En parlant de prophétie, profita Harry, qu'avez-vous entendu exactement, Rogue et toi ?
- Nous avons entendu un Mangemort dire « Je n'arrive pas à croire que ce soit Malfoy junior qui puisse engendrer le plus grand pouvoir de Potter ». Ne me demande pas ce que ça veut dire, je n'en ai aucune idée. Mais ils semblaient impressionnés et un peu apeurés.
- Je ne comprends pas pourquoi ils ne lâchent pas l'affaire, s'étonna Ron. Ils sont une poignée maintenant, ils ont perdus, ils devraient se faire à l'idée et se faire oublier.
Draco répondit d'une voix lasse.
- Je sais, mais il faut aussi les comprendre. Ils n'ont plus rien à quoi se raccrocher sinon à leur idée de vengeance. Ils veulent faire payer Harry pour avoir fait s'écrouler leurs idéaux. Ils étaient persuadés de gagner la guerre. Ils se voyaient avec un avenir radieux. Que ferriez-vous si vous n'aviez plus rien à perdre et que le Seigneur des ténèbres avait gagné ? Il ne leur laissa pas le temps de répondre. Il n'en avait pas besoin. Vous vous battriez jusqu'à la fin.
Quelque uns acquiescèrent, les autres se turent mais n'en pensaient pas moins. Si Harry n'avait pas tué Voldemort, ils auraient continué à se battre, jusqu'à ce que l'un ou l'autre ne meure. Jusqu'à ce que la prophétie se réalise.
C'est sur cette conclusion sinistre que le train commença à freiner. Ils se secouèrent, enfilèrent leurs capes d'école et ramassèrent leurs affaires. Sur le quai Harry remarqua que quelque chose manquait. En effet, Hagrid n'était pas là. Pourtant il était au courant, Hagrid avait décidé de parcourir le monde à la recherche des derniers géants pour les informer de l'issue de la bataille et pour leur proposer une paix durable. Hagrid allait lui manquer. Les premières années ne traverseraient pas le lac cette année, ils prendraient les diligences comme les autres.
Harry suivit Draco sur le quai mais buta rapidement contre son dos quand celui-ci s'arrêta brusquement. Draco était livide en regardant les sombrales qui tiraient les diligences. Il n'était pas le seul à être resté en arrêt devant ce tableau.
- J'aurais dû te prévenir Draco, maintenant, pratiquement tous les septièmes et les huitièmes années doivent les voir.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Draco alors qu'il suivait Harry, impressionné par sa désinvolture.
- Se sont des sombrales, seuls ceux qui ont côtoyés la mort peuvent les voir. Bienvenue au club, répondit-il d'un air contrit.
Draco baissa la tête et s'enferma dans ses pensées durant le trajet. Ron et Hermione, qui les voyaient pour la première fois également étaient silencieux. Tous se rendaient compte que plus rien ne serait jamais comme avant. Ils avaient changé, les sombrales étaient là pour le leur rappeler. Le château apparu par les fenêtres de la diligence dans un silence pesant. Harry ressentit tout de même le picotement habituel dans son estomac qui lui prouvait qu'il retournait vers l'endroit qui s'était apparenté à un chez lui pour la première fois. Il sauta prestement de la voiture, suivit par les trois autres, Neville, Luna et Ginny ayant pris une autre diligence.
Dans le hall, le fouillis était comme toujours indescriptible. Les élèves se pressaient pour entrer dans la grande salle en passant devant La Directrice. Lorsqu'elle vit Harry et Draco, elle leur fit signe de s'approcher.
- On se retrouve à la table, lui proposa Hermione avant de passer elle aussi les portes de la salle à manger.
- Je suis heureuse de constater que vous êtes encore en un seul morceau tous les deux. S'étonna visiblement McGonogall.
- Nous en sommes les premiers étonnés, répondit Draco avec un sourire pour Harry.
Ce dernier le lui rendit en rougissant devant ce sourire si sincère et surtout si beau. Draco sembla surpris de la réaction de Harry mais ne dit rien.
- Bien, Monsieur Malfoy, je vous propose d'aller vous asseoir directement à la table des Gryffondors. J'en toucherai un mot durant mon discours de bienvenue. En attendant, je vais chercher le choixpeau.
Sur ce, elle les laissa se diriger vers la table des Gryffondors. Dans le brouhaha ambiant, Harry ne put pas entendre ce que dirent les premières personnes à apercevoir Draco s'asseoir entre lui et Ron mais bientôt les têtes se tournèrent au fur et à mesure et le silence se fit. Harry se tortillait sur sa chaise, mal à l'aise pour Draco. Cependant, celui-ci se tenait bien droit et attendait patiemment que la pression retombe. Harry reconnu encore une fois que Draco l'impressionnait.
Les professeurs étaient assis à leur table. Harry tomba sur le professeur Rogue qui fit un signe de tête dans sa direction. Il sursauta avant de se rendre compte que ce geste amical était destiné à Draco à côté de lui. « Il ne faut pas rêver non plus. Draco a peut-être changé, mais Rogue reste pareil à lui-même. Quoique, d'après ce que dit Draco, c'est lui qui a l'a incité à s'ouvrir aux autres. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais… » Pensa ironiquement Harry.
Quand La directrice entra, elle sembla s'étonner du silence qui régnait encore. Une première pour une rentrée. Elle était suivie du petit Professeur Flitwick qui portait le choixpeau et qui était lui-même suivit par les premières années impressionnées. McGonogall alla s'asseoir à la place d'honneur et fit un geste en direction de son assistant. Le professeur Flitwick posa donc le choixpeau sur son tabouret. Le silence n'avait toujours pas été rompu. Le choixpeau se fendit et laissa entendre son poème.
Harry se dit qu'il avait dû être briefé parce qu'il ne fit pas de révélation. Il demanda comme toujours que les élèves restent solidaires et que l'entente entre les maisons se généralise. Il fit tout de même une remarque sur le fait que de l'adversité pouvait naître un grand pouvoir. Harry entendit Draco marmonner une remarque du genre « J'ai déjà entendu ça quelque part ». Et en effet, il se pourrait que le choixpeau ait fait allusion, à demi-mot, à la prophétie.
Puis se fut au tour des premières années de se faire répartir sous les applaudissements des différentes maisons. Quand tout le monde fut assis et que le choixpeau fut mit de côté, la Directrice se leva, faisant revenir le calme.
- Comme vous le savez tous, cette année sera particulière puisqu'elle accueille une huitième classe. Vous n'avez pas pu suivre les cours correctement à cause de la guerre. Nous nous voyons donc dans l'obligation de vous faire rattraper cette année pour ne pas que le niveau de l'école en pâtisse. Certains changements sont à noter également. Comme vous l'avez constaté, Monsieur Malfoy fera maintenant partie de Gryffondor pour des raisons qui nous sont propres…
Harry regarda autour de lui l'expression affichée par ses camarades de maison. Ils semblaient soufflés mais résignés. Etant donné que Draco était assis avec eux, ils devaient se douter que quelque chose se tramait.
- … Ensuite, je voudrais vous faire part d'une menace qui plane sur Poudlard. Vous n'êtes pas sans savoir que tous les Mangemorts n'ont pas été arrêtés. Je vous conseille donc la plus grande prudence lors des sorties à Préaulard. De même, la Forêt Interdite reste Interdite. Sur ce, je vous laisse manger et vous souhaite à tous la bienvenue.
Les élèves applaudirent la Directrice mais les applaudissements redoublèrent quand les mets apparurent sur les tables. Ron se jeta sur les cuisses de poulet comme si il n'avait pas mangé depuis une semaine. Hermione leva les yeux au ciel, exaspérée et commença elle aussi à manger. Draco demanda les haricots à Harry qui les lui passa. Ce dernier surpris une conversation entre Seamus et Dean, à côté de lui.
- Tu ne trouves pas que Malfoy a l'air différent ? Demanda Dean à son meilleur ami.
- Il a l'air plus détendu. Les autres ont l'air de l'avoir intégré. Il faudra demander à Ron ou à Harry ce qu'il en est.
- Non, je voulais dire qu'il a l'air carrément torride maintenant qu'il n'a plus son casque de gel sur la tête et son visage sans expression.
- Tu n'es qu'un obsédé Dean, rigola Seamus. Mais tu as toutes tes chances, il parait qu'il ne dit pas non du moment que c'est un bon coup, que ce soit un mec ou une fille.
Harry s'était raidit à l'entente du mot torride. Et avait carrément cru défaillir en entendant que Draco était peut-être gay, ou en tout cas bi. C'était encore une journée à marquer d'une pierre blanche. « Je me demande si toutes les journées que je passerai aux côtés de Draco seront à marquer d'une pierre blanche… ».
Par contre, il avait un sérieux problème. Draco ne le laissait pas indifférent. Mais il n'était pas le seul. En plus, Dean partagerait leur dortoir. Draco deviendrait la proie de cet obsédé sexuel. Parce que Harry savait que Dean prenait et jetait tous les partenaires qui lui tombaient sous la main. Draco ferait bientôt partie de son tableau de chasse. Il devenait fréquentable maintenant qu'il était chez les Gryffondors. Harry retint un gémissement de désespoir. Maintenant c'était sûr, il éprouvait des sentiments pour son ex meilleur ennemi. Il ne supporterait pas de le voir avec un autre que lui. Et Draco ne le verrait jamais comme un amant. Il était même persuadé que Harry était hétéro.
- A quoi tu rêves, Harry ? Demanda Hermione d'une voix espiègle.
- A mon lit, je suis crevé. Répondit-il tristement.
Hermione haussa les sourcils mais ne fit pas de remarque. A la fin du repas, elle et Ron furent chargés de conduire les premières années jusqu'au dortoir des Gryffondors. Au moment où Harry allait les suivre, il se sentit tiré par la manche. Il se retourna pour voir un Draco gêné lui faire face.
- Euh, Harry, excuse-moi, mais Severus m'a fait signe d'aller le voir et il voudrait que tu viennes aussi. Tu veux bien me suivre ? Je sais que tu étais fatigué, mais…
- Non, non, bien sûr, je te suis, le coupa Harry.
Draco sembla soulagé et lui emboîta le pas en direction des cachots. Ils passèrent devant les premières années de Serpentard attendant devant l'entrée du couloir menant à leur salle commune. Harry distingua Parkinson à leur tête. Il plaignit ces pauvres jeunes d'avoir comme exemple une ordure de la pire espèce. Puis il vit Zabini juste derrière elle en train de plaisanter avec une première année. Il espéra pouvoir se fier à l'instinct de Draco le concernant.
Harry, tout à ses pensées, ne se rendit pas compte qu'ils étaient arrivés devant la porte du bureau de Rogue. Draco cogna et la porte s'ouvrit presque instantanément sur leur professeur de potion.
- Draco, Potter, entrez.
Harry avait nettement distingué le ton chaleureux avec lequel Rogue avait interpellé Draco, et celui glacial avec lequel il avait prononcé son nom. « Finalement, c'est bon de voir que certaines choses ne changeront jamais… » Se consola-t-il.
- Rogue leur fit signe de s'asseoir sur les chaises devant son bureau et s'installa lui-même en face d'eux.
- Molly Weasley m'a dit que tu t'étais bien intégré, je suis fier de toi Draco…
Harry fut encore plus étonné par le ton paternel dans la voix de son professeur. Il n'aurait jamais imaginé entendre cela un jour.
- … elle m'a également dit que tu avais été bien accueillit. Je voudrais vous remercier Potter. Ca n'a pas dû être évident pour vous.
Visiblement, Rogue prenait sur lui pour le remercier et Harry apprécia le geste. Il lui fit un sourire sincère et le rassura.
- Nous avons tous beaucoup grandit, et il était temps de mettre nos différents de côté. Surtout que Draco fait de véritables efforts.
A l'entente du nom de Draco, Rogue haussa les sourcils mais ne fit pas de commentaires.
- Je voudrais vous rappeler que la menace cours toujours, c'est pour cela que je vous ai demandé de venir tous les deux. Je ne veux pas que Draco se balade tout seul. Je voudrais, Potter, que vous ne le lâchiez pas d'une semelle.
- Je sais, professeur, c'est pour ça que je l'ai suivit quand il m'a dit que vous vouliez nous voir.
- Je vous signale que je suis là, je vous entends parler de moi… S'indigna Draco.
- Et pour la prophétie, continua Harry, vous avez des nouvelles ?
- Malheureusement non, il faudrait que nous capturions un Mangemort pour le faire parler, et il se font discrets, mais j'y travaille.
- Ne prends pas trop de risques Severus, nous saurons bien assez tôt ce que raconte cette prophétie.
- Je vois que tu n'es pas un habitué des prophéties, Draco, fit remarquer Harry en s'exclaffant, en tant qu'expert, je peux te dire que plus vite nous le saurons, plus vite nous pourrons y réagir.
- Je dois dire que cela me coûte de l'avouer, mais Potter à raison. Il vaut mieux connaître ce que l'avenir nous réserve pour s'y préparer. Et surtout, il ne faut pas laisser l'avantage aux ennemis.
C'est sur cette déclaration déterminée de leur professeur que Harry et Draco prirent congé. Se retrouvant dans la pénombre des cachots, Harry referma sa main sur sa baguette dans sa poche, paré à toute éventualité. Cependant, la traversée du château se fit sans encombre et ils arrivèrent devant le tableau de la grosse dame rapidement. Seulement, ils se trouvèrent bêtes, n'ayant pas pensé à demander le mot de passe à Hermione avant de partir de la grande salle tout à l'heure.
- Bon, bah, voilà. Je pense que l'on peut nous décerner la palme de la bêtise. On a plus qu'à attendre de se faire prendre par Rusard le jour de la rentrée. Commencer l'année par une retenue est tout à fait digne de la guigne qui me caractérise.
- Ne fait pas cette tête là, Harry, on va juste attendre que tes amis s'inquiètent pour toi, ça ne devrait plus tarder, répondit Draco avec un sourire en coin.
En effet, Hermione apparut dix minutes plus tard derrière le tableau en les traitant de tous les noms pour lui avoir fait une peur pareille quand elle s'était rendue compte qu'ils n'étaient pas avec Ron dans leur dortoir.
- Pas de commentaire, s'il te plait, grogna Harry à un Draco hilare.
- Au fait, le mot de passe est « prophétie ». Leur indiqua Hermione.
- Original, s'exclamèrent Harry et Draco d'une même voix.
Ils se séparèrent au pied des marches du dortoir des garçons, Hermione se dirigeant vers le dortoir des filles. Arrivés en haut des marches, des rires se firent entendre. La bonne humeur régnait dans le dortoir des huitièmes années. Pour le plus grand plaisir de Harry, le silence ne se fit pas quand ils entrèrent tous les deux, les rires et les discussions continuèrent comme si de rien n'était. Les garçons étaient en train de ranger leurs affaires. Ils étaient déjà tous en pyjama et une belle pagaille s'étalait déjà par terre.
- On dirait que les Gryffondors ne sont pas les rois du rangement. Commenta gentiment Draco.
- Et tu n'a encore rien vu, répliqua Harry en rigolant.
Draco se dirigeât vers le lit où il avait remarqué que ses affaires avaient été déposées. « Comme par hasard, c'est le lit à côté du mien. Je ne sais pas si je dois me dire que je suis maudit ou si je dois être soulagé que le lit de Neville se trouve entre celui de Draco et de Dean… ».
Harry vit du coin de l'œil Draco se déshabiller et il vit surtout Dean le reluquer ostensiblement. Pour son plus grand malheur, Draco aussi s'en était aperçu et esquissa un sourire en coin qui rendit Harry malade de jalousie. Il se mit rapidement en pyjama et se coucha alors que tout le monde se disait bonne nuit. Il grogna, tira les rideaux du baldaquin et tenta de ne pas penser au fait qu'il avait une furieuse envie de tuer Dean de ses propres mains, sans même utiliser sa baguette. Il s'exhorta au calme. Il ne savait pas ce que la puissance qu'il avait acquise dernièrement pourrait déclancher si il se laissait aller à ses émotions. C'est ainsi qu'il sombra enfin dans le sommeil.
Ce matin là, Harry se réveilla une fois encore en sueur, tremblant mais pas pour la même raison que d'habitude. Non, il n'avait pas fait de cauchemar, il avait plutôt rêvé. Et son rêve se faisait encore sentir très nettement dans son bas de pyjama. Il avait imaginé Draco dans une position fort intéressante, qui le faisait rougir rien qu'en y repensant. Il conjura une horloge et remarqua qu'il était 6h30 du matin. Il avait largement le temps de régler son problème dans la salle de bain avant que les autres ne se réveillent.
Il entra donc en trombe dans la douche et ouvrit le robinet d'eau froide au maximum. Il ferma les yeux et essaya de penser à autre chose qu'à la bouche de Draco et à ce qu'elle lui faisait dan son rêve. Très mauvaise idée, même sous la douche froide, les images étaient trop intenses pour faire tomber son excitation. Il se résolut à tourner le robinet d'eau chaude et à porter la main à son érection impressionnante. Il poussa un soupir de soulagement quand il commença de lents mouvements de va et viens sur son pénis douloureux. Puis, au fur et à mesure, il accéléra le mouvement, il laissait s'échapper son esprit et imaginait que la main qui tenait fermement sa hampe dressée était celle de Draco, son fantasme ambulant. Le plaisir était si intense qu'il du se mettre à genoux, ses jambes menaçant de lâcher à tout moment. Il se mordait l'intérieur de la joue pour s'empêcher de crier son plaisir et sentit le goût du sang dans sa bouche quand il se libéra enfin contre les parois de la douche. Il reprit lentement son souffle en se relevant. Il se savonna, effaça toute trace de son activité matinale et retourna tout habillé dans le dortoir. Il prit ses affaires de cours et descendit dans la salle commune où déjà quelques personnes s'étaient regroupées. Il était mort de honte de s'être donné du plaisir sur le dos de Draco.
- Fin du chapitre 3 –
J'espère que vous avez aimé, la suite très bientôt…
