Auteur : Cherry Tiger
Traductrice : Cristal Noir
Beta : Hermi-kô
Note de début de l'auteur : Elis (ma beta et meilleure amie) n'a pas arrêté de me supplier pour que je finisse ce chapitre plutôt que mon autre fic, alors j'ai abdiqué. Donc oui, vous pouvez lui en vouloir pour avoir ceci plus tôt, ou la remercier. XD. Ce que vous préférez.
C'est un assez long chapitre. Les publications seront bientôt ralenties parce que je veux me focaliser sur NaNoWriMo. Mais j'espère que vous allez aimer ce chapitre !
Mamori était sûre que même si des bouts de sa mémoire manquaient à l'appel, elle était toutefois certaine d'avoir récupéré la plupart de ses émotions. Pourtant, aucune ne se manifesta lors lorsqu'elle regarda le fantôme d'allure féminine lui sauter dessus, ses yeux rouge feu, sa bouche ouverte en un cri glacé avec ses bras déployés prêts à se saisir d'elle.
La seule chose qu'elle vit après ça fut le dos du garçon, une noire silhouette contre la lumière déjà vacillante, les bras tendus et tirant sur le fantôme. Mamori regarda les balles traverser la forme spectrale, laissant d'énormes trous béants dans sa tête et son cœur. Le fantôme s'arrêta un moment, et Mamori mit une fraction de seconde pour réaliser que le fantôme était en train de se régénérer puisque les trous disparaissaient.
Le garçon prit la main de Mamori et la traîna à toute allure dans la maison. « Qu'est-ce que c'était ? » Cria Mamori pendant qu'ils couraient. Du verre brisé, des meubles retournés et des décorations cassées étaient éparpillés aux quatre vents. Seules quelques lampes restaient intactes sur la table, diffusant de vacillantes lueurs.
Ils étaient dans le hall quand tout à coup le garçon lâcha la main de Mamori et se tourna vers la porte, les bras étendus, ses armes verrouillées et chargées. Mamori le regarda avec surprise. « Il va revenir » Dit-il, sa voix un grondement sourd. « Mes armes sont foutrement inutiles dans ce monde. »
« Qu'est-ce qu'on doit faire ? » Demanda-t-elle aussitôt, alors qu'elle regardait par la fenêtre à la recherche du fantôme. Il semblait avoir disparu.
« Je ne peux rien faire », Dit-il, lui offrant un grand sourire. « Toi, par contre, tu peux arrêter ça. »
« Quoi ? » S'exclama Mamori avant d'être coupée par le cri du fantôme. Il se régénérait vite.
« Ce monde est ta création, tu te souviens ? » Les yeux du garçon regardaient directement la porte désormais, d'où ils savaient tous deux qu'à n'importe quel moment, le fantôme allait apparaître. « Je vais occuper cette chose un moment. Toi, tu vas trouver sa source et la détruire. »
« Sa source… Que… » Les coups de feu firent un boucan monstre tandis que le garçon se mettait à tirer sur le spectre qui approchait. Frustrée comme elle l'était, Mamori savait qu'elle ne tirerait pas plus d'informations du garçon. Alors que le fantôme restait debout, se régénérant plus vite qu'avant, Mamori s'élança dans les escaliers, espérant trouver quelques indices sur ce que pouvait être cette source dont il avait parlé.
*Si ce monde est influencé par moi, je devrais être capable de trouver ce qui a causé tout cela* Se dit Mamori à elle-même. Alors qu'elle arrivait sur le palier, elle vit trois chambres bordant l'étroit couloir. Décidant que la source devait se trouver dans l'une des chambres, elle courut dans une, espérant trouver une sorte de piste ou d'indice.
La première dans laquelle elle entra ressemblait à la chambre principale. Tout comme en bas, tout était soit retourné soit cassé dans cette chambre. Le matelas du lit était presque déchiré par endroits avec des draps chiffonnés et des couvertures empilées au-dessus. Il faisait noir, et Mamori se demandait si elle devait chercher un interrupteur. Elle n'était pas sûre que ce qu'elle cherchait se trouve ici, mais elle devait tout de même essayer.
Elle trouva l'interrupteur mais les lumières ne marchaient pas. Elle pouvait entendre les coups de feu se rapprocher, ainsi que les occasionnels cris de la créature. Le fantôme devait savoir qu'elle était ici et le garçon devait peiner à la distraire. *Est-ce que je dois continuer à chercher ici ?* Dans sa panique, Mamori tomba au sol, cherchant quelque chose qui pourrait être l'indice qu'elle espérait.
« Ce n'est pas là… »
Mamori cligna des yeux. Cette voix lui était familière. Elle regarda autour d'elle et vit la silhouette noire de ce qui apparaissait être une femme avec des cheveux courts la regarder à travers la fenêtre. « Toi… » Dit Mamori. « Tu es la personne qui m'a donné cette épée, non ?... »
La femme ne répondit pas. A la place, elle pointa simplement du doigt vers la gauche et dit : « Ne sois pas consumée par la peur. Ce que tu cherches est tout proche, tant que tu gardes foi en toi. » Et sur ce, la femme disparut juste sous les yeux de Mamori.
Mamori prit quelques inspirations profondes. Son esprit était encombré de pensées, essayant de comprendre ce qu'il se passait, et pourquoi cela arrivait. Les coups de feu étaient maintenant proches, et elle entendit le garçon jurer. Mais malgré tous ses efforts, elle ne pouvait s'empêcher de trembler, d'avoir très peur de ce qu'il se passait, et de vouloir désespérément s'enfuir et d'en avoir fini avec tout ça. Elle sentit les ombres de la chambre se rapprocher, prêtes à la ramener une nouvelle fois dans cet endroit. Puis une simple pensée traversa son esprit…
*J'aimerais être à la maison*
Mamori s'accrocha à cette pensée. *Chez elle*, se répéta-t-elle. Elle regarda autour de la chambre, puis en sortit en courant, les ombres restant à l'intérieur. Mamori ouvrit la chambre suivante, celle dont elle était sûre que la femme de tout à l'heure lui avait indiqué, et fut choquée par la vue qui s'offrait à elle.
La chambre était bien éclairée… et en ordre. Les livres étaient bien rangés sur une étagère, et non jetés dans toute la pièce. Il y avait des images et des posters de paysages accrochés aux murs. Mais Mamori était sûre qu'il manquait quelque chose sur chaque image. Elle regarda le bureau, où chaque stylo, chaque bloc-notes, et même la mini-lampe étaient à leurs places, sans aucun signe d'avoir été déplacés. Et à côté de la lampe était posé un ours en peluche, un marron clair avec des yeux perçants lui souriant gentiment.
Au moment où elle posait les yeux dessus, elle sentit quelque chose de chaud se répandre dans sa poitrine. C'était semblable au sentiment qu'elle avait eu en battant la créature noire auparavant… mais est-ce que ça pouvait être la source ? Comment pourrait-il l'être quand le sentiment qu'elle avait ressemblait plus à du réconfort qu'à la source de ce diabolique fantôme hurlant ?
Ce petit moment de doute lui fit oublier ce qu'il se passait. Avant qu'elle ne puisse réagir, elle entendit le garçon lui crier de faire attention, et la prochaine chose qu'elle sut fut qu'elle était poussée contre l'armoire de la chambre, le cri du fantôme résonnant dans ses oreilles.
Le choc lui fit perdre son souffle un instant. Elle leva les yeux et ne put les détourner de ceux couleur sang du fantôme qui tenait les épaules de Mamori, les serrant férocement. La sensation de douleur arracha Mamori à sa confusion, et elle lutta pour se libérer de la poigne du fantôme.
Grimaçant, elle serra son poing autour de ce qui aurait dû être la poignée de son épée pour réaliser qu'elle l'avait laissée tomber hors de sa portée. Le fantôme semblait pitoyable à cette distance, presque comme s'il pleurait pour quelque chose. Mais un flash de noirceur apparut devant les yeux de Mamori, et le sentiment de désespoir surgit. C'était comme si ça allait marquer la fin. Lentement, elle se sentit consumer par la noirceur. Et voilà… Elle avait perdu… Si seulement elle avait été plus rapide…
« Ferme tes yeux ! » Elle entendit le garçon crier au-dessus de la voix du fantôme.
« Hein ? » Répondit-elle instinctivement. Elle ne pouvait pas voir le garçon, mais elle pouvait entendre le familier clic, et ferma immédiatement les yeux.
BANG ! BANG ! BANG !
Mamori se sentit glisser sur le sol. Ses épaules étaient cuisantes de douleur, et elle cligna des yeux, essayant d'enlever tous ces sentiments noirs et tristes qui étaient en elle. Le fantôme restait immobile, sa forme criblée de balles mais récupérant rapidement. « Espèce d'andouille ! »
Mamori haleta un peu quand elle leva la tête vers le garçon, ses armes toujours braquées sur le fantôme. « N'ose même pas te laisser aller comme ça ! Je suis là ! Alors concentre-toi pour que le putain d'boulot soit fait ! »
Ses mots semblaient l'entailler profondément aussi laissa-t-elle échapper un sanglot sec. Elle ressentait maintenant une autre sensation qu'elle se souvenait avoir eu il y avait longtemps, bien avant que tout ceci n'arrive. Si elle devait le formuler avec des mots, le seul qui lui venait à l'esprit était…
L'Espoir.
Elle se remit sur ses pieds une nouvelle fois et courut récupérer son épée. Au moment où elle le fit, le fantôme hurla derrière elle et se dirigea vers Mamori. Sans regarder en arrière, elle attrapa l'ours en peluche du bureau, le jeta en l'air, souleva son épée et fendit l'ours en deux pendant qu'il retombait.
Et tout devint silencieux.
Pendant une fraction de seconde, Mamori crut que rien ne s'était passé. Mais elle réalisa que les cris s'étaient arrêtés et que malgré ses muscles bridés, prêts pour une nouvelle attaque, aucune ne vint. Elle se détendit et détourna le regard des deux morceaux de l'ours en peluche sur le sol. Puis elle laissa échapper un hoquet de surprise quand elle vit que le paysage avait changé, elle était de retour au pont où le garçon et elle s'étaient trouvés. Mais c'était maintenant le crépuscule puisqu'elle pouvait voir le soleil finir se coucher au loin. Elle entendit des pleurs provenant de sous le pont, et était sur le point de regarder qui pleurait lorsqu'elle vit une femme avec les cheveux longs de la même couleur que les siens courir droit vers le pont.
« Mamori ! Mamori ! » Entendit-elle la femme crier. Le rythme cardiaque de Mamori s'accéléra un moment, se demandant si cette personne la connaissait, mais la femme courut et passa juste devant elle comme si elle était invisible.
Mamori regarda avec étonnement la femme courir directement sous le pont et l'écouta laisser échapper un soupir de soulagement. « Tu es là ! »
Mamori s'approcha rapidement du pont pour voir ce que la femme regardait. Et à sa grande surprise, il y avait une petite fille, probablement d'environ 4 ou 5 ans, assise sous le pont et en train de pleurer.
La femme parla à la petite fille. « Oh, Mamori, j'étais si inquiète ! La mère de Sena m'a dit que tu t'es enfuie de l'école ! Et une des vieilles femmes que j'ai croisées m'a dit qu'elle avait entendu quelqu'un pleurer ! Merci mon Dieu je t'ai trouvé mais pitié ne refais plus jamais ça ! » La femme remarqua que la petite fille continuait de pleurer énormément, comme si elle avait mal. « Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu es blessée ? »
La petite fille hoqueta et essaya de ravaler ses pleurs. « M-Maman ! Il-Il m'a tr-traitée de b-brute ! »
« Qui ça ? » Demanda la mère inquiète.
« C-Ce garçon ! Il-Il était en train de malmener le petit S-Sena et du coup je… je… l'ai frappé ! Et il-il a commencé à pleurer et il a dit… il a dit que j'étais une brute ! » La petite fille se remit à pleurer encore plus fort. « Et tout le monde à l'école a commencé à ch-chanter ! Q-Que j'é-j'étais une b-b-brute ! »
« Mamori… » La mère fronça des sourcils. « Tu sais toi-même que tu n'es pas une brute. Tu protégeais simplement Sena. »
Sena ?... Mamori essaya de se rappeler si elle savait qui ce garçon, ce Sena, était. Mais rien ne lui vint à l'esprit.
« M-M-Mais les autres enfants ! Ils étaient d'accord avec lui ! » La fille se plaça dans les bras de sa mère, pleurant toujours.
La mère sourit gentiment, en partie amusée et en partie touchée, et serra la fille contre elle. « Mamori, ces enfants peuvent dire tout ce qui leur plaît tant que tu ne leur dis pas que c'est faux. Je n'approuve pas que tu aies frappé ce garçon, mais je te connais, et je sais que tu ferais n'importe quoi pour protéger les personnes qui te sont chères. Tout comme ton nom l'indique. »
Mamori était impressionnée par la scène devant elle. Que se passait-il ? Cette petite fille était… elle ? Et cette femme… c'était…
« Mais comment puis-je protéger Sena si je ne peux pas les taper ? » La petite fille releva la tête pour regarder sa mère, ses yeux toujours emplis de larmes même si ses sanglots étaient maintenant silencieux.
La mère essuya les larmes du visage de la petite fille. « Il y a de nombreuses façons de protéger quelqu'un autre que la force brute. Tu peux le dire à un adulte, ou leur rappeler qu'il y a des règles, et que par rapport aux règles on ne peut pas tyranniser les autres. »
La petite fille réfléchit pendant un moment. Puis elle dit « Donc si je leur dis les règles et qu'ils ne m'écoutent pas, je peux les frapper ? »
La mère rit alors qu'elle prenait le visage de la petite fille par le menton pour qu'elle la regarde droit dans les yeux. « Je pense qu'en dépit de ce que je te dis, tu vas continuer à les frapper surtout s'ils font du mal à Sena. Tu es vraiment trop protectrice. Mais souviens-toi, il y aura ceux qui ne t'aimeront pas pour ça. »
La petite fille fit la moue, comme si elle réfléchissait. Puis elle releva la tête pour regarder sa mère et dit : « Que toi, Papa et Sena soient sains et saufs il n'y a que ça qui compte ! »
Mamori regarda la femme faire un grand sourire qui lui semblait vaguement familier. Elle regarda la mère serrer une nouvelle fois la petite fille et lui dire : « C'est vrai, tant que ceux que tu aimes sont sains et saufs. Un jour, tu trouveras sûrement plus de personnes à aimer et à protéger, et lorsque ce jour viendra il faudra que tu sois extrêmement forte pour eux. Etre forte ne sera pas facile, Mamori, mais tant que tu as ces personnes dans ta vie qui t'encouragent, et que tu sais qui tu es, alors… » La mère lâcha la petite fille et se redressa, lui prenant la main « Tu pourras certainement soulever des montagnes. »
La petite fille regarda sa mère avec crainte. « Soulever… Des montagnes ? »
« C'est une expression, Mamori. Cela veut dire que tu peux même faire l'impossible. » La mère incita sa fille à marcher, et bientôt elles furent toutes deux sur le chemin de la maison, passant devant Mamori sans même un regard en arrière. Mamori les suivit lentement.
« L'impossible… » Marmonna la petite fille. « Comme chanter ? »
La mère regarda la petite fille avec surprise. « Chanter ? Je pensais que tu chantais bien, Mamori ? »
« Non, c'est pas vrai. » La petite fille fronça les sourcils. « Les garçons se sont moqués de moi quand j'ai chanté en classe aujourd'hui. Ils ont dit que je chantais comme un canard ! Et que chanter est impossible pour moi ! »
La mère secoua la tête. « Eh bien, pourquoi tu n'essaierais pas de chanter un peu pour moi ? Il y a une chanson que tu chantes à l'école maintenant, non ? Je t'entends la fredonner dans ta chambre de temps à autre. »
La petite fille acquiesça mais semblait inquiète. « Mais je… ne suis pas très douée… »
« Ça n'a pas de sens ! » Eclata de rire la mère. « Tiens, et si je chantais avec toi… Alors comment commence la chanson ?... Aki wa… » La mère chantait faux.
« Non ! Pas comme ça ! » S'exclama la petite fille en riant. « Comme ça ! »
Et Mamori regarda la petite fille lever la tête vers le ciel orange, chantant de tout son cœur. C'était haut perché, et certaines notes étaient fausses, mais la fille continuait à chanter gaiement, serrant la main de sa mère et profitant du moment.
Aki wa mizube ni (L'Automne se cache dans l'eau)
Fuyu kozue ni hisomu (L'Hiver se cache dans la cime des arbres)
Sekai no oku no (Quelque part, profondément à l'intérieur de ce monde)
Kagirinai yasashisa (S'étend la gentillesse qui est infinie)
Yoru ga kuru tabi (Dans ce voyage, quand la nuit tombe)
Inori wo sasageyou (Faisons une prière)
Ashita kuru hi wo (Pour que demain arrive)
Shizuka ni mukaeyou… (Nous allons tranquillement l'accueillir)
Elles continuèrent toutes les deux d'avancer tandis que Mamori s'arrêtait. Elle se souvenait vaguement de cette chanson, et l'écouter lui apportait une certaine douleur dans son cœur. Mais elle continuait d'écouter pendant que la mère se joignait au chant de la petite fille, les deux étant trop aiguës et n'atteignant pas les notes hautes. Elles chantaient néanmoins avec de grands sourires sur leurs visages.
Watashi wo michibiku (S'il te plait, conduis-moi)
Tooi tooi yobigoe yo (Oh, voix qui m'appelle de très très loin)
Hohoemu you ni (Tout comme un sourire)
Utau you ni (Tout comme une chanson)
Hibiku kaze no oto (Les sifflements du vent font écho)
Yorokobi kanashimi (Joie et tristesse)
Subete idaite aruiteru (Je les étreins tous et continue à marcher)
Watashi no te to (Avec mes mains)
Kimi no te wo (Et les tiennes)
Tsuyoku tsunagu mono… (Liées fortement entre elles)
La scène devint floue devant les yeux de Mamori, alors qu'elle regardait la mère et la petite fille s'éloigner. Il lui fallut un moment pour réaliser que c'était parce que ses yeux étaient emplis de larmes. Elle les sentit rouler sur ses joues, comme un flot qui ne s'arrêterait jamais. Puis elle sentit une présence derrière elle et se retourna.
Le paysage changea une nouvelle fois. Mais cette fois, tout ce qu'elle pouvait voir était le fantôme, dont le visage était en train de changer. Ce qui était auparavant effrayant et menaçant était maintenant devenu doux et gentil. Un visage qu'elle pouvait enfin reconnaître.
Celui de sa mère.
Le fantôme prit totalement la forme de sa mère, et Mamori l'observa ouvrir les yeux et la regarder directement. Sa mère souleva sa main pour essuyer les larmes de Mamori, mais sa main ne pouvait pas la toucher. Elle était translucide et ne pouvait rien faire.
« Maman… » Murmura Mamori.
Sa mère sourit tristement, retenant ses propres larmes. « S'il te plaît… »
Mamori haleta quand elle vit sa mère disparaître. « Maman, non ! »
« S'il te plaît… » Continua sa mère alors qu'elle continuait de disparaitre, ses bras grands ouverts vers Mamori. « Reviens nous ! »
Mamori sentit son cœur s'arrêter un instant en entendant ces mots. Elle voulut serrer la main de sa mère, mais ne parvint à rien attraper du tout. « Attends, Maman ! »
« Reviens !... » Cria sa mère pour la dernière fois avant de disparaître, et Mamori retourna dans la chambre qu'elle reconnaissait maintenant comme étant la sienne.
Elle tomba à genoux et était sur le point de s'effondrer totalement quand de longs bras fins l'attrapèrent avant qu'elle ne touche le sol. « Je t'ai ! » Dit-il, jubilant, pendant qu'il l'allongeait précautionneusement.
Mamori pouvait maintenant ressentir ce sentiment chaud et rassurant qui la submergeait pour la seconde fois, même si elle commençait aussi à se sentir léthargique. « J'ai… vu ma mère… » Sourit-elle, des larmes roulant une fois encore sur ses joues.
« Ah… » Répondit le garçon. Elle ne pouvait pas voir son expression tandis qu'elle se sentait de nouveau sombrer dans le sommeil.
« Je l'ai vu me parler… alors que j'étais enfant. » Elle sourit malgré ses larmes intarissables. « Elle a dit que je devais être forte… le temps que les gens que j'aime m'encouragent… Tout ira bien… » Sa tête était lourde et elle savait qu'elle ne pourrait pas rester éveillée dans ce monde plus longtemps. Mais avant qu'elle ne puisse se laisser aller, elle devait savoir quelque chose.
« Merci… de m'avoir aidée… » Dit-elle, ses yeux incapables de rester ouverts. « Je ne connais toujours pas ton nom… »
Il y eut un silence et Mamori crut un instant qu'elle s'était endormie. Mais elle entendit une voix distante répondre : « Hiruma. » Avec un sourire, Mamori s'autorisa à se laisser partir.
Hiruma serra Mamori un moment puis regarda les alentours commencer à disparaître. « Alors, ça a commencé… » Entendit-il une voix dire.
Hiruma releva la tête pour trouver une femme dans une robe jaune de style Chinois se tenir devant lui, avec de courts cheveux marron clair. Ses yeux émeraude brillaient d'amusement.
« Je vous l'avais dit, n'est-ce pas ? » Dit Hiruma, avec un grand sourire.
« Oh, je t'ai cru, » dit la femme. « Mais il reste encore beaucoup à surmonter… »
« Tsss, ne rabaissez ni moi ni cette fille, Foutue Magicienne. »
La femme fit une moue enfantine, mais elle ne put cacher le petit sourire au coin de ses lèvres. « Je t'ai dit de m'appeler Sakura… enfin bon. Il semblerait que tu préfères donner des surnoms à tout le monde, même si je n'approuve pas ton langage. Les jeunes de nos jours… »
« Continuez de causer comme ça et vous ressemblerez vraiment à une vieille femme, » ricana-t-il. « Où vous préférez que je vous appelle Sorcière ? »
« J'aimerais ne pas être confondue avec quelqu'un d'autre, » expliqua Sakura. « Je ne suis pas une sorcière, juste quelqu'un qui a quelques dons en magie. »
« C'est pour ça que vous êtes une Foutue Magicienne. »
Sakura secoua la tête mais sourit. Puis elle regarda les environs qui disparaissaient et qui n'étaient plus maintenant que des couleurs changeantes. « Je ferai de mon mieux pour vous aider. Mais je ne peux assurer votre réussite dans les épreuves à venir. »
« Nous réussirons, » déclara Hiruma, regardant d'un air sérieux Sakura tout en resserrant sa prise sur Mamori. « Je crois en elle. Elle reviendra. »
Sakura lui sourit gentiment. « Très bien. Tu sais ce que tu as à faire. » Et les laissant tous les deux derrière elle, Sakura disparut.
Note de fin de l'auteur : C'est le moment des trucs amusants ! Passez à autre chose si vous le souhaitez ^^
Si vous avez oublié, le titre de la chanson que Mamori chante est « Ashita Kuru Hi » de l'animé Kobato (Youtube est votre ami pour ça). J'avais l'intention d'utiliser une autre chanson, parce que franchement, celle-ci est impossible à chanter. XD Mais j'ai été prise par les paroles qui, à mon avis, reflétaient bien la situation. Donc je l'ai gardé. J'espère que vous les avez assez bien compris pour comprendre où je veux en venir, et que vous n'êtes pas restés bloqués par le fait que c'est bien trop aigu. ^^ ;;;
Hiruma qui appelle Sakura une « magicienne » est bizarre, je le sais. Mais dans mon esprit (qui entrevoyait la conversation en japonais), Hiruma l'appelait « utilisatrice de magie » ou « mahou tsukaï ». Il dit ensuite « sorcière » qui est « majou » en japonais qui se réfère plus au côté féminin de l'utilisateur de la magie (même s'il y a toujours l'image de la sorcière démoniaque). C'est la raison pour laquelle Sakura refuse ce titre, et je suis toujours en train de me demander si je dois révéler son lien avec xxxHolic. Mais bon, je verrai tout ça quand le temps sera venu. Pour le moment, Hiruma l'appelle « magicienne », ce qui est faux en général, mais qui a un sens au niveau des actions de Sakura (tout du moins, vis-à-vis d'Hiruma).
Pour ceux d'entre vous qui sont curieux de savoir à quoi ressemble Sakura, je recommande de regarder les chapitres 223 et 224 de Tsubasa Reservoir Chronicles. J'utilise l'ancienne version de Sakura, et tout sera clarifié quand j'atteindrai le dernier quart de cette fic. Alors ouvrez l'œil et le bon.
J'espère que ça vous a aidé. A bientôt, à ma prochaine publication !
